Catholiques face au 6e commandement de Dieu

Statue of St. Peter, St. Peter's Square, Vatican, Rome

 » Tu ne commettras pas d’adultère ». Tel que formulé, ce commandement semble plutôt restrictif en ne mentionnant que l’adultère. Détrompons-nous ! La Tradition de l’Église, fidèle aux enseignements moraux de l’Ancien et du Nouveau Testament, considère le sixième commandement comme englobant tous les péchés contre la chasteté. Laissons la parole au Compendium du Catéchisme de l’Église catholique pour y voir plus clair:

487. Quel est le devoir de la personne humaine en ce qui concerne son identité sexuelle ?

Dieu a créé l’homme, homme et femme, avec la même dignité personnelle. Il a inscrit en chacun le vocation à l’amour et à la communion. Il revient à chacun d’accepter sa propre identité sexuelle, en en reconnaissant l’importance pour toute la personne, la spécificité et la complémentarité.

488. Qu’est-ce que la chasteté ?

La chasteté est l’intégration réussie de la sexualité dans la personne. La sexualité devient vraiment humaine quand elle est intégrée de manière juste dans la relation de personne à personne. La chasteté est une vertu morale, un don de Dieu, une grâce, un fruit de l’Esprit.

489. Que comporte la vertu de chasteté ?

Elle comporte l’apprentissage de la maîtrise de soi, en tant qu’expression de la liberté humaine orientée au don de soi. Dans ce but, une éducation intégrale et permanente est nécessaire ; elle se réalise par étapes graduelles de croissance.

490. De quels moyens dispose-t-on pour aider à vivre la chasteté ?

Les moyens à disposition sont nombreux : la grâce de Dieu, le secours des sacrements, la prière, la connaissance de soi, la pratique d’une ascèse adaptée aux diverses situations, l’exercice des vertus morales, en particulier de la vertu de tempérance, qui vise à faire en sorte que les passions soient guidées par la raison.

491. De quelle manière tous les baptisés sont-ils appelés à vivre la chasteté ?

Tous les baptisés, suivant le Christ modèle de chasteté, sont appelés à mener une vie chaste, selon leur état de vie : les uns, en vivant dans la virginité ou dans le célibat consacré, manière éminente de se consacrer plus facilement à Dieu d’un cœur sans partage; les autres, s’ils sont mariés, en pratiquant la chasteté conjugale ; s’ils ne sont pas mariés, en vivant la chasteté dans la continence.

492. Quels sont les principaux péchés contre la chasteté ?

Sont des péchés gravement contraires à la chasteté, chacun selon la nature de son objet : l’adultère, la masturbation, la fornication, la pornographie, la prostitution, le viol, les actes homosexuels. Ces péchés sont l’expression du vice de la luxure. Commis sur des mineurs, de tels actes sont un attentat encore plus grave contre leur intégrité physique et morale.

493. Pourquoi le sixième commandement, bien qu’il dise « Tu ne commettras pas d’adultère » interdit-il tous les péchés contre la chasteté ?

Bien que dans le texte biblique du Décalogue on lise « Tu ne commettras pas d’adultère » (Exode 20, 14), la Tradition de l’Église suit intégralement les enseignements moraux de l’Ancien et du Nouveau Testament, et considère le sixième commandement comme englobant tous les péchés contre la chasteté.

494. Quel est le devoir des autorités civiles en ce qui concerne la chasteté ?

Parce qu’elles sont tenues de promouvoir le respect de la dignité de la personne, les autorités civiles doivent contribuer à créer un climat favorable à la chasteté, même en empêchant, par des lois appropriées, la diffusion de certaines graves offenses à la chasteté précédemment évoquées, surtout en vue de protéger les mineurs et les personnes les plus fragiles.

(À SUIVRE)

Publié dans Amour, Amour fraternel, Église, Baptême, Désir de Dieu, Détachement, Dieu, Dieu Père, Esprit Saint, Eucharistie, Foi, Formation permanente, Humilité, Islam, Jésus, Mariage, Obéissance, Opinion publique, Péché, Prière, Rédemption, Société, Spiritualité, Temps présent, Tentation, Tradition, vie moderne | Tagué , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

À la racine de l’homosexualité

cDn9NyiMs9GX1jFALQ6xeAN3sIk

Pour nous qui vivons au début du troisième millénaire, il nous est difficile d’ignorer l’ampleur du mouvement gay qui ne cesse de faire les manchettes (récente éclosion de la Vérole du singe) et la question se pose: d’où vient cet engouement chez certains de nos contemporains pour un style de vie autrefois jugé  anormal pour ne pas dire scabreux ? Toutes ces personnes sont-elles « nées comme ça » ou ne seraient-elles pas les tristes victimes d’une société hédoniste à outrance?

