Ma vie d’ermite urbain

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Ma solitude urbaine m’apparente un peu à ces chercheurs de Dieu que sont les moines, spécialement ceux qui vivent dans une solitude bien prononcée comme par exemple les Chartreux. « Un peu » car mes contacts avec la vie urbaine sont bien réels ; mais même les Chartreux ont besoin d’une certaine vie communautaire pour équilibrer leur vie silencieuse car, vivant chacun dans une maisonnette reliée aux autres par un corridor appelé cloître (voir ci-dessus), ils se réunissent trois fois par jour à l’église pour la célébration de certains offices liturgiques. Ils bénéficient également d’un repas communautaire le dimanche ainsi que d’une promenade hebdomadaire de groupe où ils peuvent échanger.

À regarder de plus près la photo ci-dessus (Chartreuse de Farneta, Italie), on se rend compte que leurs confrères décédés sont inhumés dans la cour intérieure du cloître avec pour tout monument une simple croix, sans aucune inscription: détachement de tout même dans la mort. Ces hommes ont découvert le secret de la solitude : une Présence divine qui les accompagne tout au long de leurs journées. En réalité, un ermite n’est jamais seul : son silence extérieur ne fait que lui permettre de dialoguer constamment avec Dieu.

La vie en ermitage n’est pas réservée aux seuls membres d’un ordre contemplatif, elle est également pratiquée de plus en plus par des chrétiens et des chrétiennes vivant dans le monde, même en milieu urbain. Les santés ne sont plus ce qu’elles étaient au 19e siècle ; l’austérité des ordres religieux empêche une foule de gens d’y entrer mais l’appel à la prière et au silence demeure bien vivant. Dieu n’est pas réservé à quelques-uns mais il est offert à tous !

En tant qu’ermite urbain, j’ai senti dès le départ la nécessité de me ménager non seulement un environnement silencieux qui puisse répondre à mes besoins de lecture et de prière mais aussi de me donner un horaire quotidien afin de bien répartir les diverses activités en vue d’équilibrer les besoins du corps et de l’esprit: une âme saine dans un corps sain ! Mais le plus important, surtout pour un néophyte, est de pouvoir compter sur une spiritualité qui a fait ses preuves : pensons à la spiritualité bénédictine, carmélitaine, franciscaine ou encore à celle des Chartreux. Personne ne peut s’improviser «ermite». Les présomptueux se sont souvent retrouvés dans la peau de personnes dévotes plus ou moins cinglées !

Ceci étant dit, la vie contemplative demeurera toujours «la meilleur part », la perle précieuse pour l’obtention de laquelle il faut tout sacrifier. Comment expliquer cet attrait ? « Ce que la solitude et le silence du désert apportent d’utilité et de joie divine à qui les aime, ceux-là seuls le savent qui en ont fait l’expérience »  (Statuts de l’Ordre des Chartreux, chapitre 6).

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Découvrir Dieu

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«Le ciel étoilé au dessus de ma tête, la loi morale au fond de mon cœur» : les deux objets permanents de la contemplation admirative de Kant. Il faut bien avouer que pour un citadin la voûte nocturne est très peu étoilée … mais, ceci mis à part, les journées peuvent être merveilleuses par l’alternance des nuages et des éclaircis. Et puis, en ce qui concerne les journées les plus sombres, il nous reste toujours « la loi morale au fond de mon cœur« , cette sagesse intérieure éclairée par la foi chrétienne qui nous fait discerner la Providence dans notre vie personnelle.

«Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube: mon âme a soif de Toi» (Psaume 63, 2). L’auteur du psaume a très bien exprimé ce désir intime qui nous habite tous, même ceux qui se disent athées. Néanmoins, seules les personnes qui acceptent de croire peuvent aller plus loin en répondant à cette Présence par une prière d’action de grâce : «Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom» (verset 5).

Découvrir Dieu est la plus belle chose qui puisse nous arriver. Il n’est pas nécessaire de se réfugier dans un désert ou dans un monastère pour Le trouver, il suffit de se recueillir, de se faire petit, et d’accepter humblement d’être créature. Dieu est Père, il est Providence, il est Amour miséricordieux. Seuls les humbles peuvent le découvrir !

