Savoir faire son ascension …

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en progressant dans l’amour.

« C’est pourquoi, mes frères, puisque le Christ a dressé l’échelle de la charité, par laquelle tout chrétien peut monter au ciel, soyez courageusement fidèles à la pure charité, pratiquez-la entre vous et, en progressant dans la charité, faites votre ascension .» Ces paroles d’un moine du 6e siècle, Fulgence (évêque de Ruspe , en Afrique du Nord), ne sont pas des vœux pieux mais la conclusion d’un écrit ou il compare le premier martyr de l’Église, le diacre Étienne, à son jeune persécuteur le futur saint Paul qui assiste à sa lapidation: Étienne priait pour ses persécuteurs et il a obtenu ainsi la conversion de Paul. « Et voici que maintenant Paul partage la joie d’Étienne … Là ou Étienne est allé le premier, mis à mort par la lapidation de Paul, c’est là que Paul l’a suivi, secouru par les prières d’Étienne. »

En ces périodes de guerres et de persécutions religieuses que sont les nôtres, plusieurs chrétiens semblent oublier les préceptes évangéliques du pardon et de l’amour des ennemis. Comment peut-on oser se croire les amis de Dieu en oubliant la charité fraternelle? Voici comment s’exprimait un autre évêque d’Afrique du Nord, Augustin d’Hippone, sur le même sujet:

« Rappelez-vous avec moi, mes frères, quels sont ces deux préceptes qui résument la Loi et les prophètes. Car ils doivent être bien connus, et ne pas venir seulement à notre esprit de temps en temps, quand nous nous en souvenons; ils ne doivent jamais s’effacer de nos cœurs. Songez toujours qu’il faut absolument aimer Dieu et le prochain. (…) Parce que tu ne vois pas encore Dieu, c’est en aimant le prochain que tu mérites de voir Dieu; en aimant le prochain, tu purifies ton regard pour voir Dieu. C’est ce que dit saint Jean de façon évidente: « Si tu n’aimes pas le prochain que tu vois, comment pourrais-tu aimer Dieu que tu ne vois pas? » (…) En aimant ton prochain, en prenant soin de ton prochain, tu es en route. Où cela, si ce n’est vers le Seigneur Dieu, vers celui que tu dois aimer de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit? Car nous ne sommes pas arrivés jusqu’au Seigneur, mais nous avons le prochain avec nous. Porte donc celui avec qui tu marches, pour parvenir à celui avec qui tu désires demeurer. » (Homélie de saint Augustin sur l’évangile de Jean)

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La conversion des mœurs?

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Profession monastique  (Chartreuse de Miraflores,  Espagne)

Les moines chartreux, comme d’autres moines d’ailleurs tels les bénédictins, font leur profession monastique en promettant au supérieur de la maison « stabilité, obéissance et conversion de mœurs ». Ce dernier vœux, la conversion des mœurs,  est propre aux moines et peut paraître bizarre à première vue … même pour les intéressés!  Je me rappelle, pour l’avoir prononcé la première fois en 1957, l’avoir tenu comme bien moins important que celui de l’obéissance (qui inclut  pauvreté et  chasteté). Devenu octogénaire, je saisis davantage le besoin de ne jamais m’asseoir en me disant que l’essentiel est fait … et je comprends la nécessité de voir à m’améliorer chaque jour.

 Conversion des mœurs  … en d’autres mots amélioration continuelle de ma façon de vivre, d’aimer et de voir les choses,  me rapprocher du Seigneur et m’efforcer de faire miens ses sentiments. N’est-ce pas là finalement la tâche non seulement d’un moine mais aussi de tout chrétien fervent qui a à cœur de se laisser animer par l’Esprit Saint qui l’habite?