Dans son article « Sommes-nous les enfants du narcissisme? », Renaud Beauchard note que la notion de narcissisme peut s’appliquer à l’observation des tendances actuelles des sociétés modernes occidentales. Mais, au préalable, notons  pour les non-initiés  que ce terme «narcissisme» provient du mythe grec de Narcisse, beau jeune homme qui, venant un jour à une source d’eau pour apaiser sa soif, vit son reflet dans l’eau et s’extasia devant sa beauté : sans s’en douter, Narcisse se désira lui-même, devenant ainsi l’amant et l’objet aimé. Déjà en 1887, le psychologue français Alfred Binet avait utilisé ce terme pour décrire une forme de fétichisme consistant à prendre sa personne comme objet sexuel. En 1909, Isidore Sadger parla de narcissisme à propos de l’amour de soi comme modalité de choix d’objet chez les homosexuels, et, à sa suite, Sigmund Freud  définit le narcissisme comme « un stade de développement nécessaire dans le passage de l’auto-érotisme à l’amour d’objet ». Ainsi, d’après ce dernier, nous passons tous par un stage d’incertitude quant à notre sexualité (et il serait fautif pour les parents d’en déduire hâtivement l’orientation sexuelle de leur enfant).

Quoiqu’il en soit de toutes ces études savantes, je remarque personnellement que, depuis 50 ans, la société nord-américaine a subi une énorme poussée vers le culte du corps avec les conséquences que l’on sait. Après la deuxième guerre mondiale, une entreprise montréalaise fondée par les frères Weider s’est développée avec succès dans le domaine du culturisme (bodybuilding), domaine dont Arnold Schwarzenegger deviendra vite la star incontestée. Une chose, évidemment, est de se maintenir en bonne forme physique et une autre d’en faire un culte permanent ! L’addiction exagérée à la musculature pour elle-même peut s’avérer nocive ; c’est ainsi que le miroir a pris, chez certains adeptes, le relais de la source d’eau pour Narcisse.  De nombreux magazines propagèrent cet engouement et on assista alors (et encore de nos jours) à un étonnant mouvement d’exhibitionnisme publique, toujours populaire lors des défilés de la Fierté gay.  Force est de constater , comme disait plus haut Renaud Beauchard, que le narcissisme est bien une tendance actuelle de nos sociétés modernes. Malheureusement, l’explosion simultanée de la pornographie sous toutes ses formes en fut également une triste conséquence.

Se pose alors la question : dans quelle mesure la société actuelle est-elle, elle-même, responsable de cette recrudescence du style de vie homosexuel ? La permissivité de notre monde moderne, l’accent exagéré sur les droits de la personne, la sainte horreur de tout ce qui semble traditionnel (sans oublier la baisse de la pratique religieuse) semblent avoir favorisé, dans notre société, une certaine acceptabilité de ce qui auparavant était considéré comme anormal et dégoutant. Quoiqu’il en soit, plutôt que de parler en ce domaine de transmission de gènes familiaux, devrions-nous peut-être faire un examen de conscience collectif sur l’apport de notre société permissive face à l’émergence d’un tel comportement.

Publié dans Amour, Amour fraternel, Angoisse, Église, Compassion, Désespoir, Dieu, Dieu Père, Esprit Saint, Fatalité, Jugement dernier, Mariage, Monde, Nature, Opinion publique, Perplexité, Psychologie, Société, Souffrance, Temps présent, vie moderne | Tagué , , , , , , , , , , , , | 1 commentaire

Ces idoles de toujours …

Le mot « idole » peut être compris de diverses manières:

  1. Dans le domaine des religions, l’idole est synonyme de «faux dieux» (dieux des païens) à l’opposé du Dieu unique des Juifs, des Chrétiens ou des Musulmans. Dans l’Ancien Testament, le terme idole pouvait également désigner toute représentation sculptée du vrai Dieu.
  2. Dans le domaine séculier contemporain, l’idole désigne souvent une personne qui sert de faux modèle à une partie de la population (ou même à une génération). Cette idole peut être incarnée par une vedette de cinéma, de la chanson ou encore du monde sportif.
  3. Dans le domaine de la vie spirituelle, (et c’est celui qui nous intéresse!) l’idole représente tout ce qui nous empêche de servir le Seigneur. « Petits enfants, gardez-vous des idoles » conseille saint Jean aux lecteurs/trices de sa première lettre (1 Jean 5, 21). L’apôtre avait sans doute en vue l’enseignement des antichrists de son temps, source d’erreurs et d’esclavages de toutes sortes. En effet, dès qu’on cesse de servir le Seigneur, on devient vite esclave de nombreux maîtres: l’argent, la cupidité, la sensualité, le culte du corps, l’exhibitionnisme, le narcissisme, et j’en passe! Derrière ces vices qui sont idolâtriques se cache une méconnaissance du Dieu unique qui seul mérite notre confiance.

