Avons-nous peur des prières arides?

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«Je ne comprends rien, je ne sens rien, je ne pense à rien …», voilà une plainte familière à qui s’adonne à la prière. Et pourtant, ces moments-là sont précieux pour toute personne qui recherche le Seigneur … des crises d’âme qui ne doivent pas nous effrayer mais plutôt nous rassurer. Comme tout chartreux, dom Augustin Guillerand est passé par ces nuits obscures et voici ce qu’il nous en dit:

« Ce qui nous trompe, c’est notre habitude de vivre par la sensibilité et de ne croire qu’à ce que nous voyons et sentons. Il faut nous dégager de cette confusion (qui fait beaucoup souffrir) entre la vie vraie, qui est la vie de foi et d’amour, et les mouvements inférieurs de la sensibilité, qui ne sont que l’écorce de la vie. N’ayons pas peur des prières arides. Notre désir de parler à Dieu et de nous unir à lui se cache au fond de ces sécheresses qui nous crucifient, et ravit le cœur de Dieu. Il aime beaucoup ce langage de l’âme qui dit: «Je ne comprends rien, je ne sens rien, je ne pense à rien, il me semble être comme un morceau de bois devant vous; cependant  vous voyez le fond de mon cœur; je ne veux que vous.» Nous ne saurons que dans l’éternité le prix de ces demi-heures d’oraison distraite et desséchée, dans lesquelles on se donne sans compensation; c’est le vrai don de soi; Dieu nous exerce, et il ne peut nous faire une plus grande grâce.

Nous ne devons jamais nous laisser effrayer par les crises d’âme. Les heures difficiles sont les heures de Dieu. Il nous laisse nous débattre dans les ténèbres et l’impuissance pour nous montrer ce que nous sommes; puis il les remplace d’un seul coup par la clarté et la vigueur, pour nous rappeler qu’il est là et qu’il nous aime. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 246)

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Jésus vient … aujourd’hui?

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Le temps de l’Avent nous sensibilise à … l’Avent (du mot latin «adventus» qui signifie la venue). Nous aurons compris qu’il s’agit de la VENUE du Christ, tant dans la chair (il y a deux mille ans) que dans la gloire (à la fin du monde). Mais, n’y aurait-il pas lieu de parler d’une troisième venue du Christ, venue intermédiaire qui nous réconforterait dans le temps présent? Oh, que oui! Écoutons à ce sujet un saint moine du 12e siècle nous expliquer comment:

« Nous savons qu’il y a une triple venue du Seigneur … la troisième se situe entre les deux autres. Celles-ci, en effet, sont manifestes, celle-là, non. Dans sa première venue, Jésus a paru sur la terre et il a vécu avec les hommes; dans sa dernière, toute chair verra le salut de notre Dieu et ils regarderont celui qu’ils ont transpercé. La venue intermédiaire, elle, est cachée; les élus seuls la voient au fond d’eux-mêmes, et leur âme est sauvée. Cette venue intermédiaire est vraiment comme la voie par laquelle on passe de la première à la dernière: dans la première le Christ fut notre rédemption, dans la dernière il apparaîtra comme notre vie, et entre-temps il est notre repos et notre consolation.

Mais pour que personne ne risque de penser que ce que nous disons de cette venue intermédiaire est une invention de notre part, écoutez ce que dit le Seigneur lui-même: Si quelqu’un m’aime, il gardera mes paroles, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui. (…) Voici comment il te faut garder la parole de Dieu: Heureux, en effet, ceux qui la gardent. Qu’on la fasse donc entrer dans ce qu’on peut appeler les entrailles de l’âme; qu’elle passe dans les mouvements de ton cœur et dans ta conduite. Si de la sorte tu t’es mis à garder en toi la parole de Dieu, nul doute qu’elle te garde aussi. Le Fils viendra à toi, avec le Père. » ( Sermon de saint Bernard pour l’Avent, Édition cistercienne 4, 53-54)

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En parfaite harmonie avec Dieu

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La Vierge Mère  (Chartreuse de Montrieux, France)

En la veille de la fête de la Conception immaculée de  Marie, voici ce qu’en dit un chartreux du 20e siècle, notre cher dom Augustin Guillerand, soulignant comme à son habitude la parfaite harmonie entre cette magnifique créature et son Créateur:

« La Sainte Vierge a été créée pour fournir la matière du Verbe incarné: « Il est né de la Vierge Marie ». Ce rôle lui impose avec Dieu des rapports très particuliers: mère du Verbe, épouse de l’Esprit Saint.