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L’émerveillement eucharistique selon François

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On s’émerveille lorsqu’on éprouve un étonnement agréable devant quelque chose d’inattendu qu’on juge merveilleux, tel notre émerveillement face à un paysage automnal haut en couleurs. Pour le pape François, notre émerveillement devant le mystère pascal célébré dans l’eucharistie est un élément essentiel de la liturgie : « si un tel émerveillement venait à manquer, écrit-il, nous risquerions d’être imperméables à l’océan de grâce qui inonde chaque célébration » (Desiderio desideravi, Lettre apostolique sur la formation liturgique du peuple de Dieu, no.24).

On peut évidemment s’émerveiller face à divers éléments liturgiques (chants, vêtements, processions, encens, décorum à l’ancienne ou rite tridentin) mais nous sommes encore loin du véritable émerveillement spirituel auquel le pape fait allusion : « L’émerveillement dont je parle n’est pas une sorte de désarroi devant une réalité obscure ou un rite énigmatique, mais c’est, au contraire, l’émerveillement devant le fait que le dessein salvifique de Dieu nous a été révélé dans la Pâque de Jésus » (no. 25). Quelle simplicité d’expression et pourtant quelle hauteur de vue : Jésus lui-même doit retenir toute notre attention à la messe, mémorial de sa mort et de sa résurrection ! Et cette offrande de Jésus nous dévoile l’amour salvifique du Père pour tous les humains ! On accuse parfois la réforme liturgique d’avoir évacué de la célébration « le sens du mystère » … mais on oublie, comme dit François, « que la rencontre avec Dieu n’est pas le fruit d’une recherche intérieure individuelle, mais un événement donné, soit le fait nouveau de l’Incarnation » (no 24). Incarnation historique du Verbe de Dieu, à nous rappelée et transmise par les divers sacrements de l’Église. C’est ainsi que la grandeur du Plan salvifique de Dieu doit susciter, encore aujourd’hui, notre admiration et nous conduire à l’adoration.

Le 16 juillet 2021, le pape François publiait une lettre apostolique Traditionis custodes (Gardiens de la Tradition) qui abrogeait le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. Ce dernier document, écrit en 2007, avait élargi les conditions de célébration de la messe tridentine : on y affirmait que la messe dans l’ancien rite n’avait jamais été abolie et que des fidèles, assemblés en groupe stable, pouvaient légitimement demander qu’elle soit célébrée dans leur diocèse. De plus, cette messe y était qualifiée de « forme extraordinaire » du Rite romain. Des affirmations plutôt discutables qui semblaient inviter à un retour en arrière en minimisant la réforme liturgique promulguée par le Concile Vatican II. Or, suite à une malheureuse dérive de cet élargissement de 2007, dérive qui aboutissait pour certains à un refus pur et simple de la réforme conciliaire, le pape actuel n’avait d’autres choix que de sonner l’alarme et prendre des mesures draconiennes pour sauvegarder l’unité de l’Église catholique : « Il serait banal de lire les tensions liturgiques comme une simple divergence entre différentes sensibilités envers une forme rituelle. La problématique est avant tout ecclésiologique. Je ne vois pas comment on peut dire que l’on reconnaît la validité du Concile et ne pas accepter la réforme liturgique (…). Pour cette raison, j’ai estimé qu’il était de mon devoir d’affirmer que les livres liturgiques promulgués par les saints pontifes Paul VI et Jean-Paul II (conformément aux décrets du Concile Vatican II) sont l’unique expression de la lex orandi (la loi de prière) du Rite romain «  (Desiderio desideravi, no 31). Et voilà la vérité rétablie !