Dans un réquisitoire terrible, saint Paul dénonce le péché universel des hommes qui, au lieu de reconnaître le Créateur à travers sa création, ont changé la gloire de Dieu contre une représentation matérielle (statues divinisées ou fresques lubriques) alors que l’apôtre y voit la source de leur déchéance: « C’est pourquoi, dit-il, Dieu les a livrés à des passions avilissantes: leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature; les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l’infamie d’homme à homme et recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement » (Romains 1, 26-27). A ce titre, le sida et la vérole du singe en sont les plus récents et les plus manifestes exemples. Quant aux conséquences spirituelles de ces passions avilissantes, elles ne sont pas moins terribles: « Ne vous y trompez pas! Ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les dépravés, ni les sodomites … n’hériteront du Royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6, 9). L’absence de religion dans nos sociétés modernes ne peut que conduire l’homme à sa déchéance !

Petits enfants, gardez-vous des idoles!  Un travail quotidien et de tout instant s’impose donc à nous, chrétiens! Puisse notre société se réveiller de sa torpeur et de son matérialisme ambiant et se reprendre en mains. Puisse l’Église redevenir un phare dans un monde enténébré qui cherche la vérité comme à tâtons. Tâche impossible ? Rêve irréalisable ? Qu’en dit le Christ ? « Vous êtes le sel de la terre … la lumière du monde » (Matthieu 5, 13) et « Dans le monde vous aurez à souffrir, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde! » (Jean 16, 33).

Publié dans Adoration, Amour, Église, Conversion, Désespoir, Dieu, Dieu Père, Esprit Saint, Foi, Jésus, Mariage, Nature, Obéissance, Péché, Pédagogie divine, Société, Souffrance, Temps présent, Tentation, vie moderne | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Eucharistie assimilable et adorable

La Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ (autre fois, Fête-Dieu) a toujours attiré l’attention affectueuse des Catholiques, et pour cause ! Depuis le Moyen-Âge, l’Église a toujours entouré cette fête des plus grands honneurs : messe solennelle, processions, chants, fleurs, reposoirs, sans oublier ses rejetons obligés : salut du Saint-Sacrement et adoration des Quarante heures ! Mais d’où vient cet engouement qu’on ne retrouve pas dans les Églises orientales ?

Et tout d’abord qu’est-ce que l’eucharistie ? « L’eucharistie, est le sacrement de la tendresse de Dieu, écrit le père Rey-Mermet, car Dieu ne crée l’univers que pour s’unir tous les humains dans l’amour ». Et c’est pourquoi l’Incarnation ne se termine pas au Christ mais à tout individu, justement pour que tout individu devienne divin. Merveilleux ! Mais mange-t-on le Christ en privé et pour nous-même seulement ? Non, on le mange ensemble, communautairement : « Le pain que nous rompons, dit Paul aux Corinthiens, n’est-il pas communion au corps du Christ? Puisqu’il n’y a qu’un seul pain, nous ne formons qu’un seul corps, car tous nous avons part à ce pain unique ». La communion nous unis donc les uns aux autres tout en nous unissant à la Victime de la croix ; car, en nous invitant à manger son corps livré et à boire son sang versé, Jésus nous intègre à sa propre offrande pour ne faire qu’un avec lui. Dans l’eucharistie, Jésus ne pouvait que se faire ASSIMILABLE. Sans être exclusif, l’eucharistie demeure donc le moyen par excellence de notre assimilation au Christ.

La présence réelle et substantielle de Jésus dans ce sacrement a souvent été mise en doute et spécialement, depuis 500 ans, par les Protestants qui n’y voient qu’un pur symbole. Face à cette hérésie, les réactions du magistère de l’Église ne se firent pas attendre … et ce fut la tenue d’un Concile (celui de Trente au 16e siècle). Néanmoins, cette insistance sur la présence réelle repoussa dans l’ombre la dimension nutritionnelle du sacrement au profit de son adoration : on encouragea, avec succès, diverses démonstrations publiques (processions, saluts et bénédictions). Malheureusement, et le Jansénisme aidant, la communion eucharistique se fit de plus en plus rare, tant la vénération mal comprise du sacrement incitait les fidèles à s’en abstenir. Mal pour un bien? Toujours est-il que se développa peu à peu dans l’Église Catholique Romaine une dévotion eucharistique particulière, inconnue (sous cette forme) de l’Église Orientale. Dévotion appelée à devenir une caractéristique de notre Église, tout comme l’était d’ailleurs la dévotion des icônes pour notre Église sœur. Faudrait-il s’en offusquer ? À chaque Église sa grâce particulière ! En Occident, Jésus-eucharistie s’est ainsi avéré ADORABLE ! Malgré les réticences de certains liturgistes, le culte eucharistique en dehors de la messe est vite devenu source de grâces et de consolations pour de nombreux fidèles. Le Pape François lui-même n’a-t-il pas privilégié l’adoration silencieuse devant le Saint-Sacrement lors de sa prière publique, en 2020, à la basilique Saint-Pierre de Rome, au tout début de la pandémie de la Covid-19 ?

Jésus assimilable donc, mais aussi Jésus adorable ! Mystère de foi qui ne cesse de dévoiler, encore aujourd’hui, ses nombreuses et imprévisibles richesses spirituelles. Sacrement de la tendresse de Dieu, son but avoué est de nous unir au Christ dans une étreinte éternelle. Puissions-nous tous en profiter !

