Un temps pour travailler … un temps pour se reposer!

8643343747_e717f08fc3_z

 

Nous faisons RELÂCHE,

du  15 juillet  au  15 août,

parlons à Dieu plutôt que de Dieu.

BONNES VACANCES à tous et profitez du déconfinement!

 

Publié dans Dieu | 2 commentaires

Danger des prières répétitives

C1ab(Marienau)

Lors de la prière, le cœur peut être rempli de bonnes intentions mais la faiblesse de l’esprit empêche souvent l’attention aux paroles prononcées. Ce danger est plus réel lorsqu’il s’agit de prières répétitives, comme le chapelet par exemple. Nul n’y échappe, pas même les chartreux! Voici ce qu’en dit dom Guillerand:

« La répétition quotidienne, et souvent plus que quotidienne, des mêmes actes et des mêmes formules est un danger. L’habitude devient aisément routine. La prière n’est plus que mouvement de machine que nulle intervention de l’esprit ou du cœur n’anime. Les lèvres seules sont en face de Dieu qui est esprit et qui veut nous communiquer sa vie spirituelle. Pendant qu’elles se remuent sans pensée, l’imagination nous emporte sur mille chemins, et c’est avec toutes sortes de personnes, de choses (surtout avec nous-mêmes) que nous conversons. L’attention fléchit parce que l’amour manque, et la prière qui devrait nous embraser ne fait qu’ajouter au fossé que la négligence creuse peu à peu entre Dieu et nous. Inattention née de froideur, froideur engendrée par l’ignorance, nous glissons ainsi, plus vite hélas qu’on le pense, sur les pentes de la tiédeur au bout desquelles peut se trouver la mort.

Ce qui importe toutefois, c’est l’attention du vouloir plus que celle de l’esprit. Celle-ci nous est souvent impossible. Il est des prières distraites qui ravissent le cœur de Dieu. Quand nous faisons effort pour nous mettre et tenir en face de Dieu et que des dispositions du corps ou de l’âme nous arrachent sans cesse malgré nous au regard et au souvenir de cette présence aimée, quand cette impuissance torture notre désir de lui et que nous acceptons humblement cette torture, la distraction devient un moyen d’union exceptionnellement précieux et fort. Car tout se mesure à l’amour dans nos rapports avec Dieu; et toute répulsion de l’âme à l’égard du créé pour s’unir à l’Incréé est amour.

L’attention aux mots que l’on prononce, aux gestes que l’on fait est bonne, à peu près toujours à conseiller. L’attention à Dieu suffit toujours, est souvent préférable, parfois seule possible. L’essentiel est que la définition de la prière soit réalisée, que l’âme dégagée de ce qui passe, se tourne et se tende vers le Père céleste, par quelque moyen et quelque chemin que ce soit. Dès qu’il y a contact, on prie; si le contact est ardent, on prie excellemment. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 24 s)

Publié dans Adoration, Amour, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Contemplation, Désir de Dieu, Dieu, Kartusija, Kloster, Pédagogie divine, Prière, Recueillement, Souffrance, Spiritualité, Tentation, vie moderne | Tagué , , , , , , | 1 commentaire

Le chaînon problématique

OIP (1)

Une chaîne n’est fiable que si tous ses chaînons sont rattachés les uns aux autres, cela va de soi! Dans notre rattachement au Seigneur Jésus, il en va également de même. Nous avons beau croire en lui, être baptisés, nous dire chrétiens et connaître sa doctrine, si nous omettons de lui obéir de façon régulière … notre cordon ombilical va s’avérer inopérant et notre rattachement à lui inefficace!

À la toute fin de son discours inaugural, mieux connu comme Sermon sur la montagne, Jésus nous décrit une situation accablante (Matthieu 7, 21-23): des disciples qui prêchent en son nom, chassent les démons et opèrent des miracles seront finalement chassés de sa présence au Jour du jugement car ils auront négligé d’obéir aux commandements de Dieu (commentés précisément dans le discours en question). Grave reproche, s’il en est un, visant tous ses disciples mais spécialement ses représentants attitrés! Même si la sainteté de l’Église dépasse de beaucoup celle de ses ministres, ceux-ci ne peuvent s’en prévaloir pour se laisser aller au relâchement. En effet, l’Esprit Saint étant l’âme de l’Église, cette dernière sera toujours opérationnelle quelle que soit la santé spirituelle de ses fonctionnaires, mais sa vitalité et son rayonnement risquent d’en être drôlement affectés. On ne peut servir deux maîtres, appauvrir le rayonnement de l’Église, et faire comme si de rien n’était.  Certains diront, aujourd’hui, que nous ne sommes plus sous le régime de la loi mais de la miséricorde; comme si la Loi de Dieu (avec ses commandements) avait subitement disparu pour être remplacée par les conseils évangéliques. Bien au contraire, la Loi demeure leur fondement :  « N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes; je ne suis pas venu abolir mais accomplir » (Matthieu 5, 17).