En 2017, nous vivons dans un monde déchristianisé et la tendance ne semble pas réversible à court et à moyen terme. Les mœurs dans nos pays, autrefois chrétiens, ont bien changé depuis cinquante ans et la foi s’est affaiblie chez beaucoup de baptisés. Conséquemment, selon le Pape émérite, « Les chrétiens devront  d’autant plus continuer à former et à porter énergiquement la conscience des valeurs de la vie » (Benoît XVI, dernières conversations, page 261). Notre responsabilité comme chrétiens est donc plus grande aujourd’hui. Afin de mieux jouer le rôle que Dieu nous a assigné dans le grand échiquier de ce monde, puissions-nous continuer cet effort d’amélioration de soi-même tout en sachant que la victoire nous est déjà acquise par Celui qui ne trompe pas!

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Combattre le démon, selon un Chartreux

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Dialogue monastique  (Chartreuse de Portes, France)

Le but de la mission du Christ sur terre est « de réduire à l’impuissance celui qui avait l’empire de la mort, le diable « (Hébreux 2,14). Si la résurrection de Jésus a consacré la défaite de Satan, le combat qui s’ensuit ne s’achèvera qu’à la fin des temps, alors que le Fils, ayant tout conquis, remettra le Royaume à son Père. Le chrétien, à l’exemple du Christ, doit donc confronter l’Adversaire, cet être néfaste dont saint Pierre dit qu’il est « comme un lion affamé rôdant sans cesse autour des fidèles, cherchant qui dévorer » (1 Pierre 5,8). Dans son opuscule sur la Prière, dom Augustin Guillerand nous met en garde contre les astuces du démon :

« Il faut sans cesse prier pour nous protéger. La vie est en nous comme une fleur fragile (…) nous vivons environnés d’ennemis : tout nous est devenu obstacle et danger depuis que nous avons rejeté la Lumière illuminant le chemin. Au lieu de nous montrer le Créateur et de nous conduire à lui, les créatures se montrent elles-mêmes et nous arrêtent à elles. Le démon, auquel nous les avons follement livrées en nous livrant à lui, nous parle par toutes leurs voix. (…) L’ennemi est en nous plus encore qu’à nos portes. Il est à nos portes parce qu’il est en nous. C’est nous qui l’avons introduit. En nous tournant vers lui nous avons détourné de Dieu le monde entier. Voilà pourquoi le monde est contre nous. (…)

Depuis lors, nous sommes en pays envahi ; il faut nous libérer, jeter l’ennemi dehors, nous détourner de lui, nous retourner vers Dieu. (…) Notre impuissance est la plus complète qui se puisse imaginer … sans Dieu. De là, la nécessité de la prière et la recommandation si pressante du Sauveur : Il faut prier et prier toujours. De là, sa déclaration accablante : « Sans moi vous ne pouvez rien » (Jean 15,5).  De là, son invitation qui console et réconforte : «Venez à moi » (Matthieu 11,28).

(Écrits spirituels, tome 1, page 5-6)

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« Sur tes remparts, Jérusalem,

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 j’ai placé des veilleurs »  (Isaïe 62)

La violence n’est pas d’hier. Les villes d’autrefois devaient se protéger en s’entourant de remparts car les villes ouvertes étaient nécessairement vouées aux caprices de l’envahisseur. Si les murailles entourant la vieille ville de Jérusalem subsistent encore, subsiste également cette parole de Dieu transmise par le prophète Isaïe: « Sur tes remparts, Jérusalem, j’ai placé des veilleurs ». Alors que Jérusalem préfigure l’Église, les veilleurs en question désignent les évêques et les prêtres qui se doivent de veiller au bon grain.

« Ni de jour, ni de nuit, ils ne doivent se taire » poursuit le texte d’Isaïe. En tant que prêtre et ermite urbain, j’ai fait de ce texte ma devise préférée. Parler le jour par diverses interventions pastorales et parler la nuit par une prière silencieuse et contemplative. La préparation de mes homélies dominicales ainsi que mon implication quotidienne sur le Web (WordPress, Facebook, etc.) sont un champs d’action privilégié pour écouter, éclairer, rectifier et instruire; d’autre part, la prière de nuit, avec l’Office des lectures, est un temps propice à la réflexion ainsi qu’au dialogue avec le Seigneur. Parler à Dieu et parler de Dieu: deux temps nécessaires car complémentaires.

