La religion n’est pas une science

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Moniale chartreuse (Benifaça, Espagne)

À lire superficiellement certains manuels de vie spirituelle, on a l’impression que seules les personnes avancées dans la connaissance du mystère de Dieu peuvent aspirer à l’union parfaite … FAUX. L’Église a toujours enseigné que « la science enfle et que la charité édifie » (saint Paul) et que « la foi sans les œuvres est une foi morte » (saint Jacques). Il n’est donc pas étonnant que notre mentor en la matière, le chartreux dom Guillerand, s’exprime ainsi à un correspondant:

« N’attendez pas la science pour agir dans le domaine de vos relations avec Dieu. La religion est une croyance et surtout une pratique. Ce n’est pas une science. Elle est un commerce d’amitié avec Dieu. Lui-même se révèle dans ce commerce. Il se révèle dans la mesure où nous l’aimons, non pas dans la mesure où nous sommes savants, même en religion.

Il n’est pas requis de connaître avec précision toutes les perfections que Dieu possède, ni de pouvoir exposer avec éloquence tous les arguments prouvant son existence. Que d’âmes passent leur vie sans cette science et ont sur lui des vues très sûres, nourrissent pour lui des sentiments très vifs et entretiennent avec lui des relations très vivantes. Elles le voient comme un Père qui sans cesse leur communique ses pensées, ses sentiments, les fait vivre de ces pensées, de ces sentiments, qui est comme leur âme et leur vie profonde, dont l’Esprit est au fond de leur esprit pour les éclairer, les encourager, diriger vers lui toutes les énergies dont elles disposent. Elles aiment ce Père et lui parlent, elles lui disent leurs joies et leurs peines, il est le confident secret de toutes les heures; il est là , au plus profond d’elles-mêmes, pour les accueillir en sa demeure spirituelle quand elle se tournent vers lui. Elles le savent, elles savent que lui-même les appelle quand une voix intime les invite à penser à lui. Leur pensée rencontre toujours la sienne; des rapports vivants, incessants, délicieux peuvent se nouer et se développer ainsi avec l’Hôte divin de leur cœur. »

(Textes spirituels, tome 2, page 175)

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Deux regards divergents

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Marty Feldman (1934 – 1982)

Qui ne se souvient de cet acteur anglais connu pour son physique particulier (strabisme divergent et yeux exorbités) et qui fut révélé au grand public par Mel Brooks dans son film Young Frankenstein (Frankenstein Junior en version française). Son expression inimitable me rappelle cette vérité primordiale de toute vie spirituelle: avoir un regard sur soi-même et … un autre sur Dieu!

Humilité et contemplation: deux éléments constitutifs de notre ascension vers Dieu. Voici comment s’exprimait sur le sujet un abbé cistercien du 12e siècle: « Ces deux choses résument le contenu de toute la vie spirituelle: au spectacle de nous-mêmes, nous sommes troublés et contrits pour notre salut, tandis que, dans la contemplation de Dieu, nous respirons, et la joie du Saint-Esprit nous procure la consolation. D’une part, crainte et humilité; d’autre part, espérance et charité. » (Sermon de saint Bernard sur les degrés de la contemplation)

Dans la vie moderne, les aspirants à la vie contemplative oublient trop souvent l’un de ces deux regards, à savoir celui qui est le moins intéressant: le regard sur leur pauvreté foncière. Et pourtant tout débute avec le besoin ressenti d’une aide qui vient d’ailleurs et non de nous. Ce qui faisait dire à saint Bernard: « Humilions-nous donc sous la main puissante du Dieu très-haut et hâtons-nous d’exposer toute notre misère devant les yeux de sa miséricorde ».  La contemplation sera ainsi plus facile comme l’ajoute le même écrivain: « Ensuite, lorsque nous aurons progressé quelque peu dans l’ascèse spirituelle … représentons-nous combien le Seigneur est tendresse, combien il est bon en lui-même. Demandons avec le prophète de voir la volonté du Seigneur, demandons-lui de nous faire visiter non plus notre cœur mais son temple. Et avec lui nous dirons encore: Mon âme en moi s’est troublée, c’est pourquoi je me souviendrai de toi. »

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Rencontrer Dieu

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Silence et solitude … tel fut mon choix, cette année, pour prendre un peu de recul et faire le plein. Ah, douce illusion, car je m’attendais de communier à l’Essentiel grâce à une planification toute humaine  que rien ne pouvait modifier … hélas!

