En parfaite harmonie avec Dieu

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La Vierge Mère  (Chartreuse de Montrieux, France)

En la fête de la Conception immaculée de  Marie, voici ce qu’en dit un chartreux du 20e siècle, notre cher dom Augustin Guillerand,  en soulignant comme à l’habitude la parfaite harmonie entre la créature et son Créateur:

« La Sainte Vierge a été créée pour fournir la matière du Verbe incarné: « Il est né de la Vierge Marie ». Ce rôle lui impose avec Dieu des rapports très particuliers: mère du Verbe, épouse de l’Esprit Saint.

De tels rapports exigent des dispositions dans le corps et dans l’âme. L’un et l’autre doivent être complètement entre les mains de Dieu: « Voici la servante du Seigneur ». Il faut que le Saint-Esprit, quand il surviendra en elle, trouve un instrument dont il puisse user à son gré, donc parfaitement accordé en lui-même et parfaitement accordé avec l’action divine qui s’exercera; l’Immaculée Conception réalise cet accord. Elle n’est pas absolument indispensable, mais elle apparaît très indiquée dans un plan de sagesse et d’amour.

Le péché originel dépose au fond d’un être humain un principe qui l’empoisonne. C’est une semence de mort, essentiellement anti-divine. De ce fond empoisonné monte un mouvement qui va directement contre le mouvement de Dieu. L’Esprit d’amour, mouvement de Dieu, se heurte à lui, rencontre une opposition qui, normalement, ne cesse guère ici-bas. Les plaintes de saint Paul demeurent: « Qui me délivrera de ce corps de mort? » (Romains 7,24). (…) C’est la bataille, ou au moins la guerre avec des batailles possibles.

L’oeuvre que l’Esprit-Saint veut accomplir en Marie exige la paix parfaite, l’harmonie, l’ordre humain, une soumission totale du corps à l’âme, de l’âme au Saint-Esprit: Voici la servante du Seigneurqu’il me soit fait selon votre parole. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 57)

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Ces mêmes paysages toujours nouveaux

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 Dieu est un mystère dont même les contours nous échappent. Lui seul peut se révéler … et c’est ce qu’il a fait par la Création et surtout par ses interventions dans l’histoire de l’homme dont l’Incarnation  est le plus bel exemple.

Jésus est donc le chemin que nous devons emprunter pour arriver à la connaissance authentique du Père. Et c’est précisément ce chemin que l’Église, animée par l’Esprit, emprunte chaque année pour nous conduire progressivement à cette connaissance qui surpasse toutes les connaissances: ce processus a pour nom la contemplation liturgique.

Nous avons commencé hier une nouvelle année liturgique qui nous fera gravir, comme par les années passées, un chemin en spirale où les mêmes paysages seront de nouveau contemplés mais avec un regard différent et plus perspicace: naissance à Bethléem, mort et résurrection à Jérusalem, descente du Saint Esprit et envoi en mission. Autant de temps liturgiques dont les deux principaux, Noël et Pâques, sont préparés par des temps secondaires: Avent et Carême. La Pentecôte, quant à elle, nous ouvre à un temps de réflexion assez prolongé qui nous fait approfondir le message évangélique.

La liturgie aime les symboles et entre autres … la couleur! Le blanc sera donc réservé aux fêtes, le violet aux deux temps de préparation, le vert à la longue période de réflexion. D’autres couleurs sont rattachées à diverses célébrations comme le rouge aux fêtes des martyrs. Remarquons que le noir, autrefois sur-utilisé pour les funérailles, a disparu à toute fin pratique (depuis Vatican II) pour être  remplacé fort heureusement par le violet ou le blanc.

