MESSAGE IMPORTANT !

Impression

 

Suite à une malencontreuse opération de l’œil gauche, je me vois (!) dans l’obligation de suspendre la parution de mes articles pour un certain temps. Demeurons néanmoins dans la louange intemporelle et la joie de la connaissance de l’Amour miséricordieux. L’homme propose et … Dieu dispose! Je me réfugie donc dans un silence  «tout chartreux» et je laisse à la Providence le soin de vous remplir de ses consolations.

Publié dans Adoration, Angoisse, Érémitisme, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Détachement, Dieu, Kartusija, Kloster, Providence, Silence, Vie cachée | Tagué , , , , , , | 6 commentaires

Advenant la fin du monde … que faire?

LDS-2NDCOMING-5X7

Précisons: il ne s’agit pas ici de traiter des signes précurseurs de la fin du monde mais bien de la fin du monde comme telle et cela, dans la perspective chrétienne reçue du Christ.

Car à l’Ascension, les anges ont bien dit aux disciples que Jésus reviendrait de la même manière qu’ils l’avaient vu s’en aller au ciel (Actes 1, 10-11). Et saint Paul, de son côté, a non seulement répété cet enseignement reçu mais l’a précisé en y ajoutant une ambiance sonore: un son strident, capable de réveiller les morts ( 1 Thessaloniciens 4, 16-17).

La question demeure … que faire à ce moment? Se jeter à genoux? Courir à l’église? Faire la ligne au confessionnal? Se mettre à prier le chapelet? La réponse est simple: RIEN. Car, nous dit encore l’Écriture, nous n’aurons PAS le temps de réagir (soit en bien soit en mal), tout se fera en une fraction de seconde: « Car, comme l’éclair part de l’orient et se montre jusqu’en occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme » (Matthieu 24, 27).

La conclusion me semble évidente … et je l’emprunte à Jésus lui-même: « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra » (Matthieu 24, 42).

Publié dans Angoisse, Ascension, calme, Dieu, Fatalité, Jésus, Mort | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Que tous nos frères nous apparaissent comme un don!

ob_566b42_le-vrai-cep-v2

 

« ESPRIT DE DIEU, sève d’amour

De l’arbre immense où tu nous greffes,

Que tous nos frères alentour

Nous apparaissent comme un don

Dans le grand Corps en qui s’achève

La Parole de communion. »

( Hymne de la Pentecôte )

Publié dans Amour fraternel, Église, Évangile, Dieu, Esprit Saint, Jésus, Liturgie, Parole, Solidarité | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

L’Esprit Saint et le don de soi

4d

En cette veille de la Pentecôte, voici un extrait de sermon de dom Augustin sur le sujet. À noter le thème du « don de soi » développé tout d’abord en  Jésus, en la Vierge et finalement en tous ses disciples. Un travail attribué, comme il se doit, à l’Esprit Saint:

« C’est l’Esprit Saint qui anime, qui unit, qui orne toute la sainte cité dont saint Jean a tracé le magnifique tableau (Apocalypse 21); c’est lui dont nous célébrons la fête aujourd’hui. Il est lui-même cette cité, et il en est l’ornement; il est cet époux qui est la parure et la beauté de l’épouse. C’est l’Esprit de l’Agneau immolé. Comme Jésus l’a reçu, avec son corps et sa nature humaine (dans le sein de la Vierge qui s’est donnée comme il se donne), il l’a manifesté par toute son existence terrestre. Sa Passion en a été la suprême démonstration et n’a pas eu d’autre but. Il l’a répandu dans le monde pour qu’il puisse s’emparer de tous ceux qui se donneront à son image; et éternellement il resplendit en tous comme un soleil dont ils seraient les réflecteurs très purs.

