Envoyé pour bénir les Juifs?

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Discours de Pierre aux Juifs de Jérusalem

Aujourd’hui (24 avril/ 27 Nissan), les Israéliens fêtent le Jour national du Souvenir de la Shoah en mémoire des quelques six millions de Juifs exterminés par les Nazis. Une occasion de se rappeler que la haine envers des personnes que l’on méprise peut facilement débouchée sur des atrocités meurtrières. Homo homine lupus disaient les Romains: l’homme peut facilement s’avérer un loup pour son semblable.

Après avoir célébré le Vendredi Saint, nous avons tendance à oublier que Jésus a prié pour ses compatriotes : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». On oublie également qu’après la Pentecôte, l’Apôtre Pierre s’est adressé aux habitants de Jérusalem en ces termes: « … je sais bien que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs … convertissez-vous … c’est pour vous d’abord que Dieu a ressuscité son Serviteur et il l’a envoyé vous bénir, pourvu que chacun se détourne de sa méchanceté. » (Actes des Apôtres 3,26). Il n’y a pas place pour la vengeance dans le Plan divin, mais seulement pour la Miséricorde; ce qui importe, c’est de se convertir en changeant de comportement. Plusieurs milliers de Juifs se sont convertis à la prédication des Apôtres et ils ont ainsi fondé la première communauté chrétienne, celle de Jérusalem.

Le pardon des offenses existe-t-il dans la religion juive d’aujourd’hui? Voici un extrait d’une prière du soir: « Maître de l’univers, je pardonne à tous ceux qui m’ont offensé, à tous ceux qui m’ont blessé dans mes intérêts et dans mon honneur, à ceux qui m’ont fait du mal volontairement ou par contrainte, avec préméditation ou par ignorance, en parole ou en action, que ce soit un Israélite ou un non-Israélite, et puisse jamais personne n’être puni à cause de moi. »  (Livre de prières, à l’usage du rite séfarade, Tel-Aviv, page 513)

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Cette nuit que Dieu appelle lumière

TransfigurationCloître de la Chartreuse de la Transfiguration ( Vermont, USA)

Le Temps pascal est comme un couloir qui laisse passer des rayons de lumière, mais … la vie ordinaire n’est pas toujours ainsi. Tant que nous serons sur terre la foi nous plongera dans les ténèbres, car c’est de cette façon que Dieu entend nous conduire à la grande Clarté. Dom Guillerand nous parle aujourd’hui du sacrifice que la foi exige de nous:

« Il faut croire avant de voir, il faut croire à Celui qui voit, pour voir un jour ce qu’il voit et comme il voit. Il l’a voulu ainsi. Il y trouve gloire et joie. Celui qui ne voit que la nuit et qui lui dit: « Mon Dieu, je ne vois rien; mais puisque vous me dites que cette nuit c’est votre lumière, je le crois. Tout en moi dit le contraire; j’immole ce moi, je vous écoute contre lui, je vous préfère à lui », celui-là met Dieu à sa vraie place, la première. Il est clair que c’est là le grand sacrifice (« qu’il se renonce lui-même ») car la raison qui dit « c’est la nuit » est la citadelle du moi; quand on l’immole, on donne tout.  Cette nuit acceptée, cette nuit (que la raison nomme nuit mais que Dieu appelle lumière) s’éclaire soudain et devient le rayon délicieux, l’aube naissante de l’éternelle Clarté.

Croyons donc que dans le monde bouleversé, où nous devons vivre, dans ce monde si privé de paix et si loin de Dieu, et dans notre âme surtout, dans notre âme accablée, Dieu est là. Dieu aime, Dieu se donne, Dieu verse sa paix aux âmes de bonne volonté. Croyons celà, ne cherchons pas à comprendre, ne demandons pas à sentir; car croire c’est précisément se livrer à une parole sans comprendre ni sentir. Croyons: et cette Parole même, le Verbe de Dieu, nous transformera en lui et nous fera participer à sa vie. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 217 s)

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« Réjouis-toi, mère Église,

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toute parée de la splendeur du Ressuscité »

La fête de Pâques se prolongeant huit jours durant, nous sommes donc toujours dans cette atmosphère joyeuse de la Veillée pascale.  Nous célébrons cet événement unique d’il y a 2000 ans alors que Jésus, condamné à une mort infâme, ressuscita d’entre les morts, justifié face à ses adversaires par Celui en qui il avait mis sa confiance. Il disait donc vrai :  il est réellement le Messie attendu par Israël, en plus d’être Fils de Dieu .