Certes, la relâche de mes activités m’a permis d’être plus présent à la prière et à ma routine quotidienne mais diverses contradictions (providentielles, j’ose le croire) se mirent également de la partie pour faire de ce temps de silence un «enfer» inattendu de malaises physiques et spirituels dont je vous dispense des détails gênants. Qu’il suffise de dire que je reprend le boulot avec un certain soulagement.

Et pourtant, à bien y penser, Dieu était au rendez-vous mais … à sa façon! Il voyait sans doute mon secret désir d’avancer dans la vie spirituelle et m’a fait passer, bien malgré moi, par des chemins de dépouillements, de souffrances de toutes sortes… au point où je pensais avoir gâcher royalement ce temps de retraite. Que voulez-vous, l’Être divin n’est pas prévisible … Lui seul voit nos besoins réels et, dans son amour, ne se laisse pas émouvoir par nos attentes quelque peu superficielles. À vrai dire, que de vacances  sont ainsi «réussies» sans que les vacanciers déçus en soient toujours conscients!

Je vous reviens donc aujourd’hui avec un peu plus de maturité, une conviction accrue de l’importance de la rencontre eucharistique quotidienne (pain nécessaire pour nous, pauvres humains) et une conscience plus ferme que notre vie ne dépend pas de nous mais d’un Être extraordinaire qui nous mène par des chemins inconnus, un Père dont la bonté foncière faisait dire à Jésus:  « Lui seul est bon » ( Marc 10, 18).

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MESSAGE à mes lecteurs et lectrices:

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S’il est bon de parler de Dieu … il est encore plus nécessaire de parler à Dieu.

Je vais donc faire relâche pour quelques semaines … question de refaire le plein au niveau de la prière et de la solitude.

Dieu le voulant, nous nous reverrons en septembre. D’ici là, demeurons unis!

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Assumée dans la Gloire

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L’Assomption de la Vierge (par Murillo)

« Au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée Mère de Dieu a été élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel ». C’est en ces termes que le Pape Pie XII a défini la foi catholique relative à l’assomption de Marie (1950). Découlant de sa maternité divine, l’assomption de Marie est pour toute l’humanité un gage d’espérance, une promesse de résurrection.

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La maternité spirituelle, selon un Chartreux

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La Vierge des Chartreux (Francisco de Zurbaran, 17e siècle)

Tous les chrétiens se réclamant de la Vierge Marie, rien d’étonnant à ce que les Chartreux fassent de même pour se mettre sous sa protection. Depuis 2000 ans, Marie en effet ne cesse de se montrer notre mère … et les âmes contemplatives en sont bien conscientes. Laissons dom Augustin Guillerand nous entretenir brièvement de la maternité spirituelle de la Vierge:

«Marie et Jésus sont de la terre aussi vraiment et complètement qu’ils le peuvent. Ils sont conçus, ils naissent, ils grandissent, ils meurent. (…) Mais néanmoins ils se distinguent de nous et il le faut: ils sont du premier coup ce que nous devons devenir. (…) La doctrine de la maternité spirituelle de Marie est absolument claire quand on l’étudie au pied de la croix. Elle s’impose, autant qu’une manière de faire peut s’imposer à Dieu. Elle convient en ce lieu à l’Amour infini et à ses réalisations finies. Le rôle de Marie s’étend jusqu’où s’étend Jésus, il s’exerce où s’exerce et quand s’exerce le rôle du Rédempteur. Notre-Seigneur se donne, il nous arrive par Marie. Entre lui et nous elle est toujours là: tel est le plan divin. (…) Car une nouvelle vie commence pour lui sur la croix, donc un nouvel enfantement pour elle. Ce qu’il faut voir au Calvaire, c’est cette nouvelle vie et cette nouvelle mère des vivants. (…) Marie est au calvaire comme mère. L’idée de maternité domine la scène où Jésus la donne à Jean (« Voici ta mère »). Le rôle de Marie en cette circonstance ne peut être plus nettement marqué. Or Jésus, à cette même heure, achève de nous engendrer. Marie assiste à cet acte de génération. Elle y assiste comme mère: une mère qui perd un fils pour en avoir un autre. (…)

Marie va se prêter de nouveau à l’action de l’Esprit de vie. (…) L’amour, l’immense amour qui l’a envahie au jour de l’Annonciation et s’est emparé de sa chair, s’empare d’elle pour qu’elle enfante dans les âmes. Voilà pourquoi elle redevient la femme (« Femme, voici ton fils »). Elle commence là un rôle de femme qu’elle n’avait pas joué encore; elle commence d’enfanter des vivants dont la vie sera la vie de cet Esprit, l’Esprit du Verbe fait chair. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 285 s )

