Revêtir Jésus ?

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L’année liturgique nous invite à contempler les divers états ou mystères de Jésus, tels sa naissance à Bethléem , son enfance à Nazareth, son ministère en Galilée et sa mort-résurrection à Jérusalem. Le but de cette contemplation est de faciliter en nous cette bonification de nos sentiments face à Dieu et face aux autres. Laisser le Maître vivre en nous est le devoir de tout disciple car là repose notre prédestination d’enfants de Dieu. «Revêtez le Christ» disait saint Paul et voici comment l’explique un saint prêtre du 17e siècle:

« Nous devons continuer et accomplir en nous les états et mystères de Jésus, et le prier souvent qu’il les consomme et accomplisse en nous et en toute son Église. Car les mystères de Jésus ne sont pas encore dans leur entière perfection et accomplissement. Bien qu’ils soient parfaits et accomplis dans la personne de Jésus, ils ne sont pas néanmoins encore accomplis et parfaits en nous qui sommes ses membres, ni en son Église qui est son corps mystique. (…)

Ainsi, le Fils de Dieu a dessein de consommer et accomplir en nous tous ses états et mystères. Il a dessein de consommer en nous le mystère de l’Incarnation, de sa naissance, de sa vie cachée, en se formant en nous et en prenant naissance dans nos âmes, par les saints sacrements du Baptême et de la divine Eucharistie, et en nous faisant vivre d’une vie spirituelle et intérieure qui soit cachée avec lui en Dieu.

Il a dessein de perfectionner en nous le mystère de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, en nous faisant souffrir, mourir et ressusciter avec lui et en lui. Il a dessein d’accomplir en nous l’état de vie glorieuse et immortelle qu’il a au ciel, en nous faisant vivre avec lui et en lui, lorsque nous serons au ciel, d’une vie glorieuse et immortelle. Et ainsi, il a dessein de consommer et accomplir en nous et en son Église tous ses autres états et mystères, par une communication et participation qu’il veut nous donner, et par une continuation et extension qu’il veut faire en nous de ces mêmes états et mystères.

Ainsi, les mystères de Jésus ne seront accomplis qu’à la fin du monde … temps qu’il a déterminé pour la consommation de ses mystères en nous et en son Église. »

(Œuvres complètes de saint Jean Eudes, Vannes, 1, 312-320)

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Ce qui importe, c’est croire !

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Nous sommes souvent des êtres compliqué s: nous voulons avancer dans la vie spirituelle mais à notre rythme et de notre façon. Or, Dieu n’a pas besoin de toutes ces préparations humaines … il se communique quand et comme il veut. Dans l’épisode de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine, nous voyons cette nouvelle convertie amener une foule de ses concitoyens au Maître sans aucun autre plan d’action que l’enthousiasme partagé. Écoutons notre commentateur du 4e évangile, dom Guillerand, nous décrire la scène :

« Les Samaritains partent donc en grand nombre et, semble-t-il, déjà convaincus : «Beaucoup crurent à cause de la parole de cette femme» (Jean 4,39). Ils croient non seulement à la parole de la femme mais à Celui dont elle parle ; ils croient qu’il est bien le Messie, et ils accourent dans cette conviction. C’est cette foule que le regard du Maître voit de loin comme une moisson d’âmes et qu’il montre à ses apôtres comme les prémisses des récoltes futures. Leur foi si rapide, et qui devait être sincère et vraie, le ravit. (…) Ils ne lui demandent pas d’explications; ils ne lui posent pas de questions comme ceux de Jérusalem. Ici, nulle discussion, mais seulement le mouvement des âmes qui ont trouvé un trésor et qui veulent le garder : «Ils lui demandèrent de s’arrêter chez eux.» (…) Le Messie est là ; il faut en jouir. Jésus ne leur donne que deux jours. Cela lui suffit. Le temps ne compte pas pour lui, mais le don de soi. Ce qu’il peut faire en deux jours avec des âmes généreuses est inouï.

