Savoir bien employer son temps

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À un correspondant qui s’efforce de vivre le moment présent, dom Guillerand offre quelques conseils pour le rassurer sur la rectitude de son cheminement. Voici ce qu’il lui écrit :

« Nous ne sommes obligés tous qu’à une seule chose: à bien employer le temps et les forces dont nous disposons. On réalise ainsi sa destinée, et nul n’est tenu à autre chose.

La conscience aussi actualisée que possible de ce que nous sommes et de ce que nous faisons, la concentration de tout l’être sur l’acte présent font la valeur d’un homme et en assurent le développement.

Quand on a compris cela et quand on a le courage de le vivre, quand tranquillement, sans surtension (mais avec la tension dont on est actuellement capable) on se ramasse pour se mettre en plein dans ce que l’on fait, on vit sa pleine vie.

Cette pleine vie n’est pas nécessairement celle d’un grand homme. C’est celle d’un homme: et tout est là. Être grand ou petit ne dépend pas de nous. Réaliser l’être que nous avons dépend de nous à chaque minute, et c’est de cette réalisation continue qu’est fait un homme.

Poursuivez votre route, vous êtes sur la bonne voie; donnez-vous à ce que vous faites, sans souvenir d’hier, sans souci de demain, tout à aujourd’hui et à l’instant de ce jour qui est vôtre … et qui bientôt ne le sera plus. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 267)

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Serions-nous sans péché?

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Si Dieu, dans son infinie Miséricorde, nous a envoyé son Fils pour nous redonner espoir, c’est qu’il existait un vrai problème … et nous aurons beau vouloir ignorer notre condition de pécheur en prétextant toutes sortes d’explications farfelues, la dure réalité ne peut qu’un jour nous frapper de plein fouet. Dans l’Ancien Testament, le roi David demeure l’exemple le plus frappant du pécheur qui reconnaît sa faute. Écoutons saint Augustin (†430) commenter le psaume 50/51 attribué à ce roi repentant:

« Mon crime, dit David, moi, je le reconnais.  Si moi, je le reconnais, c’est donc à toi  de fermer les yeux. Ne prétendons aucunement que notre vie est vertueuse et que nous sommes sans péché. Pour que notre vie mérite l’éloge, demandons pardon. Les hommes sans espérance, moins ils font attention à leurs propres péchés, plus ils sont curieux des péchés d’autrui. Ils ne cherchent pas ce qu’ils vont corriger, mais ce qu’ils vont critiquer. Et puisqu’ils ne peuvent pas s’excuser, ils sont prêts à accuser les autres.

Ce n’est pas l’exemple de prière et de satisfaction envers Dieu que nous donne le psalmiste lorsqu’il dit: Car mon crime, moi, je le reconnais; et mon péché est toujours devant moi. Celui-là n’était pas attentif aux péchés d’autrui. Il invoquait son propre témoignage contre lui-même, il ne se flattait pas, mais il s’examinait, il descendait profondément en lui-même. Il ne se pardonnait pas et c’est justement pour cela qu’il pouvait demander sans impudence d’être pardonné.

Tu veux te réconcilier avec Dieu? Apprends à te comporter de telle sorte que Dieu se réconcilie avec toi. Remarque ce qu’on lit  dans le même psaume: Car, si tu avais voulu un sacrifice, je te l’aurais bien offert; tu ne prendras pas plaisir aux holocaustes. Tu n’auras donc pas de sacrifice? Tu n’auras rien à offrir, tu n’auras aucune offrande pour te réconcilier avec Dieu? Écoute la suite et dis à ton tour:  Le sacrifice pour Dieu, c’est un esprit brisé. Le cœur brisé et humilié, Dieu ne le méprise pas. (…) Cherche dans ton cœur ce qui peut plaire à Dieu. Il faut briser ton cœur. Ne crains pas qu’il en meure! On te le dit ici: O Dieu, crée en moi un cœur pur.  Pour que soit créé un cœur pur, il faut briser le cœur impur. Il faut nous déplaire à nous-mêmes quand nous péchons, parce que les péchés déplaisent à Dieu. » (Sermon de saint Augustin sur l’Ancien Testament, 19 2-3)

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La prière … la vraie !