En attendant, il les prépare; il les prépare en les purifiant; il les purifie en les attirant à lui, il les attire à lui en les détournant de tout ce qui n’est pas lui; il leur fait entendre sans cesse la douce note d’amour que Jean a entendue: «Venez, quittez-vous, sortez de vous, venez à lui.» Il la répète sans fin jusqu’à ce qu’il ait réalisé l’union parfaite dont parle le disciple bien-aimé: « L’Esprit et l’épouse disent: Venez! » (Apocalypse 22,17). »

(Écrits spirituels, tome 2, page 42 s)

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

AVIS IMPORTANT

Comme nous en avertit son biographe, le père André Ravier s.j.,  « tous ces textes de Dom Augustin sont à méditer en contemplatif et non à lire en curieux, avide de pensées originales. Tout ce que nous dit ce moine, nous le savons par notre catéchisme: mais c’est dans l’au-delà des mots qu’il faut chercher sa grâce et sa lumière. » (Introduction aux Écrits spirituels, page xvi)

Publié dans Carthusian, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Contemplation, Esprit Saint, Kloster, Liturgie, Monastery | Tagué , , , , , | 5 commentaires

Agir ou prier … action ou contemplation?

Brooklyn_Museum_-_Feed_My_Lambs_(Pais_mes_brebis)_-_James_Tissot

«Pais mes brebis» (oeuvre de James Tissot)

Dans l’Église, tout comme en général parmi les humains, la diversité des personnes se voit surtout dans cette répartition entre les actifs et les contemplatifs, les hommes politiques et les penseurs, les jésuites et les chartreux, les Jean Vanier et les Élisabeth de la Trinité, les Pape François et les Pape Benoît XVI, etc. etc. Sans  oublier, dans le groupe des apôtres, ces deux individus si proches mais si différents que furent Pierre et Jean. Mais toutes ces personnes sont-elles vraiment et totalement d’un côté ou de l’autre? En tant que croyants, pouvons-nous prendre place dans ces deux genres de vie apparemment opposés? Laissons à saint Augustin le soin de clarifier cette distinction qui risque d’être mal comprise:

« L’Église connaît deux genres de vie qui lui ont été révélés et recommandés par Dieu. L’une de ces vies est dans la foi, l’autre dans la vision; l’une pour le temps du voyage, l’autre pour la demeure d’éternité; l’une dans le labeur, l’autre dans le repos; l’une sur la route, l’autre dans la patrie; l’une dans le travail de l’action, l’autre dans la récompense de la contemplation. (…)

La première est symbolisée par l’Apôtre Pierre, la seconde par Jean. La première est en action jusqu’à la fin du monde, avec laquelle elle trouve sa propre fin; la seconde doit attendre son accomplissement  après la fin de ce monde, mais dans le monde futur elle n’a pas de fin. C’est pourquoi il est dit à Pierre:  Suis-moi, et au sujet de saint Jean: Si je veux qu’il reste jusqu’à ce que je vienne, est-ce ton affaire? Mais toi, suis-moi! (Jean 21, 22) . Suis-moi en supportant les maux temporels, à mon imitation; lui, qu’il reste jusqu’à ce que je vienne lui donner les biens éternels. (…) Suivre le Christ en allant jusqu’à la mort, c’est la plénitude de la patience; rester jusqu’à ce que le Christ vienne, c’est la plénitude de science qui doit le faire connaître. Ici, on supporte les maux de ce monde sur la terre des mourants; là, on verra les biens du Seigneur sur la terre des vivants. (…)

Mais que personne ne sépare ces glorieux Apôtres. Tous deux se rejoignaient dans ce que Pierre symbolisait; et en ce que Jean symbolisait, tous deux se rejoindraient plus tard. C’est symboliquement que l’un suivait et que l’autre restait. Par la foi, tous deux supportaient les maux présents de cette vie malheureuse, et tous deux attendaient les biens futurs de la béatitude. Ce n’est pas eux seulement, c’est toute la sainte Église, l’épouse du Christ, qui agit ainsi: elle doit être délivrée de ces épreuves d’ici-bas, elle doit demeurer dans la félicité d’en-haut. Pierre et Jean ont figuré ces deux vies, chacun pour l’une des deux. Mais en réalité, tous deux ont suivi la première, passagèrement, par la foi; et tous deux jouiront de la seconde, éternellement, par la vision. »  (Commentaire sur l’évangile de Jean, CCL 36, 685-687)