Néanmoins, au delà de la palette des couleurs liturgiques, il y aura toujours un appel à contempler le Christ dans ses divers mystères. Puisse la nouvelle année liturgique nous y conduire à nouveau sans défaillance:

« Puisqu’il est avec nous tant que dure cet âge,

N’attendons pas la fin des jours pour le trouver …

Ouvrons les yeux, cherchons sa trace et son visage,

Découvrons-le qui est caché au cœur du monde comme un feu! »

(Didier Rimaud)

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Une femme devenue tout autre

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« Laissant là sa cruche, elle courut à la ville »  (Jean 4, 28)

Les apparences sont parfois trompeuses … et nul ne le sait mieux que le Seigneur qui peut réveiller en nous des qualités que nous ignorions. C’est ce qui est arrivé lors de la rencontre de Jésus avec la femme de Samarie, elle qui en était à son sixième conjoint! Voyons comment l’explique dom Guillerand dans son commentaire du 4e évangile:

« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ? »

« La Samaritaine publie ses désordres; elle les fait connaître elle-même. Puisque Celui qui lui a parlé les connaît, elle ne craint pas que le monde entier les connaisse. Le monde entier, et ce qu’il peut penser, ne compte plus à ses yeux. Un seul être compte, la fait parler, marcher, agir, emplit sa vie: « Ne serait-ce pas le Christ? » Le Christ, une heure plus tôt, ne tenait pas grande place en son esprit. Sa venue était une préoccupation reléguée dans un plan de son âme qu’elle ne regardait guère. Maintenant elle en déborde; elle se répand; il faut que d’autres en jouissent comme elle. (…)

Pourquoi la voix de cette pauvre créature a-t-elle suffi à provoquer cette démarche de tout un  peuple? Son enthousiasme s’est communiqué parce qu’il partait du fond de son âme et faisait oublier la surface de sa vie. Jésus avait, de sa parole pénétrante, rejoint et remué ces grandes profondeurs où sommeillait la vérité de son être. Elle était subitement devenue tout autre; et c’est cette nouvelle personnalité qui parlait, agissait, se communiquait à ce peuple. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 233 s)

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Un royaume en expansion

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Au lendemain de la fête de la Royauté du Christ (qui clôt l’année liturgique), il importe de bien comprendre cette royauté qui n’a rien à voir avec celle des roitelets d’aujourd’hui. Jésus n’a rien d’un roi inactif, emblématique, vide de tout pouvoir politique, mais il se rapproche plutôt des anciens rois qui réunissaient en eux-mêmes les pouvoirs militaires, législatifs et économiques. Jésus est, plus précisément, une sorte de roi-général qui nous entraîne à sa suite dans la conquête du monde pour y établir le Royaume de Dieu son Père: « royaume de justice, d’amour et de paix »..

Depuis 2000 ans, le Ressuscité, ayant reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre,  est en train de convertir le monde par son Église, à laquelle il a donné le pouvoir de conférer l’Esprit Saint: «Recevez l’Esprit Saint », «Allez , de toutes les nations faites des disciples». Jésus est  la Tête de l’Église et il la dirige avec efficacité grâce à l’Esprit Saint qui unit les membres entre eux, leur fournissant les charismes nécessaires au bon fonctionnement du corps entier. Jésus, en son humanité, est donc au service de son Père. Le royaume qu’il est en train d’établir n’est rien d’autre que le Royaume de Dieu, annoncé par les prophètes et réalisé par l’Église.

Mais d’après saint Paul, ce genre de royauté en devenir  ne serait que provisoire car une fois la conquête achevée, Jésus n’hésitera pas à tout remettre à Dieu le Père :  « Puis ce sera la fin, quand il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute Principauté, Domination et Puissance. Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort (…) Et quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous. » (1 Corinthiens 15, 24-28). Malgré cette transmission de pouvoir royal, il ne faudrait pas croire que Jésus y perd ses prérogatives car, selon les Écritures, il doit régner pour l’éternité:« Et le septième ange sonna … alors, au ciel, des voix clamèrent: La royauté du monde est acquise à notre Dieu ainsi qu’à son Christ; il règnera dans les siècles des siècles. » (Apocalypse 11, 15).