(…) Les Samaritains sont sortis, sont venus, ont entendu, et maintenant ils savent. Que savent-ils ? L’évangéliste ne parle pas de l’objet des prédications parce que ce n’est pas ce qui importe. Ce qui importe, c’est de croire que Jésus est Sauveur, que tout ce qu’il dit est sanctifiant et vivifiant, c’est d’avoir l’âme ouverte à tout ce qu’il dira et d’avoir la volonté prête à réaliser tous ses désirs. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 238 s)

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Ne pleure plus … si tu m’aimes

 

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Le décès d’un être cher ne peut que nous affliger, même dans le contexte de la foi chrétienne. Nous sommes de chair et d’os et certaines absences peuvent nous paraître insupportables. Il n’en demeure pas moins que, la première réaction passée, nos convictions spirituelles doivent reprendre leur place dans notre monde intérieur. Voici comment réagit saint Augustin à cet état d’esprit qui peut affliger tout croyant. Il s’agit d’une prière pour les défunts où le saint évêque fait parler la personne disparue:

« Si tu savais le don de Dieu et ce que c’est que le Ciel. Si tu pouvais d’ici entendre le chant des Anges et me voir au milieu d’eux. Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons et les champs éternels, les nouveaux sentiers où je marche. Si, un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent. Quoi! tu m’as vu, tu m’as aimé dans le pays des ombres et tu ne pourrais ni me revoir ni m’aimer dans le pays des immuables réalités! Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux qui m’enchaînaient et, quand un jour que Dieu connaît et qu’il a fixé, ton âme viendra dans ce ciel où l’a précédée la mienne, ce jour-là tu me reverras, tu retrouveras mon affection épurée. À Dieu ne plaise qu’entrant dans une vie plus heureuse, infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie, je sois devenu moins aimant. Tu me reverras donc, transfiguré dans l’extase et le bonheur, non plus attendant la mort, mais avançant d’instant en instant avec toi dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie. Essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m’aimes. »

(Citation tirée du livre La Force du Silence, du cardinal Robert Sarah, no 180)

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En parfaite harmonie avec Dieu

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La Vierge Mère  (Chartreuse de Montrieux, France)

En la veille de la fête de la Conception immaculée de  Marie, voici ce qu’en dit un chartreux du 20e siècle, notre cher dom Augustin Guillerand, soulignant comme à son habitude la parfaite harmonie entre cette magnifique créature et son Créateur:

« La Sainte Vierge a été créée pour fournir la matière du Verbe incarné: « Il est né de la Vierge Marie ». Ce rôle lui impose avec Dieu des rapports très particuliers: mère du Verbe, épouse de l’Esprit Saint.

De tels rapports exigent des dispositions dans le corps et dans l’âme. L’un et l’autre doivent être complètement entre les mains de Dieu: « Voici la servante du Seigneur ». Il faut que le Saint-Esprit, quand il surviendra en elle, trouve un instrument dont il puisse user à son gré, donc parfaitement accordé en lui-même et parfaitement accordé avec l’action divine qui s’exercera; l’Immaculée Conception réalise cet accord. Elle n’est pas absolument indispensable, mais elle apparaît très indiquée dans un plan de sagesse et d’amour.

Le péché originel dépose au fond d’un être humain un principe qui l’empoisonne. C’est une semence de mort, essentiellement anti-divine. De ce fond empoisonné monte un mouvement qui va directement contre le mouvement de Dieu. L’Esprit d’amour, mouvement de Dieu, se heurte à lui, rencontre une opposition qui, normalement, ne cesse guère ici-bas. Les plaintes de saint Paul demeurent: « Qui me délivrera de ce corps de mort? » (Romains 7,24). (…) C’est la bataille, ou au moins la guerre avec des batailles possibles.

L’oeuvre que l’Esprit-Saint veut accomplir en Marie exige la paix parfaite, l’harmonie, l’ordre humain, une soumission totale du corps à l’âme, de l’âme au Saint-Esprit: Voici la servante du Seigneurqu’il me soit fait selon votre parole. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 57)

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Ces mêmes paysages toujours nouveaux!