Publié dans Amour, Angoisse, Désir de Dieu, Dieu, Foi, Obéissance, Perplexité, Société, Temps présent | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Intronisation de la nature humaine

Giotto_di_Bondone_-_No._38_Scenes_from_the_Life_of_Christ_-_22._Ascension_-_WGA09226

L’Ascension du Christ ( Fresque de Giotto, Padoue, 14e siècle)

« Lorsque le Seigneur partit vers les hauteurs des cieux, les Apôtres ne furent affectés d’aucune tristesse, mais comblés d’une grande joie. Certes, c’était pour eux un motif puissant et indicible de se réjouir puisque la nature humaine recevait une dignité supérieure à celle de toutes les créatures célestes; elle allait dépasser les chœurs des anges et monter plus haut que les archanges; les êtres les plus sublimes ne pourraient mesurer son degré d’élévation, car elle allait être admise à trôner auprès du Père éternel en étant associée à sa gloire, puisque la nature divine lui était unie dans la personne du Fils. »  (Homélie pour l’Ascension, saint Léon le Grand, SC 74, 136-138)

Publié dans Ascension, Église, Contemplation, Dieu, Jésus, Mystère, Solidarité, Trinité | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Sortir de soi … entrer en Dieu!

10c

Nous vivons à une époque où la recherche de la joie est devenue un passe-temps très populaire, à preuve cet engouement pour les plaisirs de toutes sortes: musique, sports, bonne bouffe, voyages, divertissements télévisés, pour ne citer que les «plus honnêtes»! Et pourtant que de dépressions, burn-out, séparations, suicides, désillusions et tristesses de tout acabit. Nous avons goûté au plaisir sans obtenir le bonheur … un mirage qui s’éloigne de nous à mesure  que nous nous approchons de lui. Cherchons-nous ce bonheur au bon endroit? Non! nous disent les personnes qui savent prendre du recul … ces « sages » dont fait partie notre ami, dom Augustin Guillerand, chartreux du 20e siècle. Voici un extrait d’une de ses lettres à un correspondant:

« T’ai-je cité une belle pensée que j’ai copiée il y a de longues années et que je me rappelle bien souvent: «La tristesse, c’est le regard sur soi; la joie, c’est le regard sur Dieu!» Médite-moi ces mots-là, et tu trouveras le secret du bonheur. Les âmes étouffent parce qu’elles sont étroites; et elles sont étroites parce qu’elles restent dans les bornes de leur tout petit moi. C’est tout naturel qu’elles manquent d’air, dans cette prison-là. Il faut en sortir. Nous sommes plus grands que nous: voilà pourquoi nous souffrons en nous. Nous sommes grands comme Dieu, mais à la condition d’entrer en lui. Tout cela paraît bien compliqué et bien mystérieux … Non! ce sont nos mots qui ne sont pas faits pour traduire ces réalités très simples. Alors il faut les multiplier; et malgré leur grand nombre, il sont beaucoup plus des voiles que des lumières. Heureusement nous pouvons nous en passer. La foi les remplace avantageusement. Il faut croire que Dieu est vraiment présent au fond de ton âme, qu’il y vit sa vie éternelle si tu es en état de grâce, que ton âme est donc une église (temple de l’Esprit Saint), un tabernacle, que lorsque tu te tournes vers lui par la confiance  et l’amour, tu as avec lui des rapports, que ces rapports c’est la vie éternelle. Tu le fais vivre en toi par ces rapports comme il vit au ciel. Ton âme est donc devenue, uniquement par un acte de foi et de charité, un vrai ciel.

Mais il a fallu sortir de toi, penser à Dieu au lieu de penser à toi, faire sauter la serrure de la prison étroite et sombre, et ainsi entrer dans un horizon immense que la souffrance, la séparation, la mort ne limitent pas. Sortons de nous! Entrons en Dieu! »

(Écrits spirituels, tome 2, page 228 s)

Publié dans Adoration, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Dieu, Foi, Joie, Kartusija, Kloster, Recueillement, Souffrance, Vie éternelle | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Le Christ ne meurt plus, alléluia!

