Chanter les merveilles de Dieu est un devoir!

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En 1928, dom Augustin Guillerand, chartreux de la Valsainte (Suisse), rédigeait pour l’une de ses sœurs que sa santé retenait souvent loin de l’église du village une sorte de méditation sur la messe et les vêpres; ainsi, pensait-il, la malade pourrait participer spirituellement aux offices du dimanche. En voici un extrait qui, je l’espère, pourra nous donner le goût de célébrer nous aussi les merveilles du Seigneur:

« La terre est le pays de la foi qui prépare la vision. Croyez cela, croyez avec tout votre cœur, croyez et aimez, et déjà dans les parts profondes de vous-mêmes, vous serez unis à la louange éternelle que se donnent mutuellement les Trois qui ne font qu’Un. (…)

Seigneur, je vous découvre dans les créatures que vous avez faites et je vous trouve dans les événements que vous dirigez. Tout cela est merveille de votre tendresse. Vous avez multipliez des merveilles pour le peuple juif et vous lui avez accordé des privilèges uniques. La délivrance d’Égypte, la manne du désert, la Loi et l’Alliance tout à fait spéciales, dont vous l’avez honoré, réclament sa reconnaissance et sa louange. (…) Depuis la venue de mon Seigneur Jésus, le peuple élu c’est nous, ce sont les fidèles et les magnificences du divin amour se continuant sous une forme plus belle encore. Le rachat, la libération d’une tyrannie très dure, l’aliment céleste, la victoire sur nos passions, la conquête de la terre de nos âmes, l’accord avec vous, toutes ces merveilles de l’Ancienne Loi, vous les avez renouvelées en notre faveur. Les chanter, vous en bénir est un devoir. Il m’est doux de consacrer ma soirée du Dimanche à l’accomplir. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 142 s)

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Cette lumière qui éclaire le monde de Dieu

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Chapelle de la chartreuse de La Valsainte  (Suisse)

Quelle est cette vie divine qui nous habite? Nous ne pourrons jamais l’expliquer totalement ici-bas mais nous essayons quand même d’en parler … et nous faisons bien, car cet effort indique combien cette réalité nous intéresse. Laissons dom Guillerand lever le voile un tant soit peu sur ce mystère, alors qu’il utilise (dans un sermon à ses frères chartreux) des comparaisons qui donnent quelque idée de cette réalité:

« Entrez dans cette chapelle en pleine nuit; tout ce que vous voyez d’habitude est là, l’autel et ses ornements, les statues, les tableaux, les bancs, la disposition des choses, mais vous ne les apercevez pas. Il manque la lumière. Pressez le bouton électrique et en un instant ils vous apparaissent. La lumière fait voir ce qui est.  La lumière nous met en rapport avec les choses; la lumière physique nous met en rapport avec les choses corporelles, la lumière de l’intelligence, de la raison, nous met en rapport avec les vérités de l’ordre naturel. Il existe une lumière plus haute qui nous met en rapport avec le monde supérieur, surnaturel, qui est le monde de Dieu.

La grâce, c’est cette lumière qui éclaire, pour une âme, le monde de Dieu, qui montre ce qu’il est, sa vérité, sa bonté, son amour, sa sagesse et sa puissance, toutes ses perfections qu’il contemple lui-même, qui le ravissent éternellement, que nous contemplerons un jour en lui et qui nous raviront à jamais. L’âme qui vit vraiment la vie de grâce voit Dieu; elle le voit en tout, elle le voit partout, elle le découvre dans les hommes, dans les choses, dans les événements, elle ne voit que lui. Saint Paul de la Croix, un soir de printemps, se promène dans la campagne, il traverse les champs de luzerne en fleurs, son âme s’élève de ces beautés naturelles à la Beauté infinie de Celui qui les a faites, qui les fait à chaque instant, il s’arrête, il tombe en extase, il y reste longtemps, perdu en Dieu, emporté et ravi par la divine lumière de grâce. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 9 s)

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Où trouver repos et sécurité?

