Va et ne pèche plus !

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Après avoir guéri l’infirme à la piscine de Bethesda, Jésus le rencontre de nouveau au Temple de Jérusalem et le prévient d’un plus grand malheur si le pauvre homme ose vivre dans le péché. C’est toute la question du lien entre péché et souffrance que nous avons tendance à minimiser. Écoutons, à ce sujet, dom Augustin Guillerand:

« Le rencontre de Jésus et du miraculé après l’intervention des Juifs a un double résultat: elle permet au divin Maître de préciser le lien entre le péché et la souffrance; elle provoque surtout la discussion capitale qui va suivre. « Tu es guéri, dit le Sauveur au paralytique, ne retombe pas dans le péché pour ne pas connaître un état de santé plus grave que le précédent » (Jean 5, 14). Ce lien entre péché et souffrance est à la fois connu et pratiquement oublié des hommes. Notre-Seigneur le rappelle pour qu’on s’en souvienne et qu’on vive dans ce souvenir. En pratique, nous avons horreur de la souffrance et nous y allons tout droit et sans cesse par un chemin qui y mène infailliblement. C’est que dans le péché nous ne voyons pas le terme lointain qui est douloureux, mais la conséquence immédiate qui est un plaisir. Le péché originel a profondément faussé la machine humaine dans l’esprit qui doit la conduire. Nos vues ne sont plus justes, c’est pourquoi notre conduite est défectueuse. Nous ne tendons plus au vrai bien parce que nous ne le connaissons pas. Le fameux début de l’Épitre aux Romains est profondément exact: nous sommes des « pervertis ». Notre activité est orientée vers le faux bien qui est la créature; nous la poursuivons en tout; nous ne cherchons notre complément d’être qu’en elle. Or, elle n’a rien à nous donner que ce que Dieu lui donne: elle est vide et nous laisse vides. Nous nous nourrissons de viandes creuses et nous mourons d’inanition. Dieu seul est; Dieu seul vit; la source d’eau est là; en le délaissant nous allons à la mort. Tout mal a là sa racine. La mission du Fils a pour but de démontrer cela; il surgira un jour au sommet du Calvaire et de la Croix pour qu’on le voie et le comprenne: « Pour que le monde sache que j’aime le Père » (Jean 14, 31). Il révèlera au monde, par cette mort et après sa vie, que le créé n’est pas, que Dieu est tout.

C’est ce dont il avertit le paralytique remis sur pied, et, par lui, le monde qu’il va racheter. Si on ne comprend pas, si on se détourne de nouveau de la vie restaurée par sa mort, le monde ira à un paganisme plus profond que le premier et à des désastres auprès desquels les misères du monde païen n’étaient qu’un jeu. Les Juifs de Jérusalem ne le suivent pas sur ce vaste terrain. Eux surtout sont des malades de l’esprit, des têtes qui se sont fermées à la grande lumière de l’Amour et ne voient plus que l’étroitesse de leurs pauvres prescriptions. La loi qui mène à Dieu par la charité n’est plus, pour eux, que la série longue et croissante des vétilles dont ils l’ont surchargée. Jésus est venu appeler le monde à l’amour et le débarrasser de ces vétilles. De là la lutte où il périra et où il trouvera le triomphe dans sa perte. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 255 s)

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Veux -tu guérir ?

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La guérison du paralytique à la piscine de Bethesda (Jean 5, 1-16) illustre très bien l’attachement exagéré des contemporains de Jésus à certains préceptes de la Loi au détriment de la charité fraternelle. Laissons-nous éclairer en ce domaine par nul autre que notre commentateur chartreux préféré, dom Augustin Guillerand:

« Pourquoi ce pauvre paralytique, après trente-huit ans de mal, seul, abandonné de tous ? Qu’était cette âme ? Qu’avaient été ces longues années de souffrance ? Il faut se refuser à ces vaines questions, regarder Celui qui agit, croire que ce qu’il fait est bon. Sa présence au milieu de cette foule douloureuse dans laquelle son regard divin lit la cause profonde de tous ces maux et plus encore les merveilleux effets de sanctification et de gloire que l’Amour en fera sortir, est infiniment émouvante. Ainsi, tout ce qu’il voyait se découvrait à lui dans une lumière qui procédait de l’amour et tendait à le manifester: lumière simple où tout est vrai et beau. En face de ces déshérités Dieu avait posé un remède, mais un remède dont quelques-uns seulement pouvaient user. Quand l’eau se mettait-elle en mouvement ? Combien de temps fallait-il attendre ? Pouvait-on prévoir ? Devait-on se tenir constamment là dans une attente anxieuse ?

