
Dom Augustin Guillerand aborde aujourd’hui la lecture de l’Évangile au cours de la messe. Dans cette méditation, écrite pour sa sœur âgée et infirme qui ne peut plus se rendre à l’église, ce moine chartreux explique comment la lecture de l’Évangile est la continuation de la prédication de Jésus sur les routes de Galilée :
« Seigneur, toutes les paroles de vos envoyés ne tendent qu’à vous préparer les voies et à vous ouvrir les âmes. Vous êtes, vous, la Parole unique et vivante qui renferme, éclaire et fait vivre toutes les autres. Votre Évangile offre à mon cœur la riche substance de votre Parole elle-même. Je vous y entends, je vous y vois ; j’y découvre à chaque page, à chaque ligne, à chaque mot la physionomie de Celui que seul je veux connaître, aimer, imiter. L’Évangile, c’est déjà l’Eucharistie : vous vous y donnez, vous vous y faites notre aliment spirituel. Les mots sont les voiles sous lesquels vous vous cachez ; mais c’est bien vous qu’ils livrent dès que par la foi j’en dépasse l’écorce. Vous êtes le fruit savoureux qu’elle enveloppe ; je veux m’en nourrir, comme je me nourrirai tout à l’heure de votre Corps sacré.
En le lisant, je vous rejoindrai et je vous suivrai sur cette terre de Palestine où vous avez vécu votre vie terrestre, dont votre Eucharistie n’est que la continuation et la reproduction. Ce que vous redites sans cesse à chaque Messe, c’est ce que vous avez dit. Ce que j’entends quand je fais silence dans mon âme, ce que je vais entendre durant ces minutes sacrées de mon dimanche solitaire, ce sont les divines paroles dont a vibré l’air de Palestine. Mon âme sera cet air dont les couches dociles s’ébranlaient au passage de vos mots pour les porter jusqu’aux cœurs, hélas ! beaucoup plus rebelles. Puisse-t-elle en retenir et en répercuter à jamais la céleste harmonie ! »
(Écrits spirituels, tome 2, page 117)