Un ami juif me disait un jour, après avoir lu attentivement le Nouveau Testament, que la doctrine de Jésus lui paraissait beaucoup plus stricte que celle des Pharisiens. Sage observation! Le Seigneur n’est pas venu mettre un cataplasme sur nos blessures mais, en bon médecin, il s’est attaqué à la racine de nos maladies: « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez certainement pas dans le Royaume des Cieux » (Matthieu 5, 20). En nous octroyant l’Esprit Saint, Jésus a rendu son joug «léger», mais … ce joug demeure un joug et la porte du Royaume demeure étroite. Avouons-le, les chrétiens seront toujours appelés à se faire violence: « Le Royaume des Cieux souffre violence et des violents le prennent de force » (Matthieu 11, 12).

La tentation est grande, dans notre société permissive, d’en appeler à l’évolution des mentalités pour s’éloigner des rigueurs évangéliques et embrasser une interprétation plus accommodante de la Bible. L’exemple de certaines églises protestantes crève les yeux. Non, la réponse n’est pas dans une réinterprétation modernisante de la Bible mais bien dans notre fidélité accrue à Celui qui ne change pas et ne peut changer: « Jésus Christ est le même hier, aujourd’hui et à tout jamais » (Hébreux 13, 8).

Publié dans Amitié, Évangile, Baptême, Conversion, Détachement, Dieu, Esprit Saint, Jésus, Ministère, Miséricorde, Obéissance, Pédagogie divine, Prêtrise, Société, Spiritualité, Temps présent, vie moderne | Tagué , , , , , , , , , | 1 commentaire

Pas facile de se concentrer!

5b

Dans une société comme la nôtre, l’attention dans la prière est d’autant plus difficile que les distractions d’une vie trépidante sont multiples;  le savent bien ceux et celles qui s’efforcent de s’adonner à un minimum d’oraison. D’où vient cette incapacité? Dom Guillerand nous l’explique assez clairement:

« Une âme attentive est une âme tendue vers l’objet qui l’attire. Une âme distraite est une âme qui se laisse attirer par d’autres objets. L’attention dépend de l’importance que nous reconnaissons à l’objet qui nous sollicite, de l’attrait qu’il exerce. Si nous le savons grand et beau, bon et fort, si nous le connaissons très parfait, riche de tout ce qui peut nous combler, l’attention est extrême.

L’attention à Dieu est rare parce que rares sont les âmes qui le connaissent. Le péché nous a détournés de lui; nous vivons en face du créé; les images des créatures nous emplissent l’âme, nous retiennent et rendent l’attention à Dieu difficile. Il faut se retourner; c’est le sens du mot conversion. La conversion a bien des degrés. Les Saints seuls sont de vrais convertis; seuls ils vont jusqu’au bout de leur mouvement. Ce bout c’est un regard qui ne veut plus faire attention qu’à Dieu … et peu à peu, à la suite d’exercices plus ou moins prolongés et avec l’aide de la grâce, se fixe en lui.

Les créatures, et le démon qui en use, ne se laissent pas évincer sans combat. La vie d’oraison exige des batailles continuelles; c’est le grand effort, et le plus long, d’une existence qui se voue à Dieu. Cet effort porte un beau nom: il s’appelle la garde du cœur. Le cœur humain est une cité; il devrait être une forteresse. Le péché l’a livré. Depuis, c’est une cité ouverte dont il faut rebâtir les murs. L’ennemi se jette sans cesse à la traverse. Il le fait avec son habilité et sa force, avec fourberie et avec fougue. Il présente des pensées si heureuses, parfois si utiles, des images si charmantes ou si redoutables, il enveloppe le tout de raisons si pressantes, qu’il arrive à chaque instant à nous distraire, à nous tirer hors de la divine présence. Il faut sans cesse s’y remettre.