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 Dieu est un mystère dont même les contours nous échappent. Lui seul peut se révéler … et c’est ce qu’il a fait par la Création et par ses interventions dans l’histoire de l’homme dont l’Incarnation  est le plus bel exemple.

Jésus est donc le chemin que nous devons emprunter pour arriver à la connaissance authentique du Père. Et c’est précisément ce chemin que l’Église, animée par l’Esprit, emprunte chaque année pour nous conduire progressivement à cette connaissance qui surpasse toutes les connaissances: ce processus a pour nom la contemplation liturgique.

Nous avons commencé, cette semaine, une nouvelle année liturgique qui nous fera gravir, comme par les années passées, la montagne de la connaissance de Dieu par un chemin en spirale alors que les mêmes paysages nous seront de nouveau présentés : naissance à Bethléem, mort et résurrection à Jérusalem, descente du Saint Esprit et envoi en mission. Autant de temps liturgiques dont les deux principaux, Noël et Pâques, seront préparés par des temps secondaires: Avent et Carême. La Pentecôte, quant à elle, nous ouvrira à un temps de réflexion assez prolongé qui nous fera approfondir le message évangélique.

La liturgie aime la simplicité des symboles et entre autres … la couleur! Le blanc sera donc réservé aux fêtes, le violet aux temps de préparation, le vert à la longue période de réflexion. D’autres couleurs sont rattachées à diverses célébrations comme le rouge aux fêtes des martyrs. Remarquons que le noir, autrefois sur-utilisé pour les funérailles, a disparu à toute fin pratique (depuis Vatican II) pour être  remplacé fort heureusement par le violet ou le blanc.

Néanmoins, au delà de la palette des couleurs liturgiques, il y aura toujours un appel à contempler le Christ dans ses divers mystères. Puisse la nouvelle année liturgique nous y faire répondre, à nouveau, sans défaillance:

« Puisqu’il est avec nous tant que dure cet âge,

N’attendons pas la fin des jours pour le trouver …

Ouvrons les yeux, cherchons sa trace et son visage,

Découvrons-le qui est caché au cœur du monde comme un feu! »

(Didier Rimaud)

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Une femme devenue tout autre

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« Laissant là sa cruche, elle courut à la ville »  (Jean 4, 28)

Les apparences sont parfois trompeuses … et nul ne le sait mieux que le Seigneur qui peut réveiller en nous des qualités que nous ignorions. C’est ce qui est arrivé lors de la rencontre de Jésus avec la femme de Samarie, elle qui en était à son sixième conjoint ! Voyons comment l’explique dom Guillerand dans son commentaire du 4e évangile :

« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? »

« La Samaritaine publie ses désordres ; elle les fait connaître elle-même. Puisque Celui qui lui a parlé les connaît, elle ne craint pas que le monde entier les connaisse. Le monde entier, et ce qu’il peut penser, ne compte plus à ses yeux. Un seul être compte, la fait parler, marcher, agir, emplit sa vie : « Ne serait-ce pas le Christ ? » Le Christ, une heure plus tôt, ne tenait pas grande place en son esprit. Sa venue était une préoccupation reléguée dans un plan de son âme qu’elle ne regardait guère. Maintenant elle en déborde ; elle se répand ; il faut que d’autres en jouissent comme elle. (…)

Pourquoi la voix de cette pauvre créature a-t-elle suffi à provoquer cette démarche de tout un peuple ? Son enthousiasme s’est communiqué parce qu’il partait du fond de son âme et faisait oublier la surface de sa vie. Jésus avait, de sa parole pénétrante, rejoint et remué ces grandes profondeurs où sommeillait la vérité de son être. Elle était subitement devenue tout autre ; et c’est cette nouvelle personnalité qui parlait, agissait, se communiquait à ce peuple. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 233 s)

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Un royaume en expansion

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Au lendemain de la fête de la Royauté du Christ (qui clôt l’année liturgique), il importe de bien comprendre cette royauté qui n’a rien à voir avec celle des roitelets d’aujourd’hui. Jésus n’a rien d’un roi inactif, emblématique, vide de tout pouvoir politique, mais il se rapproche plutôt des anciens rois qui réunissaient en eux-mêmes les pouvoirs militaires, législatifs et économiques. Jésus est, plus précisément, une sorte de roi-général qui nous entraîne à sa suite dans la conquête du monde pour y établir le Royaume de Dieu son Père: « royaume de justice, d’amour et de paix »..