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L’homme moderne est souvent fasciné par les biens qui l’entourent mais il lui arrive des moments où tout semble s’éteindre … quitte à se retrouver seul, face à lui-même;  le choc  peut être brutal. Désemparé, où peut-il trouver  repos et sécurité? La grâce du chrétien est précisément d’avoir trouvée cette sécurité, même si la conscience de la posséder est trop souvent obscurcie  par sa propre négligence. Voici comment s’exprime à ce sujet saint Bernard, docteur de l’Église et expert de l’union au Christ:

« Où donc notre fragilité peut-elle trouver repos et sécurité, sinon dans les plaies du Sauveur? Je m’y sens d’autant plus protégé que son salut est plus puissant. L’univers chancelle, le corps pèse de tout son poids, le diable tend ses pièges; je ne tombe pas, car je suis campé sur un roc solide. J’ai commis quelque grave péché; ma conscience se trouble, mais elle ne perd pas courage, puisque je me souviens des plaies du Seigneur, qui a été transpercé à cause de mes fautes. Rien n’est à ce point voué à la mort que la mort du Christ ne puisse le libérer. Dès que je pense à cette médecine si forte et efficace, la pire des maladies ne m’effraie plus. (…)

Tout mon mérite, c’est donc la pitié du Seigneur, et je ne manquerai pas de mérite tant que la pitié ne lui fera pas défaut. Si les miséricordes de Dieu se multiplient, mes mérites seront nombreux. Mais qu’arrivera-t-il si j’ai à me reprocher quantité de fautes? Là où le péché s’était multiplié, la grâce a surabondé. Et si la bonté du Seigneur s’étend de toujours à toujours, de mon côté je chanterai sans fin les miséricordes du Seigneur. Est-ce là ma justice? Seigneur, je ferai mémoire de ta seule justice, car c’est elle ma justice, puisque pour moi tu es devenu justice de Dieu. » (Homélie sur le Cantique des Cantiques, 61, 3-5)

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La vraie vie est toujours cachée

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Frère chartreux au travail  (Grande Chartreuse)

Nous pensons vivre en nous agitant à gauche et à droite … mais la vraie vie se situe à une profondeur très éloignée des apparences. Pour nous en parler, dom Guillerand (cet expert de la vie cloîtrée) va nous citer l’exemple de Jésus dont la vie cachée à Nazareth s’étendit sur trente ans environ:

« Dieu est un Dieu caché. Il n’aime pas ce qui attire l’attention des hommes. Il veut cette attention, il ne veut pas les moyens par lesquels on l’obtient communément. Il ne se montrera, il ne parlera, il n’aura une action publique que pendant un temps relativement très court, un dixième seulement de sa vie, trois ans sur trente-trois. Pendant ces trois années, il se cachera et se taira bien souvent encore, il laissera tomber dans l’oubli la plus grande partie de ses actes et de ses paroles, il trouvera le moyen de faire de sa vie publique une manifestation nouvelle de son amour de la vie cachée.

La vraie vie, en effet, est toujours cachée. La vie publique n’est que la vie cachée qui se découvre. La vie publique, si elle n’est pas cela, n’est qu’un trompe-l’œil. Elle se fait prendre pour ce qu’elle n’est pas; c’est de l’agitation, c’est-à-dire de la vie en surface. La vie est essentiellement du mouvement en profondeur; ce mouvement, qu’il se traduise en dehors ou reste au fond, est vie; il est vie parce qu’il est action vraie et non pas seulement agitation. Jésus sous le voile des longues années  de soumission silencieuse et obscure, était le Rédempteur inaperçu mais réel des hommes. La vie cachée a eu un résultat. L’Évangile l’exprime encore d’un seul mot: « Il croissait » (Luc 2, 52). La soumission de Jésus (à ses parents) le fait naître. C’est, en effet, le résultat de la vie; la vie se développe. Si à une certaine heure de notre existence la croissance cesse, c’est parce que les forces de vie ne dépassent plus les forces de mort et que dans la lutte elles s’équilibrent mutuellement au lieu de se vaincre. (…)

La mort était née d’une révolte (celle d’Adam). La vie renaissait d’une soumission (celle de Jésus). La divine obéissance de Jésus à Nazareth replaçait l’homme dans l’ordre primitif, et la vie coulait en lui avec cet ordre. La vie publique elle-même ne dira que cela. Elle l’expliquera en mots, après que la vie cachée l’aura formulé en actes; et les mots seront compris seulement parce que les actes en auront été l’explication préalable. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 77 s)

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Prière privée ou prière publique?