Ces reprises continuelles, ces recommencements sans fin, plus encore que la lutte proprement dite, nous lassent et nous abattent. Nous préférerions une violente bataille … violente mais définitive. Le bon Dieu ne le veut pas en général. Il préfère cet état de guerre, ces embûches et ces guet-apens, ces précautions et ces vigilances. Il est l’Amour et la longue guerre exige plus d’amour et le développe davantage. D’ailleurs, il est là; il mène lui-même le combat; il contient l’ennemi; il surveille et déjoue ses manœuvres; il s’en sert; il le laisse s’avancer pour mieux le frapper et l’abattre. Il prépare des triomphes magnifiques par des insuccès passagers, même par des désastres. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 23 s)

Publié dans Adoration, Amour, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Contemplation, Conversion, Désir de Dieu, Dieu, Islam, Kartusija, Kloster, Paix, Prière, Recueillement, Société, Souffrance, Tentation, vie moderne | Tagué , , , , , , | 1 commentaire

Une église en marche!

christian-art--second-coming-of-christ-dale-kunkel

Depuis 2000 ans, l’Église ne cesse de témoigner du Christ ressuscité. Ce peuple de croyants, animé de l’Esprit Saint, est loin d’être un organisme immobile et statique; fidèle à l’envoi de Jésus, il ne cesse de s’activer en allant « faire des disciples de toutes les nations, les baptisant et leur apprenant à observer tous ses commandements.  (Matthieu 28, 19 s). L’Église est avant tout une église missionnaire !

Cette mission n’est pas laissée au goût d’un chacun mais elle s’accomplit sous les ordres du Christ lui-même, roi en exercice, à qui fut donné tout pouvoir au ciel et sur la terre et qui « nous entraîne , comme dit saint Paul,  dans son triomphe en répandant par nous le parfum de sa connaissance » (2 Corinthiens 2, 14). Cette divine cavalcade prendra fin lorsque, à la fin des temps, ayant tout soumis, « il remettra la royauté à Dieu le Père » (1 Corinthiens 15, 24).

CECI ÉTANT DIT, remarquons que cette église n’est pas militaire mais militante! Les armes utilisées sont celles de l’amour, de la prière, du témoignage et du pardon. Les détracteurs de l’Église catholique n’hésitent pas à lui reprocher, entre autres, les croisades du Moyen Orient en oubliant que celles-ci n’avaient pour but que de protéger les pèlerins chrétiens qui se rendaient aux  Lieux Saints et non de forcer les infidèles à se convertir. Qu’il y ait eu des dérapages au cours de l’histoire, nul ne peut le contester, mais cela n’infirme pas mais plutôt confirme la règle générale: l’Église a reçu de son Seigneur la mission de proposer la vie d’enfant de Dieu, non de l’imposer.

Saluons, en terminant, ces forteresses silencieuses du témoignage évangélique que furent et demeurent  les monastères, les paroisses, les familles chrétiennes, les personnes consacrées et les laïcs engagés. Un travail sans cesse renouvelé « car il faut que le Christ règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi détruit, c’est la mort … et quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra  à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous. » (1 Corinthiens 15, 25-28)

Publié dans Adoration, Amour, Église, Évangile, Baptême, Conversion, Dieu, Foi, Formation permanente, Jésus, Mariage, Monachisme, Mort, Pardon, Parole, Société, Temps présent, Tradition, Vie éternelle, Vie cachée, vie moderne | Tagué , , , , , , , , | 4 commentaires

Pourquoi ne puis-je pas te suivre dès maintenant?

OIP

Il n’est pas rare de vouloir entrer en action prématurément, faussement persuadés que nous en sommes capables. À la dernière Cène, alors que Jésus annonce son départ imminent, l’apôtre Pierre (angoissé, comme tous les autres d’ailleurs, devant cette absence imprévue) voudrait bien le suivre. Pierre ignore sa faiblesse et il lui faudra passer par bien des épreuves pour s’en convaincre; alors il pourra trouver en elle sa force et sa grandeur. Mais laissons notre ami chartreux, dom Augustin Guillerand, nous commenter plus adéquatement ce passage évangélique:

« En Dieu seul la lumière brille éternellement d’un éclat infini. En nous les ténèbres la précèdent, et elle ne les dissipe que peu à peu. Le lever de la lumière se fait généralement dans la lutte et par l’épreuve. Elle procède de la foi, et la foi est une nuit qui enveloppe en son ombre la clarté. Pierre et les apôtres doivent traverser cette nuit avant de jouir de la lumière: « Vous me suivrez plus tard, mais vous ne pouvez pas maintenant » (Jean 13, 36). Le miroir d’âme n’est pas purifié; l’épreuve est proche qui le purifiera. Elle le purifiera en révélant ce qu’un homme ne sait jamais assez, ce qu’il apprend en dernier lieu: sa faiblesse sans bornes, et qu’il faut trouver en elle sa force et sa grandeur. C’est ce qu’explique et annonce le divin Maître, aussi riche d’amour et de lumière en le faisant qu’en se mettant aux pieds des siens pour les laver: « Jésus lui répondit: Tu donneras ta vie pour moi? En vérité, en vérité, je te le déclare: avant que le coq ne chante, tu me renieras trois fois » (Jean 13, 38).

