MESSAGE à mes lecteurs et lectrices:

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S’il est bon de parler de Dieu … il est encore plus nécessaire de parler à Dieu.

Je vais donc faire relâche pour quelques semaines … question de refaire le plein au niveau de la prière et de la solitude.

Dieu le voulant, nous nous reverrons en septembre. D’ici là, demeurons unis!

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Assumée dans la Gloire

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L’Assomption de la Vierge (par Murillo)

« Au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée Mère de Dieu a été élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel ». C’est en ces termes que le Pape Pie XII a défini la foi catholique relative à l’assomption de Marie (1950). Découlant de sa maternité divine, l’assomption de Marie est pour toute l’humanité un gage d’espérance, une promesse de résurrection.

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La maternité spirituelle, selon un Chartreux

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La Vierge des Chartreux (Francisco de Zurbaran, 17e siècle)

Tous les chrétiens se réclamant de la Vierge Marie, rien d’étonnant à ce que les Chartreux fassent de même pour se mettre sous sa protection. Depuis 2000 ans, Marie en effet ne cesse de se montrer notre mère … et les âmes contemplatives en sont bien conscientes. Laissons dom Augustin Guillerand nous entretenir brièvement de la maternité spirituelle de la Vierge:

«Marie et Jésus sont de la terre aussi vraiment et complètement qu’ils le peuvent. Ils sont conçus, ils naissent, ils grandissent, ils meurent. (…) Mais néanmoins ils se distinguent de nous et il le faut: ils sont du premier coup ce que nous devons devenir. (…) La doctrine de la maternité spirituelle de Marie est absolument claire quand on l’étudie au pied de la croix. Elle s’impose, autant qu’une manière de faire peut s’imposer à Dieu. Elle convient en ce lieu à l’Amour infini et à ses réalisations finies. Le rôle de Marie s’étend jusqu’où s’étend Jésus, il s’exerce où s’exerce et quand s’exerce le rôle du Rédempteur. Notre-Seigneur se donne, il nous arrive par Marie. Entre lui et nous elle est toujours là: tel est le plan divin. (…) Car une nouvelle vie commence pour lui sur la croix, donc un nouvel enfantement pour elle. Ce qu’il faut voir au Calvaire, c’est cette nouvelle vie et cette nouvelle mère des vivants. (…) Marie est au calvaire comme mère. L’idée de maternité domine la scène où Jésus la donne à Jean (« Voici ta mère »). Le rôle de Marie en cette circonstance ne peut être plus nettement marqué. Or Jésus, à cette même heure, achève de nous engendrer. Marie assiste à cet acte de génération. Elle y assiste comme mère: une mère qui perd un fils pour en avoir un autre. (…)

Marie va se prêter de nouveau à l’action de l’Esprit de vie. (…) L’amour, l’immense amour qui l’a envahie au jour de l’Annonciation et s’est emparé de sa chair, s’empare d’elle pour qu’elle enfante dans les âmes. Voilà pourquoi elle redevient la femme (« Femme, voici ton fils »). Elle commence là un rôle de femme qu’elle n’avait pas joué encore; elle commence d’enfanter des vivants dont la vie sera la vie de cet Esprit, l’Esprit du Verbe fait chair. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 285 s )

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Marie, mère de l’Église

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« C’est à la gloire de la bienheureuse Vierge et à notre réconfort que nous proclamons Marie très sainte, MÈRE DE L’ÉGLISE,  c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs, qui l’appellent Mère très aimante, et nous voulons que dorénavant, avec un tel titre très doux, la Vierge soit encore plus honorée et invoquée par tout le peuple chrétien. » C’est ainsi que s’exprimait le pape Paul VI lors d’un discours prononcé à la fin de la 3e session du Concile Vatican II (le 21 novembre 1964). Malgré les réticences des théologiens qui ne voyaient pas dans cette appellation une donnée traditionnelle, les pères conciliaires se levèrent debout pour accueillir cette annonce officielle avec des ovations qui durèrent pas moins de 10 minutes. Du jamais vu dans une telle assemblée!

