Savoir garder contact avec Dieu

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Frère chartreux au travail  (Montalegre, Espagne)

 En ce monde super actif qui est le nôtre, il est normal de se poser des questions sur la possibilité de vivre uni à Dieu. À une demande en ce sens provenant d’un correspondant, dom Guillerand répond ceci:

« Dieu est plus présent à nous-mêmes que nous-mêmes, ou (si cette formule semble excessive) il est présent à tout ce qu’il y a de plus intime et profond en nous. Il est notre moi intérieur; il fait corps avec lui; il lui infuse incessamment l’être, qui sans cesse retomberait dans le néant s’il n’était pas constamment et très réellement renouvelé. Toute notre activité part de ce foyer secret qui est l’Être de Dieu en nous.

Notre vie devrait consister tout simplement à prendre et garder contact avec ce Dieu présent et qui se donne. Nous devrions sans cesse lui dire: «Mon Dieu, je crois que vous êtes là, que vous m’aimez, que vous vous donnez à moi, et je veux répondre à cet amour par l’amour». Nous ne devrions faire que cela! Mais cela ne supprime pas la vie extérieure (manger, dormir, parler, écrire, etc.) en union avec Dieu par cet acte de foi aimante.

La vie du monde  peut être tout ce qu’elle veut; quand elle entre en contact avec notre âme, elle doit être transformée, elle doit prendre la forme de notre âme. Dans un estomac malade, dans un organisme infecté, la meilleure nourriture  devient mauvaise et peut tuer. Dans une âme saine, le mal se change en bien, et ce qui pourrait donner la mort accroît la vie. En voici la raison qui est très belle et très encourageante: c’est que nous portons en nous un principe de vie qui est la Vie même: Dieu vivifie tout. Nous voyons dès lors la nécessité d’une union intime avec lui, et combien nous devons nous efforcer d’en resserrer chaque jour les liens.

Engageons-nous beaucoup, dans ce but, à garder précieusement la paix d’âme qu’il veut bien nous accorder en ce moment. Pour cela, ne nous préoccupons pas de la route ni de ses incidents, ne nous préoccupons même pas trop d’arriver. Préoccupons-nous d’être avec lui. Nous ne pensons pas assez qu’avant d’être notre récompense au terme, Dieu est notre compagnon dans le chemin, et qu’il sera notre récompense si nous nous sommes efforcés de nous tenir dans sa compagnie. »

(Écris spirituels, tome 2, page 170)

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« Pourvu seulement que j’atteigne Jésus Christ »

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Amphithéâtre de la Rome impériale

Que de personnes, aujourd’hui, s’enlèvent la vie pour toutes sortes de raisons. Nous vivons dans une société de confort où la moindre gêne semble devenir un obstacle infranchissable … et nous hésitons de plus en plus à orienter notre vie vers un idéal exigeant (qu’il s’agisse du mariage sacramentel, de la vie religieuse ou sacerdotale).

Et pourtant il n’en fut pas toujours ainsi. Au tout début de l’ère chrétienne, les baptisés se disaient même prêts à donner leur vie pour le Christ. À preuve, le témoignage de saint Ignace  évêque d’Antioche (deuxième successeur de Pierre sur ce siège) qui fut condamné par l’empereur Trajan à être jeté aux bêtes dans l’amphithéâtre de Rome . Voici un extrait de la lettre qu’il envoya aux chrétiens de cette ville, les suppliant de ne rien faire qui puisse compromettre son martyre:  « À l’Église qui préside dans la région de Rome, Église digne de Dieu, digne d’être honorée. digne d’être appelée bienheureuse, digne de réussir selon ses vœux, digne par sa pureté dans la foi; Église qui préside à la charité. (…) Mais je crains que votre charité ne me fasse tort. Car il vous est facile de faire ce que vous voulez; quant à moi, il m’est difficile d’atteindre Dieu si vous ne me laissez pas faire. (…) Demandez seulement pour moi la force intérieure et extérieure. afin que je n’aie pas seulement la parole, mais la volonté; afin que je n’aie pas seulement la réputation d’être chrétien, mais la réalité. (…) C’est maintenant que je commence à être un disciple. Que rien, parmi les êtres visibles et invisibles, ne m’empêche par jalousie de rejoindre le Christ … que tous les supplices du diable viennent sur moi, pourvu seulement que j’atteigne Jésus Christ. » (Lettre de saint Ignace aux Romains)

Effectivement, il parvint à Rome pour le dernier jour des jeux publics. Quatre-vingt mille spectateurs se pressaient sur les gradins du Colisée, lorsque Ignace y fut conduit. Son martyr fut bref.  Deux lions se jetèrent sur lui et le dévorèrent en un moment, ne laissant (selon un commentateur) que les plus gros de ses os. C’était vers l’an 117 après Jésus Christ.

