Que puis-je offrir à Dieu ?

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La messe n’est pas qu’une prière, c’est également un sacrifice ! À la liturgie de la Parole succède la liturgie eucharistique. Que pouvons-nous offrir à Dieu ? Écoutons les sages conseils de dom Guillerand à sa sœur âgée et impotente :

« Mon Dieu, jusqu’ici je n’ai que prié. Une messe n’est pas une prière ordinaire, c’est une prière très particulière qui s’appelle un sacrifice. Les prières que je viens de faire ont élevé mon âme jusqu’à vous, elles m’ont mis à votre hauteur, elles m’ont préparée au sacrifice. Maintenant je dois et je veux l’accomplir.

Que puis-je vous offrir ? Que puis-je vous sacrifier ? Le pain sur la patène d’or, le vin dans la coupe du calice ne vous attire pas par leur valeur propre ; vous les agréez parce qu’ils vont devenir votre Corps  et votre Sang, et surtout parce que sous cette forme vous pouvez donner libre cours au désir immense qui vous consume de vous unir à nous et de nous transformer en vous. La transformation en vous, la communication de vous-même (infiniment et éternellement beau) à nous-mêmes, pauvres et si pleins de faiblesse et de misères, l’union c’est-à-dire la communauté de pensée, de sentiments, de volonté, d’activité, voilà votre rêve divin et aimant. Le pain et le vin dont vous voulez nous nourrir, c’est vous. Et le pain et le vin dont vous voulez vous nourrir, c’est nous. C’est moi, moi-même, mon corps et mon âme, mon être tel qu’il est et tel que vous le connaissez si bien, avec ses imperfections et ses insuffisances; voilà ce que je dépose à vos pieds, voilà mon offrande.

Faites-en ce que vous voulez. Vous voulez me transformer en vous ; transformez ! Vous voulez immoler en moi ce qui s’oppose à cette transformation, ce qui ne peut s’accorder à vous ; immolez ! Comme le pain et le vin que le prêtre vous offre sur l’autel, mon corps et mon âme sont à vous ; ils viennent de vous ; je n’en ai, moi, que l’usage. C’est cet usage que je vous sacrifie. Je vous le remets précisément pour reconnaître vos droits de Créateur et votre souverain domaine (…). »

(Écrits spirituels, tome 2, page 119)

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Une longue attente récompensée

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Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem

À l’occasion de cette belle fête de la Présentation (2 février), voici un commentaire de dom Augustin Guillerand sur l’attente du vieillard Siméon, attente longue et patiente mais, finalement, merveilleusement récompensée :

« Siméon orné de justice et de crainte attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était en lui.  (Luc 2,25)  Saint Luc a dessiné en quelques mots un portrait précis et complet du saint vieillard Siméon. Sa vie merveilleusement une, et à cause de cela merveilleusement belle et forte; elle tient toute en un mot : Il attendait. (…) Il attendait le Rédempteur, Celui qui devait refaire dans les âmes l’image et la ressemblance de Dieu déformée par le péché, Celui qui est cette image, cette ressemblance, Celui donc qui porte en lui les traits de l’infinie Beauté, la figure de sa Substance, l’éclat de l’éternelle Lumière. Il tenait toutes ses énergies, tendues par le désir, vers lui. (…)

L’issue d’une telle attente est facile à prévoir. Le jour même et à l’heure même où la voix intérieure dit: «Il est là, il est au Temple», toutes les énergies ordonnées de son être, les muscles de son corps, les puissances de son âme se déclenchaient simplement, sans effort, s’accordaient pour trouver, reconnaître, embrasser Celui qui était son seul désir; et de tout cet être satisfait s’éleva l’hymne du repos après l’effort, de la possession après l’attente, l’hymne de la paix : «Maintenant vous laissez votre serviteur partir en paix … » (…) La paix l’enveloppe, le baigne, l’inonde de toutes parts.

Résultat splendide ! Nous le désirons, nous aussi, nous en avons le droit ; il peut, il doit devenir nôtre. Mais nous oublions l’attente qui le précède et le long effort qui le prépare. L’heure de la paix, de repos, ne sonne qu’après le travail, et elle ne sonne que pour ceux qui ont travaillé, pour ceux qui ont su construire et orner le temple intime où l’hôte divin doit venir, pour ceux qui ont longuement écouté la voix de l’Esprit Saint et qui, en collaboration avec ce dernier, se sont façonnés peu à peu des bras spirituels, des facultés rectifiées, surélevées, divinisées, nécessaires pour recevoir et embrasser le Rédempteur attendu. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 19 ss)

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Croire … c’est déjà communier!

