Un chrétien nommé JUSTIN (2)

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Réunion de chrétiens (2e siècle)

Après avoir donné des renseignements généraux sur l’Eucharistie célébrée de son temps, le philosophe chrétien Justin († 165) aborde le déroulement de la cérémonie dominicale (Jour du soleil, Sun-day):

« Le jour appelé jour du soleil, tous, qu’ils habitent la ville ou la campagne, ont leur réunion dans un même lieu, et on lit les mémoires des Apôtres et les écrits des prophètes aussi longtemps qu’il est possible. Quand le lecteur a fini, celui qui préside fait un discours pour nous avertir et pour nous exhorter à mettre en pratique ces beaux enseignements .

Ensuite nous nous levons tous et nous faisons ensemble des prières. Puis, lorsque nous avons fini de prier, ainsi que je l’ai déjà dit, on apporte le pain avec le vin et l’eau. Celui qui préside fait monter au ciel des prières et des actions de grâces, autant qu’il est capable, et le peuple acclame en disant Amen. Puis on distribue et on partage à chacun les dons sur lesquels a été prononcée l’action de grâce; ces dons sont envoyés aux absents par le ministère des diacres.

Les fidèles qui sont dans l’aisance et qui veulent donner donnent librement, chacun ce qu’il veut; ce qu’on recueille est remis à celui qui préside et c’est lui qui vient en aide aux orphelins et aux veuves, à ceux qui sont dans le besoin par suite de maladie ou pour toute autre cause, aux prisonniers, aux voyageurs étrangers; bref, il vient en aide à tous les malheureux. »

(Première apologie de saint Justin, martyr)

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Un chrétien nommé JUSTIN

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 Saint Justin, chrétien de Rome, martyrisé en l’an 165.

Philosophe païen, converti au 2è siècle (à peine cent ans après la Résurrection de Jésus), Justin avait ouvert une école à Rome et il devint par ses écrits un témoin précieux de la vie des premiers chrétiens. Voici comment il décrit la célébration hebdomadaire de l’Eucharistie:

« Personne ne doit prendre part à l’Eucharistie, sinon celui qui croit à la vérité de notre doctrine, qui a été baptisé pour obtenir le pardon des péchés et la nouvelle naissance, et qui vit selon l’enseignement que le Christ nous a transmis.

Car nous ne prenons pas l’Eucharistie comme un pain ordinaire ou une boisson ordinaire.  De même que Jésus Christ notre Sauveur, en s’incarnant par la Parole de Dieu, a pris chair et sang pour notre salut; ainsi l’aliment devenu eucharistie par la prière contenant sa parole, et qui nourrit notre sang et notre chair en les transformant, cet aliment est la chair et le sang de ce Jésus qui s’est incarné. Voilà ce qui nous est enseigné.

En effet, les Apôtres, dans leurs mémoires qu’on appelle évangiles, nous ont ainsi transmis l’ordre de Jésus: Il prit du pain, il rendit grâce et il dit: Faites cela en mémoire de moi. Ceci est mon corps. Il prit la coupe de la même façon, il rendit grâce et il dit: Ceci est mon sang. Et c’est à eux seuls qu’il le distribua. (…) Depuis ce temps, nous n’avons jamais cessé d’en renouveler la mémoire entre nous. »

(à suivre)

 

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La Très Sainte Trinité et le croyant

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Chartreuse de la Trinité (Dego, Riviera italienne)

Au dire du biographe de dom Augustin Guillerand, le père André Ravier s.j., les écrits de notre chartreux sont profondément inspirés de théologie trinitaire ; il n’est donc pas difficile d’y trouver un texte, comme le suivant, qui traite de la vie trinitaire dans le cœur du croyant. En cette veille de la fête de la Très-Sainte-Trinité, écoutons ce que dom Augustin a à nous dire à ce sujet :

