Il faudrait bien que je …

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Jeune et de constitution un peu rachitique, j’étais très sensible au froid. Ma mère me disait souvent «il faudrait bien que tu portes de la laine» mais hélas, était-ce par manque d’argent ou autre, je n’ai jamais pu me vêtir «avec de la laine». Il faudrait bien que …  ne dites jamais ça ! C’est souvent une façon de proférer un vœux pieux qui dispense de passer à l’action:

  • Il faudrait bien que je perde du poids … NON, ne dites pas ça! Allez visiter votre frigo immédiatement et jetez-moi dehors cette malbouffe.
  • Il faudrait bien que je le lui dise … NON, ne dites pas ça! Prenez le téléphone et … votre courage à deux mains … puis, parlez-lui en.
  • Il faudrait bien que je fasse un peu d’exercice … NON, ne dites pas ça! Sortez immédiatement (pas demain!) et aller marcher.
  • Il faudrait bien que j’aille voir un dentiste … NON, ne dites pas ça! Prenez le téléphone et demandez un rendez-vous.
  • Il faudrait bien que je me remette à prier … NON, ne dites pas ça! Aller dans un coin tranquille immédiatement  et recueillez-vous.

L’être humain est paresseux par nature et non par choix; l’effort lui semble toujours quelque chose d’ennuyant. Se méfier de soi et des excuses faciles me semble être la meilleure, sinon la seule, ligne de conduite à adopter.

Est-ce qu’un ermite est à l’abri d’un tel défaut. Non, au contraire! La vie érémitique est une longue suite de choses à faire pouvant être facilement remises au lendemain. Dieu merci, une bonne connaissance de nous-même ainsi que l’attention au moment présent  peuvent nous en préserver. Une disponibilité continuelle aux inspirations de l’Esprit et une certaine humilité sont en effet garants d’un comportement équilibré.

 

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Mon cher Maxime (2)

1                                     Monastère de La Valsainte (Suisse)

C’est en 1916 que Maxime Guillerand, jeune prêtre de Nevers, entra chez les chartreux à La Valsainte, en Suisse. Voici quelques extraits de ses lettres qui nous dévoilent une âme contemplative possédant une grande intelligence du concret de la vie :

LA  DÉTENTE

«La détente est nécessaire après l’effort. Savoir se reposer est rare à notre époque trépidante. On use sa vie, on la gâte ou du moins on la diminue autant par l’intempérance dans le travail que par la paresse. J’ajoute néanmoins que je préfère beaucoup les excessifs aux paresseux ! Seul l’organisme se fatigue dans le travail intellectuel. C’est donc lui  qu’il faut reposer. On le repose en le détendant. Le repos n’est pas l’inertie. On ne se repose pas en cessant de travailler, à moins d’épuisement, mais en changeant de travail. Le nouveau travail doit mettre en jeu des énergies, musculaires ou puissances, qui n’agissaient pas ou peu dans l’action précédente. Il faut donc continuer de travailler mais exécuter un travail différent.»      (Écrits spirituels, tome 2, page 269)

LA  LECTURE

«Une lecture peut profiter sans laisser aucune trace dans la mémoire. Il faut, à cet égard, bien distinguer entre la mémoire et l’intelligence. Pour fixer en mémoire il faut faire attention : on remarque ce qui entre et reste. L’intelligence au contraire se laisse imprégner sans qu’on s’en doute. Les choses se fixent alors dans une partie de la mémoire, la subconscience, au-dessous de la conscience claire, et quand on en a besoin, elles reparaissent. Ce n’est donc pas temps perdu.

Pour profiter des lectures il faut lire lentement. C’est là surtout que le détachement est nécessaire. On veut trop lire et l’on se fatigue. Et il ne reste que de vagues notions, sans lien, sans clarté, qui encombrent l’esprit au lieu de le nourrir, comme des aliments non digérés. Faire peu et bien.» (ibidem, page 268).

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Aimer et se savoir aimé!

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L’amour est la vie de tout être humain … rien de surprenant à cela puisque nous venons d’un Être qui, de toute éternité, est lui-même AMOUR. Ceci étant dit, il faut bien constater que l’amour véritable est loin d’être aujourd’hui la norme de toute vie humaine.

