Bienheureuse solitude !

17e

Chartreuse de Farneta (Italie)

Dans la foulée de la canonisation de Charles de Foucauld, l’ermite du désert, voici quelques réflexions concernant l’amour de la solitude. Loin de moi le désir d’encourager cet engouement maladif et manifestement antisocial de ces misogynes optant pour une solitude factice … personnages plus dignes de pitié que d’émulation. Car, notons-le, le véritable ermite ne quitte pas ses frères et sœurs pour se retrouver lui-même mais pour mieux s’unir à l’Autre et, s’il est de foi chrétienne, pour s’unir davantage aux besoins spirituels de ses frères et sœurs.

Ma solitude urbaine actuelle m’apparente un peu à ces chercheurs de Dieu que sont les moines, spécialement ceux qui vivent dans une solitude « adaptée » comme c’est le cas chez les Chartreux. Ces derniers, malgré leur séparation stricte du monde, bénéficient d’une certaine vie communautaire qui équilibre leur vie silencieuse : vivant chacun dans une maisonnette reliée aux autres par un corridor appelé cloître (voir la photo ci-dessus), ils se réunissent trois fois par jour à l’église pour la célébration de certains offices liturgiques. Ils bénéficient également d’un repas communautaire le dimanche ainsi que, chaque semaine, d’une promenade de groupe favorable aux échanges fraternels.

À regarder de plus près la photo ci-dessus, on se rend compte que leurs confrères décédés sont inhumés dans la cour intérieure du cloître ayant pour tout monument une simple croix, sans aucune inscription: complet détachement même dans la mort. Ces hommes ont découvert le secret de la solitude: une présence divine qui les accompagne tout au long de leur journée. En réalité, un ermite chrétien n’est jamais seul ; son silence extérieur n’est là que pour lui permettre de dialoguer plus fréquemment avec son créateur et Père. D’où cette exclamation bien compréhensible de saint Bruno: « Ô bienheureuse solitude, ô seule béatitude ! »

En ce temps pascal 2022, temps de déconfinement et de reprise de vie normale, que saint Charles de Foucauld nous obtienne ce goût de Dieu expérimenté avant tout dans la solitude (même relative), un détachement concret des idoles de ce monde et une recherche de l’Essentiel dans l’humilité de la prière continuelle et du service.

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L’Église face au 5e commandement de Dieu

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« Tu ne tueras pas » est le cinquième des 10 commandements de Dieu acceptés par l’Église, à la suite de Jésus, comme la base de sa doctrine révélée. Le Christ en effet n’est pas venu abolir mais accomplir la loi de Moïse (Matthieu 5, 17). Par ailleurs, tous les commandements peuvent se résumer dans la charité, selon les paroles mêmes du Maître : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13, 35). En tant que catholiques, que devons-nous penser des divers courants d’idées qui traitent, souvent à tort et à travers, de la guerre, de la peine capitale, du suicide assisté, de l’avortement ? Voici quelques éléments de réponse selon le Compendium du Catéchisme de l’Église catholique:

470. Qu’interdit le cinquième commandement ?

Le cinquième commandement interdit comme gravement contraires à la loi morale:

  1. L’homicide direct et volontaire, ainsi que la coopération à celui-ci.
  2. L’avortement direct, recherché comme fin et comme moyen, ainsi que la coopération à cet acte, avec la peine d’excommunication, parce que l’être humain, dès sa conception, doit être défendu et protégé de manière absolue dans son intégrité.
  3. L’euthanasie directe, qui consiste à mettre fin, par un acte ou par l’omission d’une action requise, à la vie de personnes handicapées, malades ou proches de la mort.
  4. Le suicide et la coopération volontaire à celui-ci, parce qu’il est une offense grave au juste amour de Dieu, de soi-même et du prochain ; quant à la responsabilité, elle peut être aggravée en raison du scandale ou diminuée par des troubles psychique

471.  Quelles procédures médicales sont autorisées quand la mort est considérée comme imminente ?

Les soins habituellement dus à une personne malade ne peuvent être légitimement interrompus. Par contre, sont légitimes le recours à des analgésiques n’ayant pas comme finalités la mort, ainsi que le renoncement à « l’acharnement thérapeutique », c’est-à-dire, à l’usage de procédés médicaux disproportionnés et sans espoir raisonnable d’une issue favorable.