« Le bon Dieu ne désire rien tant qu’avoir pitié et secourir. Il attend, je devrais dire impatiemment s’il était capable d’impatience, de pouvoir le faire. Car le nom d’Être que je lui donne est incomplet. Cet Être qui est, c’est l’Amour même, le don de soi. Se donner est sa vie. Il ne fait que cela. Éternellement le Père donne au Fils cet Être infini dont il est la source, l’océan, le principe et le terme. Éternellement le Fils, animé de ce mouvement que le Père lui communique, refait vers son Père (ou mieux dans son Père) ce don qui les unit, les lie l’un à l’autre, les tient l’un dans l’autre. Comme un foyer lumineux qui serait en même temps un miroir sans bornes, le Père se reproduit dans le Fils, le Fils reproduit le Père, l’Amour qui les unit procède des deux, les reproduit à son tour, les illumine et les fait voir … puis part d’eux pour se répandre hors d’eux, se communiquer à des êtres qui, animés du même mouvement, se donneront comme ils se donnent, leur seront unis par ce don et ne feront eux-mêmes qu’un avec eux.

L’âme qui prie implore cette communication de l’Esprit d’amour ; elle demande à Dieu de se donner à elle ; elle demande donc ce qu’il désire infiniment. Entre ce désir infini de Dieu et la prière de cette âme, il y a donc consonance, harmonie, accord parfait. L’âme humble reconnaît qu’elle n’a pas en elle-même cette tendance à se donner qui est essentiellement divine. Elle reconnaît qu’elle ne peut l’avoir que si l’Amour essentiel la lui communique. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 31)

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Comportement des chrétiens dans la société

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Voici quelques extraits d’un écrit rédigé par un chrétien anonyme vers l’an 190  de notre ère:

« Les chrétiens habitent les cités grecques et les cités barbares suivant le destin de chacun; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre.

Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveau-nés.

Ils prennent place à une table commune, mais qui n’est pas une table ordinaire. Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas, mais on les condamne; on les tue et c’est ainsi qu’ils trouvent la vie. »

( à suivre)

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L’Esprit Saint et le don de soi

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En cette veille de la Pentecôte, voici un extrait de sermon de dom Augustin sur le sujet. À noter le thème du « don de soi » développé tout d’abord en  Jésus, en la Vierge et finalement en tous ses disciples. Un travail attribué, comme il se doit, à l’Esprit Saint:

« C’est l’Esprit Saint qui anime, qui unit, qui orne toute la sainte cité dont saint Jean a tracé le magnifique tableau (Apocalypse 21); c’est lui dont nous célébrons la fête aujourd’hui. Il est lui-même cette cité, et il en est l’ornement; il est cet époux qui est la parure et la beauté de l’épouse. C’est l’Esprit de l’Agneau immolé. Comme Jésus l’a reçu, avec son corps et sa nature humaine (dans le sein de la Vierge qui s’est donnée comme il se donne), il l’a manifesté par toute son existence terrestre. Sa Passion en a été la suprême démonstration et n’a pas eu d’autre but. Il l’a répandu dans le monde pour qu’il puisse s’emparer de tous ceux qui se donneront à son image; et éternellement il resplendit en tous comme un soleil dont ils seraient les réflecteurs très purs.

En attendant, il les prépare; il les prépare en les purifiant; il les purifie en les attirant à lui, il les attire à lui en les détournant de tout ce qui n’est pas lui; il leur fait entendre sans cesse la douce note d’amour que Jean a entendue: «Venez, quittez-vous, sortez de vous, venez à lui.» Il la répète sans fin jusqu’à ce qu’il ait réalisé l’union parfaite dont parle le disciple bien-aimé: « L’Esprit et l’épouse disent: Venez! » (Apocalypse 22,17). »

(Écrits spirituels, tome 2, page 42 s)

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AVIS IMPORTANT

Comme nous en avertit son biographe, le père André Ravier s.j.,  « tous ces textes de Dom Augustin sont à méditer en contemplatif et non à lire en curieux, avide de pensées originales. Tout ce que nous dit ce moine, nous le savons par notre catéchisme: mais c’est dans l’au-delà des mots qu’il faut chercher sa grâce et sa lumière. » (Introduction aux Écrits spirituels, page xvi)

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Chanter pour Dieu

th (6)

« Chantez au Seigneur un chant nouveau » (Psaume 149)

« Eh bien, dis-tu, je chante! Tu chantes, oui, tu chantes, je l’entends. Mais il ne faut pas que ta vie porte témoignage contre tes paroles.