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Moine s’adonnant au travail manuel (Grande Chartreuse)

« Ce n’est pas en me disant: « Seigneur, Seigneur » qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les Cieux. »  Ces paroles de Jésus sont une mise en garde pour tout chrétien (et pour toute âme contemplative) qui voudrait se contenter d’une approche cérébrale de Dieu, dans la prière, en oubliant les exigences de renoncement, d’obéissance et de charité fraternelle. Certes, les lectures et la méditation ont leur place dans la vie d’un priant mais le but visé est avant tout de laisser ses convictions descendre dans sa vie concrète, pour en faire une offrande à Dieu. Voici comment l’explique dom Augustin Guillerand à l’un de ses correspondants (un confrère chartreux, semble-t-il ) :

« Prenons les pensées de Jésus, ses sentiments, ses manières d’être et d’agir, et nous lui serons unis; notre esprit ne fera plus qu’un avec le sien; il vivra en nous et nous en lui. C’est pour cela qu’il faut l’étudier! (…) Il ne s’agit pas de longues formules à réciter ni d’exercices de piété à accomplir. Il s’agit d’un état d’âme. On prie en balayant son escalier (ce que j’oublie souvent de faire), en sciant son bois et en le mettant au poêle, en approchant du tuyau ses mains gercées par le froid, et en usant ses derniers regards sur quelque travail de fantaisie. On offre tout cela à Dieu de temps en temps; on reste, sans y penser, dans cette intention et dans ce regard échangé; et c’est la prière, la vraie, celle qui part du cœur et qui devient la vie ; celle qui relie la formule du matin à celle du soir et qui remplit la journée ; c’est elle qui fait les journées pleines et qui les rend douces (ou au moins supportables) quand elles se présentent avec des épines à la main. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 182 s)

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Que ta volonté soit faite …

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Soyons clairs! Personne ne peut empêcher Dieu de faire ce qu’il veut … mais parce que le diable empêche nos pensées et nos actes d’obéir à Dieu en tout, nous prions et demandons que la Volonté de Dieu se fasse en nous. Personne ne peut compter sur ses propres forces et c’est pourquoi notre appui réside dans la bonté et la miséricorde de Dieu. Mais de fait, à quoi rime concrètement cette si importante Volonté de Dieu? Écoutons la réponse de saint Cyprien († 258):

« La Volonté de Dieu, c’est ce que le Christ a fait et enseigné: l’humilité dans la conduite, la fermeté dans la foi, la retenue dans les paroles, la justice dans les actions, la miséricorde dans les œuvres, la rectitude dans les mœurs; être incapable de faire du mal, mais pouvoir le tolérer quand on en est victime, garder la paix avec les frères, chérir le Seigneur de tout son cœur, aimer en lui le Père, et craindre Dieu, ne préférer absolument rien au Christ, car lui-même n’a rien préféré à nous; s’attacher inébranlablement à son amour; se tenir à sa croix avec force et confiance; quand il faut lutter pour son nom et son honneur, montrer de la constance dans notre confession de foi; montrer, sous la torture, cette confiance qui soutient notre combat et, dans la mort, cette persévérance qui nous obtient la couronne. C’est cela, vouloir être héritier avec le Christ, c’est cela obéir au précepte de Dieu, c’est cela, accomplir la volonté de Dieu. » ( Commentaire sur la Prière du Seigneur, 13-15)

Retenons deux choses: tout d’abord l’accent mis sur l’amour de Jésus (saint Benoît va reprendre textuellement, dans sa Règle des monastères, la phrase Ne préférer absolument rien au Christ), puis la préparation au martyr, mise en garde si importante aux chrétiens et chrétiennes des premiers siècles … et de tous les temps!

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Dom Guillerand nous parle du «Notre Père»

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Rencontre fraternelle à la Grande Chartreuse (France)

Comme tout vrai contemplatif, dom Guillerand se plaît dans les prières simples et courtes car l’attention se porte ainsi plus facilement sur l’objet visé. Dans une conférence donnée aux frères convers de son monastère, voici comment ce moine chartreux aborde l’explication de la prière enseignée par Jésus, le Notre Père :

« Le Pater Noster est la prière parfaite, la prière par excellence, la prière qui résume toutes les autres. Elle établit entre l’âme et Dieu un rapport qui est proprement et véritablement la vie éternelle.

Quand nous prononçons bien ce simple mot «Père», quand nous y mettons bien toute la richesse de sens qu’il comporte, quand , en le prononçant, nous nous tenons bien détournés de tout ce qui n’est pas lui et tout tournés vers lui seul, quand nous voyons bien par la foi le mouvement de ce Père qui verse sa vie et son être en notre âme, qui y grave ses traits, qui nous fait fils, à son image et à sa ressemblance, quand nous accueillons avec amour  ces traits, quand, en un mot, nous nous donnons comme il se donne, il est certain, absolument certain, que les trois Personnes de la Sainte Trinité sont là, en nous, que la félicité infinie qui est cette vie même est participée par notre âme, sous un voile, sans doute, le voile de la foi, mais, encore une fois, très réellement, et il faut y penser.