Publié dans Adoration, Amour, Amour fraternel, Église, Bonheur, Contemplation, Désir de Dieu, Dieu, Eucharistie, Foi, Humilité, Incarnation, Jésus, Joie, Liturgie, Mystère, Orthodoxie, Péché, Pédagogie divine, Prêtrise, Recueillement, Sacerdoce, Silence, Solidarité, Spiritualité, Temps présent, Tradition, Verbe, Vie éternelle, Vie cachée | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Un Dieu transcendant ?

185811686_1370802296628152_4072473134657902000_n (1)

Certains chrétiens hésitent à voir Dieu au ciel, au-dessus d’eux; ils préfèrent de beaucoup un Dieu parmi eux, à stature humaine. L’homme primitif, plus sensible à ses propres limites, n’avait pas cette tendance égalitaire qu’est la nôtre. L’humilité face à la divinité n’aura jamais été aussi difficile qu’aujourd’hui, alors que les images hiératiques de Dieu et des saints tendent à s’estomper au profit de représentations à mesure humaine … et pourtant, Jésus n’hésitait pas à affirmer: « Vous donc priez ainsi: Notre Père qui es DANS LES CIEUX » (Matthieu 6, 9). Malgré sa présence parmi nous, Dieu conserve toute sa transcendance !

Un Dieu qui planifie. Il fut un temps où rien n’existait … sinon Dieu ! Même la notion de temps, dans ce contexte, n’avait aucun sens. Inutile de chercher l’élément déclencheur de la création, la Pensée de Dieu nous échappe ! Nous savons quand même, par la révélation, que Dieu est Amour et que l’amour authentique tend au partage. En réfléchissant sur les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, il est facile d’y discerner une Pensée divine décrétant  de toute éternité  cette manifestation de l’Amour, manifestation réalisée par la création et bonifiée par la révélation. Cette planification, ce décret ou « dessein bienveillant » (Éphésiens 1, 9), s’exprime dans le temps par la Providence. C’est là l’œuvre attribuée à DIEU LE PÈRE.

Un Dieu qui agit. Nous pouvons avoir de beaux projets mais la plupart d’entre eux demeurent souvent à l’état embryonnaire. Il n’en est pas ainsi en Dieu : pour lui, vouloir c’est faire ! Remarquons que, dans la Bible, les grands moments de  l’agir  divin sont attribués à l’Esprit Saint. Ainsi, à la création,  l’Esprit de Dieu planait sur les eaux originelles (Genèse 1, 2) ; au désert, la nuée lumineuse assurait la présence active de Dieu auprès du peuple (Exode 13, 21) ; dans l’évangile, l’ange Gabriel annonce à Marie que cette même nuée, l’Esprit Saint, la couvrira de son ombre (Luc 1, 35) ; et c’est lors de son  baptême dans l’Esprit Saint  que Jésus débutera officiellement son ministère public (Jean 1, 32). Enfin, la Pentecôte témoignera du don communautaire de l’Esprit comme élément fondateur de l’Église. Donneur de vie, l’ESPRIT SAINT est Dieu qui agit.

Un Dieu qui réjouit. « Quand je rencontrais tes paroles, Seigneur, je les dévorais; elles faisaient ma joie, les délices de mon cœur » (Jérémie 15, 16). Cette affirmation du prophète exprime bien le rôle irremplaçable de la Parole de Dieu comme source de joie pour tout croyant. Parole créatrice, parole éclairante, encourageante ou menaçante, elle ne laisse personne indifférent car elle est d’origine divine … cette parole est le Verbe de Dieu ! Et ce Verbe s’est fait chair il y a deux mille ans : sa vie, son ministère, sa mort et sa résurrection sont devenus autant de motifs de réjouissance pour tous les humains. Voilà donc une Parole qui réjouit en manifestant le plan miséricordieux du Père. Et quelle destinée nous propose-t-elle ? « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jean 12, 26).  Doux et humble de cœur, JÉSUS, VERBE DE DIEU, est bien ce Dieu qui nous réjouit en nous dévoilant l’Amour du Père et l’avenir prometteur qui nous attend !

En terminant, n’ayons garde d’oublier que ces images des Personnes divines, toutes inspirantes qu’elles soient, ne sont qu’un faible aperçu de ce qu’Elles sont en réalité. Des auteurs spirituels, tel dom Augustin Guillerand, se sont efforcés de discerner vaille que vaille les rapports intimes de ces Personnes entre elles dans la simplicité d’une seule Nature; cependant, force est d’avouer que les théories adéquates, en ce domaine, nous échappent. Pouvons-nous quand même espérer en connaître d’avantage, un jour ? Il semble que oui, car le Maître nous affirme que le meilleur est à venir : «Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu» (Matthieu 5, 8).