La Fête de Pâques est une fête partagée … car elle ne concerne pas uniquement le Crucifié mais aussi tous ceux et celles qui se réclament de lui. Jésus n’est pas mort pour lui seul mais pour tous ceux qui croient en lui; sa résurrection est un événement qui profite à tous les croyants. Voulu par Dieu, son sacrifice fait partie du Plan divin qui veut que tous soient réhabilités par sa mort-résurrection. Voilà pourquoi il était tout à fait normal de célébrer cette solidarité , à la Veillée pascale, par le partage de la flamme à partir du cierge allumé en l’honneur du Ressuscité. Lumière du monde, Jésus nous partage cette mission de rayonner ce que nous sommes dans un monde qui se cherche, un monde en quête d’idéal et de bonheur:

Lumière du monde, ô Jésus,

Bien que nous n’ayons jamais vu

Ta tombe ouverte,

D’où vient en nous cette clarté,

Ce jour de fête entre les fêtes,

Sinon de toi, Ressuscité?

(La Tour du Pin)

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La sainte nuit qui s’illumine

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Voici la nuit,

La sainte nuit qui s’illumine,

Et rien n’existe hormis Jésus,

Hormis Jésus où tout culmine:

En s’arrachant à nos tombeaux,

Dieu conduisait au jour nouveau

La Terre où il était vaincu.

(Didier Rimaud)

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Un certain regard

 

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Ces hommes méprisés,

ces femmes humiliées,

ces enfants que tout rejette,

ces meurtris, ces torturés,

tous ces visages bafoués:

Seigneur Jésus,

c’est toi qui me regardes.

(Tropaire du temps de la Passion)

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L’étrange nuit sur la colline

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Voici la nuit,

L’étrange nuit sur la colline,

Et rien n’existe hormis le Corps,

Hormis le Corps criblé d’épines:

En devenant un crucifié, 

Dieu fécondait comme un verger

La Terre où le plantait la mort.

(Didier Rimaud)

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En souvenir d’un beau geste

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 Le tableau de la Dernière cène par Salvador Dali a ceci de remarquable qu’il fait le lien entre le repas du soir et l’évènement du lendemain. Ce qui aurait pu n’être qu’un dernier repas entre amis est ainsi représenté comme une annonce du mystère qui va se dérouler dans les prochaines vingt-quatre heures. C’est là tout l’essentiel de l’Eucharistie, ce sacrement que Jésus a institué pour être le mémorial de sa mort.

« Ceci est mon corps qui va être donné pour vous; faites-ceci en mémoire de moi » (Luc 22,19). Jésus donne à ses apôtres et à leurs successeurs le commandement de refaire ce repas périodiquement afin de garder en mémoire qu’il est mort sur la croix pour chacun et chacune d’entre nous. Mais il y a plus. En distribuant la coupe de vin à la fin du repas, il ajoute une précision importante: « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, qui va être versé pour vous » (Luc 22,20). La «nouvelle» Alliance … par comparaison à l’ancienne contractée au Sinaï entre Dieu et le peuple juif. On se rappelle que Moïse avait alors prit la moitié du sang de la victime pour en asperger et l’autel (qui représentait Dieu) et le peuple en disant: « Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a conclue avec vous …» (Exode 24,8). Bref, la mort de Jésus nous introduit donc dans une nouvelle relation avec le Créateur, une relation qui vise à nous introduire non plus dans un quelconque petit pays méditerranéen mais bien dans une union ineffable avec Celui qui se déclare notre Père … une union définitive et éternelle!

Cependant, le sacrement de l’Eucharistie, tout sublime qu’il puisse être, n’enlève rien à la beauté du geste que Jésus a posé sur la Croix. Au contraire, il en fait ressortir le caractère unique: le Fils de Dieu s’offre totalement à son Père dans un acte d’amour qui est l’écho de sa relation éternelle avec lui (le Verbe se donne au Père, le Père se donne au Verbe et de ce mouvement d’amour est produit l’Esprit Saint). Cette offrande éternelle ré-actualisée sur la Croix devient donc pour nous la source et le modèle de notre propre vie chrétienne. Il y a là un grand mystère d’amour qui ne peut s’expliquer par des mots mais qui se dévoile peu à peu à ceux et celles qui en vivent chaque jour.