Tout ce chapitre 13 de saint Jean est une révélation aiguë de cette faiblesse dont la connaissance est si nécessaire, et à laquelle s’oppose, en contraste, la toute-puissance de Celui qui la révèle. Les hommes y apparaissent, avec Judas que la passion emporte au fond de l’abîme, avec Pierre et le groupe apostolique qu’anime la meilleur bonne volonté mais qui comprennent si peu et si mal. En face d’eux, Jésus se dresse immensément grand, grand de la science qui pénètre tout le dessein divin, « Jésus sachant que tout lui a été remis par le Père », grand de sa toute-puissance qui est la puissance sans limite, grand de son amour qui s’abaisse à soulever la misère humaine et qui accepte à la fois les résistances hostiles jusqu’à la trahison et les lenteurs de l’esprit qui égare les cœurs.

Le discours après la Cène ne se comprend bien que dans ce cadre: celui de la science et de l’amour infinis qui se communiquent sans réserve à des âmes si peu ouvertes ou si irrémédiablement closes. »

(Écrit spirituels, tome 1, page 419 s)

Publié dans Amitié, Angoisse, Évangile, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Contemplation, Dieu, Humilité, Jésus, Kartusija, Kloster, Mort, Psychologie, Souffrance | Tagué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Choisis de toute éternité, en Jésus!

t0d00mmi

Tout projet humain (études, travaux, carrière, vie amoureuse) demande des efforts, et entre autres celui de garder les yeux fixés sur le but. Que de rêves manqués suite à un oubli graduel  de l’objectif initial. Savons-nous où nous allons?

La vie chrétienne ne fait pas exception! Que de piétinements pour plusieurs d’entre nous: d’où venons-nous et où allons-nous? Saint Paul y répond de façon magistrale:  « C’est ainsi que Dieu nous a choisis en Lui, dès avant la création du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » (Éphésiens 1, 4). Il s’agit de l’appel des élus à la vie éternelle, vie déjà commencée d’ailleurs sur terre de façon mystique par leur union au Christ ressuscité. Nous avons été  voulus par Dieu (nous ne sommes pas un accident) et nous sommes appelés à retourner à lui saints et immaculés en sa présence. Comment y parvenir? L’Apôtre le précise : « … déterminant d’avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par Jésus Christ » (1, 5). La filiation divine, avec Jésus comme source et modèle, est donc le mode de sanctification qui nous est proposé: enfants de Dieu par le baptême, fidèles au combat spirituel durant notre vie, nous attendons patiemment l’héritage promis! Avouons-le, cette belle et unique vocation serait irréalisable sans l’aide de Dieu: une aide quotidienne ressentie à travers la prière et les bonnes œuvres. Seuls ceux et celles qui prennent cette vocation au sérieux peuvent ressentir cette aide; car une foi tiède et superficielle s’avère trop souvent aride, pauvre qu’elle est en  activités spirituelles.

Dieu est Amour.  En Dieu, l’Amour ne peut que se partager! La création n’était pas nécessaire mais elle est devenue partage d’existence et de connaissance. La rédemption, après l’échec de l’homme, n’était pas  nécessaire mais elle est devenue révélation de  l’Amour miséricordieux. La béatification ou  jouissance éternelle de Dieu n’était pas nécessaire non plus, mais elle  s’inscrit dans la munificence du don de l’Amour. Face au Créateur et à son dessein bienveillant, nous ne pouvons que nous sentir petits et incroyablement favorisés: « O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses décrets sont insondables et que ses voies sont incompréhensibles! … Car tout est de Lui et par Lui et pour Lui. À Lui soit la gloire pour l’éternité! Amen. » (Romains 11, 33-36).