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À la messe, après l’écoute de l’évangile vient le moment de manifester notre adhésion à cette Parole divine : c’est en se levant debout que nous récitons ensemble le Credo (notre profession de foi). Dom Guillerand commente cet instant avec des paroles sublimes qui nous transmettent ses convictions les plus profondes :

« Mon Dieu, voilà la vibration de mon âme ; voilà sa réponse aux mots que vous avez prononcés jadis pour tous et que vous voulez lui redire à elle seule : « Je crois ». La foi unit une âme à l’âme qui lui parle. Le Credo est déjà une communion ; la communion spirituelle. Votre Parole me livre cette vérité, et votre Vérité c’est vous. « Je suis la Vérité » avez-vous dit (Jean 14, 6). Et vous avez ajouté: « Je suis la Vie » et « Celui qui croit en moi, celui-là a la vie éternelle ! »

Cela est vrai, la vie est un rapport intime entre deux êtres qui les fait passer l’un dans l’autre. L’être supérieur communique à l’autre la vie supérieure. Quand je mets mon corps en relation avec l’air ou les aliments matériels, je fais vivre mon corps. Quand je mets mon intelligence en contact avec des pensées, je nourris mon intelligence et je développe sa vie. Quand je mets mon âme en contact avec votre âme, votre âme devient mon aliment divin, elle me communique sa propre vie et je possède vraiment la vie éternelle : Credo! Je crois cela.

Je crois tous les enseignements de votre Évangile ; je les accueille; je vous livre mon esprit pour que vous les y graviez ; j’unis ma pensée à votre pensée pour qu’elles ne fassent plus qu’un. Je crois un Dieu, Créateur et Père ; je crois que vous êtes son Fils fait homme, mort pour nous, puis ressuscité et remonté à votre Père. Je crois que vous demeurez sur la terre par votre Saint-Esprit, que vous vivez ainsi dans votre Église et dans vos saints. Je crois que ce Credo accorde ma vie à votre vie et que c’est pour moi la vie éternelle. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 118)

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L’Église dans la tourmente

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Entendons-nous … il ne s’agit pas de tourmente réelle mais médiatique. Le dernier livre du cardinal Sarah (en collaboration avec le pape émérite) n’est que le dernier épisode d’une longue liste de demandes d’éclaircissement sur des déclarations pontificales mal transmises par les moyens de communications. Le problème n’est certainement pas la foi solide et très catholique du Pape François mais plutôt une certaine ambiguïté venant d’un manque d’explications adéquates et exploitée par une presse partisane.

Sans revoir toute l’histoire de la papauté depuis 2000 ans, il suffit de la regarder depuis Pie XII pour constater la saine alternance entre pape cérébral et contemplatif et pape humble et engagé: ainsi Pie XII sera-t-il suivi par Jean XXIII, Paul VI par les deux Jean-Paul, Benoît XVI par François. Une belle et enrichissante complémentarité! Ne soyons donc pas surpris si le pape François n’a pas les charismes de son prédécesseur mais d’autres qui sont bien à lui et qui lui permettent de faire un certain ménage ecclésial, de se sentir libre envers certaines prises de positions traditionnelles et de jeter des ponts avec des groupes jusqu’ici ignorés ou laissés pour compte. Citant l’un de ses confrères jésuites, le regretté cardinal Martini, François déclarait récemment que l’Église catholique affichait un retard de 200 ans dans plusieurs domaines; déclaration apte à faire frémir les nostalgiques de l’époque préconciliaire!

Il n’en demeure pas moins que certaines réflexions du pape actuel concernant, par exemple, l’homosexualité, les divorcés-remariés, le dialogue inter-religieux, le célibat des prêtres dans l’Église latine, sans oublier la fameuse «Pachamama», mériteraient d’être plus amplement expliquées aux simples fidèles, incapables de vérifier par eux-mêmes de leur authenticité et de leur correcte signification.

Je termine par la citation d’un évêque belge: « Jamais il ne faut attaquer le Pape; au contraire il nous faut toujours respecter sa personne et sa mission. Mais il est permis et il s’impose parfois de lui demander humblement des éclaircissements » (Mgr Léonard, archevêque émérite de Bruxelles).

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Dans l’Évangile, Jésus me parle!

