Le résultat ou … l’effort?

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Atelier de couture (Grande Chartreuse, France)

La maladie de notre temps, et même de tous les temps, c’est de se regarder et de se comparer! Nous hésitons à nous prendre tel que nous sommes … en oubliant que les personnes sont différentes et que nos efforts d’amélioration doivent tenir compte de cette diversité fondamentale. Voici ce que conseille à un ami notre cher mentor en la matière, dom Augustin Guillerand:

« Il ne faut pas oublier que, malgré tous les traitements et tous les efforts, nous sommes et resterons des êtres divers. Nous ne devons pas nous mettre en face des autres et vouloir être ce qu’ils sont. Le faire serait employer le moyen infaillible de devenir un être apparemment parfait et … parfaitement nul!

Je t’en prie: ne cherche pas à être ni supérieur ni inférieur à la moyenne. Cherche à être toi et à réaliser la plénitude de ta vie, sans te soucier de devenir un sommet de la communauté humaine. Regarde avec beaucoup de calme tes qualités, tes défauts, tes tendances et tes possibilités; puis, avec les moyens dont tu disposes, dans les conditions d’intelligence, de volonté, de sensibilité, d’étude, de facilités ou de difficultés de vie, selon les forces et les circonstances, fais valoir tes talents.

Ce qui compte n’est pas le résultat mais l’effort. J’ajoute tout de suite que le résultat, dans une échéance plus ou moins lointaine, vient à peu près toujours payer l’effort. J’ajoute surtout: au point de vue définitif et suprême qui est le vrai (malheureusement très peu envisagé et apprécié), le résultat correspond toujours à l’effort, et Dieu, qui enregistre à chaque instant celui-ci, établira un jour une balance parfaitement égale entre les deux. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 202)

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Rendez au Seigneur la gloire de son Nom

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La nature automnale est un  moyen gracieusement fourni pour entrer en contemplation, une contemplation joyeuse du Dieu créateur: « les arbres des forêts dansent de joie »  et « la campagne tout entière  est en fête » (psaume 95/96). « C’est le Seigneur qui a fait les cieux », dit le même psaume, « devant lui, splendeur et majesté », d’où la consigne donnée: « Rendez au Seigneur  la gloire de son Nom ».

Et voilà … comment pouvons-nous rendre à Dieu la gloire de son Nom? Jeune moine, je me suis souvent posé la question. Bien sûr, la plus belle louange est notre vie de fidélité chrétienne… mais, cela mis à part, comment verbaliser dans l’instant présent cette réponse à Dieu? La Bible nous parle  de bénédictions et de louanges: deux concepts  souvent pris indistinctement l’un pour l’autre mais qui, pourtant, méritent d’être précisés. La bénédiction remercie  Dieu alors que la louange proclame sa grandeur. Je béni Dieu de m’avoir donné la santé, je le loue de me faire voir sa force et sa grandeur. La bénédiction suppose donc un bienfait reçu alors que la louange suppose plutôt la prise de conscience des attributs divins (force, grandeur, beauté, etc.).

Me promenant dans le parc-nature qui avoisine mon logement, je peut donc admirer la beauté du feuillage automnal et y voir un rayon de la clarté divine … je le loue de sa grandeur et de sa sagesse. Mais je peut aussi le remercier de me permettre une telle sortie et une telle expérience … je le béni alors de sa bonté envers moi. Ma louange vient de ma connaissance et ma bénédiction de mon affectivité; c’est donc tout mon être qui rend gloire à Dieu.

REMARQUE IMPORTANTE:  «bénir» (du latin bene-dicere, dire du bien) se dit tantôt de Dieu, tantôt de la créature. Lorsque Dieu bénit, sa parole produit un effet mais lorsque la créature bénit Dieu, sa parole ne peut rien effectuer hormis le remercier. Ainsi, Dieu a béni Abraham et lui a donné d’avoir un fils dans sa vieillesse; Abraham, par contre, en bénissant Dieu ne fait que le remercier. Voilà la différence de sens qu’il ne faut jamais oublier. Une exception importante: celle du prêtre qui bénit! Agissant au nom de Dieu, le prêtre peut lui aussi bénir une personne ou un objet et produire un changement: soit en appelant sur la personne la faveur divine, soit en attribuant à l’objet (chapelet, médaille, etc.) un caractère religieux qu’il n’avait pas. Mais retenons que, ce faisant, le prêtre ne fait qu’agir au nom de Dieu et participe alors à son pouvoir.