Publié dans Adoration, Bonheur, Contemplation, Création, Désir de Dieu, Dieu, Dieu Père, Espérance, Esprit Saint, Foi, Incarnation, Islam, Jésus, Miséricorde, Mystère, Pédagogie divine, Rédemption, Révélation, Spiritualité, Vie éternelle | Tagué , , , , , , , , , , | 1 commentaire

Il sera grand devant le Seigneur

800px-El_Greco_Saint_Jean_Baptiste

En ce temps qui est le nôtre, la grandeur d’un personnage (civil ou religieux) n’a rien de très rassurant, tant il est vrai qu’un simple ragot à connotation sexuelle peut faire basculer une opinion publique toujours friande de scandales. Inutile de donner des exemples. En cette fête de Jean le Baptiste, dom Guillerand nous parle de la véritable grandeur du précurseur de Jésus, grandeur pas tellement devant les hommes mais devant Dieu. Écoutons-le:

« Saint Jean-Baptiste occupe dans l’Évangile et dans la piété chrétienne une place à part. C’est justice: par deux fois le bon Dieu lui-même a voulu affirmer sa grandeur. Au nom du ciel, l’ange Gabriel, en annonçant sa naissance, dit formellement: « Il sera grand » (Luc 1, 15). Trente-trois ans plus tard, quand, déjà en prison, il a achevé son ministère, le Maître dit de lui aux foules: « Parmi les enfants des hommes nul n’a été plus grand que Jean-Baptiste » (Matthieu 11,11). Toute sa vie se déploie entre ces deux attestations qui le qualifient.

Cette grandeur n’est pas une simple grandeur humaine. Ce n’est pas une de ces supériorités naturelles auxquelles le monde, et même parfois les âmes religieuses, attachent beaucoup trop d’importance, grandeurs d’un jour, plus ou moins factices, souvent seulement factices, et même quand elles sont réelles, toujours inférieures, très inférieures. De la grandeur de Jean-Baptiste, l’ange dit expressément: « Il sera grand devant le Seigneur ». Sa grandeur sera la grandeur qui peut soutenir le regard du Dieu de vérité et qui ne redoute pas sa lumière. Notre-Seigneur précise et renchérit: « Qu’êtes-vous allés voir au désert, dit-il aux Juifs? Est-ce un roseau agité par le vent? », c’est-à-dire un homme qui est à la merci des mouvements si capricieux de l’opinion humaine plus mobile que les roseaux des bords du fleuve qui coulait à quelques pas? Est-ce un homme vêtu de vêtements moelleux et soucieux de tout ce qui est caresse à ses sens? Non. Vous êtes allés voir un prophète, c’est-à-dire un homme de Dieu, qui voit tout et tous dans la lumière divine, qui apprécie tout et tous dans le rapport avec la gloire de Dieu. (…)

Les disciples de Jean se plaignaient un jour de ce que Jésus baptisait de son côté et que tous allaient à lui. Jean répondit: « Lui est l’époux, moi je ne suis que l’ami de l’époux ». Le rôle de l’ami consiste à se tenir aux côtés de l’époux, et toute sa joie est de l’écouter. Et il ajoutera: « C’est là ma joie, et elle est complète … Croire cela, croire au Fils qui est l’époux, se donner à lui, c’est la vie éternelle » (Jean 3, 29.36). Cette fois, nous sommes arrivés à l’extrême fonds de son âme et au sommet de sa grandeur. Le divin tressaillement qu’a été sa vie, s’achève là, aux côtés de l’époux, écoutant sa voix, ne faisant que cela, y trouvant repos et félicité, et convaincu que, sous le régime de la foi et dans les ombres de la terre, c’est vraiment cela la vie éternelle commencée: « Qui croit au Fils a la vie éternelle ».

(Écrits spirituels, tome 2, page 48 et 50)

Publié dans Amitié, Évangile, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Contemplation, Dieu, Humilité, Jésus, Kartusija, Kloster, Opinion publique, Révélation, Société, Vie éternelle | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Savoir écouter

12-770x468

Dans notre société impatiente, il n’est pas rare de rencontrer des interlocuteurs qui commentent nos paroles sans avoir vraiment écouté ce que nous disions. Et cela, malheureusement, s’avère également de nous à l’occasion … et à notre plus grande confusion! L’écoute de l’autre exige une certaine humilité: « je n’ai pas réponse à tout et j’aurais intérêt à écouter ce que l’autre a à me dire ». Facile à comprendre, plus difficile à mettre en pratique! Car l’humilité n’est pas uniquement un truc pour bien converser, c’est avant tout une vertu, c’est-à-dire une habitude enracinée dans l’être intime et qui dénote une certaine sagesse. Les vrais humbles ne courent pas les rues!