472. Pourquoi la société doit-elle protéger tout embryon ?

Le droit inaliénable à la vie de tout individu humain, dès sa conception, est un élément constitutif de la société civile et de sa législation. Quand l’État ne met pas sa force au service des droits de tous, et en particulier des plus faibles, parmi lesquels les enfants conçus non encore nés, ce sont les fondements mêmes de l’état de droit qui sont minés.

474. Quels devoirs avons-nous envers le corps ?

Nous devons porter une attention raisonnable à la santé physique, la nôtre et celle d’autrui, en évitant le culte du corps et toutes sortes d’excès. Doivent aussi être évités l’usage de stupéfiants, qui causent de graves dommages à la santé et à la vie humaine, et aussi l’abus de nourriture, d’alcool, de tabac et de médicaments.

476. Avant et après la mort, le prélèvement et le don d’organes sont-ils autorisés ?

Le prélèvement d’organes est moralement acceptable avec le consentement du donneur et sans risques excessifs pour lui. Pour que soit réalisé l’acte noble du don d’organes après la mort, on doit être pleinement certain de la mort réelle du donneur.

479. Comment doivent être traités les corps des défunts ?

Les corps des défunts doivent être traités avec respect et charité. L’incinération est permise à condition qu’elle soit réalisée sans mettre en cause la foi en la résurrection des corps.

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C’est le mois de Marie !

En ce mois de mai, consacré depuis longtemps à la Vierge Marie, permettez-moi de revenir sur la lettre apostolique de saint Jean-Paul II portant sur l’importance de la récitation du Rosaire et ajoutant, à cette occasion, cinq nouveaux mystères,  soit les mystères lumineux.

En écrivant ce document intitulé « Rosarium Virginis Mariae » (2002), le Pape ne faisait que suivre ses prédécesseurs, notamment Léon XIII et Paul VI, en encourageant les fidèles à réciter le chapelet. Cette dévotion mariale se présente comme une contemplation du Christ à travers les différentes étapes de sa vie terrestre ; d’où les quinze mystères traditionnels (5 joyeux, 5 douloureux et 5 glorieux) pour un total de 150 Je vous salue … . Mais alors, et voici le hic, cette récitation traditionnelle, souvent présentée comme le bréviaire des laïcs (par comparaison aux 150 psaumes récités par les clercs) avait omis la quasi totalité du ministère public du Christ: en effet, des mystères de l’enfance ou joyeux, l’on passait  immédiatement aux récits de la passion soit aux mystères douloureux!

En instaurant ces cinq nouveaux mystères intitulés « lumineux », Jean-Paul II a donc voulu demeurer fidèle à la totalité du message de Jésus en complétant le cycle des mystères de sa vie. Voici la liste des cinq choix arrêtés pour combler cette étape oubliée de la vie publique de Jésus :

  1. Le baptême de Jésus au Jourdain   (Matthieu 3, 13-17) : c’est le début officiel du ministère du Christ et comme le coup d’envoi donné par l’Esprit Saint lui-même.
  2. Les noces de Cana   (Jean 2, 1-12) : cet épisode annonce déjà l’abondance du bon vin que sera le don de l’Esprit à la Pentecôte. Le rôle de Marie y est bien souligné.
  3. La proclamation du Royaume et l’invitation à la conversion  (Marc 1, 15) : toute l’activité missionnaire du Christ (guérisons et prédication) y trouve sa raison d’être.
  4. La transfiguration du Christ sur la montagne  (Luc 9, 28-36) : l’importance de la prière chrétienne ainsi que le lien intime existant entre Jésus et son Père y sont merveilleusement rappelés.
  5. L’institution de l’Eucharistie   (Matthieu 26, 26) : mystère central de notre vie chrétienne, on ne pouvait passer sous silence ce mémorial institué pour notre plus grand bien.

Malgré les réticences de certains dévots qui se voyaient bousculés dans leur récitation quotidienne, la très grande majorité des Catholiques accepta avec enthousiasme cet ajout papal. La canonisation subséquente de Jean-Paul II ne put que renforcer le bien-fondé de cette initiative. Profitons de ce mois de mai pour revivifier nous aussi, avec joie et sous l’égide de Marie, notre connaissance de Jésus dans la totalité de ses divers mystères !

