Pourquoi sombrer dans la tristesse ?

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Je suis toujours surpris de voir tant de chrétiens se laisser envahir par la morosité, même durant le Temps pascal ! Les événements contemporains, aussi tristes qu’ils puissent être, ne sont pas toujours en cause mais bien plutôt notre façon superficielle de vivre en ce monde, éparpillés que nous sommes par nos sens toujours à l’affût de nouveautés. Nous sommes-nous vraiment arrêtés cette année à la signification du Salut apporté par le Fils de Dieu ? Sommes-nous conscients des répercussions multiples de cet événement unique qu’est sa Mort-Résurrection ? Faisons-nous partie intégrante de ce Mystère ou en sommes-nous les spectateurs plus ou moins indifférents ?

Il n’en reste pas moins que la joie de la Résurrection de Jésus perdure dans l’Église depuis 2000 ans et elle est extatique … car les véritables disciples du Ressuscité ne cessent de s’extasier devant cette nouvelle vie qui répond à leur désir profond d’éternité. Les cultures peuvent changer, les gouvernements peuvent se succéder, l’être humain demeure le même depuis sa lointaine origine: il a soif de bonheur, il aime la vie et désire la conserver le plus longtemps possible.

Ne soyons donc pas surpris si les 50 jours  après Pâques, appelés «Temps pascal», sont consacrés à cet enthousiasme spirituel qui prolonge celui de la Fête. Un temps d’action de grâce où résonne l’Alléluia  (allelu-Yah, littéralement: louons Yahvé); un temps de chants et de joie qui nous fait oublier la période ascétique du carême pour nous axer plus directement sur le triomphe du Ressuscité. Malheureusement, ce n’est que pour un certain temps, car la dure réalité de la vie ne peut que nous rattraper. C’est en ce sens que s’exprimait  saint Augustin au 5e siècle :

« Il y a deux époques: l’époque actuelle qui se passe dans les tentations et les épreuves de cette vie, et une seconde époque, qui sera celle de la sécurité et de l’allégresse sans fin. Aussi deux époques ont-elles été instituées par l’Église: avant Pâques et après Pâques. L’époque antérieure à Pâques (le carême) symbolise l’épreuve où nous sommes maintenant, et ce que nous célébrons en ces jours qui suivent Pâques (le temps pascal) symbolise la béatitude qui sera plus tard la nôtre. » (Homélie sur le psaume 148)

Le temps pascal étant donc pour nous une certaine anticipation du Ciel, profitons-en et laissons déborder notre reconnaissance et notre joie !

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D’où vient en nous, ce jour de fête ?

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Le Ressuscité de Pericle Fazzini (Salle Paul VI, Vatican)

Lumière du monde, ô Jésus,

Bien que nous n’ayons jamais vu

Ta tombe ouverte,

D’où vient en nous, cette clarté,

Ce jour de fête entre les fêtes,

Sinon de toi, ressuscité ?

Quand sur nos chemins on nous dit:

Où est votre Christ aujourd’hui

Et son miracle ?

Nous répondons: D’où vient l’Esprit

Qui nous ramène vers sa Pâque,

Sur son chemin, sinon de lui ?

(Patrice de la Tour du Pin)

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Ma réaction face à la Passion ?

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Les Jours Saints nous font contempler Jésus dans sa Passion et nous nous mettons souvent à envier ceux et celles qui ont eut la grâce d’assister en personne à ce drame central de notre foi chrétienne. Qu’aurions-nous fait à leur place? Aurions-nous été de ceux qui se réjouissaient de la disparition d’un importun? de ceux qui en étaient scandalisés? ou de ceux et celles qui, sans trop comprendre, lui conservaient leur amour? Et nous nous mettons peut-être à envier les Apôtres ou autres intervenants comme Simon de Cyrène, Joseph d’Arimathie, les saintes femmes et aussi, pourquoi pas, le malfaiteur repenti qui était crucifié près de Lui. Écoutons brièvement un théologien du 4e siècle, docteur de l’Église, nous expliquer l’attitude à adopter face au Crucifié:

« Acceptons tout pour le Christ; par nos souffrances, imitons sa passion; par notre sang honorons son sang; montons vers la croix avec ferveur. Si tu es Simon de Cyrène, prends la croix et suis-le. Si tu es crucifié avec lui, comme le malfaiteur, reconnais, comme cet homme juste, qu’il est Dieu. Si lui-même a été compté parmi les pécheurs à cause de toi et de ton péché, toi, deviens un homme juste à cause de lui. En te crucifiant, adore celui qui a été crucifié à cause de toi, et tire quelque profit de ta méchanceté même; achète le salut au prix de la mort; entre au Paradis avec Jésus, pour comprendre de quels biens tu étais exclu. Contemple les merveilles qui sont là, et laisse mourir au-dehors, avec ses blasphèmes, celui qui l’injuriait.