Mais que veut dire Mère de l’Église? Marie, ayant donné naissance à Jésus, tête de l’Église, est par le fait même devenue, dans l’ordre de la grâce, mère de ses membres. Sans pour autant être au-dessus de l’Église (car elle en est membre, elle aussi ), Marie est néanmoins présentée comme telle par son Fils sur la croix lorsqu’il dit à son disciple: « Voici ta mère ». Mère de l’Église, et aussi son modèle, c’est sous ces deux rapports qu’elle nous est présentée dans ce beau texte liturgique qui résume bien la pensée de l’Église:

« En accueillant ta Parole dans un cœur immaculé, Marie a mérité de la concevoir dans son sein virginal. En donnant naissance à son Créateur, elle a préparé les commencements de l’Église. En recevant au pied de la croix le testament d’amour de son Fils, elle a reçu pour fils tous les hommes que la mort du Christ a fait naître à la vie divine. Quand les Apôtres attendaient l’Esprit qui leur était promis, elle a joint sa supplication à celle des disciples, devenant ainsi le modèle de l’Église en prière. Élevée dans la gloire du ciel, elle accompagne et protège l’Église de son amour maternel dans sa marche vers la patrie jusqu’au jour de la venue glorieuse du Seigneur. »  (Préface de la messe de Marie, mère de l’Église).

Remercions Dieu de nous avoir dévoilé autant de motifs nous invitant à nous approcher de la Vierge avec confiance et soyons fiers d’appartenir à cette Église catholique qui, elle aussi comme une bonne mère, ne cesse de nous nourrir de la pure vérité.

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Son visage rayonnait …

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Transfiguration de Jésus (par Fra Angelico)

On dit souvent que les yeux sont le reflet de l’âme. La beauté intérieure de Jésus ne pouvait que surgir au grand jour … et elle le fit, au jour de sa Transfiguration sur la montagne. Un reflet de cette beauté intérieure nous a été transmis par le bienheureux pape Paul VI lors de son voyage apostolique aux Philippines, en 1970. Écoutons un extrait de son homélie à Manille où chaque mot ou expression mérite une attention spéciale :

« Je dois proclamer son nom: Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. C’est lui qui nous a révélé le Dieu invisible, c’est lui qui est le premier né de toute créature, c’est en lui que tout subsiste. Il est le maître de l’humanité et son rédempteur; il est né, il est mort, il est ressuscité pour nous.

Il est le centre de l’histoire du monde; il nous connaît et nous aime; il est le compagnon et l’ami de notre vie, l’homme de la douleur et de l’espérance; c’est lui qui doit venir, qui sera finalement notre juge et aussi, nous en avons la confiance, notre vie plénière et notre béatitude. Je n’en finirais jamais de parler de lui; il est la lumière, il est la vérité; bien plus, il est le chemin, la vérité et la vie. Il est le pain, la source d’eau vive qui comble notre faim et notre soif. Il est notre berger, notre chef, notre modèle, notre réconfort, notre frère. Comme nous et plus que nous, il a été petit, pauvre, humilié, travailleur, opprimé, souffrant. C’est pour nous qu’il a parlé, accompli ses miracles, fondé un royaume nouveau où les pauvres sont bienheureux, où la paix est le principe de la vie commune, où ceux qui ont le coeur pur et ceux qui pleurent sont relevés et consolés, où les affamés de justice sont rassasiés, où les pécheurs peuvent obtenir le pardon, où tous découvrent qu’ils sont frères. (…)

Jésus Christ! Souvenez-vous: c’est lui que nous proclamons devant vous pour l’éternité; nous voulons que son nom résonne jusqu’au bout du monde et pour tous les siècles des siècles. » (Homélie prononcée  le 29 novembre 1970)

Le pape Paul VI devait terminer son pèlerinage sur terre précisément en la fête de la Transfiguration du Seigneur, le 6 août 1978!

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La toute-puissance de l’humilité

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Moine au travail  (Grande Chartreuse)

Pour monter au Ciel, il faut descendre … car seuls les humbles peuvent légitimement aspirer à la vision de Dieu. C’est le chemin suivi par tous, y compris le Christ , la Vierge et tous les saints. Mais cette humilité, si faible en apparence, est également une force! Laissons un chartreux français du 20e siècle, dom Augustin Guillerand (†1945), nous le redire à sa manière:

« Les exemples de cette toute-puissance de l’humilité sont incontestablement très impressionnants. Jésus, comme il convient, tient la tête, avec son pauvre corps brisé, sa face couverte de crachats, tout son être ignominieusement traité, n’ayant plus la forme humaine, fait mépris après s’être fait homme, à l’extrême fond de l’anéantissement … et à cause de cela, dit saint Paul, exalté au-dessus de tous et de tout.

Après lui, l’humble Vierge: « Il a bien voulu, dit-elle du Dieu qui en fait sa mère, abaisser son regard sur l’humilité de sa servante » (Luc 1,48). L’humilité, voilà ce qu’il a vu et aimé et écouté en elle, car voilà ce qu’il aime, ce qu’il cherche, ce qui l’attire et le retient, ce qui le lie et l’oblige à notre égard,

Ce regard de Dieu sur l’âme qui se fait toute petite devant lui, ce regard qui est communication de Lumière éternelle et d’Amour infini, quelle douceur  et quelle force dans la prière! C’est ce qui soutenait la Cananéenne aux pieds du Sauveur et le centurion en quête d’un miracle. Jésus se rendait à leur supplication qui lui arrachait comme de vive force le prodige demandé et son admiration ravie.