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Le pâturage des bienheureux

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Après avoir célébré les Jours saints et nous être repus des vérités fondamentales de la Foi, il nous reste maintenant à les digérer tout au long de ce temps pascal. Par sa victoire sur la mort, le Bon Berger nous invite à le suivre avec confiance jusque dans l’éternité bienheureuse. Il est également la porte de cette bergerie qu’est l’Église terrestre, porte qui nous permet non seulement d’y entrer par le baptême mais aussi d’en sortir à sa suite lors de notre mort, selon ses propres paroles: « Je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra entrer et sortir, et il trouvera un pâturage » (Jean 10, 9). Quel est ce pâturage promis? Laissons la réponse à un saint moine du 6e siècle, devenu évêque de Rome et docteur de l’Église:

« Le baptisé entrera pour avoir la foi; il sortira en passant de la foi à la vision, de la croyance  à la contemplation, et il trouvera un pâturage en arrivant au festin éternel. Les brebis du bon Pasteur trouvent donc un pâturage parce que tout homme qui le suit avec un cœur simple est nourri dans la pâture des prairies intérieures. Et quel est le pâturage de ces brebis-là, sinon les joies éternelles d’un paradis toujours vert? Car le pâturage des élus, c’est le visage de Dieu, toujours présent: puisqu’on le regarde sans interruption, l’âme se rassasie sans fin de l’aliment de vie. (…)

Recherchons donc, frères très chers, ce pâturage où nous trouverons notre joie au cœur de la fête célébrée par tant de nos concitoyens. Que leur allégresse  nous y invite. Réchauffons nos cœurs, mes frères, que notre foi se ranime envers ce qu’elle croit, que nos désirs s’enflamment pour les biens célestes: c’est déjà partir à leur rencontre que de les aimer. Aucun obstacle ne doit nous enlever la joie de la solennité intérieure, car si l’on désire se rendre à un endroit qu’on s’est fixé, aucune difficulté ne peut changer ce désir. Aucune prospérité flatteuse ne doit nous en détourner; il est fou, ce voyageur qui, apercevant sur sa route de gracieuses prairies, oublie le but de son voyage. »  (Homélie de saint Grégoire le Grand, PL 76, 1129-1130)

Le Ciel qui nous est promis est donc la vision même de Dieu, ce « visage toujours présent », pâturage toujours vert car rien ne saurait épuiser cette vision bienheureuse. « Bien-aimés, écrit l’apôtre Jean aux chrétiens de la fin du premier siècle, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous Lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’Il est. » (1Jean 3, 2)

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L’Église face au Mystère pascal

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« … a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux … ». Cet extrait du Symbole des Apôtres résume bien la foi de l’Église depuis 2000 ans mais, avec l’évolution inévitable des idées et des recherches scientifiques, n’y aurait-il pas lieu de revoir certaines de ces affirmations ? Que pense l’Église, aujourd’hui, face aux divers éléments de ce mystère fondamental qu’est la mort-résurrection du Christ ? Voici quelques extraits du Compendium du Catéchisme de l’Église catholique (2005) qui répondent à ces questions:

124. En quelles conditions était le corps de Jésus lorsqu’il se trouvait au tombeau ?

Le Christ a connu une vraie mort et une vraie sépulture. Mais la vertu divine a préservé son corps de la corruption.

125. Que sont « les enfers » où Jésus est descendu ?

Les « enfers » (qui sont différents de l’enfer de la damnation) constituaient la situation de tous ceux qui, justes ou méchants, étaient morts avant le Christ. Avec son âme unie à sa Personne divine, Jésus a rejoint dans les enfers les justes, qui attendaient leur Rédempteur pour pouvoir enfin accéder à la vision de Dieu. Après avoir vaincu, par sa mort, la mort et le diable qui a « le pouvoir de la mort » (Hébreux 2, 14), il a libéré les justes en attente du Rédempteur et il leur a ouvert les portes du Ciel.

126. Quelle est la place de la résurrection du Christ dans notre foi ?

La résurrection est la vérité la plus haute de notre foi dans le Christ. Avec la croix, elle représente une part essentielle du Mystère pascal.

127. Quels « signes » attestent la Résurrection de Jésus ?

Hormis le signe essentiel que constitue le tombeau vide, la Résurrection de Jésus est attestée par les femmes qui, les premières, l’ont rencontré et l’ont annoncé aux Apôtres. Jésus est « apparu ensuite à Céphas (Pierre), puis aux Douze. Ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois » (1 Corinthiens 15, 5-6) et à d’autres encore. Les Apôtres n’ont pu inventer la résurrection, car elle leur apparaissait impossible. En effet, Jésus leur a aussi reproché leur incrédulité.

