L’eau … symbole de l’Esprit

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La Pentecôte est un cadeau inespéré: l’Esprit qui procède du Père et du Fils vient en nous pour nous transformer en enfant de Dieu et nous habiliter à vivre en Église. Ce don découle de la Sainte Humanité du Verbe comme une eau vivifiante. Écoutons l’explication qu’en fait saint Cyrille, évêque de Jérusalem au 4e siècle:

« L’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle. C’est une eau toute nouvelle, vivante et jaillissante, jaillissant pour ceux qui en sont dignes. Pour quelle raison le don de l’Esprit est-il appelé une «eau»? C’est parce que l’eau est à la base de tout; parce que l’eau produit la végétation et la vie; parce que l’eau descend du ciel sous forme de pluie; parce qu’en tombant sous une seule forme, elle opère de façon multiforme. (…)

L’Esprit Saint agit ainsi. Il a beau être un, simple et indivisible, il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté. De même que le bois sec, associé à l’eau, produit des bourgeons, de même l’âme qui vivait dans le péché, mais que la pénitence rend capable de recevoir le Saint-Esprit, porte des fruits de justice. Bien que l’Esprit soit simple, c’est lui qui, sur l’ordre de Dieu et au nom du Christ, anime de nombreuses vertus. Il emploie la langue de celui-ci au service de la sagesse; il éclaire par la prophétie l’âme de celui-là; il donne à un autre le pouvoir de chasser les démons; à un autre encore celui d’interpréter les divines Écritures. Il fortifie la chasteté de l’un, il enseigne à un autre l’art de l’aumône, il enseigne à celui-ci le jeûne et l’ascèse, à un autre il enseigne à mépriser les intérêts du corps, il prépare un autre encore au martyre. Différent chez les différents hommes, il n’est pas différent de lui-même, ainsi qu’il est écrit: Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. (…)

Son entrée en nous se fait avec douceur, on l’accueille avec joie, son joug est facile à porter. Son arrivée est annoncée par des rayons de lumière et de science. Il vient avec la tendresse d’un défenseur véritable, car il vient pour sauver, guérir, enseigner, conseiller, fortifier, réconforter, éclairer l’esprit chez celui qui le reçoit, tout d’abord, et ensuite, par celui-ci, chez les autres. »  (Catéchèses sur le Saint-Esprit, PG 33, 940-941)

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La Terre où tombe le Feu

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La Pentecôte (El Greco, 16e siècle)

Voici la nuit,

La longue nuit où l’on chemine,

Et rien n’existe hormis ce lieu,

Hormis ce lieu d’espoirs en ruines;

En s’arrêtant dans nos maisons,

Dieu préparait comme un Buisson

La Terre où tomberait le Feu !

(Didier Rimaud)

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L’Esprit Saint et le don de soi

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En cette veille de la Pentecôte, voici un extrait de sermon de dom Augustin sur le sujet. À noter le thème du « don de soi » développé tout d’abord en  Jésus, en la Vierge et finalement en tous ses disciples. Un travail attribué, comme il se doit, à l’Esprit Saint:

« C’est l’Esprit Saint qui anime, qui unit, qui orne toute la sainte cité dont saint Jean a tracé le magnifique tableau (Apocalypse 21); c’est lui dont nous célébrons la fête aujourd’hui. Il est lui-même cette cité, et il en est l’ornement; il est cet époux qui est la parure et la beauté de l’épouse. C’est l’Esprit de l’Agneau immolé. Comme Jésus l’a reçu, avec son corps et sa nature humaine (dans le sein de la Vierge qui s’est donnée comme il se donne), il l’a manifesté par toute son existence terrestre. Sa Passion en a été la suprême démonstration et n’a pas eu d’autre but. Il l’a répandu dans le monde pour qu’il puisse s’emparer de tous ceux qui se donneront à son image; et éternellement il resplendit en tous comme un soleil dont ils seraient les réflecteurs très purs.

En attendant, il les prépare; il les prépare en les purifiant; il les purifie en les attirant à lui, il les attire à lui en les détournant de tout ce qui n’est pas lui; il leur fait entendre sans cesse la douce note d’amour que Jean a entendue: «Venez, quittez-vous, sortez de vous, venez à lui.» Il la répète sans fin jusqu’à ce qu’il ait réalisé l’union parfaite dont parle le disciple bien-aimé: « L’Esprit et l’épouse disent: Venez! » (Apocalypse 22,17). »

(Écrits spirituels, tome 2, page 42 s)

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AVIS IMPORTANT

Comme nous en avertit son biographe, le père André Ravier s.j.,  « tous ces textes de Dom Augustin sont à méditer en contemplatif et non à lire en curieux, avide de pensées originales. Tout ce que nous dit ce moine, nous le savons par notre catéchisme: mais c’est dans l’au-delà des mots qu’il faut chercher sa grâce et sa lumière. » (Introduction aux Écrits spirituels, page xvi)