Et c’est pourquoi, une âme, si elle y est attirée par la grâce, peut se contenter de cette prière, et même, ce qui est évidemment plus rare et exceptionnel, s’en tenir au premier mot qui dit tout. Le divin Maître, cependant, en dictant cette prière, en a ajouté d’autres, non pour le changer ni pour le compléter, mais pour le mettre en une lumière plus vive. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 26)

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Nous sommes tous en orbite de quelque chose!

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Le Seigneur Jésus est venu sur terre pour nous guérir de nos faiblesses et nous réorienter définitivement vers notre Créateur et Père. À ceux et celles qui lui font confiance, il enlève de leur cœur, ou du moins atténue, cette  tendance égocentrique qui est la leur pour les ouvrir à autres choses. Avouons-le, malgré toute notre bonne volonté, nous demeurons souvent en orbite de nous-mêmes … et ce, même dans notre vie de prière. Voici ce qu’en écrivait déjà, au 3e siècle, un saint évêque du nord de l’Afrique qui devait par la suite verser son sang pour le Christ:

« Avant tout, le Christ, Docteur de la paix et Maître de l’unité, n’a pas voulu que la prière soit individuelle et privée, comme si l’on ne priait que pour soi. Nous ne disons pas « Mon Père qui est aux cieux », ni « Donne-moi aujourd’hui mon pain de ce jour ». Chacun ne demande pas pour lui seul que sa dette lui soit remise, qu’il ne soit pas soumis à la tentation et qu’il soit délivré du Mal. Notre prière est publique et communautaire, et quand nous prions, ce n’est pas pour un seul, mais pour tout le peuple, car nous, le peuple entier, nous ne faisons qu’un. (…) Nous voyons les Apôtres prier ainsi avec les disciples, après l’Ascension du Seigneur: D’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes et Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères. D’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière: l’assiduité en même temps que la concorde de leur prière montrait que Dieu, qui fait habiter dans sa maison, ceux qui ont un seul cœur, n’admet dans sa demeure éternelle que ceux qui prient d’un seul cœur. » (Commentaire de saint Cyprien, évêque de Carthage, sur la Prière du Seigneur, 8-9)

Cette réflexion de Cyprien nous invite à revaloriser nos rencontres paroissiales et diocésaines; nous sommes les membres du Christ et nous ne pouvons agir spirituellement qu’en union avec lui,  la Tête. Cette réflexion souligne également l’importance de toutes ces vies humaines consacrées à la prière officielle de l’Église ( l’Office divin ) dans les Ordres contemplatifs. Et finalement, en tant que chrétiens destinés à la vision céleste, posons-nous encore la question: Sommes-nous habituellement en orbite de Dieu ou en orbite de nous-mêmes?

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Savoir garder contact avec Dieu

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Frère chartreux au travail  (Montalegre, Espagne)

 En ce monde super actif qui est le nôtre, il est normal de se poser des questions sur la possibilité de vivre uni à Dieu. À une demande en ce sens provenant d’un correspondant, dom Guillerand répond ceci :

« Dieu est plus présent à nous-mêmes que nous-mêmes, ou (si cette formule semble excessive) il est présent à tout ce qu’il y a de plus intime et profond en nous. Il est notre moi intérieur ; il fait corps avec lui ; il lui infuse incessamment l’être, qui sans cesse retomberait dans le néant s’il n’était pas constamment et très réellement renouvelé. Toute notre activité part de ce foyer secret qui est l’Être de Dieu en nous.

Notre vie devrait consister tout simplement à prendre et garder contact avec ce Dieu présent et qui se donne. Nous devrions sans cesse lui dire : «Mon Dieu, je crois que vous êtes là, que vous m’aimez, que vous vous donnez à moi, et je veux répondre à cet amour par l’amour». Nous ne devrions faire que cela! Mais cela ne supprime pas la vie extérieure (manger, dormir, parler, écrire, etc.) en union avec Dieu par cet acte de foi aimante.

La vie du monde peut être tout ce qu’elle veut ; quand elle entre en contact avec notre âme, elle doit être transformée, elle doit prendre la forme de notre âme. Dans un estomac malade, dans un organisme infecté, la meilleure nourriture devient mauvaise et peut tuer. Dans une âme saine, le mal se change en bien, et ce qui pourrait donner la mort accroît la vie. En voici la raison qui est très belle et très encourageante: c’est que nous portons en nous un principe de vie qui est la Vie même : Dieu vivifie tout. Nous voyons dès lors la nécessité d’une union intime avec lui, et combien nous devons nous efforcer d’en resserrer chaque jour les liens.