128. Pourquoi la Résurrection est-elle en même temps un événement transcendant ?

Tout en étant un événement historique, que l’on peut constater et qui est attesté par des signes et des témoignages, la Résurrection, parce qu’elle est l’entrée de l’humanité du Christ dans la gloire de Dieu, transcende et dépasse l’histoire, comme mystère de la foi. C’est pour cette raison que le Christ ressuscité ne se manifeste pas au monde, mais à ses disciples, faisant d’eux ses témoins devant le peuple.

129. Quel est l’état du corps ressuscité de Jésus ?

La Résurrection du Christ n’est pas un retour à la vie terrestre. Son corps ressuscité est celui qui a été crucifié et qui porte les signes de sa Passion, mais il participe désormais de la vie divine avec les propriétés d’un corps glorieux. C’est la raison pour laquelle Jésus ressuscité est souverainement libre d’apparaître à ses disciples comme il veut, où il veut et sous des aspects variés.

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Cadre de vie qui favorise l’union à Dieu

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Le travail manuel, dans la société contemporaine, est souvent sous-estimé pour de multiples raisons et rarement apprécié à sa juste valeur. L’homme moderne, toujours empressé, dédaigne tout travail qui lui semble lent et insignifiant ; ses horizons se limitent à l’efficacité et au rendement et il oublie souvent de respirer et de perdre du temps. Les moines ont toujours lié leur vie de prière à un modeste cadre de travail, comme le laisse entendre la devise bénédictine: « Ora et labora » (Prie et travaille). La Sainte Famille de Nazareth demeure la plus belle illustration de ce mode de vie, même pour nous au 21e siècle. Je laisse donc la parole à un moine chartreux, dom Augustin Guillerand, pour nous en parler de façon plus précise:

« Le travail manuel, on n’y pense pas assez, a été élevé par Jésus, Fils de Dieu, à une dignité que l’on pourrait presque appeler la dignité d’un sacrement. Notre-Seigneur, c’est l’homme par excellence. Il est le premier voulu de Dieu ; il est l’être humain idéal que tous doivent reproduire ; la Sainte Famille de Nazareth est l’exemplaire, le modèle. Dieu les aime plus que tous ; il aime les autres s’ils leur ressemblent. Or le cadre de leur vie : le travail.

Vous me direz : il s’agit de leurs âmes, de leurs vertus, de leur beauté intérieure et spirituelle ; et c’est vrai, il ne s’agit pas du cadre. Mais il est vrai aussi que le cadre n’a pas nui. Saint Joseph et Notre-Seigneur dans l’atelier, la Vierge dans l’humble appartement qui servait de cuisine, n’étaient pas gênés pour vivre la vie d’âme la plus haute qui puisse être. Mais il y a plus ; la distinction que nous établissons entre le cadre extérieur et la vie intérieure est plus artificielle qu’on ne pense. Je vous disais plus haut : Jésus est l’idéal, l’homme parfait, la première volonté de Dieu ; et la Sainte Famille est la reproduction du ciel ici-bas : on l’appelle « la Trinité de la terre ». Or, ils ont passé leur vie dans le travail manuel ; le travail n’a pas été pour eux un exercice, il n’a pas employé quelques jours de leur vie, ni quelques instants de leurs jours : il a rempli leurs jours et leur existence.

Dieu a donc voulu que les trois personnes qui sont au sommet de son œuvre créée passent leur vie dans le travail manuel ; il a établi entre eux et le travail un lien étroit, permanent. Le travail est donc quelque chose qui non seulement ne s’oppose pas à l’union à Dieu mais doit la favoriser. Car Dieu ne veut que cela : nous unir à lui ; il nous donne la vie pour relier ; il règle tout pour cela. Nous pouvons, nous devons nous en rapporter à lui à cet égard. Il sait, lui, ce qui convient. Mais pourquoi ? Les raisons de Dieu ne nous regardent pas : il ne faut pas vouloir les pénétrer trop : mais croire humblement que tout ce qu’il fait est bien, tout ce qu’il veut est bien ; cela est plus simple et plus sûr. « 

(Écrits spirituels, tome 2, page 172 s)

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Nouvelle apparence du Ressuscité

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« Et quand ils le virent, ils se prosternèrent ; d’aucuns cependant doutèrent » (Matthieu 28, 17)