L’humble qui prie se présente avec la force attractive du vide pour l’être qui veut l’occuper. Nulle résistance à briser, nulle présence à éliminer, nulle transformation à opérer. Il n’y a qu’à entrer, prendre la place, répondre à une attente et combler. L’humble est le pauvre dont parle sans cesse le psalmiste, et en général les Livres Saints. La richesse de Dieu est à lui, non pas en vertu d’une justice étroite et sans amour, mais en vertu même de la plus profonde nature du Dieu qui est Amour. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 32)

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Bonum mihi quia humiliasti me!

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« C’est bon pour moi que tu m’aies humilié »  (Psaume 119, 71)

Nouvellement entré dans un monastère trappiste des années 50, il m’arrivait (comme  à tous les jeunes moines) de réciter ce verset du psaume en l’attribuant à tout autre que moi … assuré que j’étais d’être dans la bonne voie, aimé de Dieu et loin des assauts du monde pécheur. Puis, au cours des années qui suivirent, impatient de suivre le Christ dans une foule de bonnes œuvres, j’ai persisté à me méfier de ce verset du psalmiste en l’attribuant à sa spiritualité jugée quelque peu masochiste. Devenu octogénaire (et de plus en plus enclin à la recherche de la Vérité), je m’aperçois que les déconfitures, les contradictions, les échecs, les fautes, bref les « humiliations » sont non seulement des accidents de parcours mais des nécessités .

 Si la vie éternelle consiste, comme le dit saint Jean « à te connaître, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé. Jésus Christ », il est non moins vrai que cette connaissance  ne peut se parfaire sans une certaine expérience de notre pauvreté radicale; seul le pauvre peut intuitionner la grandeur divine! Le fossé qui nous sépare du Créateur doit être vu et revu dans l’expérience ressentie de notre  faiblesse naturelle … ce qui fait mieux comprendre que Jésus soit venu sauver « non les justes mais les pécheurs ». Cette humilité radicale, la Vierge  l’a bien sûr possédée depuis le premier instant de son existence, mais il en va autrement pour nous qui sommes blessés par la faute originelle;  c’est pourquoi les auteurs spirituels, à commencer par saint Benoit, ont toujours considéré l’humilité comme le fondement de notre vie d’enfant de Dieu.

On ne peut donc y échapper … la divine Providence nous ménage et nous ménagera toujours de ces prises de conscience (plutôt déplaisantes, à vrai dire) que sont nos humiliations; elles s’avèrent nécessaires pour nous permettre de mieux saisir la gratuité de son Amour miséricordieux ( « Nous sommes justifiés par la Foi, dit saint Paul, et non par les œuvres de la loi » ). Le psalmiste avait donc bien raison d’affirmer « C’est bon pour moi que tu m’aies humilié », affirmation reprise et complétée par Jean le Baptiste: « Il importe que je diminue et que lui (Jésus) grandisse » .

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Quand on souffre … on souffre!

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Nous sommes trop exigeants. Nous voudrions, quand nous souffrons, ne pas souffrir de souffrir … c’est là un rêve irréalisable. Quand on souffre, on souffre! Écoutons encore une fois ce maître de la vie intérieure, dom Augustin Guillerand, nous le redire en ses propres mots:

« Quand on souffre, on souffre; il n’y a rien à faire à cela; c’est la loi universelle à laquelle Dieu lui-même s’est soumis. Il a souffert, il a reconnu sa souffrance, il s’en est même plaint avec patience et soumission, et il nous demande de porter la croix en souffrant et en le lui disant, s’il le faut. Nous ne savons pas assez cela. Nous voudrions souffrir sans sentir la souffrance, et nous souffrons de souffrir. Nous ajoutons ainsi une souffrance inutile à la première.

Du courage! Encore du courage! Et toujours du courage! Nous n’avons pas le droit de dire ni même de penser que la vie est triste. La vie est une chose magnifique; seulement il faut l’envisager sous son vrai jour. Si vous la regardez dans la réalité présente, avec sa succession d’ennuis, de séparation, de deuils, etc. etc., il est évident que c’est le plus atroce tissu de misères qu’on puisse imaginer. Mais si vous la regardez comme une marche vers la maison du Père qui est aux cieux, vers le foyer de famille, vers le lieu de réunion définitive et de tendresse sans nuage et sans fin, et si vous songez que chaque minute et chaque épreuve sont les moyens fixés par Celui qui sait tout, qui peut tout et qui nous aime, pour nous acheminer au terme, alors vous ne songerez plus à vous plaindre … Cela ne supprime pas la souffrance, cela n’empêche pas de la sentir, parfois bien rudement, mais cela lui donne un aspect qui la fait accepter avec bien plus de courage, et parfois qui la fait aimer. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 197 s)