La question du divin Maître au pauvre paralytique: « Veux-tu guérir ? » est volontairement naïve, d’apparence même puérile. Aussi celui-ci n’y répond pas, il se contente d’expliquer son cas pour appeler une pitié qu’il devine émue, et obtenir le secours qui lui a manqué jusque-là. Jésus attend cette explication qui va faire mieux éclater le prodige. À peine est-elle donnée que d’un mot il l’accomplit. Comme d’habitude, c’est un ordre à forme brève, en mots qui s’imposent et commandent des actes précis, immédiats: « Debout, prends ton lit et marche ». Le malade obéit, est guéri.

C’est cette guérison et les actes commandés par Notre-Seigneur qui vont provoquer le long discours suivant. C’était un jour de sabbat. Ce jour-là le peuple de Dieu devait supprimer tout travail. Les Juifs avaient peu à peu donné à cette loi un caractère de prescription capitale dont l’observation était déterminée jusque dans ses moindres détails. L’âme du commandement était noyée sous ces précisions auxquelles on donnait, au temps de Jésus, beaucoup plus d’importance qu’au précepte lui-même. Ce que les hommes avaient ajouté à ce précepte comptait plus, à leurs yeux, que ce que Dieu avait imposé. C’est contre cela que Jésus veut réagir. Il vient réordonner, remettre les personnes et les choses à leur place: Dieu et sa Loi avant tout et tous. Le paralytique guéri comprend aussitôt. La joie l’illumine, et aussi sa droiture simple qui probablement avait attiré la pitié du Maître. Il comprend que si la Loi est de Dieu, le prodige accompli et Celui qui l’a opéré en viennent également, qu’entre eux il n’y a pas de contradiction. (…) Les Pharisiens ne s’élèvent pas à ce plan vaste; ils restent en eux-mêmes, dans leurs vues. La Loi c’est eux; la Loi est violée, et celui qui a commandée cette violation ne peut être de Dieu. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 254 s)

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Enrichissante complémentarité

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Les voies de Dieu nous dépassent facilement mais il n’est pas défendu de les scruter pour en découvrir, si possible, quelques richesses. Ainsi, un rapide survol des derniers pontificats romains nous dévoile une alternance de papes qui se complètent: pape intellectuel et pape pragmatique, pape contemplatif et pape engagé, pape traditionnaliste et pape innovateur. Dans la réalité quotidienne, remarquons néanmoins que tous et chacun de ces pontifes exercent cette double activité de Marthe et de Marie, mais chacun selon son charisme et à des degrés divers.

Eugène Pacelli, Pie XII (1939-1958), fut le pape de mon adolescence. Figure éloignée et hiératique, auteur d’une quarantaine d’encycliques en plus d’innombrables documents et discours; pape de la seconde guerre mondiale, fin diplomate même si quelquefois incompris, mais avant tout le pape de l’Année sainte (1950) et du dogme de l’Assomption de la Vierge. Son successeur Jean XXIII (1958-1963), d’origine très modeste, semble avoir été choisi pour faire le contre-poids à la vision pyramidale et quelque peu triomphaliste de l’Église d’alors … ce qu’il fit magistralement en convoquant un concile œcuménique avec pour but avoué de mettre à jour une institution en mal de réformes. Étudiant à Rome, j’ai eu le bonheur de voir plusieurs fois le bon pape Jean. Figure sympathique et attachante, il décède malheureusement du cancer en 1963. Avec le pape Montini (Paul VI, 1963-1978), ancien collaborateur de Pie XII, nous revenons à ces papes intellectuels et visionnaires. Sa principale tâche sera de faire atterrir la fusée lancée par son prédécesseur: tâche ingrate de mise en place de réformes, voulues par les pères conciliaires mais quelquefois mal reçues par les fidèles. Malgré le rayonnement indubitable de ses nombreux voyages internationaux, Paul VI souffrit intensément tant de l’impopularité de certains documents pontificaux sur la vie conjugale que de l’importante hémorragie de défections cléricales et religieuses des années soixante-dix. Après le règne éphémère de son successeur immédiat (Jean-Paul I), ce fut le retour aux papes populaires avec le polonais Karol Woytila (Jean-Paul II, 1978-2005) dont le jeune âge (58 ans) et le très long règne (27 ans) facilitèrent la conduite à terme des tâches rénovatrices de ses prédécesseurs.