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En tant qu’ermite urbain, ma vie de prière revêt une grande importance puisqu’elle est la raison d’être de mon style de vie. Se pose alors la question: qu’en est-il de ma pratique religieuse, de mes liens avec l’Église locale? Peut-on vivre sur terre séparé de l’Église ou tout au moins éloigné de sa vie sacramentelle? La réponse est évidente: NON. Dans l’ordre actuel des choses, le Christ s’associe toujours l’Église, son Épouse bien-aimée, qui l’invoque comme son Seigneur et qui passe par lui pour rendre son culte au Père éternel. Voici comment s’exprime à ce sujet le concile Vatican II:

« Le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la messe; dans la personne du ministre, car « celui qui s’offre maintenant par le ministère des prêtres, est celui-là même qui s’offrit alors lui-même sur la croix. » Il est présent surtout sous les espèces eucharistiques. Il est là présent par sa vertu dans les sacrements au point que, lorsque quelqu’un baptise, c’est lui qui baptise. Il est là présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures. Enfin il est là présent lorsque l’Église prie et chante les psaumes, lui qui a promis: Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. (…) Par suite, toute célébration liturgique, en tant qu’oeuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Église, est une action sacrée par excellence, dont nulle autre action de l’Église ne peut égaler l’efficacité au même titre et au même degré. » (Constitution sur la Liturgie, 7)

Donc, si ma prière privée est importante et digne de louange, il n’en demeure pas moins que tout doit se faire en liaison avec l’Église locale qui est comme la garante de l’authenticité de mon charisme. Gloire soit à Dieu et à son ineffable Providence qui a tout prévu pour que chaque croyant puisse s’épanouir dans le Corps mystique du Christ. Amen!

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Le recueillement comme refuge …

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Saint Bruno  (fondateur des Chartreux)

Qui dit recueillement dit concentration … mais aussi repos! Repos de l’âme donc, non pour s’endormir mais pour jouir davantage d’un objet contemplé. Si les moines, malgré leur retrait du monde, sentent le besoin de briser leur routine pour prendre quelques heures de recueillement, à plus forte raison les gens du monde doivent-ils faire de même. Écoutons les sages conseils de ce chartreux, expert en contemplation, qu’est dom Augustin Guillerand:

« Dieu nous ménage à chacun quelques journées de recueillement plus profond, qui sont très bienfaisantes et très douces. Même en religion, derrière les murs si complètement clos au monde, nous avons besoin de cela. Le simple mouvement de la vie use les énergies de l’âme, et le ressort spirituel arriverait peu à peu  à se détendre, s’il n’était de temps en temps retendu. C’est une des faiblesses de notre nature qu’il est bon de connaître et d’avouer. Cela nous met dans la vérité. Nous comprenons mieux la misère de notre pauvre être amoindri par la faute originelle. (…)

C’est en Jésus que nous trouvons de plus en plus la paix et la joie. « Je puis tout en celui qui me rend fort ». La confiance en Lui forme dans nos âmes comme une retraite cachée qui nous abrite et nous garde contre tous les coups de la vie. Rien ne peut nous atteindre là. Les plus grandes épreuves sont toujours du créé, par conséquent du fini et du passager, et Jésus est toujours l’Incréé, c’est-à-dire l’Immuable et l’Infini. (…) En croyant à la bonté de Dieu, nous participons à Dieu qui est la Source et le Modèle. Et alors nous voyons les choses sous un angle tout nouveau, infiniment consolant et simple. Nous les voyons; nous ne les comprenons pas … croire est un acte qui nous unit à l’activité de Celui auquel nous croyons; et quand Celui-là est l’Intelligence infinie, croire est une participation à cette intelligence, c’est donc infiniment intelligent. Voilà pourquoi la prière et la foi nous sont un refuge contre tout. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 236 s)

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Prier avant d’agir

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« Mais au préalable, tout le bien que tu entreprends de faire, demande-lui, par une prière très instante, qu’il lui plaise de le parfaire » (Prologue de la Règle de saint Benoît). Ce sage conseil du patriarche des moines occidentaux m’a toujours suivi depuis mon noviciat chez les Trappistes (milieu des années cinquante); j’en récolte aujourd’hui les nombreux fruits.

Crier vers Dieu lorsque ça va mal peut-être un réflexe humain … crier vers Dieu quand ça va bien n’est plus un réflexe humain mais une prière de foi et d’humilité. Notre vie chrétienne sur terre est un perpétuel combat, tantôt contre soi-même tantôt contre les autres, ce qui exige l’aide d’en haut. Les auteurs spirituels ne s’y sont pas trompés … nous avons besoin de nous référer à Dieu en tout temps.