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Savoir trouver la joie dans la peine

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La souffrance est et restera toujours la souffrance, c’est-à-dire une violence faite à notre nature. En souffrant avec nous et pour nous, Jésus a fait de la souffrance un chemin mais c’est « accidentellement », car essentiellement elle reste un contraire, un ennemi. Voici comment un moine, dom Augustin Guillerand, explique la façon chrétienne de souffrir :

« Dans le plan divin, il n’y a qu’un homme, il n’y a qu’une vérité, il n’y a qu’un chemin, il n’y a qu’une vie: « Je suis la Chemin, la Vérité et la Vie, dit Jésus » (Jean 14,6). Tout homme que Dieu aime doit donc entrer dans cet homme; il doit connaître cette vérité, suivre ce chemin, vivre cette vie. Pour nous faire à chacun de nous cette grâce des grâces, Dieu ne recule devant rien. Il bouleverse parfois le monde entier pour qu’une seule âme ressemble davantage à son divin Fils Jésus. Il ne veut que cela ; il ne peut vouloir que cela ; tout le plan de sa Providence est ordonné à ce terme. Et tout ce qui nous arrive doit être envisagé dans la grande lumière de ce terme.

Voilà pourquoi nous souffrons tous : pour devenir d’autres Christ, d’autres Jésus, incompris comme lui, persécutés comme lui, chargés de la croix comme lui. La souffrance en dehors de là, serait incompréhensible et intolérable. En le regardant au contraire, lui, le divin Modèle, lui, la Vérité et la Vie, la souffrance devient belle, la plus belle chose que Dieu ait permise ici-bas, comme la mort est la plus vivante des réalités de la terre. Trouver la joie dans la peine et la vie dans la mort, voilà le secret remède … »

(Écrits spirituels, tome 2, page 193)

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Vous avez dit … le Christ total ?

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Malheur au chrétien mal avisé dont l’horizon spirituel se réduirait exclusivement à  son salut éternel. Le plan de Dieu ne consiste pas à sauver les êtres humains l’un indépendamment de l’autre mais bien  « à réunir l’univers entier sous un seul chef, le Christ » (Éphésiens 1,10). Cette récapitulation de toutes choses, célestes et terrestres, en un seul Sauveur correspond au dessein bienveillant du Père; et c’est ainsi que, à la suite de saint Paul, les Pères de l’Église l’ont compris (notamment, Irénée de Lyon au 2e siècle). Aussi, en tant que croyants, devons-nous dépasser nos intérêts personnels et vivre en solidarité avec nos frères et sœurs! Écoutons à ce sujet  Isaac de l’Étoile, un abbé cistercien du 12e siècle:

« De même que la tête d’un homme et son corps constituent cet homme dans son unité, de même le Fils de la Vierge, avec les membres qu’il a élus, constitue un homme unique, et un seul Fils de Dieu. C’est le Christ total et complet, tête et corps, dont parle l’Écriture. Oui, tous les membres ensemble forment un seul corps qui, avec sa Tête, constitue l’unique Fils de l’homme. Et lui, avec le Fils de Dieu, constitue l’unique Fils de Dieu, de même qu’avec Dieu il constitue un seul Dieu. Ainsi le corps tout entier, avec sa Tête, est Fils de l’homme et Fils de Dieu, et Dieu par conséquent. D’où cette parole: Père, je veux que, de même que moi et toi nous sommes un, eux aussi soient un avec nous. C’est pourquoi, conformément à cette affirmation fréquente de l’Écriture, le corps n’est pas sans la Tête, ni la Tête sans le corps. Pas plus que la Tête et le corps ne sont sans Dieu. Tel est le Christ total. »  (Homélie pour l’Ascension).

Bienheureux donc le chrétien  qui, uni au Christ, fait siens tous les besoins de l’Église … et même ceux du monde entier. Il ne peut qu’espérer s’entendre dire à la fin de sa vie: «Heureux celui qui meurt dans le Seigneur … qu’il se repose de ses fatigues car ses œuvres l’accompagnent.»  (Apocalypse 14, 13)

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Liturgie d’âme : l’offertoire.

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En 1928, le chartreux dom Augustin Guillerand rédigeait pour l’une de ses sœurs (dont la santé défaillante retenait souvent loin de l’église du village) une sorte de méditation sur la messe et les vêpres ; ainsi, pensait-il, la malade pourrait participer spirituellement aux offices du dimanche. Le titre de cet opuscule Liturgie d’âme n’a pas été choisi par dom Augustin, il est cependant tiré du texte. En voici un extrait qui traite de l’Offertoire de la messe :

« Mon Dieu, que puis-je vous offrir ? Que puis-je vous sacrifier ? Le pain sur la patène d’or, le vin dans la coupe du calice ne vous attirent pas par leur valeur propre; vous les agréez parce qu’ils vont devenir votre Corps et votre Sang, et surtout parce que sous cette forme vous pouvez donner libre cours au désir immense qui vous consume de vous unir à nous et de nous transformer en vous.