Engageons-nous beaucoup, dans ce but, à garder précieusement la paix d’âme qu’il veut bien nous accorder en ce moment. Pour cela, ne nous préoccupons pas de la route ni de ses incidents, ne nous préoccupons même pas trop d’arriver. Préoccupons-nous d’être avec lui. Nous ne pensons pas assez qu’avant d’être notre récompense au terme, Dieu est notre compagnon dans le chemin, et qu’il sera notre récompense si nous nous sommes efforcés de nous tenir dans sa compagnie. »

(Écris spirituels, tome 2, page 170)

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« Pourvu seulement que j’atteigne Jésus Christ »

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Amphithéâtre de la Rome impériale

Que de personnes, aujourd’hui, s’enlèvent la vie pour toutes sortes de raisons. Nous vivons dans une société de confort où la moindre gêne semble devenir un obstacle infranchissable … et nous hésitons de plus en plus à orienter notre vie vers un idéal exigeant (qu’il s’agisse du mariage sacramentel, de la vie religieuse ou sacerdotale).

Et pourtant il n’en fut pas toujours ainsi. Au tout début de l’ère chrétienne, les baptisés se disaient même prêts à donner leur vie pour le Christ. À preuve, le témoignage de saint Ignace  évêque d’Antioche (deuxième successeur de Pierre sur ce siège) qui fut condamné par l’empereur Trajan à être jeté aux bêtes dans l’amphithéâtre de Rome . Voici un extrait de la lettre qu’il envoya aux chrétiens de cette ville, les suppliant de ne rien faire qui puisse compromettre son martyre:  « À l’Église qui préside dans la région de Rome, Église digne de Dieu, digne d’être honorée. digne d’être appelée bienheureuse, digne de réussir selon ses vœux, digne par sa pureté dans la foi; Église qui préside à la charité. (…) Mais je crains que votre charité ne me fasse tort. Car il vous est facile de faire ce que vous voulez; quant à moi, il m’est difficile d’atteindre Dieu si vous ne me laissez pas faire. (…) Demandez seulement pour moi la force intérieure et extérieure. afin que je n’aie pas seulement la parole, mais la volonté; afin que je n’aie pas seulement la réputation d’être chrétien, mais la réalité. (…) C’est maintenant que je commence à être un disciple. Que rien, parmi les êtres visibles et invisibles, ne m’empêche par jalousie de rejoindre le Christ … que tous les supplices du diable viennent sur moi, pourvu seulement que j’atteigne Jésus Christ. » (Lettre de saint Ignace aux Romains)

Effectivement, il parvint à Rome pour le dernier jour des jeux publics. Quatre-vingt mille spectateurs se pressaient sur les gradins du Colisée, lorsque Ignace y fut conduit. Son martyr fut bref.  Deux lions se jetèrent sur lui et le dévorèrent en un moment, ne laissant (selon un commentateur) que les plus gros de ses os. C’était vers l’an 117 après Jésus Christ.

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Ce Cœur qui ne cesse de nous aimer

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« De son sein couleront des fleuves d’eau vive. Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui » (Jean 7, 37-38).

Le but de la mission de Jésus sur terre était, et demeure toujours, de nous baptiser dans l’Esprit Saint. Au Calvaire, l’apôtre Jean n’a pas manqué de discerner dans le coup de lance et l’écoulement subséquent d’eau et de sang une image de cette mission universelle de salut.

Et c’est dans ce même évangile que Jésus parle de son corps comme étant le temple par excellence (« Détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai » Jean 2, 19). Il est donc tout indiqué d’appliquer au corps de Jésus cette prophétie d’Ézéchiel (ch. 47) concernant une eau mystérieuse qui prend son origine au côté droit du futur temple  pour s’écouler vers la Mer morte en devenant peu à peu un fleuve imposant qui assainit tout ce qu’il rencontre. Depuis 2000 ans, que de grâces ont rejailli sur l’humanité en quête de guérison et de salut!

La Fête du Cœur de Jésus, rappel important des sentiments humains du Fils de Dieu, dépasse donc l’horizon d’une simple dévotion pour devenir une brillante représentation de l’histoire du salut depuis le coup de lance. Puisse cette célébration récurrente devenir pour nous, âmes contemplatives, une source bénéfique de méditations ecclésiales, tout à l’honneur de Celui qui nous entraîne à sa suite dans la conquête du monde et l’établissement du Règne de Dieu.

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Ô bon Pasteur, notre vrai pain

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Le voici, le pain des anges,

il est le pain de l’homme en route,

le vrai pain des enfants de Dieu,

qu’on ne peut jeter aux chiens.

◊

Ô bon Pasteur, notre vrai pain,

ô Jésus, aie pitié de nous,

nourris-nous et protège-nous,

fais-nous voir les biens éternels

dans la terre des vivants.

(Extrait de la Séquence de la messe)

 

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