Si tu es Joseph d’Arimathie, réclame le corps à celui qui l’a fait mettre en croix; que ton souci soit le rachat du monde. Si tu es Nicodème, cet adorateur nocturne de Dieu, mets-le au tombeau avec les parfums. Si tu es une des saintes femmes, l’une ou l’autre Marie, si tu es Salomé ou Jeanne, va le pleurer de grand matin. Sois la première à voir la pierre enlevée, à voir peut-être les anges, et Jésus lui-même. »

(Homélie de saint Grégoire de Nazianze pour la Pâque, PG 36, 653-656)

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L’horrible torture de la crucifixion

Les évangiles n’étant pas des biographies de Jésus mais des mises par écrit de la prédication des Apôtres, il est normal que ces documents, tout en se référant principalement à la mort du Christ, ne nous aient pas donné des comptes rendus journalistiques de la crucifixion elle-même. Ainsi, l’évangéliste Marc résume de façon très succincte cet évènement « Et ils (les soldats romains) lui donnaient du vin mêlé de myrrhe, mais il n’en prit pas. Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun » (Marc 15, 23-24). Les autres évangélistes ne sont pas plus loquaces à ce sujet … et on peut le comprendre d’une certaine façon, car ce genre de mise à mort, des plus fréquents dans l’empire romain, n’avait pas à être détaillé pour les premiers lecteurs. Notons que cette mort humiliante, réservée normalement aux esclaves, n’était pas infligée aux citoyens romains.

À deux mille ans de distance, il n’est peut-être pas inutile de se remémorer certains éléments de la passion de Jésus qui, pour diverses raisons, risquent d’être banalisés. S’il convient de ne pas tomber bêtement dans un certain voyeurisme, il faut bien avouer par ailleurs que plusieurs représentations du divin crucifié versent dans l’angélisme le plus naïf: un beau Jésus, tout propre pour ne pas dire exsangue, qui tient facilement de brefs discours avec son entourage pour ensuite mourir presque subitement, sans convulsions. Or la torture infligée aux crucifiés était toute autre chose qu’une mort tranquille!

Rappelons brièvement les souffrances infligées au Christ avant son arrivée au Calvaire. Tout d’abord, une flagellation inhabituelle, imposée par un gouverneur désireux d’attendrir la foule, subterfuge cruel qui s’est avéré inutile mais dont le corps de Jésus a fait les frais. Puis une séance de moqueries et de sévices gratuits infligés par la garde du prétoire pour ridiculiser sa royauté. Enfin, l’acheminement des condamnés au lieu d’exécution, chacun portant son patibulum (partie transversale de la croix destinée au crucifiement): déambulation pénible dans les ruelles de Jérusalem, chutes fréquentes et non protégées par les mains ligotées à la poutre: ecchymoses et visage tuméfié (le Saint Suaire de Turin, examiné soigneusement par Mgr Giulio Ricci, révèle entre autres blessures un nez fracturé et un œil droit complètement bouché). Au cours du trajet, l’état piteux de Jésus obligea les soldats à réquisitionner l’aide d’un passant pour porter la poutre derrière lui.