Publié dans Adoration, Amour, Annonciation, Écriture, Évangile, Cieux, Contemplation, Création, Désir de Dieu, Dieu, Dieu Père, Espérance, Esprit Saint, Foi, Humilité, Incarnation, Jésus, Joie, Miséricorde, Mystère, Paysage, Providence, Révélation, Temps présent, Trinité, Verbe, Vie éternelle, vie moderne, Vierge Marie | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Un divin Casse-tête !

qb09k910

La fête de la Très Sainte Trinité, si elle est mal abordée, peut devenir un cauchemar pour tout prédicateur bien intentionné. Si l’on s’arrête au casse-tête insurmontable de l’existence de trois personnes en un seul être … on ne peut que se perdre dans les dédales d’un raisonnement stérile. En nous présentant cette fête aujourd’hui, l’Église n’a aucunement l’intention de nous faire comprendre un mystère incompréhensible mais, bien plutôt, d’en vivre!

Mais tout d’abord, rappelons-nous que Jésus n’est pas venu fonder une nouvelle religion mais uniquement accomplir les promesses de Dieu faites à Israël. Jésus est né Juif et de religion juive; il a toujours été fier d’être membre du Peuple choisi et n’a jamais renié ses racines. S’il a critiqué les abus religieux de son temps, c’était par amour pour Dieu et pour ses congénères. Il est mort et ressuscité pour le salut de tous mais, avant tout, pour ses frères et sœurs juifs. L’apôtre Pierre s’adressant aux habitants de Jérusalem (le jour de la Pentecôte), ne pouvait être plus clair : « c’est pour vous (les Juifs) qu’est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin (les non-Juifs), en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Actes 2, 39). Il est vrai que, par la suite, beaucoup de Juifs vont refuser d’accepter Jésus comme Messie et ils iront même jusqu’à persécuter les premiers chrétiens pour ensuite les expulser officiellement de la Synagogue, vers les années 90, lors d’une assemblée générale à Jamnia. Au dire de saint Paul, les Juifs se sont eux-mêmes coupés inconsciemment de la racine sainte pour que les païens convertis puissent y être greffés mais leur retour est néanmoins prévu dans un avenir éventuel (Romains 11, 1-36). Notre religion chrétienne est donc en pleine continuité avec la religion vécue durant des siècles en Israël, religion nourrie par les prophètes, puis accomplie, purifiée et simplifiée par le Christ avant d’être prêchée par les Apôtres sous la mouvance de l’Esprit Saint.

Ceci étant dit, la révélation progressive de l’existence des trois Personnes divines (Père, Fils et Esprit Saint) ne saurait être vue comme une nouveauté radicale mais bien plutôt comme l’épanouissement d’un processus normal. La lecture des derniers livres de l’Ancien Testament (Proverbes, Ben Sira et Sagesse, entre autres) nous laisse en effet percevoir une évolution certaine de la pensée religieuse quant à la préexistence mystérieuse auprès de Dieu d’une Sagesse qui tantôt s’apparente au Verbe tantôt à l’Esprit. Le quatrième évangile (écrit vers la fin du 1er siècle) ne pourra que porter à terme cette révélation en parlant clairement de la divinité et de Jésus et de l’Esprit. L’Église du 4e siècle, confrontée à certaines hésitations doctrinales, énoncera clairement le contenu de la Foi : « Un seul Dieu en trois Personnes » (Concile de Nicée, en 325, et celui de Constantinople, en 381).

Et maintenant, comment pouvons-nous vivre de ce mystère ineffable de la Très Sainte Trinité ? Tout simplement à la façon des justes de l’Ancien Testament (amour de Dieu et amour du prochain) mais avec une connaissance plus précise de nos liens avec les trois Personnes divines grâce à une intensité de vie extraordinaire : la vie dans l’Esprit! Même s’il opérait silencieusement depuis toujours dans les membres du Peuple élu, l’Esprit Saint ne le faisait qu’en lien avec des lois écrites et non comme Loi intérieure gravée dans le cœur des croyants. Grâce à cette Onction qui désormais les habite, les Chrétiens comprennent mieux les Écritures, la personne du Christ, sa relation avec le Père, et l’héritage qui les attend au Ciel. Si Jésus de Nazareth n’est pas venu fonder une nouvelle religion, il a su par ailleurs mener à son accomplissement le potentiel insoupçonné de la religion révélée aux enfants d’Abraham. Au niveau organisationnel, il est également vrai que, comme le vin nouveau requiert de nouvelles outres, ce nouvel Esprit, en regard des institutions mosaïques, ne pouvait qu’exiger un cadre totalement renouvelé, soit l’Église.