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Marie, mère de l’Église

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« C’est à la gloire de la bienheureuse Vierge et à notre réconfort que nous proclamons Marie très sainte, MÈRE DE L’ÉGLISE,  c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs, qui l’appellent Mère très aimante, et nous voulons que dorénavant, avec un tel titre très doux, la Vierge soit encore plus honorée et invoquée par tout le peuple chrétien. » C’est ainsi que s’exprimait le pape Paul VI lors d’un discours prononcé à la fin de la 3e session du Concile Vatican II (le 21 novembre 1964). Malgré les réticences des théologiens qui ne voyaient pas dans cette appellation une donnée traditionnelle, les pères conciliaires se levèrent debout pour accueillir cette annonce officielle avec des ovations qui durèrent pas moins de 10 minutes. Du jamais vu dans une telle assemblée!

Mais que veut dire Mère de l’Église? Marie, ayant donné naissance à Jésus, tête de l’Église, est par le fait même devenue, dans l’ordre de la grâce, mère de ses membres. Sans pour autant être au-dessus de l’Église (car elle en est membre, elle aussi ), Marie est néanmoins présentée comme telle par son Fils sur la croix lorsqu’il dit à son disciple: « Voici ta mère ». Mère de l’Église, et aussi son modèle, c’est sous ces deux rapports qu’elle nous est présentée dans ce beau texte liturgique qui résume bien la pensée de l’Église:

« En accueillant ta Parole dans un cœur immaculé, Marie a mérité de la concevoir dans son sein virginal. En donnant naissance à son Créateur, elle a préparé les commencements de l’Église. En recevant au pied de la croix le testament d’amour de son Fils, elle a reçu pour fils tous les hommes que la mort du Christ a fait naître à la vie divine. Quand les Apôtres attendaient l’Esprit qui leur était promis, elle a joint sa supplication à celle des disciples, devenant ainsi le modèle de l’Église en prière. Élevée dans la gloire du ciel, elle accompagne et protège l’Église de son amour maternel dans sa marche vers la patrie jusqu’au jour de la venue glorieuse du Seigneur. »  (Préface de la messe de Marie, mère de l’Église).

Remercions Dieu de nous avoir dévoilé autant de motifs nous invitant à nous approcher de la Vierge avec confiance et soyons fiers d’appartenir à cette Église catholique qui, elle aussi comme une bonne mère, ne cesse de nous nourrir de la pure vérité.

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Son visage rayonnait …

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Transfiguration de Jésus (par Fra Angelico)

On dit souvent que les yeux sont le reflet de l’âme. La beauté intérieure de Jésus ne pouvait que surgir au grand jour … et elle le fit, au jour de sa Transfiguration sur la montagne. Un reflet de cette beauté intérieure nous a été transmis par le bienheureux pape Paul VI lors de son voyage apostolique aux Philippines, en 1970. Écoutons un extrait de son homélie à Manille où chaque mot ou expression mérite une attention spéciale :

« Je dois proclamer son nom: Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. C’est lui qui nous a révélé le Dieu invisible, c’est lui qui est le premier né de toute créature, c’est en lui que tout subsiste. Il est le maître de l’humanité et son rédempteur; il est né, il est mort, il est ressuscité pour nous.

Il est le centre de l’histoire du monde; il nous connaît et nous aime; il est le compagnon et l’ami de notre vie, l’homme de la douleur et de l’espérance; c’est lui qui doit venir, qui sera finalement notre juge et aussi, nous en avons la confiance, notre vie plénière et notre béatitude. Je n’en finirais jamais de parler de lui; il est la lumière, il est la vérité; bien plus, il est le chemin, la vérité et la vie. Il est le pain, la source d’eau vive qui comble notre faim et notre soif. Il est notre berger, notre chef, notre modèle, notre réconfort, notre frère. Comme nous et plus que nous, il a été petit, pauvre, humilié, travailleur, opprimé, souffrant. C’est pour nous qu’il a parlé, accompli ses miracles, fondé un royaume nouveau où les pauvres sont bienheureux, où la paix est le principe de la vie commune, où ceux qui ont le coeur pur et ceux qui pleurent sont relevés et consolés, où les affamés de justice sont rassasiés, où les pécheurs peuvent obtenir le pardon, où tous découvrent qu’ils sont frères. (…)

Jésus Christ! Souvenez-vous: c’est lui que nous proclamons devant vous pour l’éternité; nous voulons que son nom résonne jusqu’au bout du monde et pour tous les siècles des siècles. » (Homélie prononcée  le 29 novembre 1970)

Le pape Paul VI devait terminer son pèlerinage sur terre précisément en la fête de la Transfiguration du Seigneur, le 6 août 1978!