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En la fête de notre bienheureux père, saint Bruno

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Visite de Jean-Paul II en 1984  (Chartreuse de Serra San Bruno, Italie)

Lors de sa visite en Calabre, en 1984, le Pape Wojtyla témoigna de son estime pour la vie contemplative en visitant les moines chartreux de Serra San Bruno le 5 octobre (veille de la fête de Bruno, leur fondateur). Cette abbaye, plusieurs fois détruite, abandonnée et reconstruite, rappelle le lieu de la 2e fondation de l’Ordre (après celle de la Grande Chartreuse, en 1084); elle a même l’honneur de conserver les restes du vénéré fondateur, décédé à cet endroit en 1101.

On ne saurait mieux célébrer aujourd’hui saint Bruno qu’en relisant attentivement deux extraits de sa lettre envoyée de Calabre aux moines de la Grande Chartreuse quelques mois avant sa mort:

« Réjouissez-vous donc, mes frères très chers, pour votre bienheureux sort et pour les largesses de grâce que Dieu répand sur vous. Réjouissez-vous d’avoir échappé aux flots agités de ce monde, où se multiplient les périls et les naufrages. Réjouissez-vous d’avoir gagné le repos tranquille et la sécurité d’un port caché; beaucoup désirent s’y rendre, beaucoup font même un effort pour l’atteindre et n’y parviennent point.  (…)

De vous, mes bien-aimés frères convers  [religieux, non-prêtres, consacrés aux travaux manuels], je dis: « mon âme glorifie le Seigneur », car je considère la magnificence de sa miséricorde sur vous, d’après l’exposé de votre prieur et père très aimant, qui est rempli de joie et de fierté à votre sujet. Je me réjouis  moi aussi, car bien que vous n’ayez pas la science des lettres, le Dieu tout-puissant grave de son doigt dans vos cœurs non seulement l’amour, mais la connaissance de sa loi sainte; vous montrez en effet par vos œuvres ce que vous aimez et ce que vous connaissez. » 

La fondation de l’Ordre des Chartreux se situe au 11e siècle, dans la foulée de la réforme de l’Église entreprise par le Pape Grégoire VII. Maître Bruno, ancien chanoine de Reims, instaura une nouvelle forme de vie monastique, assez semblable à celle qu’avait inaugurée  saint Romuald  (Camaldules), qui unit la vie érémitique à un minimum de vie communautaire. Comme quoi la vie silencieuse et solitaire est souvent le remède à apporter à une pratique religieuse tombée dans la tiédeur … saint Bruno serait-il de notre temps?

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Multitude d’anges en fête

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« (Par le baptême) vous êtes venus vers … la Jérusalem céleste et une multitude d’anges en fête », cette affirmation de l’auteur de la Lettre aux Hébreux (12, 22) réconforte notre foi en l’existence de ces purs esprits que sont les anges. Voici ce qu’en dit, à son tour, un docteur de l’Église du 6e siècle:

« Il faut savoir que le nom anges désigne leur fonction, et non leur nature. Car ces esprits bienheureux de la patrie céleste sont bien toujours des esprits, mais on ne peut  les appeler toujours des «anges», parce qu’ils ne sont des anges que lorsqu’ils portent un message. On appelle «anges» ceux qui portent les messages moins importants, et «archanges» ceux qui annoncent les plus grands événements. C’est pourquoi l’archange Gabriel fut envoyé à la Vierge Marie, et non pas un ange quelconque; pour ce ministère, il s’imposait d’envoyer un ange du plus haut rang annoncer le plus haut des événements. En outre, certains d’entre eux sont désignés par un nom propre, afin de signifier par les mots la nature de leur action. En effet, ce n’est pas dans la sainte cité, où la vision de Dieu  tout-puissant confère une connaissance parfaite, qu’ils reçoivent leurs noms particuliers, comme si, sans l’aide de ces noms, on n’avait pas pu connaître leurs personnes. C’est lorsqu’ils viennent vers nous pour exercer un ministère qu’ils reçoivent  chez nous des noms tirés de leur fonction. C’est ainsi que Michel veut dire: « Qui est comme Dieu? », Gabriel: « Force de Dieu », Raphaël: « Dieu guérit ». (Homélie de saint Grégoire le Grand, PL 1250-1251)