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« Il faut que lui grandisse …

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… et que moi je diminue » (Jean 3, 30)

Pas facile de s’éclipser et d’accepter une baisse de popularité. Seule une grande âme comme Jean le Baptiste a pu le faire avec joie et humilité. Voici comment en parle le chartreux dom Augustin Guillerand dans son commentaire sur l’évangile de Jean:

« Qu’est-il donc, lui, le messager qui précède la venue de l’époux? Quel est son rôle, sa situation, son nom, le titre et le droit qu’il faut lui reconnaître? Il est « l’ami de l’époux, celui qui se tient debout aux côtés de l’époux » pour l’assister, pour lui rendre ses hommages, lui faire honneur, représenter sa cour en cette circonstance où l’époux est comme un roi qui prend possession d’un royaume. Le titre est magnifique et le rôle très grand. Jean-Baptiste ne craint pas de le revendiquer. Son humilité n’en est pas menacée; elle exige cet honneur et elle l’explique avec toute la grandeur que le titre enferme. Car l’ami ne fait qu’un avec l’ami; ce sont deux cœurs en un seul; ce qui touche l’un affecte l’autre. La gloire et la joie de l’ami sont la gloire et la joie de l’époux.

Les âmes qui s’attachent à l’époux ne se détachent pas de lui; elles lui demeurent fidèles, et leur attachement ne peut se maintenir qu’en le quittant ou rejoignant l’époux. L’union à l’époux est le terme auquel tend l’ami. Il reste insatisfait si on ne le laisse pas pour l’époux. Il trouve sa joie pleine si on le délaisse pour celui qui a reçu tous droits d’en haut et qui vient les faire valoir. Il doit diminuer, disparaître. Il grandit en diminuant; il prend toute sa taille, il entre en pleine gloire en disparaissant. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 210 s)

 

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« Il doit venir dans la gloire de son Père

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 et alors il rendra à chacun selon ses œuvres »  (Matthieu 16,27)

 En ce temps-ci de l’année, l’Église aime nous rappeler que le monde tel que nous le  connaissons est destiné à disparaître: l’accomplissement de l’œuvre de Dieu réunira en un seul événement la Venue glorieuse de Jésus et le Jugement universel.

« Et alors il rendra à chacun selon ses œuvres ». C’est la doctrine fondamentale de la rétribution. L’Ancien Testament ne connaît de rétribution que dans ce monde-ci, le Nouveau la situe dans l’au-delà, mais le principe est le même: à chacun selon ses œuvres (précisons, à chaque adulte, car l’enfant ne peut encore avoir d’œuvres personnelles). Et saint Paul  commente ainsi ces paroles : « Tribulation et angoisse à ceux qui s’adonnent au mal … gloire, honneur et paix à quiconque fait le bien » (Romains 2,6 ss). Les œuvres de cette vie sont donc des plus importantes. Dans l’Apocalypse, saint Jean le dit clairement: « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur! Oui, dit l’Esprit, dès à présent qu’ils se reposent de leurs labeurs car leurs œuvres les suivent » (Apocalypse 14,12).

Quelles sont ces «œuvres» si importantes? L’amour de Dieu et l’amour du prochain. Plus précisément:  croire en Jésus et aimer d’un amour concret nos frères et sœurs en humanité  (1 Jean 3,23). Car Dieu s’assimile à l’homme, il s’identifie au misérable: c’est lui qu’on aura nourri, vêtu, libéré.

« Devant le Roi seront assemblées toutes les nations » (Matthieu 25,32). Comme le remarque si bien  Rey-Mermet: « Les nations ont à être jugées en public comme les individus. Et elles, comme nous tous, seront jugées sur l’amour: les systèmes économiques, les partis politiques … l’Église aussi, comme structure, sera jugée sur l’amour, sur son service, sur son engagement pour les opprimés. Les Instituts religieux seront jugés sur l’amour, les communautés le seront également … Je serai jugé sur l’amour. » (Croire. Pour une redécouverte de la foi, page 308).

« Il viendra; un soir sera le dernier soir du monde.

Un silence d’abord, et l’hymne éclatera.

Un chant de louange sera le premier mot dans l’aube nouvelle. »

(Hymne liturgique)

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À quoi la foi m’oblige-t-elle?