Dans le but de raviver notre émerveillement face à la beauté et à la vérité de la messe, le pape nous invite donc à nous concentrer sur l’essentiel : le rappel du célébrant, lors de la consécration eucharistique, de l’offrande extraordinaire de Jésus à son Père à la dernière Cène. Offrande ouverte à notre participation, grâce à notre union au Christ « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Voilà le sommet de ce sacrement qui se finalisera dans la communion eucharistique subséquente. Notre réception fréquente des divers sacrements de l’Église peut ainsi devenir le meilleur moyen de nous laisser former à la vie d’enfants de Dieu. Voilà ce qui doit nous émerveiller ! On comprend, dès lors, l’à-propos de cette dernière remarque du Saint-Père : « Toute cette richesse [vérité de la célébration, formation liturgique, art de célébrer] n’est pas loin de nous. Elle est dans nos églises, dans nos fêtes chrétiennes, dans la centralité du dimanche, dans la force des sacrements que nous célébrons. La vie chrétienne est un parcours continuel de croissance. Nous sommes appelés à nous laisser former dans la joie et dans la communion » (no 62).

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Nos attentes face à Dieu

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Nos attentes sont nombreuses car nos misères sont nombreuses. De plus, l’incertitude du lendemain peut nous faire craindre bien des choses : subsistance parcimonieuse, relations tendues, combats de toutes sortes. Après nous être arrêtés sur les trois premières demandes du Notre Père qui portaient sur Dieu et son Royaume, voici donc aujourd’hui les quatre suivantes qui résument bien nos principaux besoins :

592. Quel est le sens de la demande : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » ?

En demandant à Dieu, avec l’abandon confiant des fils, la nourriture de tous les jours nécessaire à tous pour leur subsistance, nous reconnaissons combien Dieu notre Père est bon au-delà de toute bonté. Nous demandons aussi la grâce de savoir agir pour que la justice et le partage permettent à ceux qui possèdent en abondance de venir en aide aux besoins des autres.

593. Quel est le sens spécifique de cette demande pour le chrétien ?

Puisque « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4, 4), cette demande concerne également la faim de la Parole de Dieu et du Corps du Christ reçu dans l’Eucharistie, ainsi que la faim de l’Esprit Saint. Nous demandons cela avec une confiance absolue, pour aujourd’hui, l’aujourd’hui de Dieu, et cela nous est donné surtout dans l’Eucharistie, avant-goût du banquet du Royaume qui vient.

594. Pourquoi disons-nous : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » ?

En demandant à Dieu notre Père de nous pardonner, nous nous reconnaissons pécheurs devant lui. Mais nous confessons en même temps sa miséricorde parce que, en son Fils et par les sacrements, « nous recevons la rédemption et la rémission de nos péchés » (Colossiens 1, 14). Notre demande ne sera cependant exaucée qu’à condition que, de notre côté, nous ayons d’abord pardonné.

595. Comment le pardon est-il possible ?

La miséricorde ne pénètre notre cœur qui si nous savons, nous aussi, pardonner, même à nos ennemis. Désormais, même si, pour l’homme, il semble impossible de satisfaire à cette exigence, le cœur qui s’offre à l’Esprit Saint peut, comme le Christ, aimer jusqu’à l’extrême de l’amour, transformer la blessure en compassion, et l’offense en intercession. Le pardon participe de la miséricorde de Dieu et est un des sommets de la prière chrétienne.

596. Que veut dire : « Ne nous soumets pas à la tentation » ?

Nous demandons à Dieu notre Père de ne pas nous laisser seuls au pouvoir de la tentation. Nous demandons à l’Esprit de savoir discerner d’une part entre l’épreuve qui nous fait grandir dans le bien et la tentation qui mène au péché et à la mort, et, d’autre part, entre être tenté et consentir à la tentation. Cette demande nous unit à Jésus qui a vaincu la tentation par sa prière. Elle sollicite la grâce de la vigilance et de la persévérance finale.

597. Pourquoi finissons-nous en demandant : « Délivre-nous du Mal » ?

Le Mal désigne la personne de Satan qui s’oppose à Dieu et qui est « le séducteur de toute la terre » (Apocalypse 12, 9). La victoire sur le diable a déjà été acquise par le Christ. Mais nous prions afin que la famille humaine soit libérée de Satan et de ses oeuvres. Nous demandons aussi le don précieux de la paix et la grâce d’attendre avec persévérance la venue du Christ, qui nous libérera définitivement du Malin.

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique)

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Sept demandes des plus importantes !