De tels rapports exigent des dispositions dans le corps et dans l’âme. L’un et l’autre doivent être complètement entre les mains de Dieu: « Voici la servante du Seigneur ». Il faut que le Saint-Esprit, quand il surviendra en elle, trouve un instrument dont il puisse user à son gré, donc parfaitement accordé en lui-même et parfaitement accordé avec l’action divine qui s’exercera; l’Immaculée Conception réalise cet accord. Elle n’est pas absolument indispensable, mais elle apparaît très indiquée dans un plan de sagesse et d’amour.

Le péché originel dépose au fond d’un être humain un principe qui l’empoisonne. C’est une semence de mort, essentiellement anti-divine. De ce fond empoisonné monte un mouvement qui va directement contre le mouvement de Dieu. L’Esprit d’amour, mouvement de Dieu, se heurte à lui, rencontre une opposition qui, normalement, ne cesse guère ici-bas. Les plaintes de saint Paul demeurent: « Qui me délivrera de ce corps de mort? » (Romains 7,24). (…) C’est la bataille, ou au moins la guerre avec des batailles possibles.

L’oeuvre que l’Esprit-Saint veut accomplir en Marie exige la paix parfaite, l’harmonie, l’ordre humain, une soumission totale du corps à l’âme, de l’âme au Saint-Esprit: Voici la servante du Seigneurqu’il me soit fait selon votre parole. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 57)

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Ces mêmes paysages toujours nouveaux!

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 Dieu est un mystère dont même les contours nous échappent. Lui seul peut se révéler … et c’est ce qu’il a fait par la Création et par ses interventions dans l’histoire de l’homme dont l’Incarnation  est le plus bel exemple.

Jésus est donc le chemin que nous devons emprunter pour arriver à la connaissance authentique du Père. Et c’est précisément ce chemin que l’Église, animée par l’Esprit, emprunte chaque année pour nous conduire progressivement à cette connaissance qui surpasse toutes les connaissances: ce processus a pour nom la contemplation liturgique.

Nous avons commencé, cette semaine, une nouvelle année liturgique qui nous fera gravir, comme par les années passées, la montagne de la connaissance de Dieu par un chemin en spirale alors que les mêmes paysages nous seront de nouveau présentés : naissance à Bethléem, mort et résurrection à Jérusalem, descente du Saint Esprit et envoi en mission. Autant de temps liturgiques dont les deux principaux, Noël et Pâques, seront préparés par des temps secondaires: Avent et Carême. La Pentecôte, quant à elle, nous ouvrira à un temps de réflexion assez prolongé qui nous fera approfondir le message évangélique.

La liturgie aime la simplicité des symboles et entre autres … la couleur! Le blanc sera donc réservé aux fêtes, le violet aux temps de préparation, le vert à la longue période de réflexion. D’autres couleurs sont rattachées à diverses célébrations comme le rouge aux fêtes des martyrs. Remarquons que le noir, autrefois sur-utilisé pour les funérailles, a disparu à toute fin pratique (depuis Vatican II) pour être  remplacé fort heureusement par le violet ou le blanc.

Néanmoins, au delà de la palette des couleurs liturgiques, il y aura toujours un appel à contempler le Christ dans ses divers mystères. Puisse la nouvelle année liturgique nous y faire répondre, à nouveau, sans défaillance:

« Puisqu’il est avec nous tant que dure cet âge,

N’attendons pas la fin des jours pour le trouver …

Ouvrons les yeux, cherchons sa trace et son visage,

Découvrons-le qui est caché au cœur du monde comme un feu! »

(Didier Rimaud)

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Pourquoi cherchons-nous le Seigneur?