Avec l’élection du cardinal Ratzinger (Benoît XVI, 2005-2013), l’alternance enrichissante des papes se réalise encore une fois. Cardinal de curie, théologien et écrivain prolifique, le pape Ratzinger ne cesse d’écrire: trois encycliques, dont deux d’entre elles portent sur les vertus théologales, ainsi que de nombreux documents (y compris ses écrits personnels sur « Jésus de Nazareth »). Pape conservateur, il s’efforce d’unir autant que possible les courants liturgiques divergents qui subsistent depuis Vatican II. La révélation d’abus sexuels dans le clergé lui voit bien prendre des décisions intransigeantes mais le travail de réforme qui en découle semble dépasser ses forces et il démissionne (au grand étonnement de toute la chrétienté) en février 2013, à l’âge de 85 ans.

À ce pape plutôt traditionaliste succède un archevêque argentin, très près de son peuple, le cardinal Jorge Bergoglio (François, 2013- ), premier jésuite à être élu au siège romain. Il ne tarde pas à montrer ses couleurs dès son élection en prenant le nom du poverello d’Assise. Dédaignant le traditionnel camail rouge, il se présente à la loggia de la place Saint-Pierre en simple soutane blanche pour donner sa première bénédiction apostolique. Par la suite, il prendra la décision, pour le moins étonnante, de demeurer à la résidence Ste-Marthe, délaissant les appartements pontificaux, les séjours d’été à Castel Gandolfo et autres regalia d’usage. Homme d’action, François s’attaque résolument à divers problèmes tant internes (bureaucratie de la Curie romaine et synodalité dans l’Église) qu’externes (relations avec les autres religions et besoins humanitaires de la planète). François s’avère pour certains un pape dérangeant … néanmoins il ne cesse d’aller de l’avant en toute fidélité à son importante charge.

Les comparaisons sont souvent odieuses, dit l’adage. L’alternance enrichissante des pontifes romains n’est pas toujours bien comprise et appréciée du commun des mortels. Le manque de foi est souvent la cause de réactions négatives face à une Autorité dont les décisions surprennent. « J’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Luc 22, 32). Merci, Seigneur, pour tous ces papes qui se succèdent généreusement, depuis 2000 ans, aux commandes de la barque de Pierre.

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Près de la croix se tenait Marie

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Au lendemain de la Croix glorieuse (14 septembre), nous faisons mémoire des douleurs de Marie, douleurs qui trouvèrent leur point culminant au pied de la Croix. Le danger, pour nous, est peut-être d’en rester là, à une vision d’empathie maternelle qui ignore les profondeurs de son union spirituelle au Christ. Écoutons à ce sujet, et avec profit, le bref commentaire qu’en fait notre cher moine chartreux, dom Augustin Guillerand:

« Près de la croix de Jésus se tenait Marie, sa mère » (Jean 19, 25). Saint Jean use beaucoup de l’imparfait, le temps imprécis qui déborde du temps successif dans la durée éternelle et semble participer des deux. Les savants me donneront de ce fait des raisons savantes. J’aime mieux les raisons simples et contemplatives qui seules sont à la hauteur d’une âme comme saint Jean. « Stabat … elle se tenait », elle restait là, longtemps; elle prolongeait, elle soutenait ce regard, et ce regard la soutenait. Elle n’avait pas d’autres soutien, et il suffisait pendant les heures longues et cruelles. Étaient-elles vraiment longues et cruelles, ces heures ? Oui, indiciblement; et pourtant douces et brèves à la fois, car elle était unie.