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La prière de Jésus au Père était la respiration de son existence terrestre. Tout en venant habiter au milieu de nous, le Christ ne s’est jamais éloigné de la maison du Père, c’est-à-dire de la communion avec lui dans la prière. Dans l’eucharistie, chacune de nos prières s’élève vers le Père « par le Christ Notre Seigneur ».C’est cette prière du Christ qui soutient toutes nos prières, celles du cœur comme celles de la bouche.

La prière du Notre Père, telle qu’enseignée pas Jésus lui-même, n’est pas une prière de louange ou d’action de grâce mais bien une prière de demande. Elle est composée de sept demandes (Matthieu 6, 9-13) dont le premier groupe concerne la Gloire de Dieu et le second nos misères et nos attentes. Nous allons, aujourd’hui, nous attarder sur le premier groupe de demandes :

587. Comment se compose la prière du Seigneur ?

Elle contient sept demandes à Dieu le Père. Les trois premières, plus théologales, nous tournent vers lui, pour sa gloire : c’est le propre de l’amour de penser avant tout à celui qui nous aime. Elles indiquent ce que nous avons tout particulièrement à demander : la sanctification du Saint Nom, la venue du Royaume, l’accomplissement de Sa volonté. Les quatres dernières demandes présentent au Père de miséricorde nos misères et nos attentes. Elles lui demandent notre nourriture, le pardon, le secours dans les tentations et la délivrance du Malin.

588. Que signifie : « Que ton Nom soit sanctifié » ?

Sanctifier le Nom de Dieu, c’est avant tout une louange qui reconnaît Dieu comme Saint. Dieu a en effet révélé son Nom à Moïse et il a voulu que son peuple lui soit consacré comme une nation sainte chez qui il habite.

589. Comment le Nom de Dieu est-il sanctifié en nous et dans le monde ?

Sanctifier le Nom de Dieu qui nous appelle « à la sanctification » (1Thessaloniciens 4, 7), c’est désirer que la consécration baptismale vivifie toute notre vie. C’est aussi demander que, par notre vie et notre prière, le Nom de Dieu soit connu et béni par tout homme.

590. Que demande l’Église lorsqu’elle prie en disant : « Que ton Règne vienne » ?

L’Église implore la venue finale du Royaume de Dieu par le retour du Christ dans sa gloire. Mais l’Église prie aussi pour que le Règne de Dieu grandisse dès aujourd’hui par la sanctification des hommes dans l’Esprit et, grâce à leurs efforts, au service de la justice et de la paix, selon les Béatitudes. Cette demande est le cri de l’Esprit et de l’Épouse : « Viens Seigneur Jésus » (Apocalypse 22, 20).

591. Pourquoi demander : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » ?

La volonté de notre Père est que « tous les hommes soient sauvés » (1Timothée 2, 3). C’est pourquoi Jésus est venu pour accomplir parfaitement la volonté salvifique du Père. Nous prions Dieu le Père d’unir notre volonté à celle de son Fils, à l’exemple de la Vierge Très sainte et des Saints. Nous demandons que son dessein d’amour bienveillant se réalise pleinement sur la terre comme c’est déjà le cas au ciel. C’est par la prière que nous pouvons « discerner la volonté de Dieu » (Romains 12, 2) et obtenir la « constance pour l’accomplir » (Hébreux 10, 36).

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique)

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La prière chrétienne irremplaçable

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La conscience de notre fragilité, pour ne pas dire de notre mortalité, ne peut que nous inciter à nous rapprocher tôt ou tard de Celui qui est au commencement et à la fin de toutes choses. Jésus l’a bien comprit, lui qui nous a enseigné avant tout à prier Dieu avec confiance et amour. Le Notre Père est « la plus parfaite des prières » selon saint Thomas d’Aquin, et, au dire de Tertullien « le résumé de tout l’Évangile ». Amplement utilisée dans la liturgie, cette prière chrétienne irremplaçable (souvent appelée oraison dominicale) fait partie intégrante de la liturgie des Heures, prière officielle de l’Église catholique. À remarquer que la tradition liturgique a toujours utilisé le texte de Matthieu (6, 9-13).