 

Il Risorto

Le Ressuscité  (oeuvre de Pericle Fazzini, salle Paul VI, Vatican)

Si le Christ est mort pour nos péchés, n’oublions surtout pas qu’il est ressuscité pour nous donner la vie éternelle. Célébrer Pâques, c’est donc non seulement célébrer  un événement unique dans la vie de Jésus mais c’est aussi célébrer un événement central dans la vie de tout croyant: l’espérance de vivre de la vie-même de Dieu, dans la foi tout d’abord puis dans la vision! L’apôtre saint Pierre exprime très bien cette réalité lorsqu’il affirme: « Béni soit Dieu qui nous a régénérés, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour une vivante espérance, pour un héritage qui vous est réservé dans les cieuxVous en tressaillez de joie, bien qu’il vous faille encore quelque temps être affligés par diverses épreuves » (1 Pierre 1, 3-6).

Nous sommes donc voués, dans l’immédiat, à deux sortes de réaction: la louange et la supplication. La louange que provoque en nous la prise de conscience que Dieu nous aime non seulement en parole mais aussi en acte, et la supplication face aux difficultés récurrentes de la vie.  Dans un sermon sur le psaume 148, saint Augustin résume très bien ces deux attitudes du croyant: « La méditation, dans notre vie présente, doit consister à louer Dieu, car l’allégresse éternelle de notre vie future sera une louange de Dieu; et personne ne peut être adapté à la vie future s’il ne s’y exerce pas dès maintenant. Maintenant donc nous louons Dieu, mais nous le supplions aussi. Notre louange comporte la joie; notre supplication, le gémissement. Car on nous a promis quelques chose que nous ne possédons pas encore; et parce que l’auteur de la promesse est véridique, nous trouvons notre joie dans l’espérance; mais parce que nous ne possédons pas encore, notre désir nous fait gémir. Il nous est bon de persévérer dans le désir jusqu’à ce que vienne le bonheur promis, jusqu’à ce que le gémissement disparaisse et que la louange demeure seule. »  (CCL 39, 2165-2166)

Retenons, enfin, que si le temps du carême était propice à la supplication, par contre le temps pascal, lui, est propice à la louange; c’est pourquoi nous chantons si souvent ALLÉLUIA , une exclamation hébraïque qui signifie littéralement « louons Yahvé » (allelu-Ya). À ce sujet, le même saint Augustin précise: « Nous vous exhortons, mes frères, à louer Dieu en ce moment, et c’est ce que nous faisons tous lorsque nous disons Alléluia. (…) Mais louez-le par tout vous-mêmes, c’est-à-dire que votre langue et votre voix ne doivent pas être seules à louer Dieu; louez-le aussi par votre conscience, par votre vie, par vos actions. »

Publié dans Adoration, Dieu, Prière, Rédemption, Résurrection, Souffrance, Temps présent, Vie éternelle | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Nos relations avec Dieu

11o

On n’aime que ce que l’on connaît. L’amour de Dieu suppose donc un minimum de connaissances sur lui: son existence éternelle, sa toute-puissance et ses dispositions de bienveillance envers nous. Ceci étant dit, il ne faudrait pas penser que la religion est avant tout l’affaire des savants, des théologiens ou des experts en Écriture Sainte. La Foi est un mystère qui, bien que suscité et comme implanté dans le cœur du croyant par la prédication, ne peut s’y développer que par  l’amour, c’est-à-dire par l’obéissance aux commandements. Personne ne peut tricher en ce domaine … et le miroitement des sciences ésotériques n’est ici que pure illusion. Laissons, encore une fois, dom Guillerand nous éclairer sur cette réalité mystérieuse de nos rapports avec Dieu:

«N’attendez pas la science pour agir dans le domaine de vos relations avec Dieu. La religion est une croyance et surtout une pratique. Ce n’est pas une science. Elle est un commerce d’amitié avec Dieu. Lui-même se révèle dans ce commerce. Il se révèle dans la mesure où nous l’aimons, non pas dans la mesure où nous sommes savants, même en religion. Il n’est pas requis de connaître avec précision toutes les perfections que Dieu possède, ni de pouvoir exposer avec éloquence tous les arguments prouvant son existence.

