Veux -tu guérir ?

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La guérison du paralytique à la piscine de Bethesda (Jean 5, 1-16) illustre très bien l’attachement exagéré des contemporains de Jésus à certains préceptes de la Loi au détriment de la charité fraternelle. Laissons-nous éclairer en ce domaine par nul autre que notre commentateur chartreux préféré, dom Augustin Guillerand:

« Pourquoi ce pauvre paralytique, après trente-huit ans de mal, seul, abandonné de tous ? Qu’était cette âme ? Qu’avaient été ces longues années de souffrance ? Il faut se refuser à ces vaines questions, regarder Celui qui agit, croire que ce qu’il fait est bon. Sa présence au milieu de cette foule douloureuse dans laquelle son regard divin lit la cause profonde de tous ces maux et plus encore les merveilleux effets de sanctification et de gloire que l’Amour en fera sortir, est infiniment émouvante. Ainsi, tout ce qu’il voyait se découvrait à lui dans une lumière qui procédait de l’amour et tendait à le manifester: lumière simple où tout est vrai et beau. En face de ces déshérités Dieu avait posé un remède, mais un remède dont quelques-uns seulement pouvaient user. Quand l’eau se mettait-elle en mouvement ? Combien de temps fallait-il attendre ? Pouvait-on prévoir ? Devait-on se tenir constamment là dans une attente anxieuse ?

La question du divin Maître au pauvre paralytique: « Veux-tu guérir ? » est volontairement naïve, d’apparence même puérile. Aussi celui-ci n’y répond pas, il se contente d’expliquer son cas pour appeler une pitié qu’il devine émue, et obtenir le secours qui lui a manqué jusque-là. Jésus attend cette explication qui va faire mieux éclater le prodige. À peine est-elle donnée que d’un mot il l’accomplit. Comme d’habitude, c’est un ordre à forme brève, en mots qui s’imposent et commandent des actes précis, immédiats: « Debout, prends ton lit et marche ». Le malade obéit, est guéri.

C’est cette guérison et les actes commandés par Notre-Seigneur qui vont provoquer le long discours suivant. C’était un jour de sabbat. Ce jour-là le peuple de Dieu devait supprimer tout travail. Les Juifs avaient peu à peu donné à cette loi un caractère de prescription capitale dont l’observation était déterminée jusque dans ses moindres détails. L’âme du commandement était noyée sous ces précisions auxquelles on donnait, au temps de Jésus, beaucoup plus d’importance qu’au précepte lui-même. Ce que les hommes avaient ajouté à ce précepte comptait plus, à leurs yeux, que ce que Dieu avait imposé. C’est contre cela que Jésus veut réagir. Il vient réordonner, remettre les personnes et les choses à leur place: Dieu et sa Loi avant tout et tous. Le paralytique guéri comprend aussitôt. La joie l’illumine, et aussi sa droiture simple qui probablement avait attiré la pitié du Maître. Il comprend que si la Loi est de Dieu, le prodige accompli et Celui qui l’a opéré en viennent également, qu’entre eux il n’y a pas de contradiction. (…) Les Pharisiens ne s’élèvent pas à ce plan vaste; ils restent en eux-mêmes, dans leurs vues. La Loi c’est eux; la Loi est violée, et celui qui a commandée cette violation ne peut être de Dieu. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 254 s)

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