Le pouvoir de devenir enfants de Dieu

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Rencontre dominicale  (Grande-Chartreuse, France)

Le baptême chrétien nous donne le pouvoir de devenir enfants de Dieu … encore faut-il le vouloir ! Dom Augustin Guillerand nous entretient de ce processus qui implique détachement de soi et foi au Christ. Voici ce qu’il en dit dans son commentaire du Prologue de saint Jean :

« Nous nous posons en face de Dieu comme des êtres qui sont en lui, qui ont droit d’y être ; or nous sommes dans le néant, et le néant est notre place. Dieu ne nous fait pas entrer dans la Vie en nous créant ; il nous donne seulement le pouvoir d’y prendre place : « Il leur a donné de pouvoir devenir enfants  de Dieu » (Jean 1,12) Nous pouvons devenir des fils ; nous réaliserons ce pouvoir, nous serons des fils quand nous nous serons unis à la source en rentrant en elle. Cette rentrée implique un mouvement qui nous conduira du néant à l’Être, de la mort à la Vie.

Nous devons nous dégager des liens de mort qui nous retiennent loin de la Vie : « ceux qui ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair ni d’un vouloir d’homme ». La vie est au terme ; la vie c’est le Père qui en est la source et qui veut nous enfanter. Mais il n’engendre que dans son sein ; et il n’engendre qu’un Fils. Il faut donc s’unir au Fils, devenir ce Fils; on s’unit dans la foi : « Ceux qui croient en son nom ».  On s’unit quand on croit qu’il est le Verbe fait chair et venu habiter parmi nous. On devient lui quand on le voit dans cette gloire de Fils unique : « Et nous avons vu sa gloire … qu’il tient de son Père comme Fils unique ».

La vue le fait entrer en nous, nous fait à son image, forme en nous ses traits; nous devenons lui … et nous trouvons place avec lui, en lui, dans le sein paternel. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 199)

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D’où la vérité me viendra-t-elle?

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La rencontre d’Emmaüs (selon  Arcabas)

Je mettais la main récemment sur un tabloïd «très catho» qui se distingue par ses reportages un peu naïfs sur les révélations de toutes sortes, visions et secrets, concernant surtout la fin du monde: lecture amusante mais combien vide de contenu théologique. Dans notre société super médiatisée, ces fausses nouvelles risquent de voler la vedette au message authentique de l’Évangile. Voici ce qu’en pensait déjà au 16e siècle un religieux espagnol, Jean de la Croix, docteur de l’Église (que l’on fête aujourd’hui, 14 décembre):

« Dieu qui jadis, tant de fois et de tant de manières, avait parlé à nos pères par les prophètes, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils » (Hébreux 1,1-2). L’Apôtre nous apprend ainsi que Dieu est devenu en quelque sorte muet. Il n’a plus rien à nous dire, puisque ce qu’il disait jadis en déclarations séparées, par les prophètes, il l’a dit maintenant de façon complète, en nous donnant le tout dans le Fils.

Concluez-en que désirer, sous la Nouvelle Loi, visions ou révélations, ce n’est pas seulement faire une sottise, c’est offenser Dieu, puisque par là nos yeux ne sont pas uniquement fixés sur le Christ , sans chercher chose nouvelle.

Dieu en effet pourrait répondre: Je vous ai dit tout ce que j’avais à dire, par la Parole qui est mon Fils. (…) Fixez les yeux sur lui seul, car en lui j’ai tout établi, en lui j’ai tout dit, tout révélé, et vous trouverez là bien plus que tout ce que vous désirez et demandez.