582. Pourquoi pouvons-nous « oser nous approcher en toute confiance » de notre Père ?

Parce que Jésus, notre Rédempteur, nous introduit devant la Face du Père, et que son Esprit fait de nous des fils. Ainsi, nous pouvons prier le Notre Père avec une confiance simple et filiale, avec une joyeuse assurance et une humble audace, dans la certitude d’être aimés et exaucés.

583. Comment est-il possible d’invoquer Dieu comme « Père » ?

Nous pouvons invoquer le « Père » parce que le Fils de Dieu fait homme nous l’a révélé et que son Esprit nous le fait connaître. L’invocation du Père nous fait entrer dans son mystère, avec un émerveillement toujours nouveau, et elle suscite en nous le désir de nous conduire de manière filiale. Avec la prière du Seigneur, nous prenons donc conscience d’être nous-mêmes des fils du Père, dans le Fils.

584. Pourquoi disons-nous « Notre » Père ?

« Notre » exprime une relation complètement nouvelle avec Dieu. Quand nous prions le Père, nous l’adorons et nous le glorifions avec le Fils et l’Esprit. Dans le Christ, nous sommes « son » peuple, et lui, il est « notre » Dieu, dès maintenant et pour l’éternité. En effet, nous disons « notre » Père parce que l’Église du Christ est la communion d’une multitude de frères, qui ne font qu’ « un seul cœur et une seule âme » (Actes 4, 32).

585. Avec quel esprit de communion et de mission prions-nous « notre » Père?

Étant donné que prier « notre » Père est le bien commun des baptisés, ces derniers ressentent l’urgent appel à prendre part à la prière de Jésus pour l’unité de ses disciples. Prier le Notre Père, c’est prier avec et pour tous les hommes, afin qu’ils connaissent le seul et vrai Dieu, et qu’ils soient rassemblés dans l’unité.

586. Que signifie l’expression « qui est aux cieux » ?

Cette expression biblique ne désigne pas un lieu, mais une manière d’être : Dieu est au-delà et au-dessus de tout. Elle désigne la majesté, la sainteté de Dieu, et aussi sa présence dans le cœur des justes. Le Ciel, ou la Maison du Père, constitue la vraie patrie vers laquelle nous tendons dans l’espérance, alors que nous sommes encore sur la terre. Nous vivons déjà en elle, « cachés en Dieu avec le Christ » (Colossiens 3, 3).

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique)

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Le combat de la prière

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On ne peut vivre comme croyants sans avoir recours à la prière, tout comme un poisson ne saurait vivre en dehors de l’eau ! Mais son utilisation peut être déficiente : ainsi, on peut prier Dieu non pour faire sa divine volonté mais pour obtenir ce que nous voulons ! La prière est également un combat, en ce sens que celui qui prie est appelé à combattre contre lui-même, contre la mentalité environnante et surtout contre le diable (qui fait tout pour détourner de la prière). Enfin, la prière n’est pas uniquement vocale mais elle est aussi réflexion priante sur Dieu et, à l’occasion, simple regard d’amour qui invite à l’abandon. Autant dire le besoin de clarifier certaines notions sur cet exercice spirituel, ce que nous nous proposons de faire immédiatement en vous présentant le point de vue de notre Mère la Sainte Église :

568. Quelles sont les expressions de la vie de prière ?

La tradition chrétienne a conservé trois expressions majeures pour exprimer et vivre la prière : la prière vocale, la méditation et la prière contemplative. Leur trait commun est le recueillement du cœur.

569. Comment se caractérise la prière vocale ?

La prière vocale associe le corps à la prière intérieure du cœur. Même la plus intérieure des prières ne saurait négliger la prière vocale. Dans tous les cas, elle doit toujours provenir d’une foi personnelle. Avec le Notre Père, Jésus nous a enseigné une formule parfaite de la prière vocale.

570. Qu’est-ce que la méditation ?

La méditation est une réflexion priante, qui part surtout de la Parole de Dieu dans la Bible. Elle met en oeuvre l’intelligence, l’imagination, l’émotion, le désir, dans le but d’approfondir sa foi, de convertir son cœur et d’affermir sa volonté de suivre le Christ. Elle est une étape préliminaire vers l’union d’amour avec le Seigneur.

