Fatima 1917-2017

 

En cette veille du centième anniversaire des apparitions de la Vierge aux trois bergers de Fatima (13 mai 1917),  il convient de s’arrêter quelques instants sur le rôle de Marie dans l’Église. Toutes les Églises chrétiennes dignes de ce nom, tant orientales qu’occidentales, ont toujours réservé une place de choix à la mère de Jésus: elle est celle par qui nous est venu le Sauveur, celle qui peut à bon droit être appelée Mère de Dieu (Théotokos) puisque son fils selon la chair est également Fils de Dieu.

C’est Jésus lui-même qui, sur la Croix, nous a confiés aux soins maternels de Marie  («Voici ton fils … voici ta mère »). Rien d’extraordinaire donc à ce que cette maman s’occupe du bien-être spirituel de ses enfants et cela de toutes sortes de façons, même par le truchement d’apparitions. Et la liste de ces interventions est longue; pour ne citer que celles plus récentes de la France: Rue du Bac, La Salette,  Lourdes et Pontmain. Fatima, au Portugal, s’inscrit donc dans cette lignée d’apparitions mariales qui n’ont d’autres buts que de rappeler à l’ordre les pauvres chrétiens que nous sommes. Nous avons hélas tendance à oublier la nécessité de nous convertir, d’où les appels répétés à faire pénitence. Les trois pastoureaux de la Cova da Iria ont reçu et vécu ce message. François Marto et sa sœur  Jacinthe sont décédés de la grippe espagnole deux ans après les apparitions. Béatifiés en l’an 2000 par saint Jean-Paul II, ils seront canonisés demain par le Pape François.

Réjouissons-nous en faisant mémoire de cet important événement et, surtout, essayons d’y mettre un peu de nous-mêmes en obtempérant plus filialement aux recommandations de la Vierge.

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La maternité spirituelle, selon un Chartreux

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La Vierge des Chartreux (Francisco de Zurbaran, 17e siècle)

Tous les chrétiens se réclamant de la Vierge Marie, rien d’étonnant à ce que les Chartreux fassent de même pour se mettre sous sa protection. Depuis 2000 ans, Marie en effet ne cesse de se montrer notre mère … et les âmes contemplatives en sont bien conscientes. Laissons dom Augustin Guillerand nous entretenir brièvement de la maternité spirituelle de la Vierge :

«Marie et Jésus sont de la terre aussi vraiment et complètement qu’ils le peuvent. Ils sont conçus, ils naissent, ils grandissent, ils meurent. (…) Mais néanmoins ils se distinguent de nous et il le faut : ils sont du premier coup ce que nous devons devenir. (…) La doctrine de la maternité spirituelle de Marie est absolument claire quand on l’étudie au pied de la croix. Elle s’impose, autant qu’une manière de faire peut s’imposer à Dieu. Elle convient en ce lieu à l’Amour infini et à ses réalisations finies. Le rôle de Marie s’étend jusqu’où s’étend Jésus, il s’exerce où s’exerce et quand s’exerce le rôle du Rédempteur. Notre-Seigneur se donne, il nous arrive par Marie. Entre lui et nous elle est toujours là : tel est le plan divin. (…) Car une nouvelle vie commence pour lui sur la croix, donc un nouvel enfantement pour elle. Ce qu’il faut voir au Calvaire, c’est cette nouvelle vie et cette nouvelle mère des vivants. (…) Marie est au calvaire comme mère. L’idée de maternité domine la scène où Jésus la donne à Jean (« Voici ta mère »). Le rôle de Marie en cette circonstance ne peut être plus nettement marqué. Or Jésus, à cette même heure, achève de nous engendrer. Marie assiste à cet acte de génération. Elle y assiste comme mère : une mère qui perd un fils pour en avoir un autre. (…)

Marie va se prêter de nouveau à l’action de l’Esprit de vie. (…) L’amour, l’immense amour qui l’a envahie au jour de l’Annonciation et s’est emparé de sa chair, s’empare d’elle pour qu’elle enfante dans les âmes. Voilà pourquoi elle redevient la femme (« Femme, voici ton fils »). Elle commence là un rôle de femme qu’elle n’avait pas joué encore; elle commence d’enfanter des vivants dont la vie sera la vie de cet Esprit, l’Esprit du Verbe fait chair. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 285 s)

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La Croix, source de lumière, par dom Guillerand

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Calvaire de la Grande Chartreuse (France)

Le temps après Pâques est un temps de lumière car il est la conséquence de la mort de Jésus, une mort rédemptrice pour nous qui gisions dans les ténèbres. En fait, c’est Dieu qui a donné au sacrifice de Jésus le pouvoir de rejaillir sur tous ses disciples ; car, sans le bon vouloir de Dieu, la mort du Christ serait demeurée belle sans doute, mais inutile pour les autres. C’est dans ce sens que dom Guillerand nous parle aujourd’hui de la Croix lumineuse, elle qui d’elle-même n’était qu’un vulgaire gibet mais qui mérita de porter en ses bras la Lumière du monde :