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Dom Augustin Guillerand aborde aujourd’hui la lecture de l’Évangile au cours de la messe. Dans cette méditation, écrite pour sa sœur âgée et infirme qui ne peut plus se rendre à l’église, ce moine chartreux explique comment la lecture de l’Évangile est la continuation de la prédication de Jésus sur les routes de Galilée :

« Seigneur, toutes les paroles de vos envoyés ne tendent qu’à vous préparer les voies et à vous ouvrir les âmes. Vous êtes, vous, la Parole unique et vivante qui renferme, éclaire et fait vivre toutes les autres. Votre Évangile offre à mon cœur la riche substance de votre Parole elle-même. Je vous y entends, je vous y vois ; j’y découvre à chaque page, à chaque ligne, à chaque mot la physionomie de Celui que seul je veux connaître, aimer, imiter. L’Évangile, c’est déjà l’Eucharistie : vous vous y donnez, vous vous y faites notre aliment spirituel. Les mots sont les voiles sous lesquels vous vous cachez ; mais c’est bien vous qu’ils livrent dès que par la foi j’en dépasse l’écorce. Vous êtes le fruit savoureux qu’elle enveloppe ; je veux m’en nourrir, comme je me nourrirai tout à l’heure de votre Corps sacré.

En le lisant, je vous rejoindrai et je vous suivrai sur cette terre de Palestine où vous avez vécu votre vie terrestre, dont votre Eucharistie n’est que la continuation et la reproduction. Ce que vous redites sans cesse à chaque Messe, c’est ce que vous avez dit. Ce que j’entends quand je fais silence dans mon âme, ce que je vais entendre durant ces minutes sacrées de mon dimanche solitaire, ce sont les divines paroles dont a vibré l’air de Palestine. Mon âme sera cet air dont les couches dociles s’ébranlaient au passage de vos mots pour les porter jusqu’aux cœurs, hélas ! beaucoup plus rebelles. Puisse-t-elle en retenir et en répercuter à jamais la céleste harmonie ! »

(Écrits spirituels, tome 2, page 117)

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Dans les prophètes, Dieu me parle!

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La première partie de la messe est en réalité une liturgie de la Parole : on y entend successivement des extraits de l’Ancien et du Nouveau Testament. Dans son opuscule « Liturgie d’âme », dom Guillerand explique à sa sœur âgée que Dieu, en inspirant les écrivains sacrés, se trouve à nous parler véritablement :

« Mon Dieu, vous avez vous-même tracé les avenues qui conduisent à vous ; vous avez emprunté des voix qui sont l’écho de la vôtre. C’est vous qui me parlez dans les prophètes et les écrivains sacrés de l’ancienne Loi et dans les apôtres du Testament nouveau. Votre âme a animé leur âme; votre Esprit à inspiré leur esprit ; dans leur pensées et leurs sentiments je reconnais vos pensées et vos sentiments et jusque dans leur voix le timbre aimé de la vôtre. Ils vous ont tant aimé ! « Ce n’est plus moi qui vis, disait saint Paul, c’est Jésus qi vit en moi; Jésus qui m’a aimé jusqu’à se livrer pour moi » (Galates 2, 20).

Les entendre, c’est donc vous entendre. Il est délicieux de songer qu’en dictant ces pages dont mon âme se nourrit, vous prévoyiez et vous vouliez cette heure où elles tomberaient sous mes yeux, vous prépariez la grâce secrète qui les ferait descendre jusqu’à mon cœur et y éveillerait un nouvel amour pour vous. Je les lis avec cette conviction qui me ravit. Je me baigne dans la lumière bienfaisante des vérités qu’elles contiennent et dans la douceur de cette universelle tendresse qui a mêlé à toutes ses œuvres le souci de me sanctifier.

La première lecture me chante surtout l’amour de mes frères ; c’est la forme la plus courante de l’amour du Père qui est aux cieux. Ne pas l’aimer dans ses images créées serait ne pas le connaître … il les a tant aimés, lui ! Il ne vit pas dans mon âme sans lui communiquer cet amour ; la Messe s’achève dans la communion, l’union commune du Père et de tous ses fils. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 116)

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Me voici, ô Dieu, pour faire ta volonté!