Ne rougissons pas d’être chrétiens, c’est une faveur inouïe qui nous est faite de la part de Dieu et dont nous ne saisirons toute l’importance que dans l’Éternité!

À tous et à toutes, de  SAINTES ET JOYEUSES PÂQUES !

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Hosanna! Béni sois-tu, Seigneur!

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Voici que s’ouvrent pour le Roi

les portes de la Ville;

Hosanna! Béni sois-tu, Seigneur!

Pourquoi fermerez-vous sur moi

la pierre du tombeau,

dans le jardin?

Je viens, monté sur un ânon,

en signe de ma gloire;

Hosanna! Béni sois-tu Seigneur!

Pourquoi me ferez-vous sortir

au rang des malfaiteurs,

et des maudits?

(Didier Rimaud)

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Dépasser la souffrance?

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Calvaire de la Chartreuse de Portes (Ain, France)

Tôt ou tard, la foi est appelée à affronter la souffrance, aussi déplaisant que cela puisse paraître; la vie sur terre a de ces incontournables qu’on ne peut ignorer. Le chrétien possède quand même une longueur d’avance sur ses contemporains … son Maître lui a montré le chemin et lui a même fourni une aide précieuse: la foi! Dom Augustin Guillerand nous parle aujourd’hui d’une foi non superficielle et bien enracinée:

« La foi n’est pas enracinée tant qu’elle n’a pas lutté pour dire: «Mon Dieu, j’adore votre main et votre amour dans cette personne qui me fait du tort, dans cette nature qui me heurte».  La foi est la lumière qui découvre Dieu sous le voile des créatures. Il la faut bien vivre pour Le voir à travers certaines créatures. Et pourtant Il y est toujours.

Jésus, sur la croix, ne disait pas: «Oh, que les hommes sont faibles et méchants!» Il disait: «Mon Père, pardonnez-leur» ou «Mon Père, je remets mon âme entre vos mains». La vie est complètement changée quand, en toute circonstance, surtout crucifiante, nous savons dire: «Mon Père». C’est d’ailleurs très rare. En général, on ne voit que la souffrance, la cause ou les instruments de la souffrance, les moyens de la supprimer, etc. Quand on a souffert soi-même, on commence à comprendre, non pas seulement combien Jésus a souffert (ce qui est déjà bien important), mais combien dans sa souffrance son regard la dépassait  pour ne voir que Celui qu’elle glorifiait … et on saisit aussi combien il est difficile de s’oublier et d’arriver à ce suprême don de soi qui nous a sauvés. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 238)

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Mon carême plaît-il à Dieu?

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Le Carême touche à sa fin. Et pour ceux et celles qui l’auraient oublier … il n’est pas trop tard. Il est évidemment facile de décrier le Ramadan (le jeûne des musulmans) … mais qu’en est-il de notre propre Carême? Ce temps nous est donné comme un arrêt annuel pour réfléchir sur nos différents rapports: avec Dieu (prière) avec nous-mêmes (discipline, jeûne) et avec les autres (miséricorde). Peut-on privilégier l’un de ces rapports en oubliant les deux autres?  Voici la réponse d’un écrivain du 5e siècle, Pierre, excellent prédicateur surnommé «homme à la parole d’or», qui était évêque de Ravenne (capitale de l’Empire romain d’Occident):

« Prière, miséricorde, jeûne, les trois ne font qu’un et se donnent mutuellement la vie. En effet, le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Que personne ne les divise; les trois ne peuvent se séparer. Celui qui en pratique seulemen un ou deux, celui-là n’a rien. Donc, celui qui prie doit jeûner; celui qui jeûne doit avoir pitié; qu’il écoute l’homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d’entendre lorsqu’on le supplie.

Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne; il doit sympathiser avec l’homme qui a faim, s’il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde; celui qui veut bénéficier de la bonté doit la pratiquer; celui qui veut qu’on lui donne doit donner. C’est être un solliciteur insolent, que demander pour soi-même ce qu’on refuse à autrui. » (Homélie de saint Pierre Chrysologue, † 450)

En 2017, le jeûne alimentaire semble vouloir reprendre du poil de la bête … tant mieux; mais rappelons-nous qu’il existe également un jeûne des yeux, des oreilles et de la langue. À chacun d’y trouver son propre champ d’action.

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