« La Croix est exaltée par Jésus … il a projeté sur elle une lumière qui la fait voir grande, immense, couvrant le monde, l’illuminant d’un rayon qui l’a transformée. (…) La Croix est lumineuse. Elle n’est pas la Lumière, mais elle porte en ses bras Celui qui est la lumière du monde, elle l’offre à ceux qui la regardent, et la lumière s’engendre en eux, et ils deviennent fils de lumière. Cette Lumière s’enfante en eux et elle les fait ses enfants parce qu’elle est une lumière de Vie ; elle se communique à ceux qui se tournent vers elle. Tournés vers elle, ils sont détournés des ténèbres. Leur âme est un miroir ; la Lumière s’y reproduit. Elle ne donne pas seulement de la voir, mais de l’accueillir, de devenir lumière, d’être transformée en elle. C’est en eux qu’ils la voient, car ils sont devenus ce qu’elle est, et ils font ce qu’elle fait … car elle est lumière de la Vie, une lumière qui se montre en se donnant, et qui se donne en se montrant. On la voit agir dans le don d’elle-même, dans le mouvement qu’elle fait en ceux qui l’ont reçue. Ce mouvement la révèle. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 91 s)

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Marcher avec le Ressuscité

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Apparition aux disciples d’Emmaüs

La vie sur terre est une expérience unique, un instant prolongé de découvertes et de joies; mais elle est également un cadeau pas toujours apprécié car nos verres fumés nous jouent souvent des mauvais tours … et elle nous apparaît alors  plutôt décevante, pour ne pas dire décourageante. Tel était l’état d’âme des disciples de Jésus au lendemain de sa triste mort sur l’échafaud: honte pour une  fin si ignoble et désillusion quant à la disparition de celui qui promettait tant d’espérance.

Mais voici que se produit l’inespéré: le Ressuscité se joint incognito à deux disciples qui reviennent de Jérusalem le dimanche soir … lui qui semble avoir été le seul à avoir cru à sa mission (à l’exception, bien sûr, de la Vierge Marie). Démarche combien consolante pour les chercheurs de Dieu que nous sommes, le Ressuscité n’est jamais très loin; entrevue pédestre, cours d’Écriture Sainte par un professeur hors pair, capable de répondre à tous les doutes et difficultés. Moment également de joie spirituelle dont les deux bénéficiaires avoueront plus tard: « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures? » (Luc 24,32)

Les mystères de Jésus trouvent toujours un écho dans notre vie personnelle. Nous n’avons rien à envier à ces deux pèlerins d’Emmaüs car voici une rencontre enrichissante suivie d’un repas fraternel qui devient révélation … tout pointe vers  nos célébrations dominicales qui se veulent, à bon droit, partages du pain de la parole et du pain eucharistique.  Et quels que soient les aléas de la vie, notre marche dans la foi ne doit jamais cesser car le Christ nous accompagne, selon sa promesse: « Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Matthieu 28,20).

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Jours de fête et de joie

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La joie de la Résurrection de Jésus perdure depuis 2000 ans et elle est extatique … car les disciples du Ressuscité ne cessent de s’extasier devant cette nouvelle vie qui répond à leur désir profond d’éternité. Les cultures peuvent changer, les gouvernements peuvent se succéder, l’être humain demeure le même depuis sa lointaine origine: il a soif de bonheur, il aime la vie et désire la conserver le plus longtemps possible.

Ne soyons donc pas surpris si les 50 jours  après Pâques, appelés «temps pascal», sont consacrés à cet enthousiasme spirituel qui prolonge celui de la Fête. Un temps d’action de grâce où résonne l’Alléluia  (allelu-Yah, littéralement: louons Yahvé); un temps de chants et de joie qui nous fait oublier la période austère du carême pour nous axer plus directement sur le triomphe du Ressuscité. Mais ce n’est que pour un certain temps, car la dure réalité de la vie ne peut que nous rattraper. C’est en ce sens que s’exprimait  saint Augustin au 5e siècle :

« Il y a deux époques: l’époque actuelle qui se passe dans les tentations et les épreuves de cette vie, et une seconde époque, qui sera celle de la sécurité et de l’allégresse sans fin. Aussi deux époques ont-elles été instituées par l’Église: avant Pâques et après Pâques. L’époque antérieure à Pâques (le carême) symbolise l’épreuve où nous sommes maintenant, et ce que nous célébrons en ces jours qui suivent Pâques (le temps pascal) symbolise la béatitude qui sera plus tard la nôtre. » (Homélie sur le psaume 148)

Le temps pascal étant donc pour nous une certaine anticipation du Ciel, profitons-en et laissons déborder notre reconnaissance et notre joie!