(…) Tu cherches comment chanter celui que tu aimes? Car, sans aucun doute, tu veux chanter celui que tu aimes. Tu cherches quelles louanges lui chanter. (…) La louange de celui que l’on veut chanter, c’est le chanteur lui-même. Tu veux dire les louanges de Dieu? Sois ce que tu dis. Tu es sa louange si tu vis selon le bien.»

(Homélie de saint Augustin sur le psaume 149)

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C’est le mois de Marie …

 

« La Vierge Marie a toujours été proposée par l’Église à l’imitation des fidèles, non point pour le genre de vie qu’elle a expérimenté (…) mais parce que, dans les conditions concrètes de sa vie, elle a adhéré totalement à la volonté de Dieu, elle a accueilli la parole et l’a mise en pratique, elle a été inspirée dans son action par la charité et l’esprit de service; bref, elle fut la première et la plus parfaite disciple du Christ. Tout cela a une valeur exemplaire universelle et permanente. »

(Exhortation apostolique Marialis Cultus , no.35, du bienheureux Paul VI)

 

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La force d’âme selon dom Guillerand

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Travailler alors qu’on est fatigué n’est pas l’idéal … mais qui peut attendre de ne pas l’être ? Dom Guillerand nous parle aujourd’hui de l’effort que nous devons faire pour accomplir notre devoir même si les résultats risquent d’être moins bons.

L’EFFORT

« Il est clair que nous écrivons, parlons et agissons beaucoup mieux quand l’être tout entier goûte la paix. Il est certain que l’activité, quand nous sommes fatigués ou secoués, est beaucoup plus pénible ; elle exige un effort énorme et souvent douloureux.

Mais la force d’âme consiste précisément à dominer cette difficulté, à accomplir cet effort pénible, à agir en un mot «comme si on était bien». Rien ne développe le moral comme cet effort dans lequel on ne tient compte ni de sa souffrance ni de l’infériorité pénible des résultats.

Et si les résultats immédiats sont inférieurs, le résultat éloigné est merveilleux. En se commandant l’action malgré la difficulté des dispositions, on acquiert l’habitude d’agir à peu près toujours et on supprime une perte de temps énorme. Nous devons nous rendre compte que si pour agir nous devions attendre d’être très bien, nous passerions la moitié de notre vie dans cette attente.

Non ! N’attendons plus ce qui pour certains ne vient jamais. Avec les forces que nous avons au jour le jour, faisons ce que réclame le devoir de chaque moment, sans nous occuper du résultat. Le résultat dépend de Dieu; ce qui dépend de nous c’est l’effort. Cet effort nous fera peu à peu une volonté forte, une vie concentrée et féconde. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 200s)

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Vivre dans l’âpreté du réel …

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… ou dans la douceur de nos illusions.

« Seigneur, je n’ai pas le cœur fier, ni le regard ambitieux;

je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent.

Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse;

mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.

Attends le Seigneur, Israël, maintenant et à jamais. »

(Psaume 131)

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Victimes de leur compassion

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Missionnaires de la Charité tuées en haine de la foi au Yémen

« La compassion de Dieu

vous a blessées

Au fond de l’âme comme un glaive de feu;

Vous deveniez l’image

De l’Agneau mystérieux

Quand vous portiez la mort

Des mal-aimés.

Et maintenant voici

Le grand repos

Dans la lumière d’un bonheur accueilli:

Vous contemplez le Père,

Sœurs élus dans le Christ,

Et son amour offert

À tous les hommes.»

(Hymne pour les vierges)

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