Depuis 2000 ans, le Ressuscité, ayant reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre,  est en train de convertir le monde par son Église, à laquelle il a donné le pouvoir de conférer l’Esprit Saint: «Recevez l’Esprit Saint », «Allez , de toutes les nations faites des disciples». Jésus est  la Tête de l’Église et il la dirige avec efficacité grâce à l’Esprit Saint qui unit les membres entre eux, leur fournissant les charismes nécessaires au bon fonctionnement du corps entier. Jésus, en son humanité, est donc au service de son Père. Le royaume qu’il est en train d’établir n’est rien d’autre que le Royaume de Dieu, annoncé par les prophètes et réalisé par l’Église.

Mais d’après saint Paul, ce genre de royauté en devenir  ne serait que provisoire car une fois la conquête achevée, Jésus n’hésitera pas à tout remettre à Dieu le Père :  « Puis ce sera la fin, quand il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute Principauté, Domination et Puissance. Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort (…) Et quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous. » (1 Corinthiens 15, 24-28). Malgré cette transmission de pouvoir royal, il ne faudrait pas croire que Jésus y perd ses prérogatives car, selon les Écritures, il doit régner pour l’éternité:« Et le septième ange sonna … alors, au ciel, des voix clamèrent: La royauté du monde est acquise à notre Dieu ainsi qu’à son Christ; il règnera dans les siècles des siècles. » (Apocalypse 11, 15).

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« Il faut que lui grandisse …

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… et que moi je diminue » (Jean 3, 30)

Pas facile de s’éclipser et d’accepter une baisse de popularité. Seule une grande âme comme Jean le Baptiste a pu le faire avec joie et humilité. Voici comment en parle le chartreux dom Augustin Guillerand dans son commentaire sur l’évangile de Jean :

« Qu’est-il donc, lui, le messager qui précède la venue de l’époux ? Quel est son rôle, sa situation, son nom, le titre et le droit qu’il faut lui reconnaître ? Il est « l’ami de l’époux, celui qui se tient debout aux côtés de l’époux » pour l’assister, pour lui rendre ses hommages, lui faire honneur, représenter sa cour en cette circonstance où l’époux est comme un roi qui prend possession d’un royaume. Le titre est magnifique et le rôle très grand. Jean-Baptiste ne craint pas de le revendiquer. Son humilité n’en est pas menacée ; elle exige cet honneur et elle l’explique avec toute la grandeur que le titre enferme. Car l’ami ne fait qu’un avec l’ami ; ce sont deux cœurs en un seul ; ce qui touche l’un affecte l’autre. La gloire et la joie de l’ami sont la gloire et la joie de l’époux.

Les âmes qui s’attachent à l’époux ne se détachent pas de lui ; elles lui demeurent fidèles, et leur attachement ne peut se maintenir qu’en le quittant ou rejoignant l’époux. L’union à l’époux est le terme auquel tend l’ami. Il reste insatisfait si on ne le laisse pas pour l’époux. Il trouve sa joie pleine si on le délaisse pour celui qui a reçu tous droits d’en haut et qui vient les faire valoir. Il doit diminuer, disparaître. Il grandit en diminuant; il prend toute sa taille, il entre en pleine gloire en disparaissant. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 210 s)

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« Il doit venir dans la gloire de son Père

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 et alors il rendra à chacun selon ses œuvres »  (Matthieu 16,27)

 En ce temps-ci de l’année, l’Église aime nous rappeler que le monde tel que nous le  connaissons est destiné à disparaître: l’accomplissement de l’œuvre de Dieu réunira en un seul événement la Venue glorieuse de Jésus et le Jugement universel.