Quant à la crucifixion proprement dite, elle pouvait se faire de diverses manières, allant de l’attachement avec cordes (se prolongeant des jours entiers jusqu’à ce que mort s’en suive) au percement des mains et pieds avec clous de fer. Le choix était souvent aléatoire et laissé aux exécuteurs mais, dans le cas du Christ, on sait très bien quelle décision fut prise. Il était 9h, nous dit saint Marc. Les soldats commencèrent par clouer les mains au patibulum (le docteur Pierre Barbet suggère une percée aux poignets alors que le pathologiste Frédéric Zugibe opte vers le haut de la paume des mains). De toute façon, le sectionnement des muscles ne pouvait que provoquer une douleur atroce. Puis venait la fixation du patibulum au poteau vertical déjà en place et finalement le percement des deux pieds, l’un par dessus l’autre, à l’aide d’un seul clou. C’est alors que la souffrance du crucifié atteignait son paroxysme car, pour respirer, il devait se dresser vers le haut (en s’appuyant douloureusement sur le clou des pieds) pour ensuite s’abaisser et ressentir l’exacerbation des douleurs aux mains. La crucifixion des pieds nécessitait donc la flexion préalable des jambes pour permettre ce mouvement respiratoire, sinon c’était l’asphyxie au bout de quelques minutes. C’est dans ce contexte de mouvements pénibles et répétées qu’il nous faut placer les quelques mots prononcés par Jésus, balbutiements à peine audibles mais que les évangélistes nous ont transmis minutieusement. L’aggravation inexorable des convulsions laisse présumer que la plupart des échanges verbaux eurent lieu dans les premières heures de la crucifixion. La posture du Christ en croix n’avait donc rien de statique … et ses spasmes d’agonisant ne prendront fin qu’à sa mort, vers 3h de l’après-midi. Les malfaiteurs, quant à eux, ont-ils été attachés à leur croix avec des cordes? Impossible de le savoir, mais leur facilité apparente de converser ainsi que la nécessité de leur fracturer les jambes pour hâter leur mort semblent l’indiquer.

Mort ignominieuse du Messie, mystère insondable de souffrances de toutes sortes: pourquoi devait-il en être ainsi? Toute réponse valable ne peut que se retrouver dans la Sagesse du Plan divin. En célébrant la Passion du Christ, puissions-nous obtenir de participer à ce mystère en produisant des fruits de sainteté !

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Richesse du dernier repas

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Le tableau de la Dernière cène par Salvador Dali a ceci de remarquable qu’il fait le lien entre le repas du soir et l’évènement du lendemain. Ce qui aurait pu n’être qu’un dernier repas entre amis est ainsi représenté comme une annonce du mystère qui va se dérouler dans les prochaines vingt-quatre heures. C’est là tout l’essentiel de l’Eucharistie, ce sacrement que Jésus a institué pour être le mémorial de sa mort.

« Ceci est mon corps qui va être donné pour vous; faites-ceci en mémoire de moi » (Luc 22,19). Jésus donne à ses apôtres et à leurs successeurs le commandement de refaire ce repas périodiquement afin de garder en mémoire qu’il est mort sur la croix pour chacun et chacune d’entre nous. Mais il y a plus. En distribuant la coupe de vin à la fin du repas, il ajoute une précision importante: « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, qui va être versé pour vous » (Luc 22,20). La «nouvelle» Alliance par rapport à l’ancienne contractée au Sinaï entre Dieu et le peuple juif. On se rappelle que Moïse avait alors prit la moitié du sang de la victime pour en asperger les deux contractants soit Dieu (représenté par l’autel) et le peuple lui-même en disant: « Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a conclue avec vous …» (Exode 24,8). « Nouvelle » alliance donc car la mort de Jésus nous introduit dans une nouvelle relation avec le Créateur, relation qui vise à nous introduire non plus dans un quelconque petit pays méditerranéen mais bien dans une union ineffable avec Celui qui se déclare notre Père, une union définitive et éternelle !

Cependant, le sacrement de l’Eucharistie, tout sublime qu’il puisse être, n’enlève rien à la beauté du geste que Jésus a posé sur la Croix mais il en fait ressortir le caractère unique: le Fils de Dieu s’offre totalement à son Père dans un acte d’amour qui est l’écho de sa relation éternelle avec lui (le Verbe se donne au Père, le Père se donne au Verbe et de ce mouvement d’amour vient l’Esprit Saint). Cette offrande éternelle réactualisée sur la Croix devient donc pour nous la source et le modèle de notre propre vie chrétienne. Il y a là un grand mystère d’amour qui ne peut s’expliquer par des mots mais qui se dévoile peu à peu à ceux et celles qui en vivent chaque jour.

Ne rougissons pas de l’Eucharistie, c’est une faveur inouïe de la part de Dieu qui s’y fait assimilable et dont nous ne saisirons toutes les retombées que dans l’Éternité!

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Une souffrance incontournable

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Aux deux pèlerins d’Emmaüs qui retournaient chez eux l’après-midi de Pâques, Jésus ressuscité n’hésita pas à expliquer à même les Écritures la nécessité pour le Messie de souffrir sa passion pour entrer dans sa gloire. La Tradition n’a pas retenu les éléments de cette catéchèse mais voici un texte sans doute bien connu de Jésus (et longuement médité par lui tout au long de sa vie à Nazareth) qui résume fort bien le Plan providentiel du Salut:

« Devant Dieu, le serviteur a poussé comme une plante chétive, enracinée dans une terre aride. Il n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n’avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. Pourtant, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé, c’est par nos péchés qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.

Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche: comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est soucié de son destin? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à cause des péchés de son peuple. On l’a enterré avec les mécréants, son tombeau est avec ceux des enrichis; et pourtant, il n’a jamais commis l’injustice ni proféré le mensonge. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. Mais s’il fait de sa vie un sacrifice d’expiation, il verra sa descendance, il prolongera ses jours: par lui s’accomplira la volonté du Seigneur. » (Isaïe 53, 2-10)

Jésus s’est effectivement chargé de nos péchés au Jourdain, avant de recevoir le baptême pénitentiel de Jean. Assumant sa mission de bouc émissaire, il ne pouvait qu’en prévoir, tôt ou tard, son dénouement tragique ainsi que sa résurrection: « Mais s’il fait de sa vie un sacrifice d’expiation, il verra sa descendance, il prolongera ses jours ». Un tel cheminement avec souffrances et résurrection était-il vraiment nécessaire ? Difficile pour nous qui vivons au 21e siècle de comprendre tout le rationnel de l’Ancien Testament face à la valeur d’un sacrifice expiatoire. De même, il nous est peu aisé de voir en Jésus un nouvel Adam, capable de refaire l’histoire de l’humanité. Il nous est, par contre, plus facile de comprendre l’amour incomparable d’un homme-Dieu qui donne sa vie pour ses amis. Et on ne saurait passer sous silence la valeur exemplaire d’un tel geste, combien encourageant pour ses disciples appelés au renoncement d’eux-mêmes et à l’obéissance envers Dieu.

Pourquoi le Messie devait-il souffrir? La réponse définitive ne peut que se trouver dans le Plan divin dont la profondeur nous échappe … « mais s’il fait de sa vie un sacrifice d’expiation, il verra sa descendance, il prolongera ses jours: par lui s’accomplira la volonté du Seigneur ». Devant une telle volonté du Seigneur on ne peut que s’incliner!

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Ambivalence des démonstrations populaires

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Vos mains me tendent les rameaux
pour l’heure du triomphe:
Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !
Pourquoi blesserez-vous mon front
de ronce et de roseaux,
en vous moquant ?

Je viens monté sur un ânon,
en signe de ma gloire:
Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !
Pourquoi me ferez-vous sortir
au rang des malfaiteurs,
et des maudits ?

Voici que s’ouvrent pour le Roi
les portes de la Ville:
Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !
Pourquoi fermerez-vous sur moi
la pierre du tombeau
dans le jardin ?

(Didier Rimaud)

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Compassion : luxe ou nécessité ?

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En ce temps de la Passion, il convient de se pencher sur nos relations avec le Christ souffrant. Pouvons-nous cultiver une grande amitié avec Jésus tout en faisant abstraction de son parcours ultime, à savoir son offrande pour le salut du monde ? La réponse se trouve peut-être dans ce que l’Église appelle la compassion de Marie « et toi-même, un glaive te transpercera l’âme ! » (Luc 2, 35). Laissons la parole à un maître spirituel averti, dom Augustin Guillerand :

« Jésus veut l’union ; il ne peut pas ne pas la vouloir, car il est l’Amour. Il faut que ceux qu’il aime soient là où il est ; quand il est en croix, il faut qu’ils souffrent avec lui ; quand son cœur est percé d’un glaive, il faut que la pointe s’enfonce au cœur des siens. On ne peut être « sien » qu’à cette condition. Il ne peut se passer d’eux sous le pressoir parce qu’il ne veut pas être sans eux dans le triomphe et le bonheur.

Il passera sa vie sous la menace, l’annonce claire et précise du glaive, et cette menace sera une souffrance qui ne lui laissera pas de trêve. Nous ne comprenons pas cette continuité ; heureusement, ou malheureusement, nous avons des heures innombrables d’inconscience; le mal est là mais nous ne le sentons plus, le mal moral surtout. D’autres pensées ou d’autres sentiments le remplacent, le relèguent dans l’ombre. Jésus a vécu dans le sentiment constamment présent et vif de la prédiction de Siméon, dans l’impression de la grande souffrance qui l’attend ; il a vécu sans arrêt cette souffrance en son cœur et il l’a fait participer à Marie. Ils ne font qu’un pendant trente-trois ans sous la pointe du glaive. Les deux cœurs n’en font qu’un, et tous deux ensemble sont frappés constamment, et tous deux souffrent de leur propre souffrance et de celle de l’autre.

