
Novembre est traditionnellement le «mois des morts», le mois de la réflexion. La Nature nous y invite en prenant elle-même le chemin qui mène au repos hivernal. La mort peut nous faire peur au point de nous pousser à refuser même d’en parler. Il est vrai que l’on peut exagérer en en faisant une crainte omniprésente qui empoisonne la vie. On peut mourir de façon tranquille, dans son lit, ou de façon tragique, dans une tuerie sanglante qui horrifie. Mais la mort c’est toujours la mort, la fin d’une vie aimée ou tout au moins appréciée.
Anciennement, on se plaisait à dire qu’on était en danger de mort dès la naissance; aujourd’hui, c’est plutôt dès la conception dans le sein de notre mère. Nous vivons à une époque où la violence ne connaît pas de bornes. À preuve, ces jeux électroniques où les ados apprennent à faire la guerre virtuelle … en attendant d’être attirés plus tard à passer aux actes dans un monde bien réel. La vie humaine a perdu de sa respectabilité pour devenir une statistique anonyme dans les nouvelles de dix-huit ou vingt heures.
«Ò Mort, où est ta victoire?» s’exclame saint Paul aux fidèles de Corinthe, suite à sa réflexion sur la résurrection de Jésus. La vie n’est peut-être pas si tragique que l’on pense si … oui, si … l’on accepte la résurrrection telle que proclamée par le Créateur lui-même. La FOI évidemment est un don de Dieu, toujours fragile, mais qui peut rectifier notre fatalisme. D’ailleurs, la Nature elle-même ne nous y invite-t-elle pas, chaque année, en renaissant au printemps ?
Ne soyons donc inquiets de rien … et, comme ajoutait le même apôtre aux Philippiens: «Que la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.» Amen!








» Un Jésus sans prétention » nous dit un chartreux.
(James Tissot)
De Cana, Jésus se rend à Capharnaüm, et de là à Jérusalem. Ces randonnées sur les routes de Palestine, aussi banales qu’elles puissent paraître, ne sont pas sans leçon pour nous. Voici comment les perçoit le chartreux dom Augustin Guillerand dans son commentaire sur l’évangile de Jean :
« En face de ce petit groupe de Galiléens que personne ne remarque, au sein des foules chantantes, bruyantes, je retrouve l’Esprit qui refera le monde et qui se pose là devant lui pour lui révéler la Vérité et la Vie. Ce qui le distingue, c’est précisément qu’il ne se distingue extérieurement de rien, sinon par une recherche d’humilité, de simplicité banale.
Mêlés à ces foules, les disciples montent à Jérusalem. Rien qui attire le regard ; ils marchent quand on marche, ils chantent quand on chante, ils s’arrêtent quand on s’arrête, ils dorment et mangent en même temps que les autres … Mais sous ces dehors et cette surface, quel dedans ! quelle profondeur de vue, de clartés sans fond, d’union à Dieu, d’union en Dieu. On oublie trop facilement que la vie publique elle-même, en sa grande part (de beaucoup la plus grande) a eu ce caractère … et que, lorsqu’il fallait absolument se manifester, Jésus, par une permission qui le révèle plus encore que l’éclat des prodiges ou de l’enseignement, se heurtait à une opposition de tout ce qu’il y avait de considérable autour de lui.
Seuls les petits, les humbles le reconnaissent et voudraient l’aimer, attirés par cette parenté profonde, mais uniquement spirituelle, de l’abaissement, du néant accepté. Il s’est réduit à rien ; le rien choisi ou, s’il est imposé par Dieu, accueilli de sa main comme un trésor … voilà où il veut être rejoint ; voilà qui efface la tache qu’a faite la prétention de l’origine: « Vous serez comme des dieux » (Genèse 3, 5). Jésus est sans prétention … et c’est pourquoi il défendra les droits de Dieu par tous les moyens. »
(Écrits spirituels, tome 1, page 173s)
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