Que d’âmes passent leur vie sans cette science et ont sur lui des vues très sûres, nourrissent pour lui des sentiments très vifs et entretiennent avec lui des relations très vivantes! Elles le voient comme un Père qui sans cesse leur communique ses pensées, ses sentiments, les fait vivre de ces pensées, de ces sentiments, qui est comme leur âme et leur vie profonde, dont l’Esprit est au fond de leur esprit pour les éclairer, les encourager, diriger vers lui toutes les énergies dont elles disposent. Elles aiment ce Père et lui parlent, elles lui disent leurs joies et leurs peines, il est le confident secret de toutes les heures; il est là, au plus profond d’elles-mêmes, pour les accueillir en sa demeure spirituelle quand elles se tournent vers lui. (…) Leur pensée rencontre toujours la sienne; des rapports vivants, incessants, délicieux peuvent se nouer et se développer ainsi avec l’Hôte divin de leur cœur. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 175)

Publié dans Amitié, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Contemplation, Dieu, Foi, Kartusija, Kloster, Obéissance, Spiritualité | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Valorisation … ou dévalorisation?

Désir(2)

Devant ces géants contemporains de la sainteté que furent Mère Teresa, Jean-Paul II et Jean Vanier, on ne peut que s’incliner et admirer la force de l’Esprit Saint qui s’est manifestée en eux. Mais après un moment d’admiration bien légitime, certains, après un bref retour sur eux-mêmes, risquent d’être pris de court face à leurs propres limites et de se sentir bien petits dans la sainte Église de Dieu. Les plus âgés parmi  nous en seront d’autant plus affectés que leur vie chrétienne leur apparaîtra, somme toute, assez banale et peu productive face à celle de ces chrétiens extraordinaires! Laïcs, clercs, personnes consacrées … que sommes-nous face à Jean Vanier, à Jean-Paul II et à mère Teresa? Une telle morosité se retrouvait déjà  au début de l’Église, alors que beaucoup de chrétiens, éblouis par les Apôtres et leurs successeurs immédiats, avaient peine à se sentir utiles, encore moins nécessaires, dans la vie des communautés chrétiennes. Voici ce que saint Clément de Rome, proche successeur de saint Pierre, leur confie à ce sujet:

« Prenons l’exemple de notre corps; la tête n’est rien sans les pieds, et de même les pieds ne sont rien sans la tête. Les moindres de nos membres sont nécessaires et bienfaisants pour le corps entier; et même, tous servent le salut du corps entier en collaborant dans une soumission qui les unifie.

Assurons donc le salut du corps entier que nous formons dans le Christ Jésus, et que chacun se soumette à son prochain, selon le charisme que celui-ci a reçu. Que le fort se préoccupe du faible, que le faible respecte le fort; que le riche subventionne le pauvre, que le pauvre rende grâce à Dieu qui lui a donné quelqu’un pour compenser son indigence. Que le sage montre sa sagesse non par des paroles, mais par de bonnes actions; que l’humble ne se rende pas témoignage à lui-même, mais qu’il en laisse le soin à un autre. Que celui qui est chaste dans sa chair ne s’en vante pas, sachant que c’est un autre qui lui accorde la continence. (…) Puisque nous tenons du Christ tout cela, nous devons lui rendre grâce pour tout. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen. »          ( Lettre de  Clément de Rome aux Corinthiens, PA 1, 144-148)

Publié dans Amour fraternel, Église, Dieu, Esprit Saint, Jésus, Solidarité, Spiritualité, Temps présent, Tradition, Vie cachée | Tagué , , , , , , | 3 commentaires