
L’épidémie du Coronavirus a entraîné, dans certains pays, la fermeture des églises et autres lieux publics. Face à la désolation de plusieurs croyants, il est bon de rappeler que la conversion personnelle est beaucoup plus essentielle dans la vie d’un chrétien que les réunions liturgiques. Jésus lui-même ne l’a-t-il pas affirmé à la samaritaine: « Femme, crois-moi: l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père … mais l’heure vient, et c’est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jean 4, 21-24). Les réunions liturgiques, toutes légitimes et profitables qu’elles soient, ne serviraient pas à grand chose si les participants refusaient de s’ouvrir aux valeurs de l’évangile et à ses exigences morales: « Ce n’est pas en me disant ‘Seigneur, Seigneur’ qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 7, 21).
Saint Paul, conscient du poids de la conversion radicale exigée des anciens païens, écrivait aux chrétiens de Rome: « Je vous exhorte à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu; c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre » (Romains 12, 1). La vie chrétienne est donc un culte quotidien mais un culte qui ne va pas de soi; il exige un renoncement quotidien. Fort heureusement, ces efforts deviennent possibles à l’aide d’une grâce spéciale, le don de l’Esprit! C’est cette eau spirituelle et vivifiante à laquelle Jésus fait allusion dans son entretien avec la femme de Samarie: « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui l’en aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive » (Jean 4, 10). Or, s’il est vrai que cette nouvelle vie nous vient gracieusement du Sauveur Jésus, il est non moins vrai qu’elle nous est transmise par le ministère de l’Église, plus particulièrement par les sacrements. On ne saurait donc se sauver individuellement, en snobant, pour ainsi dire, tout contact avec les autres fidèles. Les rencontres liturgiques demeurent nécessaires … en temps normal!
En 1928, le chartreux dom Augustin Guillerand écrivit pour sa sœur âgée, incapable d’assister à la messe paroissiale, un petit traité sur la messe et sur la façon de s’y unir spirituellement. Dans le contexte actuel, je me permets d’inviter les personnes intéressées à lire les chapitres de cet opuscule (appelé «Liturgie d’âme») qui sont publiés chaque semaine (le mercredi) sur le présent blogue et dont le premier chapitre (« Le Dimanche comme remède à l’oubli de Dieu ») est en date du 13 novembre 2019. Bonne lecture!