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Le grand jour est donc arrivé et … pas trop tôt! Après trente ans de vie à Nazareth, après de si longues années consacrées au travail manuel pour supporter sa famille élargie (sa mère, tante Marie, cousins et cousines), le charpentier Jésus peut maintenant quitter son atelier pour se lancer dans une folle aventure, une mission intuitionnée depuis longtemps et progressivement discernée dans la prière et la méditation des Écritures. Sa délicatesse d’âme lui aura ouvert les yeux depuis sa jeunesse sur l’état lamentable de ses frères humains et sur la gloire spoliée de Dieu, si mal aimé et si mal servi par son peuple choisi.

Son plan? S’offrir comme serviteur, ou mieux comme agneau voué à l’abattoir , tel que prédit par le prophète Isaïe ( 4e chant du Serviteur: 53, 2-12). La prédication de Jean, fils de Zacharie, et son baptême de pénitence au Jourdain lui offrent le moment providentiel pour s’y décider: l’heure est arrivée de se revêtir des péchés du monde pour en demander pardon. « Tu ne voulais ni sacrifice ni oblation … alors j’ai dit: me voici pour faire ta volonté » (psaume 40, 7) . Dieu saura-t-il agréer sa démarche?

Au Jourdain, malgré les réticences de Jean, Jésus se présente donc comme pécheur ayant besoin du pardon divin. Une fois l’immersion rituelle terminée, Jésus se met en prière sur la berge et y reçoit un deuxième baptême: « Voici que les cieux s’ouvrirent: il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu’une voix venue des cieux disait: « Celui-ci est mon fils bien-aimé qui a toute ma faveur. » (Matthieu 3, 18 s) Dieu a manifesté clairement son approbation; il a accepté cette démarche pénitentielle extraordinaire; il confirme Jésus dans son lien filial et lui confère une force spéciale d’Esprit Saint l’habilitant à remplir magnifiquement sa difficile mission de salut.

Tel un prophète des temps anciens, « la main de Yahvé s’étant abattue sur lui », Jésus s’abandonne totalement à l’Esprit qui , en un premier temps, l’envoie au désert pour y méditer et approfondir cette déclaration officielle de filiation divine. C’est alors que débuteront pour lui ces incessantes tentations diaboliques ( « SI tu es vraiment Fils de Dieu …») qui se poursuivront jusqu’au Calvaire! Puis, en un deuxième temps, l’Esprit Saint le renvoie sur les routes de Galilée pour y proclamer la Bonne Nouvelle qu’est le Royaume de Dieu, opérer les signes authentifiant sa mission et, ultimement, offrir sa vie au Golgotha pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

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Prière d’ouverture

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La messe est une rencontre privilégiée avec Dieu. La joie et la louange qui rejaillissent de cette rencontre ne peuvent néanmoins nous faire oublier les immenses besoins qui nous habitent. La « prière d’ouverture » remplie ce rôle essentiel et c’est ainsi que le chartreux, dom Guillerand, l’explique à sa sœur aînée :

« Mon Dieu, quand on vous voit on a d’abord besoin de vous chanter. Vous êtes si grand, si bon et si beau que le premier mouvement des cœurs est une louange. Mais l’admiration ne fait pas oublier le besoin. Vous ne le voulez pas. Votre richesse à vous ne consiste pas à posséder mais à donner. Ou mieux, posséder et donner c’est tout un pour vous, car votre trésor, c’est votre amour, c’est-à-dire le don de soi. Voilà pourquoi vous nous avez créés. Vous avez fait des indigents pour avoir la joie de répandre vos biens. Vous demander c’est donc encore vous louer, et c’est surtout vous ravir.

Que vais-je vous demander ? Vous ! Vous seul ! Toujours et uniquement vous, car en vous je trouve tous les biens. Les oraisons de nos Offices n’ont jamais d’autre but, elles ne peuvent pas en avoir d’autre. Mais la forme est variée presqu’à l’infini ; notre prière s’y renouvelle sans cesse, sans changer ; elle vous implore contre toutes les formes du mal ; elle vous supplie d’écarter tour à tour le péché, la tentation, les maladies, tout ce qui peut menacer notre être ; elle vous fait le protecteur de tout cet être, le pourvoyeur de tous ses besoins. Plus encore que la garde du mal, elle vous demande vos biens, et par-dessus tous ces seuls vrais biens : la grâce, la communication de votre vie. (…)

Les oraisons de l’Église demandent cela pour chacun ; elles le demandent pour tous. L’Église est votre épouse ; l’Église est notre mère. Ses enfants forment une famille ; les intérêts d’un seul sont les intérêts de tous et une commune prière les prosterne à vos pieds pour implorer le bien commun. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 115)