Étrange mystère auquel je me heurte à chaque instant, quand je me place moi-même en face d’eux: des souffrances sans nom ! Une joie plus profonde encore ! Jamais leur union n’a été plus complète et profonde, et intimement douce. Elle est la résultante de tant de choses, de tant d’actes et de tant d’heures d’amour ! J’ose à peine y songer. Je vois se lever dans ma pensée ces années qui ont précédé l’Incarnation … puis celles qui ont suivi le temps de gestation où il est vraiment à elle seule. Saint Joseph même, oui, saint Joseph même, ne soupçonne pas la céleste présence. Puis les trente-trois années de l’existence terrestre. Tout a tendu là, à ce stabat pour elle et à cette croix pour Jésus. C’est le sommet de leur vie commune ici-bas. Ils l’ont gravi lentement ensemble … lentement, c’est-à-dire au pas de Dieu qui n’est ni lent ni rapide, mais juste.

Et maintenant encore, immobiles l’un et l’autre, lui fixé sur la croix, elle sur son Crucifié, ils sont dans le mouvement, ils redisent leur « fiat » commun qui a accordé leurs âmes au long de leurs jours. « Elle se tenait là » debout et unie, debout parce qu’unie, toute droite dans le vouloir divin qui est la rectitude infinie, forte de sa force. Je ne puis rien ajouter: je sens tellement que toute son âme est là, dans ce vouloir qui les lie ensemble et à leur Principe … et que tout est là ! »

(Écrits spirituels, tome 2, page 95 s)

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Ces papes qui dérangent …

Ma vie d’ermite urbain ne se déroule pas en vase clos mais dans le monde d’aujourd’hui. En tant que catholique, je ne puis faire abstraction de l’Église dans laquelle je vis … de ses joies et de ses problèmes. Comme tout internaute, je suis bombardé quotidiennement de fake news, surtout en ce qui concerne le pape François: pape qui donnerait plus d’importance à l’immigration et à l’environnement qu’à la religion, pape hérétique qui serait ouvert à toutes les erreurs modernes, pape qui voudrait annuler la liturgie préconciliaire, etc. etc. Qu’en est-il vraiment de tout ça?

Il y a 2000 ans, un jeune prophète juif dérangeait ses coreligionnaires en leur enjoignant d’aimer leurs ennemis (à l’encontre de plusieurs psaumes qui imploraient la vengeance divine). L’apôtre Pierre dérangeait lui aussi ses frères de Jérusalem en fraternisant avec des païens, des non-circoncis (Actes 11, 1-18). Au cours de l’histoire, on a vu des saints papes (Léon le Grand et Grégoire  le Grand, 4e et 5e siècle) quitter leurs occupations ordinaires et prendre les moyens nécessaires pour défendre la ville de Rome contre l’invasion des barbares. Au 16e siècle, le pape saint Pie V incita  les pays catholiques d’Europe à se liguer  contre une imminente invasion turque (ce qu’ils firent victorieusement à la bataille de Lépante, en 1571). Et pourtant, que de critiques de la part des bien-pensants qui voyaient d’un mauvais œil toute action papale hors de la sacristie. 

À la fin du 19e siècle, face à la montée d’une industrialisation sauvage qui asservissait les classes les plus pauvres, le pape Léon XIII écrivit une encyclique Rerum Novarum sur la question ouvrière. Comme le fait remarquer Lucio Brunelli (Oss. Rom. 2019, n. 43), aucun pape avant lui n’avait consacré un document magistériel solennel à une question  socio-économique. Aux catholiques de l’époque, il a pu paraître étrange de lire dans un document pontifical des recommandations sur la nécessité urgente d’un salaire minimum, d’une limite à l’horaire de travail quotidien et de conditions plus décentes pour le travail des enfants (en 1891, on pouvait légalement faire travailler des enfants de 10 ans !). Il faudra attendre 20 ans après Rerum novarum pour que les lois européennes fixent à 8 heures la limite maximale d’une journée de travail. Léon XIII était loin d’être un pape révolutionnaire mais cela lui valut néanmoins d’être étiqueté par certains comme « Pape socialiste ».