Ce qui est vrai dans la vie ordinaire l’est plus encore dans le domaine des médias sociaux où, au dire du Pape François, le bien se mélange au mal et où les attaques abondent contre la religion en général et contre l’Église en particulier. Que faire en tant que personne raisonnable et  en tant que témoin de la foi chrétienne?

« Sur tes remparts, Jérusalem, j’ai placé des veilleurs; ni de jour ni de nuit ils ne doivent se taire », ces paroles du prophète  Isaïe s’appliquent à tout internaute qui a à cœur de répondre à sa vocation chrétienne ou tout simplement humaine. Personnellement, je ne m’assieds jamais devant mon ordi sans avoir fait une petite prière qui m’habilite à témoigner de la vérité selon mes capacités. « Ce n’est pas vous qui parlerez, dit Jésus, mais l’Esprit de votre Père parlera en vous ». Non seulement nos opinions doivent-elles être exprimées avec clarté et, quelquefois,  avec un certain courage …  mais  nos attitudes charitables non moins que nos silences respectueux doivent  également être  au rendez-vous. Que saint François de Sales, admirable de lucidité et de bonté dans ses controverses , nous soit toujours un exemple lumineux.

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Ce cher François de Sales!

St. Francis de Sales painting

« Que Dieu doit-être bon, puisque Monsieur de Sales est si bon! » Cette exclamation de Vincent de Paul en dit long sur la réputation de son contemporain décédé en 1622, à l’âge de 55 ans. J’ai eu la chance de grandir dans une paroisse dédiée à cet évêque savoyard de Genève, qui fut déclaré en 1877 docteur de l’Église pour avoir su proposer aux chrétiens ordinaires une voie de sainteté « sûre, facile et douce ».  Voici un extrait de son best-seller (Introduction à la vie dévote) où il explique que la vie spirituelle n’est pas réservée aux religieux(ses) et encore moins aux membres des ordres contemplatifs: [À noter que le terme «dévotion» n’avait pas alors le sens restreint que nous lui donnons aujourd’hui, mais celui plus large de « vie spirituelle »]

« Dieu commanda en la création aux plantes de porter leurs fruits, chacune selon son genre; ainsi commande-t-il aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Église, qu’ils produisent des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité et vocation. La dévotion doit-être différemment exercée par le gentilhomme, par l’artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée; et non seulement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier. Serait-il à propos que l’Évêque voulût être solitaire comme les Chartreux? Et si les mariés ne voulaient rien amasser non plus que les Capucins, si l’artisan était tout le jour à l’église comme le religieux, et le religieux toujours exposé à toutes sortes de rencontres pour le service du prochain comme l’Évêque, cette dévotion ne serait-elle par ridicule, déréglée et insupportable? Cette faute néanmoins arrive bien souvent. (…)

C’est une erreur et même une hérésie de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés. Il est vrai que la dévotion purement contemplative, monastique et religieuse ne peut être exercée en ces vocations-là mais aussi, outre ces trois sortes de dévotion, il y en a plusieurs autres, propres à perfectionner ceux qui vivent dans les états séculiers. Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite. » (Édition Ravier & Devos, 1,36-37)

Donc, une saine MISE EN GARDE à l’intention de certains visiteurs occasionnels du présent blogue qui risquent de se méprendre sur les intentions de l’auteur: il ne s’agit pas  d’encourager l’imitation matérielle de la vie des Chartreux mais de s’en inspirer pour aller plus loin dans une recherche de Dieu, recherche adaptée à nos forces et à notre situation personnelle!

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L’amour de la terre et l’amour du Ciel

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Nous sommes portés à limiter la présence de Dieu à nos activités «pieuses» et nous déplorons trop souvent l’absence de Dieu dans nos activités de tous les jours. Serions-nous, par ailleurs, voués à vivre une certaine schizophrénie bénigne … tantôt présents à la réalité qui nous entoure tantôt à la spiritualité à laquelle nous croyons?  Dom Guillerand, s’adressant probablement à des membres de sa famille, répond que l’amour de Dieu et l’amour de nos tâches quotidiennes ne sont pas opposés et peuvent même devenir un enrichissement. Écoutons-le:

« Et vous, de votre côté, vous vous efforcerez d’acquérir des mérites pour qu’après nous être séparés pour quelques jours nous soyons réunis pendant les années éternelles. Cela n’est pas si difficile qu’on le croit communément. Il suffit d’offrir à Dieu ce que l’on fait. Cela n’empêche pas de gérer tous les intérêts temporels dont on a la charge. Au contraire, on le fait avec d’autant plus de courage et de soin qu’on est inspiré par un double amour: celui de la terre et celui du ciel. Ils ne sont pas opposés en principe. Ils ne le deviennent qu’en fait quand on ne sait pas faire à l’un et à l’autre la place à laquelle ils ont droit.