La transformation en vous, la communication de vous-même à nous-mêmes, pauvres et si pleins de faiblesse et de misères, l’union  c’est-à-dire la communauté de pensée, de sentiments, de volonté, d’activité, voilà votre rêve divin et aimant. Le pain et le vin dont vous voulez nous nourrir, c’est vous. Et le pain et le vin dont vous voulez vous nourrir vous-même, c’est nous. C’est moi, moi-même, mon corps et mon âme, mon être tel qu’il est et tel que vous le connaissez si bien, avec ses imperfections et ses insuffisances : voilà ce que je dépose à vos pieds, voilà mon offrande. Faites-en ce que vous voulez. Vous voulez me transformer en vous; transformez ! Vous voulez immoler en moi ce qui s’oppose à cette transformation, ce qui ne peut s’accorder à vous; immolez ! Comme le pain et le vin que le prêtre vous offre sur l’autel, mon corps et mon âme sont à vous ; ils viennent de vous; je n’en ai, moi, que l’usage. C’est cet usage que je vous sacrifie. Je vous le remets précisément pour reconnaître vos droits de Créateur et votre souverain domaine. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 119)

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« Je vous adjure d’offrir vos corps … »

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Le Christ nous a racheté au Calvaire sans notre aide, affirme saint Augustin, par contre, il ne nous sauvera pas sans notre collaboration. Quelle est donc cette mystérieuse collaboration? D’aucuns penseront immédiatement, et à bon droit, à l’affirmation de Jésus: « Si quelqu’un veut  être mon disciple, qu’il se renonce, prenne sa croix et  me suive». Bien, mais dans quel esprit le faire?  Pour les uns, dans celui d’un ascète qui s’efforce d’escalader la montagne de la perfection par la peau de ses dents; pour d’autres, dans celui d’un enfant qui s’offre à Dieu par le don quotidien de lui-même associé à celui du Christ. Quelque soit notre choix personnel, tout ce travail peut et doit être vu à la lumière de la Tradition comme l’exercice du sacerdoce des fidèles: un sacerdoce distinct de celui des prêtres mais enraciné, comme lui, dans celui du Christ et auquel Pierre et Paul  font souvent allusion dans leurs lettres. Voici comment s’exprime à ce sujet un saint évêque de Ravenne (Italie) au 5e siècle:

« Écoutons l’adjuration de l’apôtre Paul aux Romains (12,1): Je vous adjure d’offrir vos corps. L’Apôtre, par cette demande, a fait accéder tous les hommes au sommet du sacerdoce: offrir vos corps, comme un sacrifice vivant. Quelle fonction sans précédent, que celle du sacerdoce chrétien! L’homme y est à lui-même et la victime et le prêtre; l’homme n’a pas à chercher au dehors ce qu’il doit immoler à Dieu; l’homme apporte avec lui et en lui ce qu’il doit offrir pour lui-même à Dieu en sacrifice. (…)

Sois le sacrifice et le prêtre de Dieu. Ne néglige pas le don que t’a concédé la souveraineté divine. Revêts la robe de la sainteté; boucle sur toi le ceinturon de la chasteté; que le Christ vienne voiler ta tête; que la croix imprimée sur ton front te protège toujours; mets sur ton cœur le mystère de la science divine; fais brûler sans cesse l’encens de la prière; empoigne le glaive de l’Esprit; fais de ton cœur un autel. Et ainsi présente ton corps à Dieu, offre-le sans crainte en sacrifice. »  (Homélie de saint Pierre Chrysologue, PL 52, 499-500)

Remarquons que le concile Vatican II, en faisant allusion au sacerdoce commun des fidèles, n’a rien inventé de neuf mais n’a fait que remettre en lumière une vérité traditionnelle de notre foi : « Les fidèles  exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, par le témoignage d’une vie sainte, par l’abnégation et la charité active » (Lumen Gentium, 10).

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Savoir adorer et se taire !

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Église de la chartreuse San José (Argentine)

Notre esprit humain est fait pour de grandes choses, l’infini nous attire … nous pressentons être destinés pour quelque chose de merveilleux, quelque chose qui nous dépasse ! C’est là le fondement de la vie contemplative (philosophique ou religieuse). La foi chrétienne, en ce domaine, nous comble à merveille. Écoutons encore une fois dom Augustin Guillerand nous parler de ce sujet qui lui tient à cœur :

« Même au ciel nous ne comprendrons pas entièrement Dieu. Comprendre, c’est prendre en soi, c’est tenir, contenir. Or Dieu déborde notre esprit. Nous le verrons ; il surélèvera notre esprit pour accueillir sa propre Lumière. Nous le verrons dans cette Lumière. Mais il n’entrera pas dans notre esprit avec son infinité. Il se proportionnera à la mesure bornée de notre faculté surélevée.