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Cette profonde aspiration des peuples

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Comme tout bon juif de son temps, Paul de Tarse attendait avec impatience le Messie promis à Israël. Quelle ne fut pas sa surprise, une fois converti, de découvrir que le salut tant désiré n’était pas réservé uniquement aux fils de la Promesse mais à tout homme de bonne volonté. « Ce mystère resté caché depuis les siècles, écrivait-il aux païens convertis de Colosse, c’est le Christ parmi vous, l’espérance de la gloire! » (Colossiens 1, 26 s)

Si Dieu a entouré avec beaucoup d’affection, et durant de longs siècles, ce petit peuple de nomades descendant d’Abraham, c’est qu’il avait depuis toujours un plan merveilleux pour tous les peuples de la terre et même pour toute la création: « se réconcilier toutes choses par le Christ, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Col 1, 20). La visite des Mages à Bethléem fut donc un avant-goût de cette future participation des peuples à l’héritage de bonheur promis à Israël. Et c’est pourquoi Paul nous invite « à rendre grâce au Père qui nous a appelés à avoir part à l’héritage des saints dans la lumière » (Col 1, 12).

Hélas! De même que beaucoup de coreligionnaires de Jésus ont refusé ce partage qui leur paraissait injuste, de même aujourd’hui (l’histoire tendant à se répéter) plusieurs chrétiens hésitent à élargir ce bonheur au reste du monde, pensant ainsi demeurer fidèles à l’enseignement du Christ … et c’est malheureusement la position tenue par certains catholiques qui n’en finissent pas de critiquer le pape François pour son ouverture en matière d’œcuménisme et de relations avec les autres religions. Remarquons que cette étroitesse d’esprit se rencontre spécialement, mais non uniquement, chez les nostalgiques du « bon vieux temps » (celui qui précéda Vatican II) alors qu’on avait de l’Église une image de forteresse, séparée du monde, et unique dépositaire de la Vérité.

Dieu merci, le Christ veille … lui qui est la tête du Corps, c’est-à-dire de l’Église. Ce Corps du Christ n’est pas une momie, toute belle dans son immobilité, mais un organisme vivant qui ne cesse de grandir. Puissions-nous continuer à nous laisser instruire par ses représentants attitrés et à nous réjouir de l’instauration progressive d’un royaume (celui du Christ), royaume global et universel dépassant facilement et fort heureusement toutes nos attentes. Amen!

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Le rôle de Marie dans l’Église

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Plus de 50 ans se sont écoulés depuis la tenue du Concile Vatican II, et il se trouve encore des chrétiens pour mettre en doute le rôle de Marie dans la vie de l’Église. On sait que ceux de nos frères séparés qui viennent du Protestantisme ont toujours eu de la difficulté à accepter notre dévotion mariale en lui opposant l’unique médiation du Christ comme Sauveur du monde. Encore aujourd’hui, alors que certains de nos catholiques s’appuient sur cette opinion pour minimiser et le rôle de Marie et celui des saints dans notre vie spirituelle, ils se trouvent encore d’autres qui, pensant bien faire, soutiennent le contraire au point d’attribuer à la Vierge un rôle de médiation parallèle à celui de son Fils. Voici donc un court extrait du document conciliaire sur l’Église qui traite clairement et définitivement de cette question :

« La bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’Avocate, d’Auxiliatrice, de Secourable, de Médiatrice. Mais il faut entendre cela de telle sorte que rien ne soit enlevé ni ajouté à la dignité et à l’efficacité du Christ, unique Médiateur.

En effet, aucune créature ne peut jamais être égalée au Verbe incarné, au Rédempteur. Mais, de même que le sacerdoce du Christ est participé de manières diverses soit par les ministres, soit par le peuple fidèle; de même que l’unique bonté de Dieu se répand réellement sur les créatures de diverses façons; ainsi l’unique médiation  du Rédempteur n’exclut pas, mais suscite une coopération variée, participée différemment par les créatures, à partir d’une source unique.

Cette fonction subordonnée de Marie, l’Église la professe sans hésitation. Elle ne cesse d’en faire l’expérience et elle la présente avec ferveur à l’amour des fidèles, afin qu’ils s’appuient sur ce secours maternel pour s’unir plus profondément à notre Médiateur et Sauveur. »  (Lumen Gentium, no 62)

 

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