Tous deux souffrent mais tous deux voient. La Lumière illumine cette souffrance, la traverse, en montre le par-delà, et ce par-delà c’est la joie car c’est l’amour, et c’est l’union. La souffrance est un chemin qui débouche sur le bonheur. En route on ne voit rien que la souffrance ; elle fait ombre de tous côtés ; à peine, à travers le mouvement des branches noires qui bordent le chemin, quand un coup de vent les agite ou quand la lumière est très vive, à peine devine-t-on que le grand soleil illumine toutes choses et qu’on le trouvera au bout du parcours.

Jésus a voulu cela pour lui et sa mère … et après eux pour tous ceux qui voudront venir à leur suite. Il a voulu le parcours, il a voulu la foi qui soutient en le faisant, il a voulu le terme qui paye l’effort et réconforte dans la route. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 84 s)

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Savoir prier avec humilité

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S’il est naturel pour un croyant de prier, il est par contre plus difficile de prier avec les dispositions requises … la parabole du pharisien et du publicain illustre sans contredit cette triste constatation! Tout s’enracine dans la qualité de notre foi. Qui est Dieu ? Et surtout, qui suis-je ? « Je suis celui qui est, disait Dieu à Catherine de Sienne, et toi celle qui n’est pas. » La clé de nos relations avec le divin repose donc dans les humbles sentiments qui conviennent à la créature. La vie de tout moine étant axée sur l’humilité, il n’y a pas à se surprendre si notre ami chartreux, dom Augustin Guillerand, y a consacré quelques lignes des plus éclairantes. Écoutons-le:

« L’homme n’existe que si Dieu lui communique l’être. La religion naît de cette communication. Et la prière, qui n’est en somme que la religion en acte, est le mouvement de l’âme qui reconnaît qu’elle reçoit, et qu’elle n’a que ce qu’elle reçoit. Confesser cela, c’est la prière essentielle … et c’est l’humilité. (…) La vraie prière est peut-être une chose très rare parce qu’il y manque cette base nécessaire : la mise en présence du divin interlocuteur. On ne sait pas, on ne songe pas, on ne sent pas assez qu’il est là vraiment, qu’il regarde, écoute, parle, aime et se donne. Il n’est trop souvent qu’une pensée de notre esprit que d’autres pensées supplantent. Il n’est pas le « doux hôte de l’âme », l’Ami et le Père. Avant de commencer la prière, il faudrait se dire et redire intensément cela. (…)

La prière qui se fait dans cet esprit-là est la vraie prière. L’humilité est impliquée dans la foi, dans la soumission respectueuse et adorante de l’âme en prière. (…) L’âme qui prie implore la communication de l’Esprit d’amour ; elle demande à Dieu de se donner à elle; elle demande donc ce qu’il désire infiniment. Entre ce désir infini de Dieu et la prière de cette âme, il y a donc consonance, harmonie, accord parfait. L’âme humble reconnaît qu’elle n’a pas en elle-même cette tendance à se donner qui est essentiellement divine. Elle reconnaît qu’elle ne peut l’avoir que si l’Amour essentiel la lui communique.

Les exemples de cette toute-puissance de l’humilité sont incontestablement très impressionnants. Jésus, comme il convient, tient la tête, avec son pauvre corps brisé, sa face couverte de crachats, tout son être ignominieusement traité, n’ayant plus même la forme humaine, fait mépris après s’être fait homme, à l’extrême fond de l’anéantissement … et à cause de cela, dit saint Paul, exalté au-dessus de tous et de tout. Après lui, l’humble Vierge : « Il a bien voulu abaisser son regard sur l’humilité de sa servante » (Luc 1, 48). L’humilité, voilà ce qu’il a vu et aimé et écouté en elle, car voilà ce qu’il aime, ce qu’il recherche, ce qui l’attire et le retient, ce qui le lie et l’oblige à notre égard. Ce regard de Dieu sur l’âme qui se fait toute petite devant lui, ce regard qui est communication de Lumière éternelle et d’Amour infini, quelle douceur et quelle force dans la prière ! C’est ce qui soutenait la Cananéenne aux pieds du Sauveur et le centurion en quête d’un miracle. Jésus se rendait à leur supplication qui lui arrachait comme de vive force le prodige demandé et son admiration ravie.