Ancien curé, je n’oublierai jamais cette rencontre avec une paroissienne alors qu’elle m’apprenait tout en larmes le meurtre de sa nièce, de son mari et de leur fils aîné … triple meurtre perpétré par le cadet de la famille âgé de 16 ans; ou encore de cette petite nièce âgée de 5 ans qui après le divorce de ses parents se demandait candidement où elle irait couché ce soir-là. «Se savoir aimé» … voilà le bonheur auquel tout le monde aspire, surtout dans une société où la famille menace de  se disloquer.

Je ne puis m’empêcher de penser avec nostalgie à ma chère maman, devenue veuve au début des années 40 avec sept enfants  et qui dix ans plus tard n’hésita pas à prendra en charge son neveu et  sa nièce qui venaient de perdre leur mère. Pardonnez-moi cette nostalgie d’une époque où une réelle pauvreté , assumée dans la foi, n’empêchait pas le rayonnement de l’amour. Cependant, au dire de certaines féministes, c’était là l’époque de la «grande noirceur» qui maintenait la femme au foyer, victime de sa fidélité conjugale et de ses convictions religieuses. Nous serions donc rendu en 2015 à une époque de «grande clarté» où ce qui importe avant tout c’est l’amour de soi-même! «Me, myself and I» comme disent les Anglais. Évolution ou régression … voilà la question.

«Aimer, répétait souvent la petite Thérèse, c’est tout donner, c’est se donner soi-même». Ne serait-ce pas là le remède miracle à administrer à une société malade qui recherche éperdument la paix et le bonheur? Comme l’exprime si bien ce chant de Jean-Louis Dervout: «Pour que l’amour règne sur la terre, il faut d’abord qu’il règne en nos cœurs!  Ò Dieu d’amour, donne la lumière à ceux qui cherchent à créer le bonheur.»

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« Ma chair elle-même repose en confiance …

 

… tu ne peux m’abandonner à la mort.» (Ps.16/17)

Notre vie sur terre n’est pas éternelle! Un jour ou l’autre il nous faudra bien nous rendre à l’évidence. Il existe deux réactions possibles  face à la mort: ou bien on l’accepte ou bien on ne l’accepte pas … c’est aussi simple que ça.

Les croyants, de par leurs convictions profondes, y voient un passage vers Celui qui s’est révélé à eux; les non-croyants craignent la mort ou s’efforcent de l’enrober de mille manières. Il faut bien avouer que les croyants n’ont pas bonne presse aujourd’hui car les attentats terroristes engendrent une atmosphère de suspicion voire de condamnation des religions. « Il faut alors , dit le Pape François, regarder les valeurs positives que celles-ci engendrent et qui sont des sources d’espérance. » Notre religion chrétienne transpire l’espérance car elle est toute tournée vers la vie d’union au Christ ressuscité … vainqueur de la mort!

«Nu je suis sorti du sein de ma mère et nu j’y retournerai», avouait le saint homme Job. C’est ainsi que les ordres monastiques, acceptant cette parole de sagesse, l’ont traduite en un rituel funéraire empreint de simplicité, sans fard ni aucune prétention. La mort y est vue comme un passage vers un Dieu juste et bon: « Ma chair elle-même repose en confiance, dit le psalmiste, tu ne peux m’abandonner à la mort

La BONTÉ de Dieu, voilà la pierre de touche … «Dieu est bon, disait le saint pape Paul VI, non seulement en lui-même; Dieu est bon pour nous. Il nous aime, nous cherche, pense à nous, nous connaît, nous inspire et nous attend.» Oui, joie pour les cœurs qui cherchent Dieu!

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Ô Mort, où est ta victoire ?

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Novembre est traditionnellement le «mois des morts», le mois de la réflexion. La Nature nous y invite en prenant elle-même le chemin qui mène au repos hivernal. La mort peut nous faire peur au point de nous pousser à refuser même d’en parler. Il est vrai que l’on peut exagérer en en faisant une crainte omniprésente qui empoisonne la vie. On peut mourir de façon tranquille, dans son lit, ou de façon tragique, dans une tuerie sanglante qui horrifie. Mais la mort c’est toujours la mort, la fin d’une vie aimée ou tout au moins appréciée.