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« Je conduirai les aveugles par des chemins qu’ils ignorent » (Isaïe 42,16)

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Moniale carmélite en prière (Montréal)

La foi chrétienne est une façon de voir l’invisible … car notre religion n’est pas une religion naturelle mais bien sur-naturelle. De tout temps, les mystiques chrétiens nous ont surpris par leur capacité de nous parler des mystères du salut. Aussi, l’Église dit-elle dans  une prière liturgique: « Dieu, qui a révélé à sainte Brigitte les secrets du ciel quand elle méditait la passion de ton Fils ...». Voici donc un extrait d’une oraison attribuée à cette femme extraordinaire, Brigitte de Suède, dont les écrits ont tellement influencé la piété du Moyen-Âge et que saint Jean-Paul II n’a pas hésité à proclamer co-patronne de l’Europe:

« Honneur à toi, Jésus Christ mon Seigneur: avec tout ton glorieux corps ensanglanté, tu as été condamné à mourir sur la croix; tu as douloureusement porté la croix sur tes saintes épaules; et, conduit par des furieux au lieu de ta passion, puis dépouillé de tes vêtements, tu as voulu être ainsi cloué à la croix.

Honneur éternel à toi, Seigneur Jésus Christ: dans une telle angoisse tu as regardé avec des yeux d’amour ta noble mère qui n’avait jamais commis de péché ni consenti à la plus légère faute; et pour sa consolation tu l’as confiée à la garde de ton disciple.

Bénédiction éternelle à toi, Jésus Christ mon Seigneur: dans les affres de la mort, tu as donné à tous les pécheurs l’espérance du pardon lorsque tu as miséricordieusement promis la gloire du paradis au malfaiteur qui se tournait vers toi.

Louange éternelle à toi, Jésus Christ mon Seigneur, pour cette heure où tu as souffert sur la croix, pour nous pécheurs, les plus grandes amertumes et les angoisses les plus extrêmes; car les souffrances très aiguës de tes blessures atteignaient durement ton âme et transperçaient cruellement ton cœur sacré; finalement ton cœur a éclaté. tu as rendu l’esprit et, penchant la tête, tu t’es remis humblement aux mains de Dieu ton Père, et alors ton corps a connu le froid de la mort.

Bénis sois-tu, Jésus Christ mon Seigneur, qui as racheté les âmes par ton sang précieux et ta mort sacrée, toi qui les as miséricordieusement ramenées de l’exil à la vie éternelle.»

(Extrait d’une prière attribuée à sainte Brigitte de Suède, 1303 -1373)

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Vie cachée de Jésus dans les âmes

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Moine dans sa cellule  (Grande Chartreuse, France)

L’Eucharistie est comme l’aboutissement de la vie cachée de Jésus … une vie qui peut paraître banale à première vue mais qui résume d’une certaine façon les différents étapes du Salut. Voici comment nous l’explique, à sa façon, ce maître de la vie intérieure qu’est dom Augustin Guillerand:

« D’abord immobile et inagissant au sein maternel, Jésus agit dans l’atelier de Nazareth; puis il parle dans les campagnes de Galilée et sur les parvis du Temple de Jérusalem. La Passion couronne le tout, car elle est l’activité de nouveau silencieuse et impersonnelle où l’être semble se replier sur lui-même pour se concentrer dans la vie profonde, et l’Eucharistie la prolonge en ramassant dans un état d’anéantissement absolu toutes les phases de l’existence achevée. La même vie les fait unes. En toutes, Jésus est le Fils qui se tient tourné vers son Père et qui vit de ce rapport. C’est là sa soumission vivifiante qui le fait croître à chaque instant et l’amènera un jour, quand tous les élus se seront réunis à lui dans un rapport filial, à la plénitude de son développement et à son âge parfait (Éphésiens 4,13).

Car la vie cachée de Jésus durera jusqu’à la fin des temps et sera toujours sa vraie vie. En chacun de nous encore ce ne seront pas les paroles ni les manifestations extérieures qui occuperont la plus grande place et assureront sa croissance, ce sera le sentiment intérieur d’où elles procéderont et qui les animera. O mystère de cette longue vie cachée dans les âmes, faisant écho à la vie du Tabernacle et qui en est la raison d’être, comme elle est le but de tous les divins efforts près de nous! On ne peut trop s’en soucier, le méditer, s’efforcer de le pénétrer. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 78)

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