Depuis le jour où je descendis sur lui, avec mon Esprit, au mont Tabor, en disant: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis ma complaisance: écoutez-le », j’ai cessé toutes mes anciennes pratiques d’enseignement, de réponses, et je lui ai confié cette mission. (…) C’est pourquoi, si quelqu’un reprend l’ancienne méthode (utilisée dans l’Ancien Testament) demandant que je lui parle, que je lui révèle quelque chose, c’est comme s’il demandait de nouveau le Christ, et plus de doctrine de foi que je n’en ai donné. (…) Non, il ne faut plus vous adressez à moi par désirs de visions et de révélations: retenez-le bien, tout se trouve déjà réalisé en Jésus et infiniment plus. »

(La montée du Carmel de saint Jean de la Croix, Desclée de Brouwer, 150-161)

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Revêtir Jésus ?

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L’année liturgique nous invite à contempler les divers états ou mystères de Jésus, tels sa naissance à Bethléem , son enfance à Nazareth, son ministère en Galilée et sa mort-résurrection à Jérusalem. Le but de cette contemplation est de faciliter en nous cette bonification de nos sentiments face à Dieu et face aux autres. Laisser le Maître vivre en nous est le devoir de tout disciple car là repose notre prédestination d’enfants de Dieu. «Revêtez le Christ» disait saint Paul et voici comment l’explique un saint prêtre du 17e siècle:

« Nous devons continuer et accomplir en nous les états et mystères de Jésus, et le prier souvent qu’il les consomme et accomplisse en nous et en toute son Église. Car les mystères de Jésus ne sont pas encore dans leur entière perfection et accomplissement. Bien qu’ils soient parfaits et accomplis dans la personne de Jésus, ils ne sont pas néanmoins encore accomplis et parfaits en nous qui sommes ses membres, ni en son Église qui est son corps mystique. (…)

Ainsi, le Fils de Dieu a dessein de consommer et accomplir en nous tous ses états et mystères. Il a dessein de consommer en nous le mystère de l’Incarnation, de sa naissance, de sa vie cachée, en se formant en nous et en prenant naissance dans nos âmes, par les saints sacrements du Baptême et de la divine Eucharistie, et en nous faisant vivre d’une vie spirituelle et intérieure qui soit cachée avec lui en Dieu.

Il a dessein de perfectionner en nous le mystère de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, en nous faisant souffrir, mourir et ressusciter avec lui et en lui. Il a dessein d’accomplir en nous l’état de vie glorieuse et immortelle qu’il a au ciel, en nous faisant vivre avec lui et en lui, lorsque nous serons au ciel, d’une vie glorieuse et immortelle. Et ainsi, il a dessein de consommer et accomplir en nous et en son Église tous ses autres états et mystères, par une communication et participation qu’il veut nous donner, et par une continuation et extension qu’il veut faire en nous de ces mêmes états et mystères.

Ainsi, les mystères de Jésus ne seront accomplis qu’à la fin du monde … temps qu’il a déterminé pour la consommation de ses mystères en nous et en son Église. »

(Œuvres complètes de saint Jean Eudes, Vannes, 1, 312-320)

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En parfaite harmonie avec Dieu

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La Vierge Mère  (Chartreuse de Montrieux, France)

En la fête de la Conception immaculée de  Marie, voici ce qu’en dit un chartreux du 20e siècle, notre cher dom Augustin Guillerand,  en soulignant comme à l’habitude la parfaite harmonie entre la créature et son Créateur :

« La Sainte Vierge a été créée pour fournir la matière du Verbe incarné : « Il est né de la Vierge Marie ». Ce rôle lui impose avec Dieu des rapports très particuliers: mère du Verbe, épouse de l’Esprit Saint.

De tels rapports exigent des dispositions dans le corps et dans l’âme. L’un et l’autre doivent être complètement entre les mains de Dieu : « Voici la servante du Seigneur ». Il faut que le Saint-Esprit, quand il surviendra en elle, trouve un instrument dont il puisse user à son gré, donc parfaitement accordé en lui-même et parfaitement accordé avec l’action divine qui s’exercera; l’Immaculée Conception réalise cet accord. Elle n’est pas absolument indispensable, mais elle apparaît très indiquée dans un plan de sagesse et d’amour.