Anciennement, on se plaisait à dire qu’on était en danger de mort dès la naissance; aujourd’hui, c’est plutôt dès la conception dans le sein de la mère. Nous vivons à une époque où la violence ne connaît pas de bornes. À preuve, ces jeux électroniques où les ados apprennent à faire la guerre virtuelle … en attendant d’être attirés plus tard à passer aux actes dans un monde bien réel. La vie humaine a perdu de sa respectabilité pour devenir une statistique anonyme dans les nouvelles de dix-huit ou vingt heures.

«Ò Mort, où est ta victoire?» s’exclame saint Paul aux fidèles de Corinthe, suite à sa réflexion sur la résurrection de Jésus. La vie n’est peut-être pas si tragique que l’on pense si … oui, si l’on accepte la résurrection telle que proclamée par Jésus. La FOI est évidemment un don de Dieu, toujours fragile, mais qui peut et doit rectifier notre fatalisme. D’ailleurs, la Nature elle-même ne semble-t-elle pas nous y inviter en s’endormant au cours de chaque hiver pour renaître au printemps ?

Ne soyons donc inquiets de rien … et, comme le souhaitait le même Apôtre aux Philippiens: «Que la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.» Amen!

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Mon cher Maxime

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Voici quelques extraits des écrits qui m’ont impressionné durant mon noviciat (dans un monastère trappiste des années 50). Ces écrits anonymes étaient d’un auteur chartreux (décédé en 1945) qui faisait alors la une dans les milieux romains, dom Augustin Guillerand.

LETTRE À UN AMI SUR LE SILENCE

« Le silence n’est pas l’oubli. Nous croyons et nous nous efforçons de vivre cela en Chartreuse … Le silence et le souvenir s’accordent très bien ensemble. Nous savons que le silence n’est pas vide; il est au contraire essentiellement plein … et c’est une Plénitude où l’on parle. Les paroles qui sortent de l’agitation et du bruit sont nécessairement superficielles.Le fond d’un être doit être occupé par le silence … et cet être ne parle une parole vraie et profonde que si elle part de ce silence, si elle en est l’expression.

Voilà pourquoi le langage du monde, les conversations, les journaux sont vides et fatiguent au lieu de reposer et de nourrir. Voilà pourquoi au contraire en Chartreuse on goûte tant de paix. Tout y procède des profondeurs calmes de l’âme où elle se recueille et fait silence. C’est là que Dieu demeure et qu’on le trouve infailliblement si on y réside soi-même.

Il est clair que les conditions de leur vie ne permettent pas à tous de réaliser ce recueillement comme en Chartreuse. Ne craignons pas néanmoins, dans la mesure du possible, de nous réserver quelques instants, très courts s’il le faut, pour nous recueillir et donner quelques minutes à Celui qui demeure en nous, qui y parle silencieusement, et qui nous invite à venir l’écouter. »    (Écrits Spirituels, tome 2, page 254 ss)

CONFIANCE DEVANT LA MORT QUI VIENT

« Je te renouvelle l’assurance de ma pleine confiance que cette heure sonnera. Quand? Comment? Je n’en sais rien. C’est le secret de Dieu. Il en a beaucoup, non moins que de miséricorde. Il a des façons très mystérieuses de retourner les âmes et de les ramener à lui. Il faut savoir s’en remettre à lui, attendre ses moments qui sont les bons, attendre en se taisant et en priant, sans gâter le travail qui s’accomplit sous terre en voulant le réaliser en surface  quand il doit s’accomplir souterrainement. Il faut avouer que Dieu n’est pas pressé … et que nous le sommes beaucoup. Il faut avouer aussi que cela se comprend. Notre temps est court … et le sien très long. Mais il nous offre d’allonger le nôtre en entrant dans le sien et de  »faire de la vie éternelle » avec nos pauvres jours qui s’envolent si vite. »                                                                                                                                             (ibidem, page 263)

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Écrire ou ne pas écrire?