La sauvegarde de la création serait-elle, aujourd’hui, moins dramatique que la question ouvrière au 19e siècle? Toujours est-il que les catastrophes environnementales et les changements climatiques bouleversent déjà la vie de millions de personnes sur la planète. En 1990, Jean-Paul II signalait les signes avant-coureurs de nouveaux phénomènes climatiques préoccupants. Benoît XVI, dans un discours de 2011,  affirmait sans ambages que « quelque chose ne va pas dans nos relations avec la nature ». Pourquoi Laudato si ? Pourquoi le pape François s’occupe-t-il des changements climatiques, de biodiversité, de plastique et d’Amazonie ? Si l’Église se taisait, elle pourrait être appelée un jour à rendre compte de ses silences, sinon au tribunal des médias, du moins à celui de sa conscience. La voix de l’Église est une voix humble, politiquement impuissante mais objectivement libre et crédible. Remercions Dieu de nous avoir donné, en François, un pape éclairé, courageux et fidèle à sa mission de Pasteur universel.

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« Ton fils est plein de vie ! »

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Nous terminons le récit de la guérison miraculeuse du fils de l’officier royal (Jean 4, 43-54) par la rencontre du père, à Capharnaüm, avec ses serviteurs qui lui apprennent la bonne nouvelle. Cet homme, en plus d’avoir obtenu l’objet de sa prière, a été transformé par Jésus. Écoutons, encore une fois, notre commentateur chartreux nous l’expliquer en détails:

« Le père était, croient les commentateurs, à peu de distance de sa maison quand il rencontra ses serviteurs accourus au-devant de lui. Dans son récit de cette rencontre qui dut être si émouvante, l’évangéliste garde son allure simple, brève, toute objective. Cependant rien n’y manque d’essentiel. Cet essentiel tient en deux points: la nouvelle de la guérison accomplie, l’enquête du père qui contrôle les faits.

Les serviteurs eux-mêmes, probablement de loin, d’un mot, annoncent la guérison. Ils emploient les mots mêmes du Sauveur; ils disent: « Ton fils est plein de vie ». L’heureux père aurait pu s’en tenir là; cela suffisait à la nature, à son affection comblée. Mais il y a désormais en lui un autre homme, une nouvelle nature; une âme lui est née au contact du Maître. Elle est née de cette parole qui semblait un reproche: « Si vous ne voyez pas, vous autres, vous ne croyez pas ». Lui il a cru sans voir; il a livré son âme à ce Verbe qui lui demandait l’hospitalité dans son esprit, et qui voulait y occuper la place à laquelle il a droit. Il est la Vérité même, Celui qui ne se trompe ni ne trompe. En entrant dans une âme, il doit être admis sans hésiter. Sans hésiter ne veut pas dire sans contrôle, ni sans raison. Il ne supprime pas la raison; il lui demande de s’incliner devant lui, devant sa lumière supérieure, mais seulement après avoir reconnu cette supériorité. (…)

Le regard de l’officier est fixé sur cette lumière d’où procède toute lumière à laquelle toute clarté doit s’ordonner. L’enquête à laquelle il se livre a pour but de la manifester. « Le père leur demanda à quelle heure il s’était trouvé mieux.  » C’est hier, à la septième heure, lui dirent-ils, que la fièvre l’a quitté  ». Le père reconnut que c’était à l’heure même où Jésus lui avait dit:  » Ton fils est plein de vie  », et il crut, lui et tous les siens » (Jean 4, 52-53). Cette enquête n’ajoute rien; le père n’est pas plus éclairé après qu’avant; son fils n’est ni plus ni moins guéri et vivant. Mais son âme est mise en face de la Lumière vraie par sa propre lumière. Les deux s’accordent, se fondent, n’en font qu’une. Il constate cela, et il en est ravi. Il ne fait pas de peine à la Lumière vraie en faisant ce contrôle et cette constatation: bien au contraire. Elle le veut, elle l’exige. Elle n’admettrait pas qu’on ne le fasse pas. Elle s’est communiquée à la raison pour que la raison constate et contrôle. (…)

L’heureux père constate que Jésus ne s’est pas trompé. Les serviteurs constatent que la guérison est l’œuvre de Celui que leur maître est allé trouver. L’intervention divine est manifeste, et la puissance de Celui qui est intervenu éclate aux yeux de tous, emporte leur foi qui se renforce de cette adhésion commune. (…) La divine parole par delà les bénéficiaires immédiats s’adresse à tous les assistants, et ensuite à tous les lecteurs de l’Évangile. Elle s’offre, elle cherche des terres où elle puisse germer. Elle est la semence qui demande asile et qui, accueillie, renouvelle sans fin le même don. Voilà ce qui compte, beaucoup plus que le prodige et les détails dont il est entouré; voilà ce qu’il faut retenir et vivre. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 247 s)