Il m’a été donné, récemment, d’en faire l’expérience. À un ami de Facebook qui avait présenté son interprétation personnelle (et un peu farfelue, avouons-le) d’un texte biblique, je crus bon lui signifier ma désapprobation. Quelle ne fut pas ma surprise, le lendemain, de le voir retirer son texte en avouant avoir besoin de le retravailler. Humilité, sérénité, simplicité … tout était au rendez-vous!

« J’écoute: que dira le Seigneur Dieu? » (psaume 85, 9). Qu’est-ce que la contemplation, le silence monastique, sinon une écoute du Seigneur? Écouter pour comprendre. La Vierge Marie ressassait en elle-même les faits et paroles de son Fils pour y découvrir leur sens profond (Luc 2, 19). Saint Paul invitait les chrétiens à renouveler leur jugement et à discerner la volonté de Dieu dans leur vie de chaque jour (Romains 12, 2); un discernement qui  présuppose une écoute et une certaine réflexion. Le chrétien doit donc écouter de ses deux oreilles, à savoir, non seulement avec prudence et humilité mais aussi avec ce don reçu qu’est la Foi.

Contemplata aliis tradere (transmettre aux autres les fruits de la contemplation) avaient comme devise les premiers religieux Dominicains. Ces frères prêcheurs ne faisaient que suivre le conseil du Christ: « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits » (Matthieu 10, 27). En effet, toute écoute chrétienne authentique ne peut que devenir missionnaire et apostolique.

Publié dans Amour fraternel, Écriture, calme, Contemplation, Dieu, Foi, Humilité, Islam, Jésus, Joie, Marie, Ministère, Psychologie, Sérénité, Silence, Simplicité, Temps présent, vie moderne | Tagué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Entrer en Jésus … pour qu’il entre en nous!

24

« Il nous faut donc entrer en Lui et le rejoindre en son être intime; et Lui, de son côté, doit entrer en nous et venir occuper le fond de notre être ». C’est ainsi que s’exprime dom Guillerand dans son commentaire du discours de Jésus sur le Pain de vie ( Jean 6, 51 ss ). Au lendemain de la Fête-Dieu, relisons avec intérêt quelques pensées très personnelles de ce chartreux sur l’importance de la communion eucharistique:

« En vérité, en vérité, je vous le dis: si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous » (Jean 6, 53). On n’admire pas assez les discours de Notre-Seigneur. Ils se déploient avec une telle plénitude qu’on ne la remarque pas; il en est de sa parole comme de sa vie: la simplicité en masque la perfection et la beauté. Cherchez, a-t-il dit à ses auditeurs, un aliment qui demeure et donne de vivre à jamais. Demandez-moi cela, et non un aliment matériel qui refasse vos corps chaque jour et qui vous laisse dans la vie périssable de la matière. Ce pain, vous l’avez. Le Père vous l’a donné; je suis ce pain; si vous entrez en moi par la foi, vous l’y trouvez et vous êtes à l’abri de l’usure; vous n’aurez plus ni faim ni soif; vous ne mourrez plus, et même vos corps participeront au dernier jour à cette vie qui demeure.

Mais il faut me manger. Comment cela? En prenant ma chair, en vous unissant à moi dans la chair, comme je me suis uni à vous quand je l’ai prise. Je suis descendu, il faut que vous remontiez; je suis descendu par elle; vous devez remonter par elle. Entrez dans ma chair ⌈par la communion eucharistique⌉ et vous trouverez le Père, le principe de vie qui me la communique, vous accueillerez le souffle de vie par lequel il m’engendre, et vous vivrez de cette vie.

Vous ferez ce que je fais, vous vous donnerez comme je me donne. Vous donnerez votre esprit en croyant; vous donnerez votre volonté en aimant; vous donnerez votre sensibilité en réalisant votre foi et votre amour. Vous vous donnerez parce que l’Esprit d’amour qui m’unit au Père sera en vous, et vous unira à moi comme je m’unis à lui. Vous ferez ce que je fais comme je fais ce que fait le Père. Nous ne ferons plus tous que nous donner mutuellement: et c’est la vie éternelle. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 293 s)

Publié dans Adoration, Amour, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Contemplation, Désir de Dieu, Dieu, Esprit Saint, Eucharistie, Foi, Jésus, Joie, Kartusija, Kloster, Liturgie, Mystère, Recueillement, Sacerdoce, Trinité, Vie éternelle | Tagué , , , , , , , | 2 commentaires