« Tenez en éveil la mémoire du Seigneur, ne prenez aucun repos » poursuit le même texte. Une incitation à ne pas rester au lit trop longtemps … et je l’ai écrite en grosses lettres sur le mur de ma chambre à coucher! Ces paroles peuvent être entendues de deux façons: ou bien rappeler à Dieu ses promesses de bonheur à notre égard (ce qui me paraît moins indiqué car Dieu a une très bonne mémoire), ou bien tenir mes contemporains éveillés au sens de Dieu, ce qui me semble beaucoup plus urgent.

Le prêtre d’aujourd’hui est souvent ignoré, minimisé et même bafoué par une opinion publique qui se veut «politiquement correcte». La grosse tentation de l’Église est de vouloir plaire à tout le monde et de cesser d’aller à contre-courant. Prions pour les prêtres, prions pour l’Église afin qu’elle ne manque jamais de veilleurs capables de reprendre, d’instruire et surtout de crier haut et fort lorsque l’envahisseur « tel un lion rugissant, cherchant qui dévorer »  tourne autour de ses remparts .

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Jésus, bouc émissaire?

En cette fête du Baptême de Jésus, fête qui commémore une démarche énigmatique  de la part du Seigneur et qui signale le début de son ministère publique, il convient de lever le voile un tant soit peu sur le sens de cet événement.

Dans la liturgie juive, le Jour de l’Expiation ou du Grand Pardon («Yom Kippour») était l’occasion pour le peuple de confesser ses péchés commis durant l’année et de les faire imputer, par le Grand Prêtre, à un bouc choisi à cet effet, lequel était par la suite envoyé au désert, repaire des démons … le rite du Bouc émissaire!  Ce rite juif a préparé les futurs chrétiens à mieux comprendre la démarche de Jésus, qui à l’âge de trente ans quitta son village de Nazareth pour aller  recevoir un baptême de pénitence des mains d’un prophète appelé Jean. La première réaction de ce dernier, qui le connaissait bien étant son lointain cousin, fut de refuser; puis, après insistance de Jésus, il finit par accepter.  Le lendemain, ce même prophète désignait Jésus publiquement comme étant « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jean 1,29). Comment Jean en était-il arrivé à affirmer si rapidement une telle vérité si ce n’est grâce à une explication fournie par Jésus  lui faisant comprendre que sa mission  était de prendre sur lui les péchés du monde entier. Jésus, bouc émissaire, était donc destiné à expier et à effacer par sa mort rédemptrice tous les péchés possibles. Son baptême de pénitence, en notre nom, recevait ainsi tout son sens.

Dans cette démarche historique, Jésus se présente également comme le nouveau Jacob qui, on le sait, réussit à obtenir de son vieux père Isaac la bénédiction destinée à son frère Ésaü en empruntant subrepticement les vêtements de ce dernier. Belle prophétie de cette démarche vicariale du Verbe éternel qui endossa notre humanité pour accomplir sa mission; mission tout à fait spéciale qui n’était pas tellement de recevoir une bénédiction que de se faire «malédiction».

Finalement, il est intéressant de noter que ce baptême de Jésus dans l’eau est immédiatement suivi d’un deuxième, tout aussi important, alors qu’il est immergé dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, s’emparant de lui à la façon des anciens prophètes, l’envoie au désert pour y être tenté par le démon; lutte initiale qui laisse prévoir un ministère publique des plus combatifs. Bouc émissaire donc, nouveau Jacob, prophète charismatique, fils bien-aimé du Père … que de richesses spirituelles renfermées dans cet événement singulier que fut le Baptême de Jésus!