32aMoine dans sa cellule  (Grande Chartreuse)

Les vocations sont diverses: certains ont le don de lire, d’autres d’écrire. Jeune, je n’aimais pas écrire; plus vieux, je me limitais à écrire selon les besoins de l’heure. Ce n’est que très tard dans la vie que j’ai découvert l’importance de mettre sur papier ce qui me mijotait dans la tête. J’y ai découvert une forme de thérapie pour guérir mes blessures intérieures et remettre en perspective certains éléments de ma vie. L’écriture m’est devenu une façon de creuser mes convictions et d’acquérir une certaine maturité. Je me suis aperçu que l’important n’est pas tellement de multiplier mes connaissances mais plutôt d’approfondir celles que je possède déjà. Les poètes le savent tout naturellement!

C’est en ce sens, que l’Ordre des Chartreux invite ses moines à écrire non en vue d’être lus ou applaudis (ils ne peuvent publier quoique ce soit durant leur vie) mais plutôt pour mieux se comprendre et comprendre le Mystère qu’ils vivent. La plupart détruisent leurs écrits avant de mourir; certains par bonheur n’y arrivent pas complètement et c’est ainsi que nous sont parvenus les textes sublimes de dom Augustin Guillerand  (entré au monastère de la Valsainte, en Suisse, en 1916 et décédé à la Grande Chartreuse en 1945).

Non loin de chez moi habite, dans une résidence pour personnes âgées, un vieux confrère dans le sacerdoce qui a prêché durant toute sa vie. Nonagénaire avancé et pouvant à peine se déplacer, il met sa joie à afficher sur le babillard chaque semaine une réflexion sur l’évangile du dimanche … un ministère qui le rempli de joie et d’une légitime satisfaction. La parole écrite n’est pas moins importante que la parole verbale. La magie du verbe fait la joie des poètes … puissions-nous, en écrivant, mettre un peu de poésie dans nos vies.

Au sujet de dom Augustin Guillerand, voir  https://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_Guillerand

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Vaincre l’angoisse

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Derrière l’image d’ermite urbain que je projette il y a toute une vie humaine où j’ai dû affronter régulièrement des moments d’angoisse. Avec ma nature hypersensible, la vie m’est souvent apparue comme une source de conflits dont je devais me protéger. Dieu merci, la vie m’a appris plusieurs trucs pour sinon vaincre l’angoisse du moins pour mieux la comprendre:

  1. Cesser de visualiser l’avenir dans tous ses détails demande une bonne dose d’humilité … ce qui n’est pas facile pour une personne remplie d’elle-même. «On est sûr et certain que les choses vont arriver ainsi», d’où cette tendance constante à la panique.  Au fond, le jugement pratique fait souvent défaut, avouons-le.
  2. L’attention au moment présent m’est encore aujourd’hui la meilleure planche de salut. Mes peurs me faisaient toujours vivre deux semaines en avant … l’inconnu étant plus menaçant que la réalité. Savoir respirer devant l’événement qui vient, prendre le temps de réfléchir et ne pas se fier à son propre jugement, voilà ce qu’il faut faire.
  3. Dans cette insécurité à fleur de peau, il nous faut trouver un point d’ancrage qui nous rassure. Dans ma vie personnelle, j’ai trouvé Dieu en tant qu’Être immuable dont l’amour ne faiblit pas. «Rendez grâce au Seigneur car il est bon, car éternel est son amour» et si cet amour est éternel c’est donc que Dieu m’aime à chaque seconde de ma vie. Bref, je dois me détacher de mes prévisions pessimistes et m’attacher à la réalité du moment présent, car Dieu n’existe pas dans la fiction mais dans le concret de la vie.

Jésus lui-même a ressenti l’angoisse à la veille de sa mort et il l’a maîtrisée par sa prière et son amour du Père et de ses frères et sœurs (donc, oubli de lui-même!). Dans les moments angoissants, Jésus ne cesse de nous redire ce qu’il disait à ses apôtres:«veillez et priez pour ne pas entrer en tentation». Bienheureux ceux et celles qui en appellent à Dieu quand les choses vont mal : «Le Seigneur entend ceux qui l’appellent: de toutes leurs angoisses, il les délivre.» (Psaume 34)

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Prier la nuit ?