Le péché originel dépose au fond d’un être humain un principe qui l’empoisonne. C’est une semence de mort, essentiellement anti-divine. De ce fond empoisonné monte un mouvement qui va directement contre le mouvement de Dieu. L’Esprit d’amour, mouvement de Dieu, se heurte à lui, rencontre une opposition qui, normalement, ne cesse guère ici-bas. Les plaintes de saint Paul demeurent : « Qui me délivrera de ce corps de mort? » (Romains 7,24). (…) C’est la bataille, ou au moins la guerre avec des batailles possibles.

L’oeuvre que l’Esprit-Saint veut accomplir en Marie exige la paix parfaite, l’harmonie, l’ordre humain, une soumission totale du corps à l’âme, de l’âme au Saint-Esprit : Voici la servante du Seigneur… qu’il me soit fait selon votre parole. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 57)

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Une voix prophétique

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 Jean Baptiste dans le désert (par James Tissot)

 Debout! Le Seigneur vient!

Une voix prophétique a surgi du désert.

Un désir, une attente ont mûri nos esprits.

Préparons-nous!

Debout! Le Seigneur vient!

La parole s’infiltre, elle ébranle nos cœurs.

Et voici le Royaume, il est proche, il est là.

Réveillons-nous!

(Hymne pour le temps de l’Avent)

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Un moine face aux difficultés de la vie

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 Moine âgé à la Chartreuse de Pleterje  (Slovénie)

 Les moines ne sont pas dispensés des difficultés de la vie … ils vieillissent, ils tombent malades, ils meurent. Avec toute la sagesse que nous lui connaissons, dom Augustin Guillerand aborde ce sujet et nous livre des réflexions pleines de bon sens :

« Nous ne devons pas être les esclaves du temps et de la santé. Nous ne pouvons pas en disposer à notre gré. On risquerait de passer sa vie à ne rien faire, ou du moins on ne lui ferait pas rendre la moitié de ce qu’elle doit donner, si l’on ne voulait agir que lorsque toutes les conditions favorables sont réalisées.

«Ça marche !» Voilà un mot que j’aime beaucoup. Même si tout n’est pas parfait, il faut savoir dire : «Ça marche !». Et cela va en effet, parce que la joie ne vient pas du dehors et des circonstances. Elle a sa principale source en nous.

Voila pourquoi la foi est un principe si sûr de bonheur, même immédiat. Le vrai croyant qui se tient en état de grâce, ou qui le recouvre sans tarder quand il peut, possède en lui son Dieu, le Bien infini. Cette présence le garde dans la paix. Les ennuis, les événements pénibles provoquent des peines ; c’est une loi. Nous ne changerons pas cela. Il ne faut pas rêver. Nous ne mettrons pas la souffrance à la porte de notre vie. Mais nous pouvons la mettre à la porte de notre âme, au moins de la partie supérieure de l’âme. On se tient là comme sur une montagne, et de là on regarde les peines comme le montagnard suit un orage qui dévaste la plaine.

On n’arrive pas à cela d’un seul coup. Il faut s’habituer. Les mille petits ennuis de chaque jour sont des exercices. Il faut les voir venir et s’en aller avec calme. Vouloir tous les écarter est impossible. S’en émouvoir est faiblesse. Il y aura toujours quelque nuage au ciel de nos vies. Il faut marcher sans s’y arrêter, sans se laisser impressionner. Alors, «ça marche !».

(Écrits spirituels, tome 2, page 196)

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Une certaine attente …

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 ou, une attente certaine!

Animée par l’Esprit, l’Église nous propose au début de cette nouvelle année liturgique un temps de préparation à Noël appelé AVENT («adventus» ou venue). Il s’agit de revivre, durant quatre semaines, l’attente du Messie par le peuple juif. Les malins auront beau jeu de nous rappeler l’inutilité de cette mise en scène puisqu’il nous est évident que Jésus est déjà venu il y a deux mille ans. Évidemment, il y a là plus qu’un rappel furtif de cette attente; il s’agit d’approfondir une réalité en reprenant à notre compte les sentiments  de tout un peuple: un approfondissement qui ne peut se faire en une seule année, d’où la nécessité d’une contemplation cyclique et quasi en spirale d’un paysage bien connu.