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Croire sans hésiter

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Beaucoup sont prêts à croire lorsque, ayant prié, ils voient leurs prières exaucées. Telle n’est pas la foi de l’officier de Capharnaüm dont il est question dans l’évangile de Jean (4, 46-53). Laissons à dom Guillerand, le soin de nous l’expliquer plus à fond:

« L’officier de Capharnaüm rejoint Jésus au plan de la foi. La rapidité du récit évangélique fait ressortir cette hâte: « Cet homme crut à la parole que Jésus lui disait, et il partit ». Il part parce qu’il se sait exaucé. S’il n’avait pas cette assurance, il resterait, continuerait de prier. Il a confiance en la parole du Maître; il s’unit à ce verbe du Verbe. Il n’osait pas demander ce qui lui est accordé parce qu’il ignorait la toute-puissance de Celui à qui il s’adressait. Mais dès qu’elle s’affirme, il croit. Il croit à tout ce qui lui est révélé, dès que cela lui est révélé. La foi est en lui un germe prêt à se communiquer quand il est éveillé par la divine parole. Il attend ce contact, et il n’attend que cela. Il ne mérite donc aucun reproche. La première remarque du Sauveur en l’accueillant, ou ne le vise pas, ou n’est pas un reproche, ou produit en son âme une disposition qui n’existait pas encore, mais qui mûrissait secrètement. La foi est immédiatement agissante; elle le met en mouvement, aidée sans doute par la pensée de retrouver son fils vivant; mais ce sentiment ne la diminue pas. La nature ne s’oppose pas nécessairement à la grâce et à Dieu. Quand elle est obstacle Dieu la réduit; quand elle s’accorde, il l’emploie à son dessein. Ici elle est un moyen qui doit être ordonné. Le père veut revoir son enfant guéri; le croyant veut constater la toute-puissance de Celui auquel il croit; l’un et l’autre se mettent en mouvement et provoquent le départ immédiat. Cet homme est un modèle. Sa foi a tous les caractères de la vraie foi. Il croit sans hésiter; il agit aussitôt et conforme son activité à sa croyance. Il n’attend pas d’avoir vu le résultat de la divine parole pour se rendre à elle. (…)

La maladie de son fils a ému le cœur du père, attiré l’attention de son esprit sur Celui qui peut le sauver, provoqué le voyage de Capharnaüm à Cana, et l’ardente prière de père angoissé. Mais ce ne sont que des préliminaires. Jésus veut davantage. Il veut que l’esprit de cet homme se dépasse, sorte de lui-même, entre dans le sien. L’officier croit que le Maître peut guérir un malade présent; il ne sait pas qu’il peut guérir de loin. Le divin Sauveur lui demande de croire cela: c’est l’épreuve surnaturelle qui s’ajoute à l’épreuve naturelle. Elle lui livrera cette intelligence par le chemin du cœur; elle le fera maître de tout cet homme. Quand l’officier se remet en mouvement pour redescendre chez lui, Jésus le possède tout entier. Et c’est ce qu’il veut: l’union complète dans la soumission totale. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 244 s)

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Jésus nous répond à sa manière

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Nos demandes sont parfois mal exprimées … et nous mettons ainsi des limites à la réponse de Dieu. L’impatience de l’officier royal insiste sur une visite immédiate au malade; Jésus ne fait pas ce qui lui est demandé car il veut faire mieux. Laissons encore une fois dom Guillerand nous l’expliquer:

« L’officier est tout entier à sa peine. Il ne refuse pas de croire; il est prêt à tout pour obtenir la guérison qu’il implore. Il semble ne pas même entendre ce qui lui est dit et ne répond pas à ce qui peut sembler un reproche; il renouvelle sa supplication: « Maître, descendez avant que mon fils meurt ». Il ne songe pas que son état d’âme limite en deux points la puissance du Sauveur et que Jésus veut supprimer cette double limite. Il veut qu’on croie à sa toute-puissance, qu’on voie en lui, non pas seulement un envoyé de Dieu, mais Dieu lui-même pour qui ni la mort ni la distance ne sont des obstacles. Notre-Seigneur provoque son insistance pour faire éclater cette toute-puissance et pour qu’on la remarque. Il ne se rend pas à la prière qui lui est faite de descendre à Capharnaüm: il ne répond pas à la supplication inquiète du père qui a peur du plus léger retard et qui songe que chaque minute peut être la dernière pour son enfant. Il ne fait pas ce qui lui est demandé parce qu’il veut faire mieux. Il récompense la minute d’attente anxieuse qu’il a imposée à cette peine: « Va, dit-il, ton fils est plein de vie ». Il n’attend pas, pour accorder la guérison, la foi de l’officier. Ce que celui-ci en a manifesté lui suffit. Il lit en cette âme comme en tous ceux qui l’approchent. Une pensée pour lui est un livre ouvert où toutes les pages ne font qu’un, ne se suivent pas, tiennent en un mot, où il connaît tout, le passé et l’avenir comme le présent, et d’un seul regard.

Cette pénétration du Christ nous dépasse tellement, que nous l’oublions, en toutes ces scènes; nous ne nous mettons jamais assez en face de cette réalité: un être humain en qui réside la lumière de Dieu et qui voit tout dans cette lumière. Ses interlocuteurs, se auditeurs, les témoins de sa vie, il sait tout ce qu’ils sont intérieurement, tout ce qu’ils ont été et seront à son égard, leurs réactions les plus secrètes à son enseignement et à ses actes … et il domine tout cela, il accomplit son ministère, il suit son dessein d’amour sans que rien ne puisse l’en écarter; il voit ce dessein dans son Père qui le lui montre et lui en communique à chaque instant le détail à exécuter, et il l’exécute pour se faire «un» avec cette pensée paternelle et divine qui seule compte pour lui.

Les détails des scènes qui nous sont racontées occupent dans cette pensée la place qui leur convient, et il les voit dans toute leur réalité à la fois restreinte et immense: restreinte, parce qu’ils font partie d’un tableau où toute l’histoire figure, immense parce qu’ils baignent dans cette histoire et en Celui qui la dirige et qu’ils en sont comme revêtus de sa grandeur. On comprend dès lors comment Jésus, au sein des foules qui l’entourent, des personnages qui lui parlent, de toutes les circonstances auxquelles il est mêlé, garde une sérénité et une indépendance qu’on ne peut pas ne pas noter. Il se tient sur les hauteurs de ce dessein d’amour que tout réalise; il le réalise, il s’unit à son Père qui en est la source; il se plonge en cette source, ne fait qu’un avec elle, et appelle tout et tous à le rejoindre. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 242 s)

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Mon fils est à toute extrémité

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Aujourd’hui comme hier, la perspective de devoir perdre un enfant jette les parents dans le plus profond désarroi. À qui ou à quoi se vouer pour contrecarrer ce qui semble inéluctable? C’est dans un tel contexte que l’évangéliste saint Jean raconte la démarche désespérée d’un père auprès de Jésus (Jean 4, 43-54). En voici le commentaire par notre ami, dom Guillerand:

« De ce séjour en Galilée l’évangéliste n’a retenu qu’un fait, un fait très expressif et touchant, mais un seul. Son allusion aux prodiges opérés à Jérusalem durant les jours de fête et qu’il ne raconte pas nous laisse entrevoir tout ce qu’il passe ainsi sous silence, et combien le bon Dieu, dans l’Écriture, se limite au strict nécessaire. Là encore, quelle différence avec notre besoin d’écrire, de parler, d’agir, de nous mettre en évidence, de vouloir que tout de notre vie et de notre activité soit connu, de croire que tout est important, sinon même indispensable.

Jésus est à Cana, dans la petite cité de son premier miracle. Le bruit de ce miracle s’est répandu dans le pays, a soulevé l’attention autour du divin Maître. Son retour met en émoi la région, surtout ceux qui souffrent et peuvent espérer un soulagement à leur peine. Or, un officier d’Hérode qui vivait à Capharnaüm avait un fils malade, à toute extrémité: « Il commençait à mourir ». C’était cette heure dont nous disons couramment: « C’est la fin ». Ceux qui entourent le malade ne se résignent pas à ce dénouement; ils le voient venir; ils en perçoivent tous les signes. La raison leur dit, comme aux autres: « C’est la fin ». Mais le cœur espère contre toute espérance. Ils se rattachent à tout pour garder cet espoir. C’est dans cet état d’âme que l’officier apprend la présence de Jésus à Cana.