Et en ce qui concerne les Anges gardiens, écoutons brièvement un autre docteur de l’Église mais, lui, du 12e siècle: « Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins (Psaume 91, 11).  Quel n’est pas le respect que cette parole doit susciter en toi, la ferveur qu’elle doit faire naître, la confiance qu’elle doit inspirer! Le respect à cause de leur présence, la ferveur à cause de leur bienveillance, la confiance à cause de leur vigilance. Ils sont donc là, à tes côtés, non seulement avec toi mais pour toi. Ils sont présents pour te protéger, pour te secourir, et même si c’est Dieu qui leur en a donné l’ordre, on ne peut pour autant manquer de reconnaissance à leur égard, en raison de la si grande charité avec laquelle ils obéissent et du besoin si grand que nous avons de leur aide. Soyons donc pleins de respect et de reconnaissance pour une telle vigilance de leur part; aimons-les en retour et honorons-les autant que nous le pouvons, autant que nous le devons. »  (Homélie de saint Bernard de Clairvaux sur le psaume 90/91, Éd. cistercienne, 458-462)

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S’efforcer d’être « quelqu’un »!

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Pour être quelqu’un,  il faut être indépendant et libre … et ne pas se laisser troubler par une foule de pensées qui nous assaillent chaque jour et même à chaque instant. Comment trouver la paix intérieure, nécessaire à l’oraison, et se rendre indépendant de toutes ces distractions? La réponse est évidemment dans notre relation avec le Seigneur … et c’est précisément ce que nous dit dom Augustin Guillerand (à travers un correspondant trop facilement troublé ):

« Il faut que nous sortions de plus en plus des mille riens où se perdent la moitié de nos pensées et de nos sentiments. Pense beaucoup au ciel. Pense beaucoup à Notre-Seigneur qui est notre ciel de la terre et qui sera notre ciel de là-haut. Ce qui nous manque c’est cela. Il nous manque quelqu’un. Nous ne trouvons autour de nous que des choses ou des personnes qui ne sont pas assez quelqu’un. Et en nous surtout nous ne trouvons pas une personne qui soit assez une personne. Pour être quelqu’un, il faut se posséder, il faut se rendre indépendant; il ne faut pas être à la merci de tout ce qui nous entoure; il ne faut pas s’émouvoir et perdre la tête parce qu’il fait clair ou sombre, froid ou chaud, parce que les choux sont plus ou moins gras, parce que le porte-monnaie est plus ou moins garni, parce que l’âge emporte les années et apporte les rides, parce que les hommes nous témoignent estime ou antipathie, etc, etc …

Si on se trouble pour tout cela, on est l’esclave de tout cela; on n’est pas indépendant de tout cela; tout cela nous commande, nous fait parler, agir, nous en impose; on n’est pas quelqu’un, on n’est pas vraiment une personnalité, c’est-à-dire un être indépendant et libre. »

( Écrits spirituels, tome 2, page 214s )

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Posséder … sans être possédé!