D’ailleurs, il y a beaucoup plus. La vie chrétienne étant animée d’une attente certaine du retour glorieux de Jésus, une préparation comme celle de l’Avent vient renforcer en nous cette attitude foncière qui nous détache du présent et nous soulève vers l’avenir. Une vie sans espérance est une vie vouée au découragement. Ces deux venues de Jésus, l’une dans la chair et l’autre dans la gloire, constituent donc le leitmotiv, le thème caractéristique du temps de l’Avent.

Des auteurs spirituels, comme saint Bernard, ont également, et à bon droit, fait allusion à une troisième venue du Christ, celle de tous les jours, celle dont notre cœur est l’heureux bénéficiaire: vérité des plus choyées, surtout par les âmes sensibles et spirituelles. Quelle richesse donc que ce temps de l’Avent. Entrons-y avec enthousiasme, réconfortés par ce beau chant de Robert Lebel:

« Tout recommence en Jésus-Christ!

Prenons la route qui nous mène à Lui!»

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Ces mêmes paysages toujours nouveaux

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 Dieu est un mystère dont même les contours nous échappent. Lui seul peut se révéler … et c’est ce qu’il a fait par la Création et surtout par ses interventions dans l’histoire de l’homme dont l’Incarnation  est le plus bel exemple.

Jésus est donc le chemin que nous devons emprunter pour arriver à la connaissance authentique du Père. Et c’est précisément ce chemin que l’Église, animée par l’Esprit, emprunte chaque année pour nous conduire progressivement à cette connaissance qui surpasse toutes les connaissances: ce processus a pour nom la contemplation liturgique.

Nous avons commencé hier une nouvelle année liturgique qui nous fera gravir, comme par les années passées, un chemin en spirale où les mêmes paysages seront de nouveau contemplés mais avec un regard différent et plus perspicace: naissance à Bethléem, mort et résurrection à Jérusalem, descente du Saint Esprit et envoi en mission. Autant de temps liturgiques dont les deux principaux, Noël et Pâques, sont préparés par des temps secondaires: Avent et Carême. La Pentecôte, quant à elle, nous ouvre à un temps de réflexion assez prolongé qui nous fait approfondir le message évangélique.

La liturgie aime les symboles et entre autres … la couleur! Le blanc sera donc réservé aux fêtes, le violet aux deux temps de préparation, le vert à la longue période de réflexion. D’autres couleurs sont rattachées à diverses célébrations comme le rouge aux fêtes des martyrs. Remarquons que le noir, autrefois sur-utilisé pour les funérailles, a disparu à toute fin pratique (depuis Vatican II) pour être  remplacé fort heureusement par le violet ou le blanc.

Néanmoins, au delà de la palette des couleurs liturgiques, il y aura toujours un appel à contempler le Christ dans ses divers mystères. Puisse la nouvelle année liturgique nous y conduire à nouveau sans défaillance:

« Puisqu’il est avec nous tant que dure cet âge,

N’attendons pas la fin des jours pour le trouver …

Ouvrons les yeux, cherchons sa trace et son visage,

Découvrons-le qui est caché au cœur du monde comme un feu! »

(Didier Rimaud)

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La vie que Jésus veut répandre

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 Chartreuse de Portes (Ain, France)

 En venant sur terre, Jésus ne désirait qu’une chose : guérir la créature humaine en l’élevant à la hauteur de son Créateur. Partager la vie trinitaire dépasse évidemment toutes nos espérances … seul Dieu, dans son amour incompréhensible, pouvait en décider ainsi. Dom Augustin Guillerand nous transmet cette vérité qu’il puise dans sa contemplation et qu’il s’efforce d’expliquer dans son commentaire du 4e évangile :

« Jésus n’attire pas les âmes à lui parce qu’il a besoin d’elles, mais parce qu’elles ont besoin de lui. Il lui suffit d’être connu de son Père et de le connaître, de vivre dans sa lumière et de la refléter. Son être, sa vie, sa gloire et sa joie, c’est cette relation essentielle.