« Et alors il rendra à chacun selon ses œuvres ». C’est la doctrine fondamentale de la rétribution. L’Ancien Testament ne connaît de rétribution que dans ce monde-ci, le Nouveau la situe dans l’au-delà, mais le principe est le même: à chacun selon ses œuvres (précisons, à chaque adulte, car l’enfant ne peut encore avoir d’œuvres personnelles). Et saint Paul  commente ainsi ces paroles : « Tribulation et angoisse à ceux qui s’adonnent au mal … gloire, honneur et paix à quiconque fait le bien » (Romains 2,6 ss). Les œuvres de cette vie sont donc des plus importantes. Dans l’Apocalypse, saint Jean le dit clairement: « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur! Oui, dit l’Esprit, dès à présent qu’ils se reposent de leurs labeurs car leurs œuvres les suivent » (Apocalypse 14,12).

Quelles sont ces «œuvres» si importantes? L’amour de Dieu et l’amour du prochain. Plus précisément:  croire en Jésus et aimer d’un amour concret nos frères et sœurs en humanité  (1 Jean 3,23). Car Dieu s’assimile à l’homme, il s’identifie au misérable: c’est lui qu’on aura nourri, vêtu, libéré.

« Devant le Roi seront assemblées toutes les nations » (Matthieu 25,32). Comme le remarque si bien  Rey-Mermet: « Les nations ont à être jugées en public comme les individus. Et elles, comme nous tous, seront jugées sur l’amour: les systèmes économiques, les partis politiques … l’Église aussi, comme structure, sera jugée sur l’amour, sur son service, sur son engagement pour les opprimés. Les Instituts religieux seront jugés sur l’amour, les communautés le seront également … Je serai jugé sur l’amour. » (Croire. Pour une redécouverte de la foi, page 308).

« Il viendra; un soir sera le dernier soir du monde.

Un silence d’abord, et l’hymne éclatera.

Un chant de louange sera le premier mot dans l’aube nouvelle. »

(Hymne liturgique)

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À quoi la foi m’oblige-t-elle ?

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Rencontre de Jésus avec Nicodème (Jean 3, 1)

Toute religion suppose un minimum d’obligations. À quoi la foi en Jésus m’oblige-t-elle ? C’est dans cette optique que Nicodème, personnage important et docteur juif, vient questionner le Maître. Écoutons ce que nous dit dom Augustin Guillerand à ce sujet :

« Nicodème veut voir et savoir ; il veut une entrevue. Il est plus à l’aise la nuit ; il peut parler seul à seul ; il dispose de plus de temps … bref, il peut avoir des raisons de choisir ce moment qui, sans exclure le respect humain, justifient ce choix. (…) Le docteur juif n’hésite pas à avouer son impression nettement favorable qui est déjà la foi. Ce qu’il demande, ce n’est pas que cette foi soit accrue, c’est de connaître à quoi elle l’oblige et quels devoirs pratiques elle lui impose. Il est en face de quelqu’un qui parle et agit au nom de Dieu. Il veut savoir de lui ce que Dieu demande pour lui faire place en son royaume attendu.

C’est en ce sens que Jésus lui répond et il répond certainement dans le sens où cette âme lui parle. Pour avoir place au royaume de Dieu, une seule condition est requise : « Il faut renaître ». (…) La nouvelle naissance dont parle Jésus n’exige pas un retour au sein maternel. C’est une naissance de l’Esprit ; il faut donc rentrer dans cet Esprit. (…) Entendre la voix de Dieu ne suffit pas pour connaître Dieu et être enfant de Dieu ; on connaît quand on fait ce que Jésus fait, quand on voit ce qu’il voit et quand, le voyant se donner, on se donne comme il se donne. Voilà pourquoi il faut renaître ; il faut que le principe de vie divine qui est en Jésus et qui l’anime soit reçu par nous et nous anime : c’est son Esprit. »

(Écrits spirituels, tome 1, pages 187-191 passim)

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