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Renaître de l’Esprit, selon un Chartreux

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Chartreuse de La Valsainte  (Suisse)

Lors d’un entretien nocturne avec Nicodème, notable juif passablement âgé, Jésus lui déclare qu’il lui faudra renaître de nouveau pour pouvoir entrer dans le Royaume de Dieu. Dom Augustin Guillerand, ancien moine de La Valsainte, commente ainsi ce passage évangélique en en faisant une application très personnelle à quiconque recherche la Vérité :

« L’âme humaine est un miroir ; elle réfléchit ce qui est en face d’elle ; si une âme se met en face du Fils de Dieu fait homme, si elle le regarde, si elle fait attention à lui, si elle se tend vers lui pour le voir, la physionomie du Fils de Dieu fait homme se reproduit en elle, son Esprit l’illumine, la transforme, la fait image du Fils qui est l’image du Père. Ils ne font plus qu’un ; le Fils vit en elle, le Père vit en elle, l’Esprit vit en elle ; leur don mutuel se répète en elle; elle se donne comme ils se donnent: ils se donnent en elle, elle se donne en eux.

Elle ne fait plus qu’un avec eux : elle voit le Royaume de Dieu, elle possède la vie divine qui est cette vision ; elle voit ce que voit Dieu ; elle aime ce qu’il aime, elle dit ce qu’il dit. Elle est devenue, par l’Esprit de Dieu qui l’emplit, verbe de Dieu; elle est baptisée dans l’eau et l’esprit; elle a pris une nouvelle vie qui la fait fille de Dieu.

Voilà ce qu’est renaître, et ce que peuvent faire même les vieillards. Le corps vieillit ; l’âme reste éternellement jeune comme Dieu dont elle est l’image, et comme l’Esprit qui la renouvelle en lui. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 215)

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Ce grand Inconnu

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« Le vent souffle où il veut … ainsi en est-il de l’Esprit »  (Jean 3,8)

Parler de Dieu est déjà difficile … parler de l’Esprit Saint, ce « parent pauvre de la Trinité», est quasiment impossible …  on ne peut que balbutier! Néanmoins, c’est une vérité de foi qu’il existe en Dieu trois personnes distinctes, égales en majesté. Aucune d’entre elles n’est inférieure aux deux autres et les trois cohabitent, pour ainsi dire, l’une dans l’autre. Voilà pour le mystère! Au 12e siècle, saint Bernard écrivait: « Si l’on représente le Père donnant le baiser et le Fils le recevant, l’Esprit Saint sera ce baiser lui-même, comme étant du Père et du Fils l’indissoluble lien, l’inséparable amour, l’indivisible unité. »

C’est Jésus qui nous a révélé l’existence de l’Esprit mais cette révélation ne se fit que progressivement dans la première communauté chrétienne.  Les divers évangélistes se complétèrent l’un l’autre: ainsi, ce que Matthieu nous dit de la présence de Jésus dans son Église jusqu’à la fin du monde (Mt 28,20), Luc et surtout Jean l’attribuent plus précisément à la présence de l’esprit de Jésus, l’Esprit Saint. Le 4e évangéliste, le dernier en date et qui profite pour ainsi dire de l’évolution de la pensée chrétienne, est le plus prolixe sur l’existence de l’Esprit Saint et son rôle de sanctification: « Jésus ressuscité  souffla sur eux en disant recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ». (Jean 20, 22-23) C’est en saint Jean que Jésus parle à Nicodème de l’obligation de renaître de l’Esprit, qu’il entretient la Samaritaine du « don de Dieu » ,  qu’il annonce à ses Apôtres réunis au Cénacle la venue de « Celui qui vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » . Enfin, et toujours en saint Jean, on saisit mieux que l’Esprit soit le moyen qui rende possible l’habitation et du Père et du Fils dans l’âme du fidèle, « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure. » (Jean 14,23)

Notre vie chrétienne ne peut donc se comprendre sans cette présence en nous de l’Esprit de Dieu, signe de la Nouvelle Alliance. La mission de Jésus sur terre n’avait d’ailleurs qu’un seul but: nous baptiser dans l’Esprit Saint. Encore faut-il, comme nous en avertit saint Paul, non seulement posséder en nous ce Don ineffable mais en vivre intensément: « Tout ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. » (Romains 8,14). Quelle belle définition du  chrétien !