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Envoyé pour bénir les Juifs?

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Discours de Pierre aux Juifs de Jérusalem

Aujourd’hui (24 avril/ 27 Nissan), les Israéliens fêtent le Jour national du Souvenir de la Shoah en mémoire des quelques six millions de Juifs exterminés par les Nazis. Une occasion de se rappeler que la haine envers des personnes que l’on méprise peut facilement débouchée sur des atrocités meurtrières. Homo homine lupus disaient les Romains: l’homme peut facilement s’avérer un loup pour son semblable.

Après avoir célébré le Vendredi Saint, nous avons tendance à oublier que Jésus a prié pour ses compatriotes : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». On oublie également qu’après la Pentecôte, l’Apôtre Pierre s’est adressé aux habitants de Jérusalem en ces termes: « … je sais bien que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs … convertissez-vous … c’est pour vous d’abord que Dieu a ressuscité son Serviteur et il l’a envoyé vous bénir, pourvu que chacun se détourne de sa méchanceté. » (Actes des Apôtres 3,26). Il n’y a pas place pour la vengeance dans le Plan divin, mais seulement pour la Miséricorde; ce qui importe, c’est de se convertir en changeant de comportement. Plusieurs milliers de Juifs se sont convertis à la prédication des Apôtres et ils ont ainsi fondé la première communauté chrétienne, celle de Jérusalem.

Le pardon des offenses existe-t-il dans la religion juive d’aujourd’hui? Voici un extrait d’une prière du soir: « Maître de l’univers, je pardonne à tous ceux qui m’ont offensé, à tous ceux qui m’ont blessé dans mes intérêts et dans mon honneur, à ceux qui m’ont fait du mal volontairement ou par contrainte, avec préméditation ou par ignorance, en parole ou en action, que ce soit un Israélite ou un non-Israélite, et puisse jamais personne n’être puni à cause de moi. »  (Livre de prières, à l’usage du rite séfarade, Tel-Aviv, page 513)

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« Réjouis-toi, mère Église,

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toute parée de la splendeur du Ressuscité »

La fête de Pâques se prolongeant huit jours durant, nous sommes donc toujours dans cette atmosphère joyeuse de la Veillée pascale.  Nous célébrons cet événement unique d’il y a 2000 ans alors que Jésus, condamné à une mort infâme, ressuscita d’entre les morts, justifié face à ses adversaires par Celui en qui il avait mis sa confiance. Il disait donc vrai :  il est réellement le Messie attendu par Israël, en plus d’être Fils de Dieu .

La Fête de Pâques est une fête partagée … car elle ne concerne pas uniquement le Crucifié mais aussi tous ceux et celles qui se réclament de lui. Jésus n’est pas mort pour lui seul mais pour tous ceux qui croient en lui; sa résurrection est un événement qui profite à tous les croyants. Voulu par Dieu, son sacrifice fait partie du Plan divin qui veut que tous soient réhabilités par sa mort-résurrection. Voilà pourquoi il était tout à fait normal de célébrer cette solidarité , à la Veillée pascale, par le partage de la flamme à partir du cierge allumé en l’honneur du Ressuscité. Lumière du monde, Jésus nous partage cette mission de rayonner ce que nous sommes dans un monde qui se cherche, un monde en quête d’idéal et de bonheur:

Lumière du monde, ô Jésus,

Bien que nous n’ayons jamais vu

Ta tombe ouverte,

D’où vient en nous cette clarté,

Ce jour de fête entre les fêtes,

Sinon de toi, Ressuscité?

(La Tour du Pin)

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La sainte nuit qui s’illumine

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Voici la nuit,

La sainte nuit qui s’illumine,

Et rien n’existe hormis Jésus,

Hormis Jésus où tout culmine:

En s’arrachant à nos tombeaux,

Dieu conduisait au jour nouveau

La Terre où il était vaincu.

(Didier Rimaud)

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Un certain regard

 

crucifixion

Ces hommes méprisés,

ces femmes humiliées,

ces enfants que tout rejette,

ces meurtris, ces torturés,

tous ces visages bafoués:

Seigneur Jésus,

c’est toi qui me regardes.

(Tropaire du temps de la Passion)

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L’étrange nuit sur la colline

crucifixion

Voici la nuit,

L’étrange nuit sur la colline,

Et rien n’existe hormis le Corps,

Hormis le Corps criblé d’épines:

En devenant un crucifié, 

Dieu fécondait comme un verger

La Terre où le plantait la mort.

(Didier Rimaud)

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