L’humble qui prie se présente avec la force attractive du vide pour l’Être qui veut l’occuper. Nulle résistance à briser, nulle présence à éliminer, nulle transformation à opérer. Il n’y a qu’à entrer, prendre la place, répondre à une attente et combler. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 29-32)

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Réconciliation sacramentelle

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La pandémie actuelle nous a obligés, bien malgré nous, à intérioriser davantage le processus habituel de la réconciliation avec Dieu. Les mesures sanitaires ont en effet contraint plusieurs catholiques à retrouver au fond de leur cœur ce Père miséricordieux trop souvent oublié et qui, loin de compliquer les choses, les simplifie parfois contre toute attente. Les confessions sacramentelles, souvent routinières et n’exigeant qu’une simple attrition, se sont vues remplacées avantageusement par une démarche personnelle du pénitent l’obligeant à éliciter devant Dieu une contrition adulte, totale et sincère. Mais voilà ! la pandémie s’estompant, les rencontres sont à nouveau permises et la confession sacramentelle nous est redevenue possible.

Voici quelques points de repère (tirés du Compendium du Catéchisme de l’Église catholique) à l’intention de ceux et celles qui s’interrogent sur le bien-fondé de la démarche sacramentelle de la Réconciliation:

297. Pourquoi y a-t-il un sacrement de la Réconciliation après le Baptême ?

Parce que la vie nouvelle de la grâce, reçue au Baptême, n’ayant pas supprimé la faiblesse de la nature humaine, ni l’inclination au péché (c’est-à-dire la concupiscence), le Christ a institué ce sacrement pour la conversion des baptisés qui se sont éloignés de lui par le péché.

300. Qu’est-ce que la pénitence intérieure ?

C’est l’élan du « cœur brisé » (Psaume 51, 19), poussé par la grâce divine à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu. La pénitence implique douleur et aversion vis-à-vis des péchés commis, ferme propos de ne plus pécher à l’avenir et confiance dans le secours de Dieu. Elle se nourrit de l’espérance en la miséricorde divine.

301. Sous quelles formes s’exprime la pénitence dans la vie chrétienne ?

La pénitence s’exprime sous des formes très variées, en particulier par le jeûne, la prière, l’aumône. Ces formes de pénitence, et d’autres encore, peuvent être pratiquées par le chrétien dans sa vie quotidienne, notamment pendant le temps du Carême et le vendredi, qui est jour de pénitence.

302. Quels sont les éléments essentiels du sacrement de la Réconciliation ?

Ils sont au nombre de deux : les actes accomplis par l’homme qui se convertit sous l’action de l’Esprit Saint et l’absolution du prêtre qui, au nom du Christ, accorde le pardon et précise les modalités de la satisfaction.

303. Quels sont les actes du pénitent ?

Il faut : un sérieux examen de conscience; puis la contrition (ou repentir), qui est parfaite quand elle est motivée par l’amour envers Dieu, imparfaite (« attrition ») quand elle est fondée sur d’autres motifs et qu’elle inclut le propos de ne plus pécher; la confession, qui consiste dans l’aveu des péchés devant le prêtre; la satisfaction, à savoir l’accomplissement de certains actes de pénitence que le confesseur impose au pénitent, afin de réparer le dommage causé par le péché.

304. Quels péchés faut-il confesser ?

On doit confesser tous les péchés graves qui n’ont pas encore été confessés et dont on se souvient après un sérieux examen de conscience. La confession des péchés graves est l’unique moyen « ordinaire » pour obtenir le pardon.

307. Qui est le ministre du sacrement ?

Le Christ a confié le ministère de la Réconciliation à ses Apôtres, aux Évêques, leurs successeurs, et aux prêtres, leurs collaborateurs, qui deviennent ainsi les instruments de la miséricorde et de la justice de Dieu. Ils exercent le pouvoir de pardonner les péchés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

309. Le confesseur est-il tenu au secret ?

Étant donné la délicatesse et la grandeur de ce ministère et le respect dû aux personnes, tout confesseur est tenu, sans exception aucune et sous peine de sanctions très sévères, de garder le sceau sacramentel, c’est-à-dire l’absolu secret au sujet des péchés dont il a connaissance par la confession.

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