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Le désir d’en savoir davantage

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Jésus et la femme de Samarie  (Jean 4)

 « Si tu savais le don de Dieu » disait Jésus à cette femme rencontrée au puits de Jacob, non loin de la ville de Samarie. Ces paroles énigmatiques nous sont devenues plus claires avec le temps: il s’agit du don qu’est l’Esprit Saint et qui fait de nous des enfants de Dieu, promis à la vie éternelle.

De toute éternité, Dieu  avait projeté de partager  son Bonheur, c’est-à-dire son Existence et sa Connaissance avec des êtres non encore existants. C’est là le mystère de l’Amour divin qui tend à se répandre et à se partager en pure gratuité. Et ce fut conséquemment le don de l’existence par la création du monde et la révélation du Créateur par ses œuvres, ses interventions historiques, ses amitiés, ses alliances, sa fidélité aux alliances, sa patience face à nos propres infidélités, son pardon et sa miséricorde. Finalement, le sommet de la Révélation fut atteint par l’Incarnation de son Fils et sa mort sur la croix. Tout cela en vue de nous offrir la possibilité, acquise par le sang du Christ, d’accéder à sa propre Vie par le don de l’Esprit Saint. Quel projet! Quelle grâce inouïe!

L’apôtre Paul, quant à lui, n’en revient pas: « Ce dont nous parlons, c’est d’une sagesse de Dieu, mystérieuse, demeurée cachée, celle que dès avant les siècles Dieu a par avance destinée pour notre gloire (…) Comme il est écrit,  nous annonçons ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. »  (1 Corinthiens 2, 7-9)

Au début de cette année 2017, reprenons l’écoute du Verbe incarné avec, si possible, l’humilité de la Samaritaine et son désir d’en savoir davantage!

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L’heureuse nuit …

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« Voici la nuit,

L’heureuse nuit de Palestine,

Et rien n’existe hormis l’Enfant,

Hormis l’Enfant de vie divine;

En prenant chair de notre chair,

Dieu transformait tous nos déserts

En Terre d’immortels printemps. »

(Didier Rimaud)

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À tous et à toutes, un joyeux et saint Noël!

On se revoit, Dieu le voulant, après les Fêtes en janvier.

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Une fête souriante et douce … Noël!

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Scène hivernale  (Chartreuse de Portes, France)

 À quelques jours de Noël, voici comment cette fête traditionnelle est vue par un chartreux, dom Augustin Guillerand. Avec son regard particulier, tout spirituel, ce moine s’y révèle  tout autant que le mystère qu’il contemple:

« Noël est la fête souriante et douce par excellence. Le charme d’un berceau l’enveloppe d’une atmosphère qui attire et épanouit. Les cœurs s’ouvrent devant cet enfant sachant déjà la vie et ses peines, et qui ne craint pas de les affronter pour nous. Son âme toute fraîche renouvelle les nôtres. Les années éternelles  ayant précédé sa naissance ne l’ont pas vieilli; il a l’expérience de tout ce qui a été. il connaît tout ce qui sera et il est jeune comme une fleur qui s’ouvre. (…)

Noël est la fête de la joie: « Je vous annonce une grande joie » (Luc 2,10) dit l’ange aux bergers. Cette joie a traversé l’histoire, et elle est restée attachée à cet anniversaire. La joie de Noël n’est pas l’absence de peine. Il y a quelque chose de mieux que de supprimer la souffrance, c’est de l’utiliser. Le grand art de Dieu consiste à tout faire servir à ses desseins. Il est la joie infinie et il fait la joie, même avec de la douleur. Voilà pourquoi l’épreuve entoure le divin berceau; la pauvreté, l’indifférence, le mépris, la haine, la persécution et l’exil accueillent ce nouveau-né; ce ne sont pas des ennemis qui le dominent, ce sont des serviteurs répondant à ses appels et exécutant ses ordres.

Trente ans plus tard, du haut de la montagne des béatitudes, devant des foules immenses et devant le genre humain tout entier présent à sa pensée, il criera son étrange secret: «Bienheureux les pauvres en esprit, bienheureux les doux, bienheureux ceux qui pleurent, ceux que l’on persécute ...

(Écrits spirituels, tome 2, page 67 s)

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