571. Qu’est-ce que la prière contemplative ?

La prière contemplative est un simple regard sur Dieu, dans le silence et dans l’amour. Elle est un don de Dieu, un moment de foi pure durant lequel celui qui prie cherche le Christ, s’en remet à la volonté d’amour du Père et se recueille sous l’action de l’Esprit Saint. Sainte Thérèse d’Avila la définit comme « un commerce intime d’amitié, où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé ».

572. Pourquoi la prière est-elle un combat ?

La prière est un don de la grâce, mais elle suppose toujours une réponse décidée de notre part parce que celui qui prie combat contre lui-même, contre la mentalité environnante et surtout contre le Tentateur, qui fait tout pour détourner de la prière. Le combat de la prière est inséparable du progrès de la vie spirituelle. On prie comme on vit, parce que l’on vit comme on prie.

573. Y a-t-il des objections à la prière ?

En plus des conceptions erronées, beaucoup pensent qu’ils n’ont pas le temps de prier ou qu’il est inutile de prier. Ceux qui prient peuvent se décourager face aux difficultés et aux insuccès apparents. Pour vaincre ces obstacles, sont nécessaires l’humilité, la confiance et la persévérance.

574. Quelle sont les difficultés de la prière ?

La distraction est la difficulté habituelle de notre prière. Elle détache de l’attention à Dieu et elle peut aussi révéler ce à quoi nous sommes attachés. Notre cœur doit alors se tourner humblement vers le Seigneur. La prière est souvent envahie par la sécheresse, dont le dépassement permet, dans la foi, d’adhérer au Seigneur, même sans consolation sensible. L’acédie est une forme de paresse spirituelle due au relâchement de la vigilance et de la négligence du cœur.

575. Comment fortifier notre confiance filiale ?

La confiance filiale est éprouvée quand nous avons le sentiment de n’être pas toujours exaucés. Nous devons alors nous demander si Dieu est pour nous un Père dont nous cherchons à faire la volonté, ou s’il est un moyen pour obtenir ce que nous voulons. Si notre prière s’unit à celle de Jésus, nous savons qu’il nous accorde bien davantage que tel ou tel don : nous recevons l’Esprit Saint qui change notre cœur.

576. Est-il possible de prier à tout moment ?

Prier est toujours possible, parce que le temps du chrétien est le temps du Christ ressuscité, qui est « avec nous tous les jours » (Matthieu 28, 20). Prière et vie chrétienne sont donc inséparables.

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique)

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Prière et Tradition vivante

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C’est à travers la Tradition vivante que l’Esprit Saint nous apprend à prier. Le milieu, la famille, les lectures, les amis sont autant d’influences impliquées dans la pénétration profonde des réalités spirituelles dont on fait l’expérience. Amour et prière se complètent mutuellement et c’est pourquoi le témoignage des saints est si précieux : « Je vous aime Seigneur, et la seule grâce que je vous demande, c’est de vous aimer éternellement ! (…) Si ma langue ne peut dire à tous moments que je vous aime, je veux que mon cœur vous le répète autant de fois que je respire » (Saint Jean-Marie Vianney). Quelles sont les sources de la prière chrétienne ? Qui peut éduquer à la prière ? Quels sont les lieux et les moments plus indiqués pour prier ? Autant de questions non banales à élucider. Encore une fois, demandons à notre mère la Sainte Église de nous éclairer sur ce thème.

558. Quelles sont les sources de la prière chrétienne ?

Ce sont : la Parole de Dieu, qui nous donne la « sublime science » du Christ (Philippiens 3,8) ; la Liturgie de l’Église, qui annonce, actualise et communique le mystère du salut ; les vertus théologales ; les situations quotidiennes, parce qu’elles nous permettent de rencontrer Dieu.

564. Comment les saints sont-ils des guides pour la prière ?

Les saints sont nos modèles de prière et nous leur demandons aussi d’intercéder pour nous et pour le monde entier auprès de la Sainte Trinité. Leur intercession est leur plus haut service du dessein de Dieu. Tout au long de l’histoire de l’Église, se sont développés, dans la communion des saints, différents types de spiritualité, qui apprennent à vivre et à pratiquer la prière.