Océan infini, dont le fond recule à mesure qu’on avance, dont la largeur s’étend sans fin. Notre gloire et notre joie seront précisément d’avoir un Père qui nous dépasse à l’infini. Nous jouirons ainsi de ce que nous ne comprendrons pas ; nous exulterons de ne pas comprendre. Pour une créature, voir Dieu, c’est voir qu’il est plus grand que tout, que ce qu’elle voit c’est lui, c’est bien lui, c’est vraiment l’Être qui est et se donne. Elle voit qu’il est, elle voit qu’il se donne ; mais nulle créature ne voit tout ce qu’il est et donne.

Dieu est d’une simplicité inconcevable, unique, dépassant tous nos mots et toutes nos idées, devant lequel il faut vraiment adorer … et se taire. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 259)

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Des brebis en marche …

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Murale intérieure de l’église du Bon-Pasteur  (Paris, 11e arr.)

Le Temps pascal nous rappelle que nous sommes les brebis du bon Pasteur … et donc appelées à marcher à sa suite et à le suivre fidèlement jusqu’au pâturage. Quel est-il ce pâturage si important? Laissons un Père de l’Église, le pape saint Grégoire le Grand, nous l’expliquer à sa façon:

« Au sujet des brebis, Jésus dit encore: Mes brebis entendent ma voix, et moi je les connais, elles me suivent, et je leur donne la vie éternelle. Et un peu plus haut il avait dit à leur sujet: Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra entrer et sortir, et il trouvera un pâturage. Il entrera pour avoir la foi; il sortira en passant de la foi à la vision, de la croyance à la contemplation, et il trouvera un pâturage en arrivant au festin éternel.

Les brebis du bon Pasteur trouvent donc un pâturage parce que tout homme qui le suit avec un cœur simple est nourri dans la pâture des prairies intérieures. Et quel est le pâturage de ces brebis-là, sinon les joies éternelles d’un paradis toujours vert? Car le pâturage des élus, c’est le visage de Dieu, toujours présent: puisqu’on le regarde sans interruption, l’âme se rassasie sans fin  de l’aliment de vie. (…)

Recherchons donc, frères très chers, ce pâturage où nous trouverons notre joie au cœur de la fête célébrée par tant de nos concitoyens. Que leur allégresse nous y invite. Réchauffons nos cœurs, mes frères, que notre foi se ranime envers ce qu’elle croit, que nos désirs s’enflamment pour les biens célestes: c’est déjà partir à leur rencontre que de les aimer. »  (Homélie sur l’évangile de Jean, PL 66, 1129-1130)

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S’il est vrai que Dieu donne tout … alors, où est ma responsabilité ?

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« C’est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire, pour son bon plaisir ». Ces paroles de saint Paul aux Philippiens (2,13) pourraient nous autoriser à conclure au caractère illusoire de notre liberté. Souveraineté divine versus liberté humaine, une apparente incompatibilité qui n’empêche pas les auteurs bibliques d’affirmer que la grâce de Dieu et la libre obéissance de l’homme sont toutes deux nécessaires au salut. Voici comment explique ce dilemme notre ami chartreux, dom Augustin Guillerand :

« Voici la question : « Dieu donne tout : vouloir, pouvoir et persévérer. Donc où est la responsabilité morale ? »

Je réponds :

La responsabilité morale est dans la libre acceptation par l’homme de ce don total. Cette acceptation par l’homme, comme tout le reste, est don de Dieu ; mais cela n’empêche pas cette acceptation d’être libre, parce que Dieu, en donnant, respecte la nature libre de l’être auquel il donne. L’homme accepte donc par le jeu normal de sa nature intelligente et volontaire (qu’est la liberté) et devient ainsi responsable de cette acceptation ou de son refus. (…) Les actes libres prévus par Dieu s’accomplissent infailliblement, parce que compris dans une prévision qui ne peut se tromper ; mais, ils s’accomplissent librement, parce que cette prévision divine les voit et les veut actes libres. Nous faisons le bien et le mal comme Dieu l’a prévu ; mais nous le faisons librement, parce qu’il l’a prévu ainsi.

Nos essais d’explication ne peuvent pas aller plus loin. Après cela c’est l’abîme … où le regard de raison se perd mais où le regard de foi se dilate ; parce qu’il découvre la grandeur de Celui auquel il croit. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 231)

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