Nous connaissons les faits grâce aux divers récits évangéliques : le Christ ressuscité apparaît à Marie-Madeleine et aux saintes femmes, aux deux pèlerins d’Emmaüs, aux apôtres réunis au cénacle, à une foule de disciples sur une montagne en Galilée et à quelques apôtres en train de pêcher sur lac de Tibériade. Or, dans toutes et chacune d’entre elles, le Ressuscité n’est pas reconnaissable et doit s’identifier d’une façon ou d’une autre: par la voix (Marie-Madeleine), par la bénédiction du pain (pèlerins d’Emmaüs), par les cicatrices (apôtres au cénacle), par la pêche miraculeuse (au lac de Tibériade). De toute évidence, le Ressuscité n’a pas tenu à être reconnaissable par ses anciens traits physiques. Pourquoi ?

Loin de moi la prétention d’apporter une quelconque réponse à ce mystère! Je ne puis que proposer une tentative d’explication qui me semble conforme au Plan de Dieu sur nous. Ce Plan, saint Paul nous en parle comme de la volonté de Dieu de tout réunir sous le Christ et dans le Christ (Éphésiens 1, 10). Nous sommes, depuis 2000 ans, dans un nouvel ordre des choses: le Christ est présent dans son Église mais d’une façon totalement différente du temps où il vivait en Galilée avec ses disciples. Avant de nous quitter visiblement, le Ressuscité nous rassura en disant: « Voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20). Et nous savons que l’Esprit Saint prit la relève en vivant en chacun des baptisés et en les unissant les uns aux autres pour former un seul Corps. Dans une certaine mesure, la présence de Jésus se confond dès lors avec ses membres (« ce que vous avez fait à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ») et aussi avec les chefs de communauté, « qui vous écoute m’écoute ». Et puis, il y a ces moments d’actions liturgiques où l’Église nous dit que c’est le Christ lui-même qui prie, qui baptise, qui célèbre, qui pardonne ou qui prêche la bonne nouvelle.

Une fois ressuscité, le Christ n’a donc pas voulu se faire reconnaître de ses disciples par ses traits physiques mais bien par ses INTERVENTIONS concrètes découlant de certains gestes posés par ses disciples: prière fervente exaucée (Marie-Madeleine), catéchèse et fraction du pain (pèlerins d’Emmaüs), effort communautaire (pêche miraculeuse), etc. Loin de nous priver de sa présence, Jésus l’a étendue à la totalité de la vie ecclésiale. Un effort de foi nous est évidemment exigé mais celui-ci nous fait accéder à un niveau supérieur qui transcende aisément celui du plan humain d’avant la Résurrection. « Là ou deux ou trois disciples sont réunis en mon nom, je suis là au milieux d’eux ». Quelle consolation pour nous mais aussi, avouons-le, quelle responsabilité !

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La Miséricorde, vue du Calvaire

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La contemplation de la Passion de Jésus a toujours été un moment fort dans la vie de prière de tout chrétien et, principalement, de tout contemplatif. Dom Guillerand, ce chartreux si éminemment spirituel, n’y échappe pas ! Voici donc sa réaction au mystère du Christ souffrant et à celui non moins important des conséquences dans l’âme de son disciple :

« La Miséricorde, vue du Calvaire, demanderait, pour être qualifiée, un qualificatif qui n’existe pas : il faudrait exprimer ce Dieu qui meurt (il est essentiellement inexprimable), il faudrait sonder l’abîme qui sépare ces deux mots : Dieu et mourir. Il faudrait aussi sonder cette mort et toutes les circonstances dont Celui qui mourait a voulu se parer, simples accidents sans doute, et plus accessibles que l’être qui meurt et que la mort d’un tel être, mais qui n’en dépassent pas moins l’imagination. Il faudrait savoir toute la capacité de sentir, et par conséquent de souffrir, de cet organisme dont tout, littéralement tout, a été brisé, froissé, pressé comme un raisin bien mûr pour en exprimer tout le suc ; il faudrait donc connaître l’âme qui l’animait et en laquelle retentissait tous ces coups. Là encore, là comme toujours, il faut s’arrêter. Des perspectives sans fin de torture physique et de martyre moral s’allongent devant mon regard et semblent le défier, défier mon courage à les regarder comme il faudrait. Des âmes saintes l’ont fait, n’ont fait que cela, et, au terme de leur contemplation, ont déclaré : « Nous n’avons même pas entrevu le seuil de cet abîme. »

