Mon cher Maxime

thMaxime Guillerand (jeune prêtre de Nevers)

Voici quelques extraits des écrits qui m’ont impressionné durant mon noviciat (dans un monastère trappiste des années 50). Ces écrits anonymes étaient d’un auteur chartreux (décédé en 1945) qui faisait alors la une dans les milieux romains, dom Augustin Guillerand.

LETTRE À UN AMI SUR LE SILENCE

« Le silence n’est pas l’oubli. Nous croyons et nous nous efforçons de vivre cela en Chartreuse … Le silence et le souvenir s’accordent très bien ensemble. Nous savons que le silence n’est pas vide; il est au contraire essentiellement plein … et c’est une Plénitude où l’on parle. Les paroles qui sortent de l’agitation et du bruit sont nécessairement superficielles.Le fond d’un être doit être occupé par le silence … et cet être ne parle une parole vraie et profonde que si elle part de ce silence, si elle en est l’expression.

Voilà pourquoi le langage du monde, les conversations, les journaux sont vides et fatiguent au lieu de reposer et de nourrir. Voilà pourquoi au contraire en Chartreuse on goûte tant de paix. Tout y procède des profondeurs calmes de l’âme où elle se recueille et fait silence. C’est là que Dieu demeure et qu’on le trouve infailliblement si on y réside soi-même.

Il est clair que les conditions de leur vie ne permettent pas à tous de réaliser ce recueillement comme en Chartreuse. Ne craignons pas néanmoins, dans la mesure du possible, de nous réserver quelques instants, très courts s’il le faut, pour nous recueillir et donner quelques minutes à Celui qui demeure en nous, qui y parle silencieusement, et qui nous invite à venir l’écouter. »    (Écrits Spirituels, tome 2, page 254 ss)

CONFIANCE DEVANT LA MORT QUI VIENT

« Je te renouvelle l’assurance de ma pleine confiance que cette heure sonnera. Quand? Comment? Je n’en sais rien. C’est le secret de Dieu. Il en a beaucoup, non moins que de miséricorde. Il a des façons très mystérieuses de retourner les âmes et de les ramener à lui. Il faut savoir s’en remettre à lui, attendre ses moments qui sont les bons, attendre en se taisant et en priant, sans gâter le travail qui s’accomplit sous terre en voulant le réaliser en surface  quand il doit s’accomplir souterrainement. Il faut avouer que Dieu n’est pas pressé … et que nous le sommes beaucoup. Il faut avouer aussi que cela se comprend. Notre temps est court … et le sien très long. Mais il nous offre d’allonger le nôtre en entrant dans le sien et de  »faire de la vie éternelle » avec nos pauvres jours qui s’envolent si vite. »                                                                                                                                             (ibidem, page 263)

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Un commentaire pour Mon cher Maxime

  1. Beatrice Defer dit :

    Qu’il est bon de lire Dom A Guillerand. Je ne m’en lasse pas. J’ai été moi aussi impressionnée lorsque j’ai lu son livre « Silence Cartusien » . Merci de tout coeur.

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