Vivons donc en paix, chers amis, car nous sommes dans la bonne voie et la bonne religion : « Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel que vous avez reçu; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême; un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous. » (Éphésiens 4, 4-6)

Publié dans Adoration, Amour, Amour fraternel, Église, Contemplation, Désir de Dieu, Dieu, Dieu Père, Esprit Saint, Foi, Incarnation, Inspiration, Jésus, Mystère, Orthodoxie, Pédagogie divine, Révélation, Spiritualité, Trinité, Verbe, Vie éternelle | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Mystère de Dieu en moi

Ser-Brun-c-1

Notre religion chrétienne se détache des autres en ce qu’elle nous invite, dès ici-bas, à l’union incomparable avec la divinité. Tous les écrivains catholiques ont traité de ce sujet qui attire, console et transforme. Qui mieux qu’un moine chartreux peut nous en parler ? Laissons, encore une fois, dom Augustin Guillerand nous éclairer à ce sujet:

« Que l’existence deviendrait grande et belle si nous pouvions nous tenir en contact incessant avec Celui qui est la Bonté même, qui ne peut et ne sait que donner, et qui s’est, par le baptême, installé au fond de nos âmes pour y répandre sans cesse sa vie et sa joie ! Comme tout changerait d’aspect si nous savions rejoindre, simplement de temps en temps, Celui qui a fait de nos cœurs sa résidence et qui nous invite à faire de lui-même notre demeure: « Demeurez en moi, Celui qui m’aime, celui-là observe mes commandements, et nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre demeure … Celui qui mange ma chair et boit mon sang, celui-là demeure en moi et moi en lui ».

C’est un mystère sans doute ! Mais l’affirmation est si claire, et il l’a accompagné de tant de preuves de puissance et de vérité ! Et puis, un mystère ? Qu’est-ce que cela ? C’est une vérité que nous ne comprenons pas. En voilà une affaire ! Croire sans comprendre ? Mais nous ne faisons que cela, tous, tous, du matin au soir ! Depuis la première respiration sortie de ma poitrine dont je ne sais pas à fond le mécanisme, et ma première pensée qui l’accompagne dont j’ignore totalement le fonctionnement, en passant par à peu près tous les mouvements de mon corps et de mon âme que les savants expliquent de façons fort différentes, et souvent fort peu et fort mal … je vis de mystères, je suis un mystère vivant à moi-même … et je ne m’arrête pas de vivre pour cela !

Le grand mystère de la présence divine en mon âme est d’un autre genre, sans doute, mais il n’est pas beaucoup plus étrange quand on sait que Dieu est pur esprit et qu’il aime. Ce n’est pas en se touchant, en se respirant ou en se voyant que deux esprits s’unissent, c’est en ayant les mêmes pensées et les mêmes sentiments. Prenons les pensées de Jésus, ses sentiments, ses manières d’être et d’agir, et nous lui serons unis ; notre esprit ne fera plus qu’un avec le sien ; il vivra en nous et nous en lui. C’est pour cela qu’il faut l’étudier ! »

(Écrits spirituels, tome 2, page 181 s)

Publié dans Adoration, Amour, Église, Évangile, Baptême, calme, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Chartreux, Contemplation, Désir de Dieu, Dieu, Dieu Père, Esprit Saint, Eucharistie, Foi, Incarnation, Jésus, Joie, Kartusija, Kloster, Messe, Mystère, Parole, Prière, Recueillement, Silence, Spiritualité, Trinité, Vie éternelle | Tagué , , , , , , , | 2 commentaires

« Je crois au Saint-Esprit … »

Throne Bernini Holy Spirit Dove, Saint Peter's Basilica in Rome

ROME, ITALY – AUGUST 24, 2018: Throne Bernini Holy Spirit Dove Saint Peter’s Basilica Vatican Rome Italy. Bernini created Saint Peter’s Throne with Holy Spirit Dove Stained Glass Amber in 1600s

La foi en l’Esprit Saint nous est familière. Notre récitation du « Je crois en Dieu » nous la rappelle régulièrement. Cependant beaucoup de personnes n’y croient pas (ainsi les Juifs et les Musulmans) ou l’expliquent à leur façon (Protestants et autres chrétiens). Qu’en est-il des Catholiques ? Relisons brièvement dix petites questions à ce sujet tirées du Compendium du Catéchisme de l’Église catholique :

136. Que veut dire l’Église quand elle professe : « Je crois au Saint-Esprit » ?

Croire en l’Esprit Saint, c’est professer la troisième Personne de la Sainte Trinité, qui procède du Père et du Fils, et qui est « adoré et glorifié avec le Père et le Fils ». L’Esprit « est envoyé (…) dans nos cœurs » (Galates 4, 6) pour que nous recevions la vie nouvelle des enfants de Dieu.

137. Pourquoi les missions du Fils et de l’Esprit sont-elles inséparables ?

Dans la Trinité indivisible, le Fils et l’Esprit sont distincts, mais inséparables. En effet, du commencement à la fin des temps, quand le Père envoie son Fils, il envoie aussi son Esprit, qui nous unit au Christ par la foi, afin que nous puissions, comme fils adoptifs, appeler Dieu « Père » (Romains 8, 15). L’Esprit est invisible, mais nous le connaissons par son action, lorsqu’il nous révèle le Verbe et qu’il agit dans l’Église.