Du Calvaire, la Miséricorde a répandu ses eaux sur tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, où elle les répand encore, et continuera de les répandre jusqu’à la fin du monde. Mais là encore, là toujours, le mystère se dresse devant moi, me défie, m’écrase. Comment pénétrer les merveilles opérées par la grâce dans une seule âme ? Je dois me résigner encore à confesser une impuissance dont chaque méditation accroît l’évidence et aviverait la douleur si elle n’était pas une louange à Dieu. Heureusement l’Écriture est là, avec ses mots pleins de tendre lumière et de consolation, ses mots qui disent presque tout sans le chercher, au moins tout ce que j’ai besoin de savoir. Je les méditerai peut-être un jour avec plus de détails : de cette source qui me semble si profonde, je pourrai entrevoir quelques-uns des ruisseaux qui arrosent la sainte Cité. Je n’en retiens en ce moment qu’un seul, mais si intensément tendre, et dont les syllabes mêmes ont été toujours pour mon âme comme une caresse de mère : « Je t’ai aimé d’un amour éternel, c’est pourquoi je t’ai attiré vers moi par miséricorde » (Jérémie 31,3). »

(Écrits spirituels, tome 1, page 81 s)

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Pourquoi sombrer dans la tristesse ?

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Je suis toujours surpris de voir tant de chrétiens se laisser envahir par la morosité, même durant le Temps pascal ! Les événements contemporains, aussi tristes qu’ils puissent être, ne sont pas toujours en cause mais bien plutôt notre façon superficielle de vivre en ce monde, éparpillés que nous sommes par nos sens toujours à l’affût de nouveautés. Nous sommes-nous vraiment arrêtés cette année à la signification du Salut apporté par le Fils de Dieu ? Sommes-nous conscients des répercussions multiples de cet événement unique qu’est sa Mort-Résurrection ? Faisons-nous partie intégrante de ce Mystère ou en sommes-nous les spectateurs plus ou moins indifférents ?

Il n’en reste pas moins que la joie de la Résurrection de Jésus perdure dans l’Église depuis 2000 ans et elle est extatique … car les véritables disciples du Ressuscité ne cessent de s’extasier devant cette nouvelle vie qui répond à leur désir profond d’éternité. Les cultures peuvent changer, les gouvernements peuvent se succéder, l’être humain demeure le même depuis sa lointaine origine: il a soif de bonheur, il aime la vie et désire la conserver le plus longtemps possible.

Ne soyons donc pas surpris si les 50 jours  après Pâques, appelés «Temps pascal», sont consacrés à cet enthousiasme spirituel qui prolonge celui de la Fête. Un temps d’action de grâce où résonne l’Alléluia  (allelu-Yah, littéralement: louons Yahvé); un temps de chants et de joie qui nous fait oublier la période ascétique du carême pour nous axer plus directement sur le triomphe du Ressuscité. Malheureusement, ce n’est que pour un certain temps, car la dure réalité de la vie ne peut que nous rattraper. C’est en ce sens que s’exprimait  saint Augustin au 5e siècle :

« Il y a deux époques: l’époque actuelle qui se passe dans les tentations et les épreuves de cette vie, et une seconde époque, qui sera celle de la sécurité et de l’allégresse sans fin. Aussi deux époques ont-elles été instituées par l’Église: avant Pâques et après Pâques. L’époque antérieure à Pâques (le carême) symbolise l’épreuve où nous sommes maintenant, et ce que nous célébrons en ces jours qui suivent Pâques (le temps pascal) symbolise la béatitude qui sera plus tard la nôtre. » (Homélie sur le psaume 148)

Le temps pascal étant donc pour nous une certaine anticipation du Ciel, profitons-en et laissons déborder notre reconnaissance et notre joie !

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D’où vient en nous, ce jour de fête ?

Il Risorto

Le Ressuscité de Pericle Fazzini (Salle Paul VI, Vatican)

Lumière du monde, ô Jésus,

Bien que nous n’ayons jamais vu

Ta tombe ouverte,

D’où vient en nous, cette clarté,

Ce jour de fête entre les fêtes,

Sinon de toi, ressuscité ?

Quand sur nos chemins on nous dit:

Où est votre Christ aujourd’hui

Et son miracle ?

Nous répondons: D’où vient l’Esprit

Qui nous ramène vers sa Pâque,

Sur son chemin, sinon de lui ?

(Patrice de la Tour du Pin)

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