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En tant que chrétiens, nous sommes appelés à user des biens terrestres mais aussi, et surtout, à désirer les biens éternels: deux devoirs qui ne font pas toujours bon ménage car l’utilisation des biens terrestres risque souvent de nous préoccuper au point de nous faire oublier l’essentiel. Évidemment, le dilemme serait facilement résolu par l’entrée dans la vie religieuse mais … tous n’y sont pas appelés. Le problème n’est pas d’hier; voici donc quelques conseils judicieux provenant d’un ancien moine devenu évêque de Rome en 590:

« Si vous ne pouvez pas abandonner entièrement le monde, retenez les biens de ce monde, mais de telle façon qu’ils ne vous retiennent pas dans le monde. Possédez, mais ne vous laissez pas posséder. Il  faut que votre esprit domine ce que vous avez; autrement, si votre esprit est vaincu par l’amour des biens terrestres, c’est plutôt lui, votre esprit, qui sera possédé par les biens qui lui appartiennent. (…)

Il faut extirper radicalement les vices, non seulement en éliminant leur pratique, mais encore en les arrachant de votre esprit. Ni les jouissances de la chair, ni la démangeaison de la curiosité, ni la fièvre de l’ambition ne doivent nous écarter de la Cène du Seigneur; mais  les activités honnêtes elles-mêmes que nous menons dans le monde ne doivent toucher notre esprit qu’à la dérobée, afin que les activités terrestres qui nous plaisent rendent service  à notre corps sans créer aucun obstacle à notre cœur.

Donc, je n’ose pas vous dire de tout abandonner; mais si vous le voulez, vous abandonnerez toutes choses même en les gardant, si vous vous conduisez dans le temps en aspirant de tout votre esprit à l’éternité. On use du monde, mais comme n’en usant pas, si l’on réduit tous les biens extérieurs à servir notre vie sans leur permettre de dominer l’esprit; dans cette subordination, ils sont utiles au-dehors sans jamais briser l’élan de l’âme qui se porte vers les hauteurs. Ceux qui agissent ainsi ont tous les biens du monde à leur disposition pour en user, non pour les désirer. (…) Pour nous comporter ainsi, nous avons un médiateur entre Dieu et l’homme, un protecteur, par qui nous obtiendrons bientôt toute chose, si nous l’aimons d’un amour sincère. lui  qui vit et règne, avec le Père et le Saint Esprit, car il est Dieu, pour les siècles des siècles. Amen. »    ( Homélie de saint Grégoire le Grand sur l’évangile, PL 1272- 1274 )

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La religion n’est pas une science

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Moniale chartreuse (Benifaça, Espagne)

À lire superficiellement certains manuels de vie spirituelle, on a l’impression que seules les personnes avancées dans la connaissance du mystère de Dieu peuvent aspirer à l’union parfaite … FAUX. L’Église a toujours enseigné que « la science enfle et que la charité édifie » (saint Paul) et que « la foi sans les œuvres est une foi morte » (saint Jacques). Il n’est donc pas étonnant que notre mentor en la matière, le chartreux dom Guillerand, s’exprime ainsi à un correspondant:

« N’attendez pas la science pour agir dans le domaine de vos relations avec Dieu. La religion est une croyance et surtout une pratique. Ce n’est pas une science. Elle est un commerce d’amitié avec Dieu. Lui-même se révèle dans ce commerce. Il se révèle dans la mesure où nous l’aimons, non pas dans la mesure où nous sommes savants, même en religion.

Il n’est pas requis de connaître avec précision toutes les perfections que Dieu possède, ni de pouvoir exposer avec éloquence tous les arguments prouvant son existence. Que d’âmes passent leur vie sans cette science et ont sur lui des vues très sûres, nourrissent pour lui des sentiments très vifs et entretiennent avec lui des relations très vivantes. Elles le voient comme un Père qui sans cesse leur communique ses pensées, ses sentiments, les fait vivre de ces pensées, de ces sentiments, qui est comme leur âme et leur vie profonde, dont l’Esprit est au fond de leur esprit pour les éclairer, les encourager, diriger vers lui toutes les énergies dont elles disposent. Elles aiment ce Père et lui parlent, elles lui disent leurs joies et leurs peines, il est le confident secret de toutes les heures; il est là , au plus profond d’elles-mêmes, pour les accueillir en sa demeure spirituelle quand elle se tournent vers lui. Elles le savent, elles savent que lui-même les appelle quand une voix intime les invite à penser à lui. Leur pensée rencontre toujours la sienne; des rapports vivants, incessants, délicieux peuvent se nouer et se développer ainsi avec l’Hôte divin de leur cœur. »

(Textes spirituels, tome 2, page 175)

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Deux regards divergents

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Marty Feldman (1934 – 1982)

Qui ne se souvient de cet acteur anglais connu pour son physique particulier (strabisme divergent et yeux exorbités) et qui fut révélé au grand public par Mel Brooks dans son film Young Frankenstein (Frankenstein Junior en version française). Son expression inimitable me rappelle cette vérité primordiale de toute vie spirituelle: avoir un regard sur soi-même et … un autre sur Dieu!