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Rencontre de Jésus avec Nicodème (Jean 3, 1)

Toute religion suppose un minimum d’obligations … À quoi la foi en Jésus m’oblige-t-elle? C’est dans cette optique que Nicodème, personnage important et docteur juif, vient questionner le Maître. Écoutons ce que nous dit dom Augustin Guillerand à ce sujet:

« Nicodème veut voir et savoir; il veut une entrevue. Il est plus à l’aise la nuit; il peut parler seul à seul; il dispose de plus de temps … bref, il peut avoir des raisons de choisir ce moment qui, sans exclure le respect humain, justifient ce choix. (…) Le docteur juif n’hésite pas à avouer son impression nettement favorable qui est déjà la foi. Ce qu’il demande, ce n’est pas que cette foi soit accrue, c’est de connaître à quoi elle l’oblige et quels devoirs pratiques elle lui impose. Il est en face de quelqu’un qui parle et agit au nom de Dieu. Il veut savoir de lui ce que Dieu demande pour lui faire place en son royaume attendu.

C’est en ce sens que Jésus lui répond et il répond certainement dans le sens où cette âme lui parle. Pour avoir place au royaume de Dieu, une seule condition est requise: « Il faut renaître ». (…) La nouvelle naissance dont parle Jésus n’exige pas un retour au sein maternel. C’est une naissance de l’Esprit; il faut donc rentrer dans cet Esprit. (…) Entendre la voix de Dieu ne suffit pas pour connaître Dieu et être enfant de Dieu; on connaît quand on fait ce que Jésus fait, quand on voit ce qu’il voit et quand, le voyant se donner, on se donne comme il se donne. Voilà pourquoi il faut renaître; il faut que le principe de vie divine qui est en Jésus et qui l’anime soit reçu par nous et nous anime: c’est son Esprit. »

(Écrits spirituels, tome 1, pages 187-191 passim)

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Ô Mort, où est ta victoire ?

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Novembre est traditionnellement le «mois des morts», le mois de la réflexion. La Nature nous y invite en prenant elle-même le chemin qui mène au repos hivernal. La mort peut nous faire peur au point de nous pousser à refuser même d’en parler. Il est vrai que l’on peut exagérer en en faisant une crainte omniprésente qui empoisonne la vie. On peut mourir de façon tranquille, dans son lit, ou de façon tragique, dans une tuerie sanglante qui horrifie. Mais la mort c’est toujours la mort, la fin d’une vie aimée ou tout au moins appréciée.

Anciennement, on se plaisait à dire qu’on était en danger de mort dès la naissance; aujourd’hui, c’est plutôt dès la conception dans le sein de notre mère. Nous vivons à une époque où la violence ne connaît pas de bornes. À preuve, ces jeux électroniques où les ados apprennent à faire la guerre virtuelle … en attendant d’être attirés plus tard à passer aux actes dans un monde bien réel. La vie humaine a perdu de sa respectabilité pour devenir une statistique anonyme dans les nouvelles de dix-huit ou vingt heures.

«Ò Mort, où est ta victoire?» s’exclame saint Paul aux fidèles de Corinthe, suite à sa réflexion sur la résurrection de Jésus. La vie n’est peut-être pas si tragique que l’on pense si … oui, si … l’on accepte la résurrrection telle que proclamée par le Créateur lui-même. La FOI évidemment est un don de Dieu, toujours fragile, mais qui peut rectifier notre fatalisme. D’ailleurs, la Nature elle-même ne nous y invite-t-elle pas, chaque année, en renaissant au printemps ?

Ne soyons donc inquiets de rien … et, comme ajoutait le même apôtre aux Philippiens: «Que la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.» Amen!

