Réjouissez-vous avec moi!

Le 26 novembre 1960, j’étais ordonné prêtre au monastère de La Trappe d’Oka par S.E. Mgr Émilien Frenette, évêque du diocèse de Saint-Jérôme. Le lendemain, par une faveur toute spéciale, j’ai pu sortir de la clôture du monastère pour aller célébrer ma première messe en l’église Saint-François de Sales de Pointe-Gatineau (mon village natal). Je célèbre donc aujourd’hui, mon 60e anniversaire de sacerdoce!

Soixante ans au service clérical du Seigneur, OUF! Aie-je toujours été à la hauteur de cette insigne charge? Non, ce m’est clair et évident! À 26 ans, on croit tout savoir … à 86 ans, on se voit et on se sait ignorant. Héraut malgré moi du Christ ressuscité, je m’efforce présentement à « tenir en éveil la mémoire de Dieu » sur le Web. Mon long cheminement: 20 ans à Gatineau, 15 ans à Oka, 50 ans à Montréal, s’est avéré lumineux, cahoteux et, avouons-le, pénible à l’occasion mais jamais ennuyant. La Providence m’a supporté avec beaucoup de patience et de délicatesse; je me sens favorisé. Pourquoi moi, et non pas tel ou tel confrère (manifestement plus qualifié) dont la trajectoire a malheureusement bifurqué? Mystère qui me confond et m’humilie … « ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi ». Les voies de Dieu ne sont pas les nôtres et, malgré tous les efforts de discernement, on ne peut que s’en remettre à sa Miséricorde et à son infinie Sagesse qui dépassent facilement notre entendement.

Voilà donc pour mes noces de diamant … avançons maintenant vers celles de platine, Dieu le voulant! En fin de compte, ce n’est pas le nombre des années qui importe mais bien l’intensité du service, l’intensité de l’amour. Faites-moi la grâce, vous qui me lisez, de prier pour celui qui a écrit ces quelques lignes et je vous en serai éternellement reconnaissant. Amen!

(P.S. Étrange coïncidence: WordPress m’avertit que le présent article est le 600e à être publié sur mon blogue . C’est également l’anniversaire de naissance de notre cher ami, dom Guillerand (26/11/1877) … comme quoi les anniversaires semblent vouloir se bousculer!)

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Royauté et jugement

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En cette fête du Christ, Roi de l’univers, il convient de clarifier brièvement ces deux éléments si souvent mal compris: Royauté du Christ et Jugement dernier.

Il importe de bien comprendre cette royauté qui n’a rien à voir avec celle des roitelets d’aujourd’hui. Jésus n’a rien d’un roi inactif, emblématique, vide de tout pouvoir politique, mais il se rapproche plutôt des anciens rois qui réunissaient en eux-mêmes les pouvoirs militaires, législatifs et économiques. Jésus est, plus précisément, une sorte de roi-général qui nous entraîne à sa suite dans la conquête du monde pour y établir le Royaume de Dieu son Père: « royaume de justice, d’amour et de paix ». Mais d’après saint Paul, ce genre de royauté en devenir  ne serait que provisoire car une fois la conquête achevée, Jésus n’hésitera pas à tout remettre à Dieu le Père :  « Puis ce sera la fin, quand il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute Principauté, Domination et Puissance. Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort (…) Et quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous. » (1 Corinthiens 15, 24-28).

La foi chrétienne distingue deux jugements. Le jugement particulier, lorsque l’homme, à sa mort, paraît devant Dieu: ce jugement met en lumière la vie unique de cet homme, sa liberté et sa responsabilité personnelles, et décide de sa destinée éternelle (voir le no 1022 du Catéchisme de l’Église catholique). Le jugement dernier, lui, coïncide avec le retour du Christ et l’accomplissement du monde à la fin des temps. Ce dernier n’est pas un procès mais un jugement au sens où il met en lumière et fait paraître le bien comme bien et le mal comme mal; il est aussi et avant tout l’accomplissement de la promesse de salut (pour l’âme et pour le corps) en partageant à tous les fidèles le triomphe du Ressuscité. En effet, l’être humain ne saurait être complet sans son corps. Selon saint Matthieu (25, 31-46), les critères de ce jugement se résument à notre relation à l’autre; il nous renvoie donc à ce que nous faisons maintenant!