17bOffice nocturne à la Grande Chartreuse.

La nuit est vraiment le moment idéal pour se mettre en présence de Dieu. Les distractions sont réduites au minimum, le calme facilite la réflexion et le repos de la Nature nous ouvre à l’écoute de la Parole. À l’exemple des pieux juifs, Jésus lui aussi aimait se recueillir dans le silence de la nuit. Les ordres monastiques ont conservé cette habitude héritée des premiers moines tout en l’adaptant aux santés fragiles de leurs membres … les Chartreux sont parmi les rares religieux à avoir conservé le lever entre deux périodes de repos, les autres se sont ralliés à un lever matinal plus hâtif  mais au terme de leur repos nocturne.

Quoiqu’il en soit, l’ermite de par sa vocation est voué à la prière continuelle et il ne peut oublier ces paroles de Jésus  sur la nécessité pour les disciples de prier constamment et de ne pas se décourager (Luc 18,1). Il aime offrir une heure de prière nocturne au moment qu’il juge le plus opportun: pour certains, ce sera vers minuit à l’exemple des Chartreux (même si ces derniers prolongent jusqu’à 3h00) pour d’autres, ce sera vers 2h00 car le premier sommeil est ainsi plus garanti. De toute façon, on ne peut en faire l’essai sans se sentir aussitôt accroché. En ce domaine également se vérifient ces paroles  : « Ce que la solitude et le silence du désert apportent d’utilité et de joie divine à qui les aime, ceux-là seuls le savent qui en ont fait l’expérience » ( Statuts des Chartreux, chapitre 6).

Prier la nuit? La réponse ne peut que dépendre des possibilités et des goûts d’un chacun. Personnellement, je ne pourrais m’en passer tellement j’y trouve de lumières et de consolations. Mais les voies de Dieu sont multiples et ce qui est bon pour un peut s’avérer néfaste pour l’autre. L’âge avancé peut également  devenir un facteur incontournable. À chacun d’y répondre selon ses possibilités et son inspiration!

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Prier les yeux ouverts …

65c… à l’exemple de mon petit écureuil !

 On peut dire que la prière résume toute notre vie spirituelle. La prière, entendue comme «être présent à Dieu»,  nécessite tout d’abord un acte de foi. On ne parle pas à un fantôme ou à une création de notre imagination, on parle à quelqu’un qui peut nous entendre! Sans la foi, la prière devient un colloque avec soi-même … ce qui n’est pas très conseillé.

Lors de ma promenade quotidienne dans le parc avoisinant, il m’arrive de rencontrer un petit écureuil qui s’empresse de venir me saluer en espérant recevoir une cacahouette (mauvaise habitude dont je ne suis pas responsable). Sa prière se fait les yeux ouverts car il ne m’aurait pas abordé s’il ne m’avait pas vu venir. C’est ainsi que la prière bien faite se doit de débuter par un instant de silence, une prise de conscience de la Présence de Dieu, présence qui ne dépend pas de mon attention bien entendu mais qui la précède.

Prier les yeux ouverts (au début de notre oraison) c’est donc se préserver des prières routinières qui ne sont trop souvent que récitations de formules avec bonne intention. «Lent à parler, prompt à écouter», voila l’attitude qu’il nous faudrait avoir dans la prière.

Un exemple entre mille: avant de réciter le Je crois en Dieu (au début du rosaire ou ailleurs), commencer par se demander à qui l’on croit … un Dieu bon ou menaçant … un Dieu père ou étranger … un Dieu qui nous écoute présentement ou qui est occupé à des affaires plus importantes, etc.etc. Le Je crois en Dieu est quand même un merveilleux résumé de notre foi chrétienne qui devrait susciter en nous une immense reconnaissance pour le Salut opéré par Jésus, pour le don de l’Esprit Saint. Hélas, la nature humaine étant ce qu’elle est, nous galopons trop souvent tout au long de cette courte prière  sans trop savoir pourquoi. Nous aurions avantage à imiter le petit écureuil qui, lui, sait très bien à qui il s’adresse!

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