565. Qui peut éduquer à la prière ?

La famille chrétienne est le premier foyer de l’éducation à la prière. La prière quotidienne en famille est particulièrement recommandée, parce qu’elle est le premier témoignage de la vie de prière de l’Église. La catéchèse, les groupes de prières, la « direction spirituelle », constituent une école et une aide à la prière.

566. Quels sont les lieux favorables à la prière ?

On peut prier n’importe où, mais le choix d’un lieu approprié n’est pas indifférent pour la prière. L’église est le lieu propre de la prière liturgique et de l’adoration eucharistique. D’autres lieux peuvent aussi aider à prier, comme un « coin de prière » à la maison, un monastère, un sanctuaire.

567. Quels sont les moments les plus indiqués pour la prière ?

Tous les moments sont favorables à la prière. Mais l’Église propose aux fidèles des rythmes destinés à nourrir la prière continuelle : prières du matin et du soir, avant et après les repas, liturgie des Heures, Eucharistie dominicale, chapelet, fêtes de l’année liturgique.

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique)

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Prière d’une communauté chrétienne

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Nous assistons aujourd’hui, surtout en Amérique du Nord, à une campagne inédite de salissage en ce qui concerne les catholiques pratiquants : tous ces croyants ne viendraient à la messe dominicale que pour se donner bonne conscience et n’auraient aucun souci du prochain, des marginaux, des pauvres et des exclus. Une telle critique malveillante fait fi de la vie ecclésiale traditionnelle et priante (avec sacrements et catéchèse) pour mettre en exergue une vision protestante et individualiste de nos rapports avec Dieu, un Dieu plutôt bonasse (soit dit en passant) enclin à oublier ses propres lois morales. Hélas, on semble avoir oublié le rôle primordial de l’Esprit Saint animant les communautés chrétiennes depuis 2000 ans. Qu’en est-il vraiment de la vie de l’Église telle que voulue par son Fondateur ?

548. Comment priait la première communauté chrétienne de Jérusalem ?

Au début des Actes des Apôtres, il est écrit que, dans la première communauté de Jérusalem, formée par l’Esprit Saint à la vie de prière, les croyants « étaient assidus à l’enseignement des Apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Actes 2, 42).

549. Comment l’Esprit Saint intervient-il dans la prière de l’Église ?

Le Saint Esprit, Maître intérieur de la prière chrétienne, forme l’Église à la vie de prière et il la fait entrer toujours plus profondément dans la contemplation et dans l’union avec l’insondable mystère du Christ. Les formes de prière, telles que les révèlent les Écrits apostoliques et canoniques, resteront normatives pour la prière chrétienne.

550. Quelles sont les formes essentielles de la prière chrétienne ?

Ce sont la bénédiction et l’adoration, la prière de demande et d’intercession, l’action de grâce et la louange. L’Eucharistie contient et exprime toutes les formes de prière.

551. Qu’est-ce que la bénédiction ?

La bénédiction est la réponse de l’homme aux dons de Dieu. Nous bénissons le Tout-Puissant qui nous a bénis le premier et qui nous comble de ses dons.

552. Comment définir l’adoration ?

L’adoration est le prosternement de l’homme, qui se reconnaît créature devant son Créateur trois fois saint.

553. Quelles sont les diverses formes de la prière de demande ?

Il peut s’agir d’une demande de pardon ou encore d’une demande humble et confiante pour tous nos besoins, tant spirituels que matériels. Mais la première réalité à désirer, c’est la venue du Royaume.

554. En quoi consiste l’intercession ?

L’intercession consiste à demander en faveur d’un autre. Elle nous conforme et nous unit à la prière de Jésus, qui intercède auprès du Père pour tous les hommes, en particulier pour les pécheurs. L’intercession doit s’étendre même à nos ennemis.

555. Quand rend-on à Dieu l’action de grâce ?

L’Église rend sans cesse grâce à Dieu, surtout en célébrant l’Eucharistie dans laquelle le Christ la fait participer à son action de grâce au Père. Pour le chrétien, tout événement devient matière à action de grâce.