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« La foule vint à Capharnaüm à la recherche de Jésus »  (Jean 6,24)

Avouons-le … notre recherche de Dieu se réduit souvent à la recherche des consolations de Dieu et non du Dieu des consolations. Loin de nous décourager, ce constat doit nous pousser à aller plus loin dans notre démarche. C’est un peu là le message de dom Guillerand lorsqu’il aborde le texte évangélique de la multiplication des pains et de la recherche subséquente de la foule pour l’auteur de ce miracle:

« La question essentielle pour Jésus est celle de la vie éternelle. Or tous ces gens qu’il a nourris la veille ne songe qu’à la vie qui passe. Ils le poursuivent parce qu’il dispose d’un moyen infiniment commode pour l’entretenir. Eux doivent tant travailler pour l’assurer. Jésus lit cela au fond de leurs âmes; or il n’est pas venu du ciel pour leur procurer la vie terrestre … mais la sienne qui est la vraie vie, et qui est si différente! Comme il l’a fait pour Nicodème et la Samaritaine, pour les Juifs de Jérusalem ses ennemis, il va tenter d’arracher ces foules à leurs préoccupations inférieures et de les entraîner sur ces hauteurs où il réside.

La foule, plus encore que par le miracle, était impressionnée par la solution pratique qu’il représentait pour le problème de la nourriture. Jésus les arrache d’abord à ce souci, le miracle est un signe; il signifie une réalité plus grande que lui; dans l’espèce, il éveille la pensée d’un pouvoir qui vient du Tout-Puissant. Celui qui en dispose est donc dans un rapport spécial avec Dieu; et c’est ce que Jésus veut que l’on sache.  (…) Il est heureux qu’ils viennent à lui, qu’ils lui demandent la vie, mais la vraie vie, et la nourriture qui l’entretient: « Travaillez non pour la nourriture qui périt, mais pour la nourriture qui demeure pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera. »

Cette nourriture ils doivent la faire; il la leur donnera, mais à travailler et non toute faite: « Travaillez ». Elle créera donc entre lui et eux un rapport … et c’est ce rapport offert par lui, réalisé par eux (par leur acceptation active), qui est la vie éternelle. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 283 s)

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Que verrons-nous?

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Alpha et Oméga   (première et dernière lettre de l’alphabet grec)

« Je veux voir Dieu! » … voilà le cri qui jaillit du cœur de tout chrétien digne de ce nom. Dieu est le commencement et la fin de toutes choses (l’alpha et l’oméga, en termes techniques). Or justement, ce Dieu est tellement grand et nous sommes tellement petits qu’il nous faudra passer par le Verbe, l’image par excellence de Dieu, pour contempler le Père. Voici comment saint Augustin, dans une homélie, décrit cette contemplation qui nous intéresse au plus haut point:

« Saint Pierre dit à notre adresse: Pour confirmer notre certitude, nous avons la parole des prophètes; vous avez raison de fixer votre attention sur elle. comme sur une lampe brillant dans l’obscurité, jusqu’à ce que paraisse le jour et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs. Quand notre Seigneur Jésus Christ viendra … alors, avec la présence d’une telle lumière du jour, les lampes ne seront plus nécessaires. Toutes les Écritures nous seront retirées, alors qu’elles brillaient pour nous comme des lampes dans la nuit de ce monde, pour que nous ne demeurions pas dans l’obscurité. Quand tout cela aura disparu, puisque nous n’aurons plus besoin de cette lumière, pas plus que des hommes de Dieu qui nous la procuraient … que verrons-nous?

Que l’Évangile nous le dise: Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Tu recevais quelques gouttes de rosée; tu viendras à la source. Un rayon parvenait jusqu’à ton cœur  plein de ténèbres à travers des détours et des souterrains; tu verras la lumière elle-même à découvert et tu seras purifié pour être capable de la voir et de la porter. Mes bien-aimés, dit saint Jean, dès maintenant nous sommes fils de Dieu; mais ce que nous serons n’apparaît pas encore clairement. Nous le savons; lorsque le Fils de Dieu apparaîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est.