Pour les premiers chrétiens, le retour du Christ était objet d’attente joyeuse et impatiente et non de crainte (tel qu’il l’est pour certains, influencés que nous sommes en Occident par une iconographie médiévale qui se plaît à multiplier les châtiments). Après avoir rappelé aux chrétiens de Thessalonique l’Avènement à venir du Christ, l’apôtre Paul conclut tout naturellement: « Réconfortez-vous donc les uns les autres de ces pensées. » (1 Thess 4, 18). À leur exemple, demeurons nous-aussi dans cette joyeuse expectative!

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Louange de la vie intime de Dieu

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Au cours des âges, théologiens et artistes chrétiens se sont efforcés sinon de décrire du moins d’exprimer modestement leur connaissance de Dieu en ce qu’Il aurait de plus intime, c’est-à-dire sa Vie. Dom Augustin Guillerand, chartreux du 20e siècle, n’y a pas échappé. Voici ce qu’il en dit en s’arrêtant surtout sur le rapport Père-Fils:

« Vous, ô mon Dieu, vous trouvez en vous-même l’objet de votre pensée. C’est votre Être. Vous le contemplez éternellement et, éternellement, vous produisez en vous son Image qui est votre Pensée, votre Parole intérieure, votre Verbe, votre Fils, le fruit de votre union avec vous-même.

Voilà votre vie: le mouvement intérieur qui va de vous à votre Image, qui engendre celle-ci, et qui va de votre Image à vous. C’est comme un souffle qui part de votre sein, qui y reste, qui s’y donne et vous montre en le reproduisant ce que vous êtes. Ce mouvement n’est pas une certaine forme de la vie comme celles que je connais: ce n’est pas le mouvement d’un être, c’est le mouvement de l’Être même, et c’est pourquoi c’est la Vie même. C’est le mouvement d’un océan qui n’aurait pas de rivages. Nulle source ne l’alimente, rien ne lui vient du dehors; rien ne sort de son sein infini; il se meut en lui-même.

Je distingue cependant dans cette immensité, dans le mouvement unique, dans cette lumière qui l’emplit, deux termes. Vous regardez votre Image et votre Image vous regarde; vous êtes l’un en face de l’autre; vous vous opposez l’un à l’autre; vous prenez cette position opposée (je ne dis pas contraire) pour vous voir, pour vous donner, pour vous unir, pour ne faire qu’un. Vous êtes distincts pour ne faire qu’un, et vous êtes infiniment distincts comme vous êtes infiniment un.

Mais ce ne sont là que des comparaisons lointaines: si elles expriment l’unité, elles ne rendent pas la distinction; si elles disent bien la distinction, l’unité est menacée. Dans les êtres finis, ou l’unité est imparfaite, ou ils se confondent. Seul l’Être infini peut être un et distinct.

Je suis là sur le bord de l’abîme sans fond; je ne puis y pénétrer que les yeux fermés et l’âme adorante. Vous donnez alors à ces yeux clos une lumière nouvelle qui est votre propre lumière, la Lumière de l’amour et qui éclaire cette vie mystérieuse. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 68 s)

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Message rempli d’espérance

Jesus Second Coming

Jesus second coming In the clouds

En cette fin prochaine de l’année liturgique, l’Église comme une bonne maman nous rappelle notre destinée de croyants et la promesse indéfectible de Jésus de revenir un jour nous prendre avec lui. C’est ce que nous professons publiquement chaque dimanche en récitant le Symbole des Apôtres: « … assis à la droite de Dieu le Père Tout-Puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts ». Voici, à ce sujet, le beau témoignage d’un prêtre du 2e siècle:

« Ce que je vous demande, mes frères et sœurs, c’est que vous vous convertissiez de tout cœur pour vous procurer le salut et la vie. En nous conduisant ainsi, nous proposerons un but à tous les jeunes gens qui veulent se dévouer à la piété et à la bonté de Dieu. Ne soyons pas mécontents, ne nous indignons pas, nous qui ne sommes pas des sages, si l’on nous avertit, si l’on veut nous amener de l’iniquité à la justice. Parfois, en effet, nous agissons mal sans nous en apercevoir, parce que nous avons des cœurs partagés et incrédules et que notre esprit est la proie des ténèbres par suite de nos vains désirs. Pratiquons donc la justice pour être sauvés quand la fin viendra. Heureux ceux qui obéissent à ces préceptes! Même s’ils ont à souffrir un peu de temps en ce monde, ils récolteront le fruit impérissable de la résurrection. Que l’homme religieux ne s’attriste donc pas si, pour le temps présent, il souffre misère: le temps du bonheur lui est réservé. Là-haut, après être revenu à la vie, il se réjouira avec ses pères, dans l’éternité où il n’y a plus de tristesse.