Il veut faire entrer les hommes dans cette relation ; il veut leur communiquer l’Esprit d’amour qu’il reçoit de son Père et qui les unit dans un embrassement éternel. Voilà la vie qu’il reçoit de son Père et qu’il veut répandre : et voilà sa gloire: elle vient du Principe qui se donne à lui, et non des hommes qu’il voudrait s’unir pour qu’ils participent à ce don. (…)

Ce qui manque à tous ces adversaires de Notre Seigneur, c’est la perception de cette relation au Père. N’est-ce pas d’ailleurs ce qui nous manque à tous ? Les apôtres, à l’heure de la Passion, ne connaissent pas encore leur Maître parce qu’ils ne voient pas sa relation avec son Père et leur union intime  jusqu’à l’unité. Ils ne la voient pas parce qu’ils n’ont pas l’Esprit d’amour qui la révèle. Mais les apôtres désirent cet Esprit, s’ouvriront à lui quand il leur sera envoyé ; ils s’ouvriront parce qu’ils en ont le principe ; ils aiment d’aimer ; ils aimeront quand l’Amour leur sera donné. Les adversaires de Jésus ne veulent pas de l’Amour ; ils veulent rester en eux-mêmes ; ils défendent à tout prix leurs vues étroites et égoïstes, leur influence qui dépend de ces vues. La différence est là; elle est capitale ! »

(Écrits spirituels, tome 1, page 270s)

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La bonne odeur du Christ

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 Entrée triomphale à Rome après la défaite des ennemis

 Lors du retour à Rome d’un général, après une victoire éclatante, deux catégories de personnes  étaient associées à son cortège triomphal: les vainqueurs et les vaincus! Pour les premiers, l’odeur de l’encens offert à cette occasion était un appel à la réjouissance, tandis que pour les vaincus, cette odeur annonçait déjà leur mort prochaine … vae victis, malheur aux vaincus !

Est-ce que saint Paul aurait assisté à un tel cortège lors de son séjour à Rome? Peu probable, car ces triomphes étaient somme toute assez rares mais il en aura certainement entendu parler et cela l’aura sans doute impressionné. Toujours est-il que dans sa deuxième lettre aux chrétiens de Corinthe, parlant de ses nombreux voyages missionnaires, il n’hésitera pas à utiliser cette image: « Grâce soit à Dieu qui, par le Christ, nous emmène en tout temps dans son triomphe et qui, par nous, répand en tout lieu le parfum de sa connaissance. De fait, nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ, pour ceux qui se sauvent et pour ceux qui se perdent; pour les uns, odeur de mort qui conduit à la mort, pour les autres, odeur de vie qui conduit à la vie. Et qui est à la hauteur d’une telle mission? » (2 Corinthiens 2, 14-16)

Tout baptisé, étant envoyé par Jésus, devient «missionnaire» mais chacun à sa façon. Nous sommes donc, nous aussi, entraînés dans le cortège triomphal du Christ et destinés à répandre alentour de nous la bonne odeur de l’évangile: fidélité, patience, bonté, miséricorde, engagement. Que ce parfum soit méconnu ou mal interprété par certains ne doit pas nous faire baisser les bras car beaucoup de nos contemporains attendent de nous ce témoignage. Cette connaissance de Jésus ou, comme l’appelle saint Paul, ce trésor, « nous le portons dans des vases d’argile pour qu’on voie bien qu’il ne vient pas de nous mais de Dieu ». Malgré notre indignité, nous sommes établis comme signes de contradiction, à l’exemple du Christ. Nous nous devons de laisser l’Esprit Saint parler par nous et en nous quelles qu’en soient les conséquences.

Être la bonne odeur du Christ… une tâche ambitieuse à nous couper le souffle mais, comme le remarque humblement le même apôtre,  Qui est à la hauteur d’une telle mission?

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