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Ce Cœur qui ne cesse de nous aimer

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« De son sein couleront des fleuves d’eau vive. Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui » (Jean 7, 37-38).

Le but de la mission de Jésus sur terre était, et demeure toujours, de nous baptiser dans l’Esprit Saint. Au Calvaire, l’apôtre Jean n’a pas manqué de discerner dans le coup de lance et l’écoulement subséquent d’eau et de sang une image de cette mission universelle de salut.

Et c’est dans ce même évangile que Jésus parle de son corps comme étant le temple par excellence (« Détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai » Jean 2, 19). Il est donc tout indiqué d’appliquer au corps de Jésus cette prophétie d’Ézéchiel (ch. 47) concernant une eau mystérieuse qui prend son origine au côté droit du futur temple  pour s’écouler vers la Mer morte en devenant peu à peu un fleuve imposant qui assainit tout ce qu’il rencontre. Depuis 2000 ans, que de grâces ont rejailli sur l’humanité en quête de guérison et de salut!

La Fête du Cœur de Jésus, rappel important des sentiments humains du Fils de Dieu, dépasse donc l’horizon d’une simple dévotion pour devenir une brillante représentation de l’histoire du salut depuis le coup de lance. Puisse cette célébration récurrente devenir pour nous, âmes contemplatives, une source bénéfique de méditations ecclésiales, tout à l’honneur de Celui qui nous entraîne à sa suite dans la conquête du monde et l’établissement du Règne de Dieu.

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Dom Guillerand et l’Eucharistie

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Messe conventuelle (Grande Chartreuse, France)

Dans son commentaire sur l’évangile de Jean, dom Guillerand nous a laissé des aperçus tout à fait sublimes sur l’eucharistie et la vie trinitaire. Il lui semble d’ailleurs impossible de traiter d’un sujet sans faire référence à la vie intime de Dieu. Le discours que Jésus a prononcé sur le pain de vie (chapitre 6)  se prêtait évidemment  à une telle interprétation dont voici un extrait:

« On n’admire pas assez les discours de Notre-Seigneur. Ils se déploient avec une telle plénitude qu’on ne la remarque pas; il en est de sa parole comme de sa vie: la simplicité en masque la perfection et la beauté.  Cherchez, a-t-il dit à ses auditeurs, un aliment qui demeure et donne de vivre à jamais. Demandez-moi cela, et non un pain matériel qui refasse vos corps chaque jour et qui vous laisse dans la vie périssable de la matière. Ce pain spirituel, vous l’avez; le Père vous l’a donné. Je suis ce pain; si vous entrez en moi par la foi, vous l’y trouverez et vous serez à l’abri de l’usure; vous n’aurez plus ni faim ni soif; vous ne mourrez plus, et même vos corps participeront au dernier jour à cette vie qui demeure. Mais il faut me manger. Comment cela? En prenant ma chair, en vous unissant à moi dans la chair, comme je me suis uni à vous quand je l’ai prise. Je suis descendu, il faut que vous remontiez; je suis descendu par elle; vous devez remonter par elle. Entrez dans ma chair et vous trouverez le Père, le principe de vie qui me la communique, vous accueillerez le souffle de vie par lequel il m’engendre, et vous vivrez de cette vie.

Vous ferez ce que je fais, vous vous donnerez comme je me donne. Vous donnerez votre esprit en croyant; vous donnerez votre volonté en aimant; vous donnerez votre sensibilité en réalisant votre foi et votre amour. Vous vous donnerez parce que l’Esprit d’amour qui m’unit au Père sera en vous, et vous unira à moi comme je m’unis à lui. Vous ferez ce que je fais comme je fais ce que fait le Père. Tous, nous ne ferons que nous donner mutuellement … et ce sera la vie éternelle. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 293s)

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Ô bon Pasteur, notre vrai pain

Eucaristia (3)

 

Le voici, le pain des anges,

il est le pain de l’homme en route,

le vrai pain des enfants de Dieu,

qu’on ne peut jeter aux chiens.

Ô bon Pasteur, notre vrai pain,

ô Jésus, aie pitié de nous,

nourris-nous et protège-nous,

fais-nous voir les biens éternels

dans la terre des vivants.