556. Qu’est-ce que la prière de louange ?

La louange est la forme de prière qui reconnaît le plus immédiatement que Dieu est Dieu. Elle est totalement désintéressée : elle chante Dieu pour lui-même et lui rend gloire parce qu’il est.

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique)

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Jésus a-t-il vraiment prier ?

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Pour certains théologiens amateurs, la prière de Jésus est quasiment de la comédie car « se sachant Dieu » (à ce qu’ils disent) il ne pouvait donc se prier lui-même mais plutôt faire semblant afin de nous donner l’exemple. Quelle ignorance biblique ! Le Verbe s’est fait homme, en tout point semblable à nous excepté le péché. Il a ainsi suivi le cours normal de la croissance humaine ( « en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes » Luc 2, 52). Jésus était-il conscient d’être le Verbe incarné ? Il ne semble pas l’avoir été avant son Ascension au ciel … à preuve, ses paroles à Marie-Madeleine le matin de Pâques : « Va dire à mes frères que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20, 17). Bon, cessons de défoncer des portes ouvertes et venons-en à la prière de Jésus telle qu’exprimée par les Saintes Écritures et la Tradition de l’Église :

541. De qui Jésus a-t-il appris à prier ?

Selon son cœur d’homme, Jésus a appris à prier de sa mère et de la tradition juive. Mais sa prière jaillit d’une source plus secrète, parce qu’il est le Fils éternel de Dieu qui, dans sa sainte humanité, adresse à son Père la prière filiale parfaite.

542. Quand Jésus priait-il ?

L’Évangile montre souvent Jésus en prière. Nous le voyons retiré dans la solitude, même la nuit. Il prie avant les moments décisifs de sa mission ou de celle des Apôtres. De fait, toute sa vie est prière, parce qu’il est en constante communion d’amour avec son Père.

543. Comment Jésus a-t-il prié durant sa passion ?

Pendant l’agonie au Jardin de Gethsémani, ainsi que par les dernières paroles sur la Croix, la prière de Jésus révèle la profondeur de sa prière filiale. Jésus porte à son achèvement le dessein d’amour du Père et prend sur lui toutes les angoisses de l’humanité, toutes les demandes et les intercessions de l’histoire du salut. Il les présente au Père qui les accueille et les exauce au-delà de toute espérance, en le ressuscitant des morts.

544. Comment Jésus nous enseigne-t-il à prier ?

Jésus nous enseigne à prier non seulement avec la prière du Notre Père, mais aussi quand il est en prière. De cette manière, en plus du contenu de la prière, il nous enseigne les dispositions requises pour une prière vraie : la pureté du cœur qui cherche le Royaume et qui pardonne à ses ennemis, la confiance audacieuse et filiale qui va au-delà de ce que nous ressentons et comprenons, la vigilance qui protège le disciple de la tentation. C’est la prière au Nom de Jésus, notre Médiateur auprès du Père.

545. Pourquoi notre prière est-elle efficace ?

Notre prière est efficace parce qu’elle est unie dans la foi à celle de Jésus. En lui, la prière chrétienne devient communion d’amour avec le Père. Nous pouvons alors présenter nos demandes à Dieu et être exaucés ; « Demandez et vous recevrez, et votre joie sera parfaite » (Jean 16, 24).

546. Comment priait la Vierge Marie ?

La prière de Marie se caractérise par sa foi et par l’offrande généreuse de tout son être à Dieu. La Mère de Jésus est aussi la Nouvelle Ève, la « Mère des vivants ». Elle prie Jésus, son Fils, pour les besoins des hommes.

547. Y a-t-il une prière de Marie dans l’Évangile ?

Hormis l’intercession de Marie à Cana en Galilée, l’Évangile nous mentionne le Magnificat (Luc 1, 46-55), qui est le cantique de la Mère de Dieu et celui de l’Église ; c’est le remerciement joyeux qui jaillit du cœur des pauvres parce que leur espérance est réalisée par l’accomplissement des promesses divines.

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique)

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