
Cimetière paroissial (Canada)
En ce 2 novembre, l’Église nous invite à prier pour les «fidèles défunts» c’est-à-dire pour les chrétiens, les baptisés décédés, spécialement ceux et celles qui nous ont quittés au cours de l’année. Qu’en est-il de la survie de la personne après la mort, de la prière pour les défunts, de l’existence du Purgatoire?
Âme : « L’Église affirme la survivance et la subsistance après la mort d’un élément spirituel qui est doué de conscience et de volonté, en sorte que le «moi» humain subsiste. Pour désigner cet élément, l’Église emploie le mot «âme» consacré par l’usage de l’Écriture et de la Tradition. » (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 17 mars 1979)
Prières pour les défunts: « L’Église a entouré de beaucoup d’amour la mémoire de ses défunts dès les premiers temps du christianisme en offrant pour eux ses suffrages. » (Vatican II, Constitution sur l’Église)
Purgatoire: « Il y a un Purgatoire et les âmes qui y sont retenues sont aidées par les intercessions des fidèles et surtout pas le sacrifice propitiatoire de l’autel. » (Concile de Trente) Mais gardons-nous d’en faire un lieu tout feu tout flammes … il s’agirait plutôt de l’amour du Père nous brûlant jusqu’à ce qu’il soit parvenu à nous enflammer.
La communion des saints n’est donc pas brisée par le décès de nos proches. Jésus ressuscité fait le lien entre les deux mondes; grâce à lui, la mort ne fait pas un mort mais un vivant. Mais, comme dit le père Rey-Mermet: « la mort est un écran qui m’empêche de voir mes bienheureux au Ciel mais eux, voyant Dieu me voient en Dieu. Un écran plus épais me sépare des âmes du Purgatoire … un écran dans les deux sens car elles ne peuvent me voir en Dieu. Cette rupture ne nous coupe pas de leur tendresse, ni de leurs prières, mais ce sont elles surtout qui attendent les nôtres. »
Que faire pour les âmes du Purgatoire? En plus des prières, un grand moyen de les aider (note encore Rey-Mermet) est « de devenir plus chrétiens par amour pour eux. Dans cette solidarité et cette échange, la tâche qui nous revient est de renoncer à nos défauts et à nos fautes pour compenser les péchés pour lesquels ils souffrent loin de Dieu et de réparer leurs insuffisances passées par notre collaboration plus ardente à leur œuvre que la mort a interrompue. (…) Quelle merveilleuse possibilité d’action commune avec nos disparus à travers les ténèbres provisoires de nos isolements réciproques. » (Croire, Pour une redécouverte de la foi, page 394).














L’énorme fossé entre Jésus et les Juifs
La guérison de l’infirme à la piscine de Bethesda, un jour de sabbat, a provoqué la fureur des adversaires de Jésus. Le long discours qui s’en suit révèle l’énorme fossé qui sépare le Maître et les Juifs de Jérusalem. Voici la conclusion qu’en tire notre commentateur attitré, dom Augustin Guillerand :
« Je vous connais, je sais que vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu » (Jean 5, 42). Jésus n’est animé que par l’amour ; il ne veut que se donner et donner, se donner à son Père dans les hommes en donnant son Père aux hommes et les hommes à son Père. Les Juifs ne songent qu’à rester dans leur étroitesse légale et à y maintenir les âmes autour d’eux. L’opposition est complète. (…) Jésus ne se présente pas en son nom, mais au nom de Celui que ses adversaires lui opposent. Mais il y a entre lui et ses adversaires une différence énorme. Lui, il entend sa voix, il voit sa face; eux ils n’entendent ni ne voient. Et c’est pourquoi ils ne le reconnaissent pas en Celui qui leur parle et leur révèle cette face : « Vous n’avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face ». Ils ne portent pas en eux-mêmes cette parole qui procède du sein du Père, et qui reçue par le Fils le fait image et expression parfaite du Père. Ils ne portent en eux que la parole de leur « moi » que heurte la prédication de Jésus.
De là leur incompréhension à son égard … et leur opposition. Jésus voit et reproduit: il est Fils … et il représente le Père ; il se présente en son nom; le Père parle et se montre en Jésus, parce que Jésus se tient tourné vers lui, ne regarde que lui et ne fait que ce qu’il lui voit faire. Les Juifs se tiennent tournés vers la créature, ne voient qu’elle, ne reproduisent qu’elle, ne cherchent leur gloire qu’en elle, sont incapables de chercher leur gloire en Dieu et de se soucier de sa gloire à lui : « Comment pourriez-vous croire, vous qui tirez gloire les uns des autres, et ne recherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul ? » Le divin Maître revient, sous cette forme nouvelle, à l’affirmation qu’il a posée au début de la discussion et qui la domine. Il y revient pour marquer toute la distance qui le sépare de ses ennemis, après avoir établi nettement les deux positions. Lui est en face de Dieu, porte ses traits, est Fils, donc égal. Image parfaite où brille sa beauté, où retentit sa vérité. Eux sont en face d’eux-mêmes, sur le plan humain … comme le premier homme, Adam, dont ils reproduisent la faute, à la merci du démon qui les arrête à leur vérité et à leur bien propre.
Dans un dernier trait à dessein écrasant (où, si l’on osait, on serait tenté de voir un peu de ce sarcasme divin qui est assez fréquent dans l’Ancien Testament) il les renvoie de nouveau à toutes les autorités sur lesquelles ils croient pouvoir s’appuyer. Il se dégage d’eux ; il ne veut même pas se faire leur accusateur ; il veut qu’il n’y ait rien entre lui et eux ; il leur enlève ce point d’appui dont ils se glorifient devant le peuple. Moïse et toute l’Écriture les condamnent : car ils enseignent ce que lui-même enseigne et ils ne parlent que de lui. Les Juifs ne croient pas au Maître parce qu’ils ne comprennent pas le sens caché des Saintes Lettres. Toute l’Écriture est éclairée par la Lumière qui leur parle; et en refusant cette lumière, c’est toute la Bible qui leur reste fermée. »
(Écrits spirituels, tome 1, page 270 ss)
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