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La toute-puissance de l’humilité

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Moine au travail  (Grande Chartreuse)

Pour monter au Ciel, il faut descendre … car seuls les humbles peuvent légitimement aspirer à la vision de Dieu. C’est le chemin suivi par tous, y compris le Christ , la Vierge et tous les saints. Mais cette humilité, si faible en apparence, est également une force! Laissons un chartreux français du 20e siècle, dom Augustin Guillerand (†1945), nous le redire à sa manière:

« Les exemples de cette toute-puissance de l’humilité sont incontestablement très impressionnants. Jésus, comme il convient, tient la tête, avec son pauvre corps brisé, sa face couverte de crachats, tout son être ignominieusement traité, n’ayant plus la forme humaine, fait mépris après s’être fait homme, à l’extrême fond de l’anéantissement … et à cause de cela, dit saint Paul, exalté au-dessus de tous et de tout.

Après lui, l’humble Vierge: « Il a bien voulu, dit-elle du Dieu qui en fait sa mère, abaisser son regard sur l’humilité de sa servante » (Luc 1,48). L’humilité, voilà ce qu’il a vu et aimé et écouté en elle, car voilà ce qu’il aime, ce qu’il cherche, ce qui l’attire et le retient, ce qui le lie et l’oblige à notre égard,

Ce regard de Dieu sur l’âme qui se fait toute petite devant lui, ce regard qui est communication de Lumière éternelle et d’Amour infini, quelle douceur  et quelle force dans la prière! C’est ce qui soutenait la Cananéenne aux pieds du Sauveur et le centurion en quête d’un miracle. Jésus se rendait à leur supplication qui lui arrachait comme de vive force le prodige demandé et son admiration ravie.

L’humble qui prie se présente avec la force attractive du vide pour l’être qui veut l’occuper. Nulle résistance à briser, nulle présence à éliminer, nulle transformation à opérer. Il n’y a qu’à entrer, prendre la place, répondre à une attente et combler. L’humble est le pauvre dont parle sans cesse le psalmiste, et en général les Livres Saints. La richesse de Dieu est à lui, non pas en vertu d’une justice étroite et sans amour, mais en vertu même de la plus profonde nature du Dieu qui est Amour. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 32)

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Bonum mihi quia humiliasti me!

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« C’est bon pour moi que tu m’aies humilié »  (Psaume 119, 71)

Nouvellement entré dans un monastère trappiste des années 50, il m’arrivait (comme  à tous les jeunes moines) de réciter ce verset du psaume en l’attribuant à tout autre que moi … assuré que j’étais d’être dans la bonne voie, aimé de Dieu et loin des assauts du monde pécheur. Puis, au cours des années qui suivirent, impatient de suivre le Christ dans une foule de bonnes œuvres, j’ai persisté à me méfier de ce verset du psalmiste en l’attribuant à sa spiritualité jugée quelque peu masochiste. Devenu octogénaire (et de plus en plus enclin à la recherche de la Vérité), je m’aperçois que les déconfitures, les contradictions, les échecs, les fautes, bref les « humiliations » sont non seulement des accidents de parcours mais des nécessités .

 Si la vie éternelle consiste, comme le dit saint Jean « à te connaître, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé. Jésus Christ », il est non moins vrai que cette connaissance  ne peut se parfaire sans une certaine expérience de notre pauvreté radicale; seul le pauvre peut intuitionner la grandeur divine! Le fossé qui nous sépare du Créateur doit être vu et revu dans l’expérience ressentie de notre  faiblesse naturelle … ce qui fait mieux comprendre que Jésus soit venu sauver « non les justes mais les pécheurs ». Cette humilité radicale, la Vierge  l’a bien sûr possédée depuis le premier instant de son existence, mais il en va autrement pour nous qui sommes blessés par la faute originelle;  c’est pourquoi les auteurs spirituels, à commencer par saint Benoit, ont toujours considéré l’humilité comme le fondement de notre vie d’enfant de Dieu.

On ne peut donc y échapper … la divine Providence nous ménage et nous ménagera toujours de ces prises de conscience (plutôt déplaisantes, à vrai dire) que sont nos humiliations; elles s’avèrent nécessaires pour nous permettre de mieux saisir la gratuité de son Amour miséricordieux ( « Nous sommes justifiés par la Foi, dit saint Paul, et non par les œuvres de la loi » ). Le psalmiste avait donc bien raison d’affirmer « C’est bon pour moi que tu m’aies humilié », affirmation reprise et complétée par Jean le Baptiste: « Il importe que je diminue et que lui (Jésus) grandisse » .

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