Je sens que vos cœurs s’élèvent avec moi vers les hauteurs; mais le corps, sujet à la corruption, appesanti l’âme; cette habitation terrestre rabaisse l’esprit aux mille pensées. Je vais déposer ce livre, vous allez partir et chacun de vous rentrera chez soi. Il nous a été bon de communier dans la lumière, il nous a été bon de nous réjouir, il nous a été bon d’être dans l’allégresse. Mais en nous éloignant les uns des autres, ne nous éloignons pas de Lui. »    (Homélie sur l’évangile de Jean, CCL 36, 321-323)

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Sommes-nous là?

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La fin de l’année liturgique nous présente toujours cette espérance d’être un jour en présence de Dieu et de jouir de sa vision … c’est le but avidement recherché par tous ceux et celles qui ont pris le message de Jésus au sérieux. Les contemplatifs s’efforcent dès ici-bas de se préparer à cette connaissance céleste en se purifiant de tout obstacle qui pourrait assombrir cette espérance. Écoutons notre mentor en ce domaine, dom Augustin Guillerand, qui, en bon Chartreux, expérimente déjà des éléments de cette vision béatifique et commente merveilleusement les chapitres 4 et 5 de l’Apocalypse de saint Jean:

« Les élus sont là, en face du trône, en face de Celui qui l’occupe et qui est l’Être, la Lumière et la Vie  (…)  mais nous, sommes-nous là? Sommes-nous « devant le trône de Dieu? »  N’y a-t-il pas d’autres trônes? Avons-nous abattu toutes les idoles? Le sang de l’Agneau, le sacrifice total sans réserve, a-t-il tout purifié? Le regard pleinement détaché est-il concentré sur l’objet unique? Toutes les cordes de nos harpes, toutes les puissances de notre être sont-elles accordées, vibrent-elles de la seule note, la note d’amour? Lui offrons-nous toutes nos couronnes, tout ce que nous avons d’être, de qualités, de mérites?

Nous devons trouver un jour un nom écrit dans le ciel; ce nom sera le nom commun du Père, auquel, par nos actes, nous aurons donné la forme personnelle et unique qui sera notre nom propre; ce nom brillera sur nos fronts pour l’éternité; c’est ce nom que Jésus dit: « Je connais mes brebis nommément par leur nom propre »; c’est ce nom, prononcé par cette voix divine qui nous fera tressaillir d’allégresse éternelle. Or de ce nom, il n’apparaîtra au ciel seulement que ce que nous aurons écrit en lui et par lui … Puissions-nous ne plus écrire que des mots qui demeurent; pour cela, écrivons-les devant le trône de notre Père céleste, pour sa gloire,avec et dans le sang de l’Agneau. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 52 ss)

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Il faut savoir attendre …

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La vie chrétienne est essentiellement faite d’attentes de toutes sortes car le processus de conversion commencé au baptême demande du temps … beaucoup de temps! On n’y peut rien car c’est ainsi que la Providence en a décidé: l’image de Dieu dans l’homme ne peut être rétablie qu’au prix d’une longue collaboration à l’action du Christ Sauveur. « Si le Christ t’a racheté au Calvaire sans ton aide, disait saint Augustin, par contre il ne te sauvera pas sans ta collaboration ». Cette longue collaboration s’impose pour pouvoir séparer le vrai du faux, le disciple authentique du disciple superficiel, l’ami sincère de l’ami intéressé.

Nous voilà donc obligés de patienter! Ce problème n’est pas nouveau car dès l’Ancien Testament les justes désiraient être immédiatement récompensés de leurs peines. Les premiers chrétiens n’étaient pas tellement différents: la vue des persécutions les horrifiaient car ils y voyaient les impies triompher dans leurs desseins maléfiques. Et nous? Comment voyons-nous les actes terroristes de nos jours??