(Extrait de la Séquence de la messe)

 

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Un Chartreux nous parle de l’Eucharistie

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Action de grâce après la messe (Chartreuse de Serra San Bruno, Italie)

Dans son commentaire sur l’évangile de Jean (chapitre 6: discours de Jésus sur le pain de vie), dom Guillerand nous découvre sa profonde vie intérieure  toute axée sur le mystère du Verbe incarné:

« De même que le Père qui vit m’a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi ». Le divin Maître décrit cette vie en quelques mots très simples et courts comme d’habitude mais d’une substance inépuisable où tout le mystère divin, avec son prolongement jusqu’à nous, vibre et s’offre à notre méditation. Il a été envoyé pour cela. (…) Toute sa vie terrestre de Verbe incarné est là: « Moi je vis par le Père.» Il ne voit que son Père, il ne veut que lui, il ne tend qu’à lui faire plaisir en réalisant tous ses vouloirs.

Et c’est pour réaliser cette volonté qu’il parle en ce moment  et qu’il appelle ses auditeurs à manger sa chair. Car le mystère de cette vie infinie qu’il reçoit du Père et qui le fait vivre pour lui et en lui, il l’offre à qui mangera sa chair: « Celui qui me mange vivra aussi par moi.» Cette manducation lui communiquera le souffle d’amour qui l’anime, et le fera se donner à lui comme lui-même se donne à qui communie. Le communiant (celui qui communie vraiment) reçoit le mouvement qui porte le Père dans son Fils, le Fils dans son Père, et les tient éternellement embrassés. Il est saisi par cet Esprit qui les lie, et que la chair de Jésus a fait entrer en lui, et il est emporté à son tour  dans Celui qui, par le véhicule de cette chair, est venu en lui; et, uni à lui, il entre dans le sein où ce mouvement et ce baiser sont la Vie même de Dieu, la vie éternelle. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 291 s)

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Le mystère de l’Eucharistie

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La Fête-Dieu ou fête du Saint Sacrement remonte au 14e siècle alors que diverses erreurs sur la présence réelle de Jésus dans ce sacrement obligèrent l’Église romaine a instituer une fête à son honneur. Parmi les grands théologiens de ce temps, Thomas d’Aquin fut choisi pour rédiger les textes de cette nouvelle fête. Voici un extrait de ce que saint Thomas écrivit à ce sujet:

« Le Fils unique de Dieu, voulant nous faire participer à sa divinité, a pris notre nature afin de diviniser les hommes, lui qui s’est fait homme. En outre, ce qu’il a pris de nous, il nous l’a entièrement donné pour notre salut. En effet, sur l’autel de la croix, il a offert son corps en sacrifice à Dieu le Père afin de nous réconcilier avec lui; et il a répandu son sang pour qu’il soit en même temps notre rançon et notre baptême: rachetés d’un lamentable esclavage, nous serions purifiés de tous nos péchés. Et pour qu nous gardions toujours la mémoire d’un si grand bienfait, il a laissé aux fidèles son corps à manger et son sang à boire, sous les dehors du pain et du vin.

Banquet précieux et stupéfiant, qui apporte le salut et qui est rempli de douceur! Peut-il y avoir rien de plus précieux que ce banquet où l’on ne nous propose plus, comme dans l’ancienne Loi, de manger la chair des veaux et des boucs, mais le Christ qui est vraiment Dieu? Y a-t-il rien de plus admirable que ce sacrement? (…) Aucun sacrement ne produit des effets plus salutaires que celui-ci: il efface les péchés, accroît les vertus et comble l’âme surabondamment de tous les dons spirituels! Il est offert dans l’Église pour les vivants et pour les morts afin de profiter à tous, étant institué pour le salut de tous. Enfin, personne n’est capable d’exprimer les délices de ce sacrement, puisqu’on y goûte la douceur spirituelle à sa source; et on y célèbre la mémoire de cet amour insurpassable que le Christ  a montré dans sa passion. »

(Opuscula theologica 2,  Turin 1954, 216-217)

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Un mystère qui nous échappe

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Un seul Dieu en trois personnes: mystère qui peut difficilement être représenté. Retenons quand même les éléments essentiels que nous donne l’Église, aujourd’hui, dans la prière d’ouverture de la messe :

« Dieu notre Père, tu as envoyé dans le monde ta Parole de vérité et ton Esprit de sainteté pour révéler aux humains ton admirable mystère; donne-nous de professer la vraie foi en reconnaissant la gloire de l’éternelle Trinité, en adorant son Unité toute-puissante. »

Nous pouvons donc en déduire que la révélation du Mystère de la Trinité est comme une porte qui nous est ouverte pour nous faire entrer dans l’intimité de Dieu; une compréhension de notre adoption filiale que les autres religions monothéistes ne sauraient nous fournir. «Compréhension», remarquons-le, qui ne peut s’acquérir que par la mise en marche de notre baptême et qui est destinée à s’épanouir dans l’au-delà.