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Notre assimilation au Christ, selon un Chartreux

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Messe privée (Grande Chartreuse, France)

« Un jour, je reviendrai vous prendre avec moi, et là où je suis vous y serez vous aussi » (Jean 14,3). Ces paroles, adressées par Jésus à ses apôtres la veille de sa mort en prévision de son retour à la fin des temps, sont reprises par dom Guillerand et (il fallait s’y attendre) en un sens très intimiste: le Christ ressuscité revient durant notre vie mortelle pour nous sanctifier et nous assimiler à lui. Une exégèse personnelle qui rejoint néanmoins une façon tout à fait normale de comprendre la vie spirituelle  et qui mérite notre attention:

« Les souffrances du Christ l’assimilent au Père: «Ce que mon Père me demande, je le fais.» Ce qui compte et ce qu’il faut voir dans sa Passion c’est cette assimilation, et c’est le mouvement qui le fait plonger dans les vouloirs de son Père pour ne faire qu’un avec lui. Mais il n’abandonne pas pour autant ceux qu’il aime. Eux aussi doivent être assimilés. Et pour s’assimiler ils doivent faire ce mouvement qu’il va faire. Or pour accomplir ce mouvement, il faut avoir en soi le moteur qui est en lui, il faut avoir son Esprit, il faut aimer ce qu’il aime et comme il aime, il faut être emporté par le souffle qui l’anime. (…) Jésus reviendra pour cette révélation qui les assimilera à lui et qui les fera vivre en lui comme lui-même vit dans le Père. Mais il ne peut revenir que s’il part. Son départ les fera participer à sa Passion; elle ouvrira leurs âmes à son Esprit. (…)

Il revient pour réaliser individuellement cette assimilation opérée en masse dans l’humanité qu’il a assumée. Il revient prendre et transformer ceux qui sont siens par amour, mais dont l’amour n’a pas encore assimilé tout l’agir, qui restent encore en face d’eux-mêmes, qui n’on pas encore brisé l’enveloppe du corps. Il revient pour la briser par son Esprit.  Il revient pour que cet Esprit qui est sa demeure, la demeure où il ne fait qu’un avec son Père, devienne leur Esprit et fasse en eux ce qu’il fait en lui, l’union parfaite. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 424 s)

 

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Notre assimilation au Christ

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Il faut le dire, et même se le redire souvent: le Plan de Dieu sur nous est extraordinaire et dépasse notre entendement … et c’est normal, puisque Dieu lui-même est un Être unique et tellement mystérieux que nous aurions de la difficulté à nous l’imaginer sans l’aide de la Révélation. C’est justement grâce à la Révélation, transmise par la création et par les interventions divines dans l’histoire humaine, que nous pouvons discerner Dieu. Notre faiblesse elle-même lui devient une « excuse » pour nous unir à lui et nous acheminer à la pleine connaissance de son Être.

Chaque matin, après avoir célébré la sainte messe, je me sens de plus en plus attiré à unifier mes pauvres aspirations en un unique mouvement, une personne, le Verbe fait chair. J’ai la nette impression que, de toute éternité, Dieu voulait nous partager son bonheur en nous unissant à Lui par l’entremise de son Fils. Création, Incarnation, Rédemption … autant d’étapes qui ont préparé notre union à l’Homme-Dieu. C’est dans cette optique que Jésus a inventé l’Eucharistie … question de se faire assimilableQui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui »). La communion eucharistique devient ainsi le moyen idéal pour réaliser ce projet: unir le croyant non seulement au Christ mais également à son beau geste d’amour effectué sur la Croix. Cette offrande totale de lui-même n’est en somme que la répercussion dans le temps de son élan éternel  vers le Père.

A la fin de sa vie, saint Charbel (moine maronite du 19e siècle et patron de mon ermitage) a été victime d’un AVC en célébrant la messe; alité durant huit jours dans un état semi-comateux, ce moine ermite ne cessait de répéter les mots de la prière de la messe qu’il avait dû interrompre, prière récitée après la consécration: « Ô Père de vérité, voici votre Fils victime pour vous plaire ».  Avec son biographe, j’y vois le résumé de toute sa vie: une vie d’assimilation à  Jésus alors que leurs êtres étaient intimement unis dans un même amour du Père. Que, du haut du Ciel, saint Charbel veuille bien veiller sur nous et faciliter notre processus d’assimilation à Celui qui demeure  l’unique chemin vers le Père.

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