138. Quels sont les vocables de l’Esprit Saint ?

« Esprit Saint » est le nom propre de la troisième Personne de la Sainte Trinité. Le Christ l’appelle aussi Esprit Paraclet (Consolateur, Avocat) et Esprit de Vérité. Le Nouveau Testament l’appelle encore Esprit du Christ, du Seigneur, de Dieu, Esprit de gloire, de la promesse.

139. Quels sont les symboles qui représentent le Saint-Esprit ?

Ils sont nombreux. L’eau qui jaillit du cœur transpercé du Christ et abreuve les baptisés ; l’onction avec l’huile, qui est le signe sacramentel de la Confirmation ; le feu qui transforme ce qu’il touche ; l’imposition des mains par laquelle l’Esprit est donné ; la colombe qui descend sur le Christ et demeure sur lui au moment de son baptême.

140. Que signifie « l’Esprit a parlé par les prophètes » ?

Le terme de prophètes s’entend ici de ceux qui furent inspirés par l’Esprit Saint pour parler au nom de Dieu. L’Esprit porte les prophéties de l’Ancien Testament à leur plein accomplissement dans le Christ, dont le mystère se dévoile dans le Nouveau Testament.

141. Quelle est l’action de l’Esprit en Jean-Baptiste ?

L’Esprit remplit Jean-Baptiste, le dernier prophète de l’Ancien Testament, qui, sous son action, est envoyé pour « préparer un peuple au Seigneur » (Luc 1, 17), et pour annoncer la venue du Christ, le Fils de Dieu, celui sur lequel il a vu descendre et demeurer l’Esprit, celui qui « baptise dans l’Esprit » (Jean 1, 33).

142. Quelle est l’oeuvre de l’Esprit en Marie ?

En Marie, le Saint Esprit porte à son achèvement toutes les attentes de la venue du Christ et sa préparation dans l’Ancien Testament. D’une manière unique, il la remplit de grâce et rend féconde sa virginité, pour donner naissance dans la chair au Fils de Dieu. Il fait d’elle la Mère du « Christ total », c’est-à-dire du Christ Tête et de l’Église son corps. Marie est présente au milieu des Douze le jour de la Pentecôte, quand l’Esprit inaugure les « derniers temps » avec la manifestation de l’Église.

143. Quel rapport y a-t-il entre l’Esprit et le Christ Jésus dans sa mission terrestre ?

Depuis son Incarnation, le Fils de Dieu est consacré Messie dans son humanité, par l’onction de l’Esprit. Il révèle l’Esprit dans son enseignement, accomplissant la promesse faite aux Pères, et il le communique à l’Église naissante en soufflant sur les Apôtres après la Résurrection.

144. Qu’est-il arrivé à la Pentecôte ?

Cinquante jours après la Résurrection, à la Pentecôte, Jésus Christ glorifié a répandu l’Esprit à profusion et il l’a manifesté comme Personne divine, de sorte que la Trinité Sainte est pleinement révélée. La mission du Christ et de l’Esprit devient la mission de l’Église, envoyée pour annoncer et pour répandre le mystère de la communion trinitaire.

145. Quelle est l’action de l’Esprit dans l’Église ?

L’Esprit édifie, anime et sanctifie l’Église. Esprit d’amour, il restaure chez les baptisés la ressemblance divine perdue à cause du péché et il les fait vivre dans le Christ de la Vie même de la Sainte Trinité. Il les envoie témoigner de la Vérité du Christ et il les établit dans leurs fonctions réciproques, afin que tous portent « le fruit de l’Esprit » (Galates 5, 22).

Publié dans Adoration, Amour, Église, Baptême, Contemplation, Désir de Dieu, Détachement, Dieu, Dieu Père, Diocèse, Esprit Saint, Feu, Foi, Jésus, Joie, Liturgie, Marie, Ministère, Paix, Pardon, Péché, Pédagogie divine, Prière, Rédemption, Spiritualité, Trinité, Vie éternelle, Vierge Marie | Tagué , , , , , , , , , , , , , | 1 commentaire

Productivité de l’Esprit Saint

jesus_68829_mini_pentec

En ces jours qui précèdent la fête de la Pentecôte, il est tout à fait indiqué de se poser des questions sur l’utilité sinon la nécessité de recevoir ce « Don de Dieu ». Le temps pascal nous a tous sensibilisés à l’importance du Ressuscité dans notre vie spirituelle, y aurait-il quelque chose de valable à ajouté en traitant de l’Esprit Saint ? Et pourtant, toute l’oeuvre du Christ sur terre n’avait qu’un seul but : nous obtenir cette eau vive qu’est l’Esprit de Dieu ; eau qui lave, eau qui désaltère, eau qui engendre à la vie d’enfant de Dieu. Le rôle de l’Esprit Saint dans l’Église est donc primordial ! Laissons la parole au meilleur catéchète des Pères de l’Église (saint Cyrille de Jérusalem) afin qu’il nous éclaire davantage sur ce point :