Capharnaüm est dans la plaine, au bord du lac; Cana est sur les hauteurs. Il s’y rend … on devine avec quelle hâte et quelle anxiété! On devine aussi quelle confiance l’anime. Une droiture d’âme naturelle, qui est très manifeste, et la souffrance s’unissent pour la lui inspirer. Ces deux circonstances lui assuraient l’intérêt du divin Maître. Mais Jésus veut parfaire cette confiance qui l’attire irrésistiblement et qui noue entre lui et une âme des rapports aimés. Il semble l’accueillir presque durement; il lui reproche son manque de foi, ce besoin de voir pour croire. En réalité le reproche n’existe pas, ou seulement dans la forme: « Si vous ne voyez pas … vous ne croyez pas ». Il lui demande de réaliser la condition essentielle de toute foi vraie: croire sans voir. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 241 s)

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De Sychar à Cana

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Après l’épisode de la Samaritaine, l’évangéliste Jean nous présente le retour de Jésus en Galilée et plus précisément à Cana où le Maître avait changé l’eau en vin. Laissons dom Guillerand poursuivre son commentaire des événements:

« Après la riche moisson qu’il venait de faire, Jésus ne crut pas devoir prolonger son séjour (à Sychar). Ce n’était pas l’heure de fonder et d’organiser des communautés et de poursuivre sur place un ministère qui devait être confié plus tard à ses disciples. Ceux-ci devaient moissonner ce qu’il semait en hâte, à la veille de l’hiver. Maintenant c’était l’automne, les journées brèves où l’on creuse le sillon pour y jeter le grain que l’on n’est pas assuré de récolter. Le Maître travaille pour un avenir qu’il connaît et qui lui apportera la joie de la moisson. D’autres la goûteront, cette joie, et il la goûtera lui-même par eux: car ce sont « les siens ».

Jésus se rend en Galilée. Il poursuit la route qui l’éloigne de la Judée où il a déjà soulevé la jalousie. La Judée est cependant sa patrie: il est descendant de David, de la tribu de Juda. Il aurait eu droit à un autre accueil. Mais il arrive souvent qu’un prophète n’est pas accepté par ses compatriotes; ils l’ont vu naître, grandir; ils connaissent son origine, sa famille, toutes ses attaches et toute son existence humaines; ils ont peine à reconnaître en lui un voyant, un élu de Dieu, un porteur de sa parole et de sa vérité. Les hommes ont comme besoin que Dieu s’enveloppe de mystère, et que ceux qui le représentent ici-bas y baignent. C’est un hommage rendu à sa grandeur; jusqu’à la venue du divin Fils en la simplicité de sa vie terrestre, ce sentiment était très profond, le péché l’avait creusé dans les âmes détournées du Père et qui ne voyaient plus en lui que le Maître, un Maître irrité.

La Galilée aussi était sa patrie: c’est là qu’il avait grandi et qu’il avait caché sa grandeur divine sous les voiles de la pauvreté, d’une humble famille, d’une enfance obscure et d’une vie d’ouvrier. Ce témoignage qu’il rend lui-même à la méconnaissance des prophètes en leur pays ne s’applique-t-il pas à cette région qui avait été la sienne? Et saint Jean ne le rapporte-t-il pas pour expliquer que Notre-Seigneur ne se rende pas à Nazareth, mais à Cana? Ce verset de l’évangéliste reste obscur, comme tant d’autres. Dieu le permet pour que nous sachions le rejoindre par la foi à travers les obscurités. La foi qui les traverse est plus claire que la science qui les expliquerait. Elle nous unit à lui par un autre chemin que la raison. Ce chemin est plus sûr, et la lumière où il conduit est la Lumière même. Les Galiléens font bon accueil au divin Maître. Ils ne sont pas encore atteints par des influences hostiles. Ils suivent leur nature simple et droite. Jésus a accompli à Jérusalem des merveilles qui révèlent une mission divine; ils croient à cette mission; et ils le reçoivent comme envoyé de Dieu. Ainsi se manifeste à chaque pas ce qu’il recherche et récompense, ce qui ouvre la porte de son royaume. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 240 s)

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