Voici comment s’exprime à ce sujet, dans une homélie, un ecclésiastique du 2e siècle: « Il ne faut pas non plus laisser troubler notre esprit parce que nous voyons les méchants dans la richesse , et les serviteurs de Dieu dans l’angoisse. Ayons la foi, mes frères et mes sœurs: le combat que nous menons est l’épreuve que nous impose le Dieu vivant, et nous luttons dans la vie présente pour être couronnés dans celle qui vient. Parmi les justes, aucun n’a recueilli un fruit précoce; il faut savoir attendre. Si Dieu donnait immédiatement aux hommes justes leur récompense, ce serait bientôt un marché que nous pratiquerions, et non le culte de Dieu. Nous aurions l’apparence de la justice en recherchant non pas la religion mais notre profit. Et c’est pourquoi le jugement divin frappe la personne qui n’est pas vraiment juste et l’accable d’entraves. Au Dieu unique et invisible, au Père de vérité qui nous a envoyé le Sauveur pour nous conduire vers l’immortalité, qui nous a manifesté par lui la vérité et la vie céleste, à Lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen. »  (Homélie d’un  anonyme du 2e siècle, PA 1, 206-210)

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« Ma chair elle-même repose en confiance …

 

… tu ne peux m’abandonner à la mort.» (Ps.16/17)

Notre vie sur terre n’est pas éternelle! Un jour ou l’autre il nous faudra bien nous rendre à l’évidence. Il existe deux réactions possibles  face à la mort: ou bien on l’accepte ou bien on ne l’accepte pas … c’est aussi simple que ça.

Les croyants, de par leurs convictions profondes, y voient un passage vers Celui qui s’est révélé à eux; les non-croyants craignent la mort ou s’efforcent de l’enrober de mille manières. Il faut bien avouer que les croyants n’ont pas bonne presse aujourd’hui car les attentats terroristes engendrent une atmosphère de suspicion voire de condamnation des religions. « Il faut alors , dit le Pape François, regarder les valeurs positives que celles-ci engendrent et qui sont des sources d’espérance. » Notre religion chrétienne transpire l’espérance car elle est toute tournée vers la vie d’union au Christ ressuscité … vainqueur de la mort!

«Nu je suis sorti du sein de ma mère et nu j’y retournerai», avouait le saint homme Job. C’est ainsi que les ordres monastiques, acceptant cette parole de sagesse, l’ont traduite en un rituel funéraire empreint de simplicité, sans fard ni aucune prétention. La mort y est vue comme un passage vers un Dieu juste et bon: « Ma chair elle-même repose en confiance, dit le psalmiste, tu ne peux m’abandonner à la mort

La BONTÉ de Dieu, voilà la pierre de touche … «Dieu est bon, disait le saint pape Paul VI, non seulement en lui-même; Dieu est bon pour nous. Il nous aime, nous cherche, pense à nous, nous connaît, nous inspire et nous attend.» Oui, joie pour les cœurs qui cherchent Dieu!

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Ô Mort, où est ta victoire ?

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Novembre est traditionnellement le «mois des morts», le mois de la réflexion. La Nature nous y invite en prenant elle-même le chemin qui mène au repos hivernal. La mort peut nous faire peur au point de nous pousser à refuser même d’en parler. Il est vrai que l’on peut exagérer en en faisant une crainte omniprésente qui empoisonne la vie. On peut mourir de façon tranquille, dans son lit, ou de façon tragique, dans une tuerie sanglante qui horrifie. Mais la mort c’est toujours la mort, la fin d’une vie aimée ou tout au moins appréciée.

Anciennement, on se plaisait à dire qu’on était en danger de mort dès la naissance; aujourd’hui, c’est plutôt dès la conception dans le sein de notre mère. Nous vivons à une époque où la violence ne connaît pas de bornes. À preuve, ces jeux électroniques où les ados apprennent à faire la guerre virtuelle … en attendant d’être attirés plus tard à passer aux actes dans un monde bien réel. La vie humaine a perdu de sa respectabilité pour devenir une statistique anonyme dans les nouvelles de dix-huit ou vingt heures.

«Ò Mort, où est ta victoire?» s’exclame saint Paul aux fidèles de Corinthe, suite à sa réflexion sur la résurrection de Jésus. La vie n’est peut-être pas si tragique que l’on pense si … oui, si … l’on accepte la résurrrection telle que proclamée par le Créateur lui-même. La FOI évidemment est un don de Dieu, toujours fragile, mais qui peut rectifier notre fatalisme. D’ailleurs, la Nature elle-même ne nous y invite-t-elle pas, chaque année, en renaissant au printemps ?

Ne soyons donc inquiets de rien … et, comme ajoutait le même apôtre aux Philippiens: «Que la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.» Amen!

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