Il ne faut pas non plus laisser troubler notre esprit parce que nous voyons les méchants dans la richesse, et les serviteurs de Dieu dans l’angoisse. Ayons la foi, mes frères et sœurs: le combat que nous menons est l’épreuve que nous impose le Dieu vivant, et nous luttons dans la vie présente pour être couronnés dans celle qui vient. Parmi les justes, aucun n’a recueilli un fruit précoce: il faut savoir attendre. Si Dieu donnait immédiatement aux hommes justes leur récompense, ce serait bientôt un marché que nous pratiquerions, et non le culte de Dieu. Nous aurions l’apparence de la justice en recherchant non pas la religion mais notre profit. Et c’est pourquoi le jugement divin frappe l’esprit qui n’est pas vraiment juste et l’accable d’entraves.

Au Dieu unique et invisible, au Père de vérité qui nous a envoyé le Sauveur pour nous conduire vers l’immortalité, qui nous a manifesté par lui la vérité et la vie céleste, à lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen. »

(Homélie anonyme du 2e siècle, Bréviaire romain, tome 4, page 301)

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L’infinie bonté de Dieu

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Dans le monde actuel, la rencontre d’une bonne personne ne nous laisse pas indifférents. Que dire de la rencontre d’un être infiniment bon et aimable? En traitant de la prière de louange, dom Guillerand s’arrête sur la Bonté de Dieu, source qui se laisse découvrir non seulement dans les biens matériels mais aussi et surtout dans le don de soi. Écoutons-le dans un monologue qui devient prière:

« Mon Dieu, vous êtes la Bonté en sa source essentielle. Vous ne la recevez de personne, vous la possédez en même temps que votre être; elle est votre être même; vous êtes bon comme vous êtes, autant que vous êtes, aussi longtemps que vous êtes; vous êtes bon depuis toujours, éternellement, immuablement, infiniment. Être et être bon, pour vous, cela ne fait qu’un; la bonté c’est votre être et votre être est la Bonté même.

Toute bonté finie vient de votre Bonté infinie, elle en est une dérivation, un ruisselet, une gouttelette. Elle n’est que ce que vous lui donnez d’être, elle est seulement si elle se rattache à vous, elle cesse dès qu’elle coupe le lien. Toutes ces bontés finies m’attirent; je les aime, je voudrais m’en emparer, je les poursuis, je m’épuise à ces poursuites le plus souvent irréalisables, et qui, réalisées, me laissent si vide et si altéré, et je néglige la Réalité sans bornes, pouvant seule me combler et s’offrant à moi. Pourtant, c’est vous que je désire et recherche en ces formes mêlées; je les aime uniquement que pour ce qu’elles me représentent de votre seule vraie bonté. Vous êtes le seul vraiment aimé et désiré, et le mouvement des êtres, partant de ce désir, cesserait si vous cessiez d’être le Bien qui se donne.

Car la bonté, c’est le don de soi. La Bonté infinie, c’est le don total de soi, sans bornes, sans réserves, ni dans la durée ni dans l’espace ni dans la communication de ce que l’on a et de ce que l’on est. La Bonté se donne comme le soleil brille, rayonne et éclaire, comme le feu réchauffe, comme la source se répand. Et vous êtes cette Bonté, ce Don de soi, cette Lumière, cette Chaleur, cette Source répandue. Et vous m’avez posé en face de vous, moi, petite chose vide, froide, obscure, égoïste, pour accueillir, selon la mesure de mon être possible, votre Être qui est tout cela et veut me combler de lui. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 67)

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Vivre en Église: un luxe ou une nécessité?

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Demain, 9 novembre, nous célébrons le 1700e anniversaire de la construction de la première église chrétienne en Occident, par l’empereur Constantin en 320 (terminée en 324). Cette basilique romaine, appelée aujourd’hui Saint-Jean de Latran, est devenue, en tant que cathédrale de l’évêque de Rome, le symbole de l’unité de l’Église du Christ. Les Souverains Pontifes habitèrent dans le palais du Latran jusqu’à leur retour d’Avignon (fin 15e siècle) alors qu’ils déménagèrent définitivement au palais du Vatican récemment aménagé.

Les temps semblent dures pour l’Église d’aujourd’hui: contestations et critiques faciles de l’autorité pontificale, méfiance quasi générale envers le clergé, désirs toujours plus insistants de changer les normes de la vie morale, désaffection des célébrations liturgiques, persécutions sanglantes dans certains pays et profanations des lieux de culte en d’autres, sans compter tous les déboires découlant de la pandémie actuelle! Vivre en communion avec l’Église serait-elle un luxe réservé à une élite d’un autre âge? Que réserve l’avenir à cette Institution séculaire qui semble destinée à être poliment mise de côté par plusieurs gouvernements occidentaux?

L’Église n’en est pas à sa première bataille de survie: il suffit de penser aux trois premiers siècles de notre ère alors qu’elle était ouvertement persécutée et ce, de manière sanglante! C’est d’ailleurs de cette période difficile que nous vient l’adage « le sang des martyrs est une semence de chrétiens ». Pour les pays de l’Est, nul besoin de remonter bien loin dans le temps car le régime communiste est encor tout frais dans leur mémoire collective. Et que dire des chrétientés persécutées actuellement ou tout récemment en Afrique et au Proche Orient? Situation anormale? Rappelons-nous les paroles prophétiques de Jésus: « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous … S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi … L’heure vient même où qui vous tuera estimera rendre un culte à Dieu » (Jean 15, 18.20 et 16, 2).

Si l’heure est sombre pour l’Église, par contre elle n’est pas sans espoir. Nous sommes peut-être à un tournant de l’histoire humaine où se fait sentir davantage le souci de fraternité humaine, si nécessaire à l’édification d’un monde plus juste. La récente encyclique Fratelli tutti du pape François se veut un appel pressant à se soucier de tous les peuples, de leur dignité et de leur bien-être sans aucune discrimination! Le Saint-Père n’hésite pas à attaquer de front le dogme néolibéral dont l’objectif principal est le gain facile. Cette sagesse pontificale est la preuve que le Christ n’a pas déserté son Église et que le salut passe par un effort collectif dans l’esprit de l’Évangile. Oui, vivre en Église est une nécessité! Puisse la fête de la Basilique Saint-Jean de Latran nous fortifier dans la conviction que l’unité des chrétiens et celle des peuples est le fondement péremptoire d’un ordre social nouveau et bénéfique!

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La plus belle louange à Dieu?

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Tout au long de notre vie, il nous a été donné de lire telle ou telle prière de louange qui nous a enthousiasmé au point d’en faire, pour un certain temps du moins, un modèle à utiliser: psaume, prière liturgique, telle ou telle invocation pieuse rencontrée au fil de nos lectures. La grâce étant multiforme, chacun finit par trouver un texte qui s’adapte bien à son état ou à ses besoins actuels. Mais finalement, où peut-on dénicher la louange idéale qui surpasse toutes les autres? Par ailleurs, est-ce qu’une telle recherche ne risque pas de nous faire tourner en rond? Voici ce qu’en pense notre cher maître spirituel, le chartreux dom Guillerand:

« La plus belle louange de Dieu? C’est un aveu d’impuissance! Toute louange divine qui ne commence pas par là est moins pure et moins sûre. Nous devons dire à Dieu: « Mon Dieu, vous êtes essentiellement par delà toutes mes idées et tous mes mots. Entre ce que je puis dire et votre Être s’étend et s’étendra toujours l’abîme infini. Car louer c’est connaître, et je ne sais vraiment qu’une chose de vous, c’est que je ne vous connais pas. Je ramasse donc tout l’élan de mon être pour vous crier du fond de ma misère: vous êtes la Grandeur qui dépasse toute grandeur ». Seule cette louange n’est pas tout à fait indigne de lui.

Notre impuissance ne nous réduit donc pas au silence. Elle nous condamne à une double formule que nous pouvons et devons employer au gré de l’Esprit Saint: ou la parole qui se passe de mots, qui s’efforce de reproduire la simplicité du Verbe au sein du Père, qui se tient en lui, comblée … ou la multiplicité sans bornes des images, des idées, des expressions les plus variées, qui voudrait rejoindre l’infini par le chemin de l’indéfini, qui appelle tous les êtres à l’aider, à chanter avec elle et en elle. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 66)

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Aujourd’hui, on se souvient des nôtres !

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En ce 2 novembre, l’Église nous invite à prier pour les «fidèles défunts» c’est-à-dire pour les chrétiens décédés, et spécialement pour ceux et celles qui nous ont quittés au cours de l’année. Qu’en est-il de la survie de la personne après la mort? de la prière pour les défunts? de l’existence du Purgatoire?

Âme : « L’Église affirme la survivance et la subsistance après la mort d’un élément spirituel qui est doué de  conscience et de volonté, en sorte que le «moi» humain subsiste. Pour désigner cet élément, l’Église emploie le mot «âme» consacré par l’usage de l’Écriture et de la Tradition. » (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 17 mars 1979)

Prières pour les défunts: « L’Église a entouré de beaucoup d’amour la mémoire de ses défunts dès les premiers temps du christianisme en offrant pour eux ses suffrages. » (Vatican II,  Constitution sur l’Église)

Purgatoire:  « Il…

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Une espérance pleine d’immortalité

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En cette fête de la Toussaint, quoi de plus consolant que de se rappeler le but ultime de notre vie chrétienne: la vision de Dieu! « Une espérance pleine d’immortalité » nous dit l’auteur du livre de la Sagesse, une espérance accessible non seulement aux grands saints mais aussi aux gens très ordinaires qui ne feront jamais les manchettes du sanctoral de l’Église: « Ils sont nombreux les bienheureux qui n’ont jamais fait parler d’eux et qui n’ont pas laissé d’image » nous rappelle le chansonnier Robert Lebel, « tous ceux qui ont depuis des âges aimé sans cesse et de leur mieux autant leurs frères que leur Dieu ».

En contemplant la fresque du Jugement dernier de Fra Angelico, illustrée ci-haut, je remarque la joie et la bonne entente qui règnent sur le visage de ceux et celles qui viennent de se faire dire « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde » (Matthieu 25, 34). Cette bonne entente n’est évidemment pas nouvelle pour eux car ils l’ont tous vécue durant leur vie terrestre, bon an mal an. Cette bonne entente, ils l’ont reçue du Christ lui-même qu’ils ont servi dans la foi et la charité. Cette grâce insigne me semble rappelée ici par la présence des anges gardiens qui les accompagnent dans leur joyeuse farandole.

La fête de la Toussaint, fête de tous les saints petits et grands, nous rappelle donc le triomphe final de l’Amour miséricordieux dans nos vies personnelles. C’est l’accomplissement de la mission conjointe de Jésus et de l’Esprit Saint sur terre: bienheureux, oui mille fois bienheureux, ceux qui participeront aux Noces de l’Agneau dans le Royaume!

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La louange éternelle des saintes âmes

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La proximité de la fête de la Toussaint m’incite à vous présenter un texte de dom Augustin Guillerand sur la louange des bienheureux, louange déjà commencée sur terre par de saintes âmes, et qui attise notre espérance de la vie éternelle:

« Toute prière est une louange; celle même du publicain qui se frappe la poitrine est une hymne à la grandeur de Dieu. Elle proclame sa miséricordieuse bonté qui est la cime même de cette grandeur. L’Amour qui relève après la faute c’est l’Amour qui récompense au soir de la lutte. Lui demander son soutien, c’est affirmer sa force.

On semble réserver cependant ce titre de « louange » au chant des âmes pour lesquelles le combat a cessé, ou parce qu’elles ont quitté le champ de bataille et gagné la patrie, ou parce que leur adhésion au Maître est telle qu’elles ont trouvé en lui le lieu de repos. N’ayant plus rien à craindre ni à demander, toute transformation accomplie, elles n’ont plus qu’à vivre selon cette forme nouvelle; toute leur activité est de se tenir dans la grande joie d’être à lui, d’être pour lui, par lui, en lui … Cette joie est leur prière. « L’allégresse éternelle est la couronne de leurs têtes » dit Isaïe (35, 10); elle rayonne et ce rayon chante Celui qui le produit: c’est le « candor lucis aeternae » (Sagesse 7, 26), le rayon éclatant de l’éternelle Lumière. « Heureux ceux-là, dit le psalmiste, heureux ceux qui sont logés dans la demeure de Dieu, cette demeure est la louange éternelle » (Psaume 83, 5).

L’Église, épouse de Jésus et de l’Esprit-Saint, mère des âmes, institutrice des chrétiens, a rempli ses Offices de louanges, et la prière de jubilation devant Dieu en est la forme habituelle. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 65)

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