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Cette fontaine qu’est l’Esprit Saint

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Fontaine de la cour intérieure (Chartreuse Scala Coeli, Portugal)

Dans son commentaire de l’évangile de Jean, dom Augustin Guillerand nous parle de l’Esprit Saint comme d’un mouvement qui unit le Père et le Fils et qui jaillissant  du cœur du Christ, à la manière d’une fontaine, tend à se répandre dans le cœur des croyants. Écoutons attentivement ce cher Augustin:

« L’Esprit qui unit le Père au Fils et le Fils au Père, qui part du Père pour se donner au Fils et repart du Fils pour entrer dans le Père, est dans le Fils fait homme pour se donner aux hommes. Il part de Jésus comme un fleuve pour répandre en eux son eau jaillissante, et il doit repartir d’eux pour rentrer dans le Verbe incarné et, par lui, dans le Père.

Son eau est la vie éternelle; son mouvement est le mouvement intérieur qui la constitue et qui s’est répandu hors de l’océan infini pour se communiquer aux eaux de l’abîme et les faire rentrer transformées et divinisées dans l’océan. Ce fleuve est le fleuve de paix. Il se répand sans se répandre; c’est un mouvement qui comble, qui communique l’être au néant et le fait être. Il n’est pas exact de dire qu’il est reçu ni qu’il n’est pas reçu. Il reçoit en lui en même temps qu’il est reçu. Voilà pourquoi Jésus emploie le mot «baptiser». Il baptise dans l’Esprit, c’est-à-dire qu’il plonge dans l’Esprit; et nous recevons l’Esprit dans la mesure de notre être. L’Esprit est l’océan plein et débordant qui se répand en tout vase vide … et dans la mesure de ce vide. Les vases doivent donc se vider de tout ce qui les emplit. Le Fils demande ce vide pour se donner à eux. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 214)

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L’eau … symbole de l’Esprit

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La Pentecôte est un cadeau inespéré: l’Esprit qui procède du Père et du Fils vient en nous pour nous transformer en enfant de Dieu et nous habiliter à vivre en Église. Ce don découle de la Sainte Humanité du Verbe comme une eau vivifiante. Écoutons l’explication qu’en fait saint Cyrille, évêque de Jérusalem au 4e siècle:

« L’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle. C’est une eau toute nouvelle, vivante et jaillissante, jaillissant pour ceux qui en sont dignes. Pour quelle raison le don de l’Esprit est-il appelé une «eau»? C’est parce que l’eau est à la base de tout; parce que l’eau produit la végétation et la vie; parce que l’eau descend du ciel sous forme de pluie; parce qu’en tombant sous une seule forme, elle opère de façon multiforme. (…)

L’Esprit Saint agit ainsi. Il a beau être un, simple et indivisible, il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté. De même que le bois sec, associé à l’eau, produit des bourgeons, de même l’âme qui vivait dans le péché, mais que la pénitence rend capable de recevoir le Saint-Esprit, porte des fruits de justice. Bien que l’Esprit soit simple, c’est lui qui, sur l’ordre de Dieu et au nom du Christ, anime de nombreuses vertus. Il emploie la langue de celui-ci au service de la sagesse; il éclaire par la prophétie l’âme de celui-là; il donne à un autre le pouvoir de chasser les démons; à un autre encore celui d’interpréter les divines Écritures. Il fortifie la chasteté de l’un, il enseigne à un autre l’art de l’aumône, il enseigne à celui-ci le jeûne et l’ascèse, à un autre il enseigne à mépriser les intérêts du corps, il prépare un autre encore au martyre. Différent chez les différents hommes, il n’est pas différent de lui-même, ainsi qu’il est écrit: Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. (…)

Son entrée en nous se fait avec douceur, on l’accueille avec joie, son joug est facile à porter. Son arrivée est annoncée par des rayons de lumière et de science. Il vient avec la tendresse d’un défenseur véritable, car il vient pour sauver, guérir, enseigner, conseiller, fortifier, réconforter, éclairer l’esprit chez celui qui le reçoit, tout d’abord, et ensuite, par celui-ci, chez les autres. »  (Catéchèses sur le Saint-Esprit, PG 33, 940-941)

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