Dieu fait pousser les plantes et grandir les animaux; vous ne contrariez donc pas ses desseins en mettant les grands bœufs dans les regains et en arrosant vos salades; vous êtes ses collaborateurs. Malheureusement nous oublions le Collaborateur; nous vivons comme s’il ne vivait pas; et nous nous comportons comme s’il n’agissait pas. Nous nous privons d’un secours indispensable et d’un soutien très doux et très aimant. Nous n’y gagnons rien et nous y perdons beaucoup. Vous ne faites pas cela, vous. Mais faites-vous bien le plein dans vos cœurs et dans leurs cœurs? Dieu, Notre-Seigneur, la Sainte Vierge et les saints y ont-ils toute la place à laquelle ils ont droit et qui donne à la vie tant de fécondité et de charme? »

(Écrits spirituels, tome 2, page 183 s)

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Jésus, bouc émissaire?

 

En cette fête du Baptême de Jésus, fête qui commémore une démarche énigmatique  de la part du Seigneur et qui signale le début de son ministère publique, il convient de lever le voile un tant soit peu sur le sens de cet événement.

Dans la liturgie juive, le Jour de l’Expiation («Yom Kippour») était l’occasion pour le peuple de confesser ses péchés commis durant l’année et de les faire imputer, par le Grand Prêtre, à un bouc choisi à cet effet, lequel était par la suite envoyé au désert, repaire des démons … le rite du Bouc émissaire!  Ce rite juif a préparé les futurs chrétiens à mieux comprendre la démarche de Jésus, qui à l’âge de trente ans quitta son village de Nazareth pour aller  recevoir un baptême de pénitence des mains d’un prophète appelé Jean. La première réaction de ce dernier, qui le connaissait bien, fut de refuser; puis, après insistance de Jésus (« Laisse faire pour l’instant, c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice » Matthieu 3, 15 ), il finit par accepter.  Le lendemain, ce même prophète désignait Jésus publiquement comme étant « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jean 1,29). Comment Jean en est-il arrivé à affirmer si rapidement une telle vérité si ce n’est grâce à une explication fournie par Jésus  lui faisant comprendre que sa mission  était de prendre sur lui les péchés du monde entier. Jésus, bouc émissaire, était donc destiné à expier et à effacer par sa mort rédemptrice tous les péchés possibles. Son baptême de pénitence, reçu en notre nom, dévoilait ainsi tout son sens.

Dans cette démarche historique, Jésus se présente également comme le nouveau Jacob qui, on le sait, réussit à obtenir de son père Isaac, rendu aveugle par l’âge, la bénédiction destinée à son frère aîné Ésaü en empruntant subrepticement les vêtements de ce dernier. Belle prophétie de cette démarche vicariale du Verbe éternel qui endossa notre humanité pour accomplir sa mission; mission tout à fait spéciale qui n’était pas tellement de recevoir une bénédiction que « de se faire malédiction», comme l’affirmera saint Paul; démarche néanmoins qui plût à Dieu puisqu’il le désigna au baptême comme «Fils bien-aimé, en qui j’ai toute ma faveur» .

Finalement, il est intéressant de noter que ce baptême de Jésus dans l’eau est immédiatement suivi d’un deuxième, tout aussi important, celui dans l’Esprit Saint (« Au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, le ciel s’ouvrit …» Luc 3, 21) . Cet Esprit, s’emparant de lui à la façon des anciens prophètes, l’envoie au désert pour y être tenté par le démon; lutte initiale qui laisse prévoir un ministère publique des plus combatifs. Bouc émissaire donc, mais aussi nouveau Jacob,  fils bien-aimé du Père, prophète envoyé par Dieu … que de richesses spirituelles renfermées dans cet événement singulier que fut le baptême de Jésus au Jourdain!

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