Humilité et contemplation: deux éléments constitutifs de notre ascension vers Dieu. Voici comment s’exprimait sur le sujet un abbé cistercien du 12e siècle: « Ces deux choses résument le contenu de toute la vie spirituelle: au spectacle de nous-mêmes, nous sommes troublés et contrits pour notre salut, tandis que, dans la contemplation de Dieu, nous respirons, et la joie du Saint-Esprit nous procure la consolation. D’une part, crainte et humilité; d’autre part, espérance et charité. » (Sermon de saint Bernard sur les degrés de la contemplation)

Dans la vie moderne, les aspirants à la vie contemplative oublient trop souvent l’un de ces deux regards, à savoir celui qui est le moins intéressant: le regard sur leur pauvreté foncière. Et pourtant tout débute avec le besoin ressenti d’une aide qui vient d’ailleurs et non de nous. Ce qui faisait dire à saint Bernard: « Humilions-nous donc sous la main puissante du Dieu très-haut et hâtons-nous d’exposer toute notre misère devant les yeux de sa miséricorde ».  La contemplation sera ainsi plus facile comme l’ajoute le même écrivain: « Ensuite, lorsque nous aurons progressé quelque peu dans l’ascèse spirituelle … représentons-nous combien le Seigneur est tendresse, combien il est bon en lui-même. Demandons avec le prophète de voir la volonté du Seigneur, demandons-lui de nous faire visiter non plus notre cœur mais son temple. Et avec lui nous dirons encore: Mon âme en moi s’est troublée, c’est pourquoi je me souviendrai de toi. »

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Rencontrer Dieu

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Silence et solitude … tel fut mon choix, cette année, pour prendre un peu de recul et faire le plein. Ah, douce illusion, car je m’attendais de communier à l’Essentiel grâce à une planification toute humaine  que rien ne pouvait modifier … hélas!

Certes, la relâche de mes activités m’a permis d’être plus présent à la prière et à ma routine quotidienne mais diverses contradictions (providentielles, j’ose le croire) se mirent également de la partie pour faire de ce temps de silence un «enfer» inattendu de malaises physiques et spirituels dont je vous dispense des détails gênants. Qu’il suffise de dire que je reprend le boulot avec un certain soulagement.

Et pourtant, à bien y penser, Dieu était au rendez-vous mais … à sa façon! Il voyait sans doute mon secret désir d’avancer dans la vie spirituelle et m’a fait passer, bien malgré moi, par des chemins de dépouillements, de souffrances de toutes sortes… au point où je pensais avoir gâcher royalement ce temps de retraite. Que voulez-vous, l’Être divin n’est pas prévisible … Lui seul voit nos besoins réels et, dans son amour, ne se laisse pas émouvoir par nos attentes quelque peu superficielles. À vrai dire, que de vacances  sont ainsi «réussies» sans que les vacanciers déçus en soient toujours conscients!

Je vous reviens donc aujourd’hui avec un peu plus de maturité, une conviction accrue de l’importance de la rencontre eucharistique quotidienne (pain nécessaire pour nous, pauvres humains) et une conscience plus ferme que notre vie ne dépend pas de nous mais d’un Être extraordinaire qui nous mène par des chemins inconnus, un Père dont la bonté foncière faisait dire à Jésus:  « Lui seul est bon » ( Marc 10, 18).

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MESSAGE à mes lecteurs et lectrices:

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S’il est bon de parler de Dieu … il est encore plus nécessaire de parler à Dieu.

Je vais donc faire relâche pour quelques semaines … question de refaire le plein au niveau de la prière et de la solitude.

Dieu le voulant, nous nous reverrons en septembre. D’ici là, demeurons unis!

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