« L’Esprit Saint a beau être un, simple et indivisible, il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté. De même que le bois sec, associé à l’eau, produit des bourgeons, de même l’âme qui vivait dans le péché, mais que la pénitence rend capable de recevoir le Saint-Esprit, porte des fruits de justice. Bien que l’Esprit soit simple, c’est lui, sur l’ordre de Dieu et au nom du Christ, qui anime de nombreuses vertus. Il emploie la langue de celui-ci au service de la sagesse ; il éclaire par la prophétie l’âme de celui-là ; il donne à un autre le pouvoir de chasser les démons ; à un autre encore celui d’interpréter les divines Écritures. Il fortifie la chasteté de l’un, il enseigne à un autre l’art de l’aumône, il enseigne à celui-ci le jeûne et l’ascèse, à un autre il enseigne à mépriser les intérêts du corps, il prépare un autre encore au martyre. Différents chez les différents hommes, il n’est pas différent de lui-même, ainsi qu’il est écrit : Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous.

Son entrée en nous se fait avec douceur, on l’accueille avec joie, son joug est facile à porter. Son arrivée est annoncée par des rayons de lumière et de science. Il vient avec la tendresse d’un défenseur véritable, car il vient pour sauver, guérir, enseigner, conseiller, fortifier, réconforter, éclairer l’esprit : chez celui qui le reçoit, tout d’abord ; et ensuite, par celui-ci, chez les autres. » (Catéchèse sur le Saint Esprit, PG 940-941)

N’ayons donc aucun scrupule à donner beaucoup d’importance à l’Esprit Saint. Il est l’Esprit commun du Père et du Fils, et il vient parfaire en nous l’action bienfaisante du Ressuscité. Jésus, lui-même, s’est laissé totalement guidé par lui durant sa vie publique et il ne désire qu’une chose : que nous suivions fidèlement ses traces !

Publié dans Adoration, Amour, Amour fraternel, Église, Baptême, calme, Conversion, Désir de Dieu, Détachement, Dieu Père, Esprit Saint, Foi, Humilité, Inspiration, Jésus, Liturgie, Ministère, Mystère, Pardon, Péché, Résurrection, Simplicité, Société, Spiritualité, Temps présent, Trinité, vie moderne | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Quel bond pour notre nature humaine !

258867016_1500094997032214_8952341128469993339_n

Difficile pour nous de saisir toute l’importance de l’Ascension du Seigneur pour notre foi chrétienne. Il ne s’agit pas simplement de « disparition » mais de « session », car après nous avoir quitté, l’Homme-Dieu « s’est assis à la droite du Père », c’est-à-dire que la nature humaine fut alors glorifiée d’une gloire dépassant même celle des anges bienheureux ! Fils d’homme, Jésus nous apparaît ainsi davantage comme Fils de Dieu. C’est précisément ce point de notre foi catholique qu’aborde, dans un sermon, ce théologien hors pair que fut le pape saint Léon le Grand. Écoutons-le :

« Dans la solennité pascale, la Résurrection du Seigneur était la cause de notre joie ; de même, sa montée au ciel nous donne lieu de nous réjouir, puisque nous commémorons et vénérons comme il convient ce grand jour où notre pauvre nature, en la personne du Christ, a été élevée plus haut que toute l’armée des cieux, plus haut que tous les chœurs des anges, plus haut que toutes les puissances du ciel, jusqu’à s’asseoir auprès de Dieu le Père. (…)

Les saints Apôtres eux -mêmes, fortifiés pas tant de miracles, instruits par tant de discours, avaient cependant été terrifiés par la cruelle passion du Seigneur et n’avaient pas admis sans hésitation la réalité de sa résurrection. Mais son Ascension leur fit accomplir de tels progrès que tout ce qui auparavant leur avait inspiré de la crainte, les rendait joyeux. Ils avaient dirigé leur contemplation vers la divinité de celui qui avait pris place à la droite du Père. La vue de son corps ne pouvait plus les entraver ni les empêcher de considérer, par la fine pointe de leur esprit, qu’en descendant vers nous et qu’en montant vers le Père il ne s’était pas éloigné de ses disciples.

C’est alors, mes bien-aimés, que ce fils d’homme fut connu, de façon plus haute et plus sainte, comme le Fils de Dieu. Lorsqu’il eut fait retour dans la gloire de son Père, il commença d’une manière mystérieuse, à être plus présent par sa divinité, alors qu’il était plus éloigné quant à son humanité. C’est alors que la foi mieux instruite se rapprocha, par une démarche spirituelle, du Fils égal au Père ; elle n’avait plus besoin de toucher dans le Christ cette substance corporelle par laquelle il est inférieur au Père. Le corps glorifié gardait sa nature, mais la foi des croyants était appelée à toucher, non d’une main charnelle mais d’une intelligence spirituelle, le Fils unique égal à celui qui l’engendre. » (Sermon pour l’Ascension, Sources chrétiennes, 139-141)

Publié dans Adoration, Amour, Ascension, Église, Contemplation, Désir de Dieu, Dieu, Dieu Père, Foi, Joie, Révélation, Solidarité, Verbe | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire