Savoir bien employer notre temps

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À un correspondant qui s’efforce de vivre le moment présent, dom Guillerand offre quelques conseils pour le rassurer sur la rectitude de son cheminement. Voici ce qu’il lui écrit :

« Nous ne sommes obligés tous qu’à une seule chose: à bien employer le temps et les forces dont nous disposons. On réalise ainsi sa destinée, et nul n’est tenu à autre chose.

La conscience aussi actualisée que possible de ce que nous sommes et de ce que nous faisons, la concentration de tout l’être sur l’acte présent font la valeur d’un homme et en assurent le développement.

Quand on a compris cela et quand on a le courage de le vivre, quand tranquillement, sans surtension (mais avec la tension dont on est actuellement capable) on se ramasse pour se mettre en plein dans ce que l’on fait, on vit sa pleine vie.

Cette pleine vie n’est pas nécessairement celle d’un grand homme. C’est celle d’un homme : et tout est là. Être grand ou petit ne dépend pas de nous. Réaliser l’être que nous avons dépend de nous à chaque minute, et c’est de cette réalisation continue qu’est fait un homme.

Poursuivez votre route, vous êtes sur la bonne voie ; donnez-vous à ce que vous faites, sans souvenir d’hier, sans souci de demain, tout à aujourd’hui et à l’instant de ce jour qui est vôtre … et qui bientôt ne le sera plus. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 267)

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Et en attendant …

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« L’attente de la Terre nouvelle ne doit pas diminuer mais plutôt exciter le souci de cultiver notre terre. » (Vatican II, L’Église dans le monde de ce temps)

« Heureux ceux que Dieu a placés

Dans une terre à travailler

En y tenant une espérance !

L’œuvre de Dieu n’est pas finie ;

Au long des jours, au long des nuits,

Il fait lever dans le silence

l’Arbre aux oiseaux, l’Homme Jésus,

Pour que son Règne soit connu. »

(Didier Rimaud)

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Qui perd … gagne!

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« Comme le péché avait régné pour la mort, ainsi, par la justice, la grâce règne pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur. » (Romains 5, 21)

« Un surgeon a levé:  Marie, la vigne nouvelle, a remplacé Ève, la vigne antique. Le Christ, la Vie nouvelle, a fait en elle sa demeure. Ainsi, lorsque la mort conduisant son troupeau viendrait comme d’habitude, sans méfiance, avec ses fruits mortels, la Vie qui détruit la mort serait cachée dans la Vigne nouvelle. Et lui, lorsque la mort l’eut englouti, sans rien craindre, il délivra la vie, et avec elle la multitude des hommes. (…)

Gloire à toi! Tu as jeté ta croix comme un pont au-dessus de la mort, pour que les hommes y passent du pays de la mort à celui de la vie. (…)

Gloire à toi! Tu as revêtu le corps d’Adam mortel et en a fait la source de la vie pour tous les hommes. »  (Saint Éphrem, le Syrien, docteur de l’Église)

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Dom Guillerand et la notion de Dieu

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Le grand cloître de la Chartreuse de Montrieux (France)

Le vrai contemplatif ne peut que s’intéresser à Dieu. En chartreuse, dom Guillerand n’a fait que cela (sans pour autant oublier l’œuvre de Dieu qu’est la création, et spécialement ses frères et sœurs en humanité). Voici ce qu’il écrit sur ce qui distingue Dieu de tous les autres êtres intelligents ou inanimés :

TRANSCENDANCE  DIVINE

« A-t-on dit ce qu’est Dieu ? On a dit seulement ce qu’il n’est pas. C’est tout ce que l’on peut faire. Nous ne devons pas nous en plaindre ; nous devons nous en féliciter. Car définir un être c’est indiquer ses limites : Dieu n’a pas de limites, il est l’Infini. Cela doit nous ravir et éternellement cela nous comblera. Nous pourrons le contempler sans fin, et sans fin nous découvrirons en lui des perfections et des beautés nouvelles, et sans fin il nous apparaîtra aussi inconnu, aussi inexploré et aussi attrayant que si l’œil de nos âmes, agrandi par la clarté du ciel, se levait sur lui pour la première fois.

Dieu est, et c’est tout ce qu’il est. (…) En disant cela, on le distingue de tout. Être est sa forme, être est son nom. C’est le nom qu’il s’est donné à lui-même : «Je suis celui qui suis». Les autres êtres sont tels et tels ; lui, il est tout simplement, il est l’Être même ! Si peu que j’ajoute à ce nom je le définis, je lui donne des limites, je le borne. Voilà la grandeur unique de Dieu, voilà ce qui le met en dehors de tout, différent de tout, sur des hauteurs où il n’y a place que pour lui, où il demeure seul. Longtemps ce mot (Celui qui est) m’a déconcerté, il m’aveuglait par sa lumière ; maintenant, il m’éblouit, mais je ne puis pas l’exprimer, il est trop grand pour mes mots, il les déborde tous et les fait éclater . »

(Écrits spirituels, tome 2, page 257)

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Aller sans crainte à la Vie

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« Le voici qui vient, escorté des nuées; chacun le verra »  (Apocalypse 1,7)

« Le Seigneur vous a précédés

Dans la mort qui vous obsédait,

Vos morts futures;

Allez donc sans crainte à la vie!

Jésus vous a déjà ravi

Dans sa Passion vos sépultures. »

(La Tour du Pin)

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Le Maître nous attend !

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Apparition du Ressuscité au bord du lac

« Ne cherchons pas hors de nos vies

À retrouver son passage,

Il nous rejoint sur nos sentiers.

Mais au-delà de notre mort

C’est lui encor

Qui nous attend sur le rivage. »

(Hymne liturgique)

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Dom Augustin et le «disciple bien-aimé»

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Église de la Chartreuse de Marienau  (sud de l’Allemagne)

Dom Guillerand avait un penchant très prononcé pour les écrits de l’évangéliste saint Jean. Il s’y retrouve comme chez lui ; sa nature contemplative est tout à fait à l’aise avec celle de l’apôtre qui a écrit un évangile des plus spirituels. Dom Augustin nous a d’ailleurs laissé un  commentaire de cet évangile  qui est comme le résumé de son expérience mystique. Voici quelques lignes où il nous parle de saint Jean :

« Femme voilà votre fils ». Saint Jean est le disciple que j’aime, il n’a pas d’autre nom que celui-là; sa physionomie est d’être aimé, il représente tous ceux que j’aime. Un autre peut aimer davantage, c’est un autre aspect de la question. Peut-être même qu’un autre pourrait être aimé davantage, car l’amour qu’on donne à Dieu répond à l’amour qu’on reçoit de lui. Mais il ne s’agit pas du degré d’amour ni actif ni passif, il s’agit de représentation. Saint Jean au pied de la croix représente ceux que Jésus aime ; il est le disciple aimé et tous ceux que Jésus aime sont en lui. Ce que Jésus fait pour lui, c’est ce qu’il fera pour les siens jusqu’à la fin des temps.

Jusqu’à la fin des temps, les disciples de Jésus et plus spécialement les natures intimes, intérieures, contemplatives, les êtres de tendresse, de sensibilité concentrée, auront avec Marie ces relations de fils à mère. Le Maître leur communiquera par elle son esprit. Il le leur communiquera au pied de la croix. Ils s’y trouveront sans avoir plus à lutter ni à souffrir que d’autres. Ils y seront par un concours de circonstances très particulières ; ils s’y tiendront avec aisance. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 289)

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La joie exhubérante de Pâques

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« Sans Le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible et pleine de gloire » (1Pierre 1,8)

« Père du premier mot

jailli dans le premier silence

où l’homme a commencé,

Entends monter vers toi,

comme en écho,

nos voix

mêlées aux chants que lance

ton Bien-Aimé. »

(Didier Rimaud)

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Le sommet de la Création

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 … et le Verbe s’est fait chair …

« Voici la nuit,

L’immense nuit des origines,

Et rien n’existe hormis l’Amour,

Hormis l’Amour qui se dessine;

En séparant le sable et l’eau,

Dieu préparait comme un berceau

La Terre où il viendrait au jour.»

(Didier Rimaud)

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Intermède cartusien (3): Notre-Dame (moniales)

Le premier Chapitre général de l’Ordre se tint en 1140; ce fut la naissance canonique de l’Ordre des Chartreux. Quelques années plus tard, des moniales décidèrent d’embrasser la règle de vie de ces moines solitaires et ce fut le début de la branche féminine de la famille cartusienne. Remarquons néanmoins que tout au long de l’histoire, il y a rarement eu plus de cinq maisons de moniales simultanément en activité alors que la branche masculine a atteint sa plus grande extension au 16e siècle avec près de 150 maisons.

Actuellement, en 2016, on compte 17 monastères d’hommes et 5 de femmes. Voici la répartition géographique de ces monastères:

Moines:  France (3), Espagne (3), Italie (2), Suisse (1), Allemagne (1), Angleterre (1), Portugal (1), Slovénie (1),  États-Unis (1), Brésil (1), Argentine (1), Corée du Sud (1).

Moniales: France (2), Italie (1), Espagne (1), Corée du Sud (1).

Voici quelques photos de la chartreuse  Notre-Dame, fondée en 1978 dans les Alpes de Haute Provence. Les moniales y mènent une vie sensiblement la même que celle des moines, à savoir, prépondérance de la vie solitaire  tempérée par une certaine vie commune.

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