« Sur tes remparts, Jérusalem,

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 j’ai placé des veilleurs »  (Isaïe 62)

La violence n’est pas d’hier. Les villes d’autrefois devaient se protéger en s’entourant de remparts car les villes ouvertes étaient nécessairement vouées aux caprices de l’envahisseur. Si les murailles entourant la vieille ville de Jérusalem subsistent encore, subsiste également cette parole de Dieu transmise par le prophète Isaïe: « Sur tes remparts, Jérusalem, j’ai placé des veilleurs ». Alors que Jérusalem préfigure l’Église, les veilleurs en question désignent les évêques et les prêtres qui se doivent de veiller au bon grain.

« Ni de jour, ni de nuit, ils ne doivent se taire » poursuit le texte d’Isaïe. En tant que prêtre et ermite urbain, j’ai fait de ce texte ma devise préférée. Parler le jour par diverses interventions pastorales et parler la nuit par une prière silencieuse et contemplative. La préparation de mes homélies dominicales ainsi que mon implication quotidienne sur le Web (WordPress, Facebook, etc.) sont un champs d’action privilégié pour écouter, éclairer, rectifier et instruire; d’autre part, la prière de nuit, avec l’Office des lectures, est un temps propice à la réflexion ainsi qu’au dialogue avec le Seigneur. Parler à Dieu et parler de Dieu: deux temps nécessaires car complémentaires.

« Tenez en éveil la mémoire du Seigneur, ne prenez aucun repos » poursuit le même texte. Une incitation à ne pas rester au lit trop longtemps … et je l’ai écrite en grosses lettres sur le mur de ma chambre à coucher! Ces paroles peuvent être entendues de deux façons: ou bien rappeler à Dieu ses promesses de bonheur à notre égard (ce qui me paraît moins indiqué car Dieu a une très bonne mémoire), ou bien tenir mes contemporains éveillés au sens de Dieu, ce qui me semble beaucoup plus urgent.

Le prêtre d’aujourd’hui est souvent ignoré, minimisé et même bafoué par une opinion publique qui se veut «politiquement correcte». La grosse tentation de l’Église est de vouloir plaire à tout le monde et de cesser d’aller à contre-courant. Prions pour les prêtres, prions pour l’Église afin qu’elle ne manque jamais de veilleurs capables de reprendre, d’instruire et surtout de crier haut et fort lorsque l’envahisseur « tel un lion rugissant, cherchant qui dévorer »  tourne autour de ses remparts .

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3 commentaires pour « Sur tes remparts, Jérusalem,

  1. Merci pour ce bel article revigorant. Quelle gratitude devons-nous avoir pour les prêtres et religieux qui par leur vie, leur ministère et leur prière, également donnés à Dieu, sont comme un constant appel pour les laïcs à toujours plus d’union au Seigneur, qui Seul peut nous donner le bonheur, quelles que soient les circonstances. Ne soyons pas indolents à la prière, qui, comme le rappelle le Pape François, « transforme notre désir, le rend conforme à la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit ». Et faire la volonté de Dieu est toute notre tâche, s’y opposer nous expose à tant de difficultés et souffrances insurmontables, alors qu’en compagnie du Seigneur, même le plus amer semble si léger !

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