« Il me donne l’agilité du chamois,

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 il me fait marcher dans les hauteurs » (Hab. 3,18)

Ces paroles surprenantes, le prophète Habacuc les met dans la bouche de l’Israélite fidèle qui vient de trouver la sécurité terrestre à laquelle il aspirait. Dans un pays souvent attaqué par l’ennemi, les places fortes au sommet des montagnes constituaient l’endroit idéal pour trouver la sécurité; cette image était donc très parlante pour qui cherchait la paix. Et c’est bien ainsi que l’entendait un autre prophète, Isaïe, lorsqu’il se demandait qui habitera les hauteurs, à l’abri des rochers; et  de répondre: « Celui qui va selon la justice et parle avec droiture, qui méprise un gain frauduleux, détourne sa main d’un profit malhonnête, qui ferme son oreille aux propos sanguinaires et baisse les yeux pour ne pas voir le mal. » (Is 33,15s)

« Il me fait marcher dans les hauteurs » À cette image d’un tel bonheur, restreint somme toute à des horizons terrestres, les auteurs chrétiens n’ont pas manqué d’y percevoir une allusion à la vie dans l’Esprit, au bonheur que Jésus promet à ceux et celles qui le suivent chaque jour en portant leur croix. Qu’il suffise de citer ici saint Benoît qui, dans le Prologue de sa Règle des monastères, invite l’aspirant à persévérer dans le chemin étroit de l’évangile: « À mesure que l’on progresse dans la vie vertueuse et dans la foi, le cœur se dilate, et avec une inexprimable douceur d’amour on presse le pas dans la voie des commandements de Dieu ».

Quelques mots à l’intention de ceux et celles qui s’efforcent de vivre leur vie dans le silence, la prière et la contemplation. Bien que «marcher dans les hauteurs» ne soit pas réservé à une élite (les textes cités plus haut en font preuve), il n’en demeure pas moins que les âmes contemplatives sont davantage sensibles à  ce trésor commun car elles y donnent plus d’importance. Orientant  leur vie sur l’unique nécessaire (cette «meilleure part» dont parle Jésus à son amie Marthe), il est normal qu’elles en expérimentent l’inexprimable douceur d’amour qui les fait courir dans les chemins de l’union à Dieu. L’agilité du chamois vient évidemment avec l’expérience …!

Enfin, à l’intention de toutes les âmes de bonne volonté, je rappelle ce souhait ineffable de saint Paul aux Éphésiens: « Que le Christ habite en vos cœurs par le moyen de la foi;  soyez enracinés dans l’amour et fondés sur lui, afin d’avoir la force de comprendre avec tous les saints ce qu’est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur [du plan de Dieu], et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance, pour que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu.» (Éphésiens 3,17-19)

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Cette fontaine qu’est l’Esprit Saint

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Fontaine de la cour intérieure (Chartreuse Scala Coeli, Portugal)

Dans son commentaire de l’évangile de Jean, dom Augustin Guillerand nous parle de l’Esprit Saint comme d’un mouvement qui unit le Père et le Fils et qui jaillissant  du cœur du Christ, à la manière d’une fontaine, tend à se répandre dans le cœur des croyants. Écoutons attentivement ce cher Augustin :

« L’Esprit qui unit le Père au Fils et le Fils au Père, qui part du Père pour se donner au Fils et repart du Fils pour entrer dans le Père, est dans le Fils fait homme pour se donner aux hommes. Il part de Jésus comme un fleuve pour répandre en eux son eau jaillissante, et il doit repartir d’eux pour rentrer dans le Verbe incarné et, par lui, dans le Père.

Son eau est la vie éternelle ; son mouvement est le mouvement intérieur qui la constitue et qui s’est répandu hors de l’océan infini pour se communiquer aux eaux de l’abîme et les faire rentrer transformées et divinisées dans l’océan. Ce fleuve est le fleuve de paix. Il se répand sans se répandre; c’est un mouvement qui comble, qui communique l’être au néant et le fait être. Il n’est pas exact de dire qu’il est reçu ni qu’il n’est pas reçu. Il reçoit en lui en même temps qu’il est reçu. Voilà pourquoi Jésus emploie le mot «baptiser». Il baptise dans l’Esprit, c’est-à-dire qu’il plonge dans l’Esprit; et nous recevons l’Esprit dans la mesure de notre être. L’Esprit est l’océan plein et débordant qui se répand en tout vase vide … et dans la mesure de ce vide. Les vases doivent donc se vider de tout ce qui les emplit. Le Fils demande ce vide pour se donner à eux. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 214)

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« Comme un cerf altéré cherche l’eau vive

cerf … ainsi mon âme te cherche, toi mon Dieu » (Psaume 41/42)

 Qui d’entre nous ne cherche pas Dieu? Ce besoin inné, mis en nous par le Créateur lui-même, est pleinement satisfait par la révélation apportée par Jésus. Les Pères de l’Église, en nous parlant du baptême (point de départ de tout le processus),  font souvent allusion à certaines images de l’Ancien Testament comme, par exemple, la traversée de la mer Rouge par les Hébreux ou encore leur quête d’eau dans le désert du Sinaï. Voici comment s’exprime saint Jérôme, moine érudit qui vivait à Bethléem au 4e siècle:

« Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche, toi mon Dieu » … Nos baptisés sont pareils à des cerfs qui cherchent l’eau vive: abandonnant l’Égypte et le monde, ils ont mis à mort Pharaon qui s’est noyé dans la mer, et ils ont tué toute son armée dans le bain du baptême. Après l’écrasement du démon, ils désirent maintenant les sources de l’Église: le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Sur le Père, qui est une source, il est écrit dans Jérémie: «Ils m’ont délaissé, moi, la source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes lézardées, qui ne gardent pas l’eau». Sur le Fils, il y a ce passage: «Ils ont abandonné la source de la sagesse». Et sur le Saint-Esprit: «Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, il jaillira en lui une source jaillissante pour la vie éternelle». Cette parole se comprend aussitôt, puisque l’évangéliste Jean nous dit que le Sauveur parlait alors du Saint-Esprit. Par ces textes, il est prouvé avec la plus grande évidence que ces trois sources de l’Église correspondent au mystère de la Trinité.

C’est elles que désire l’âme du croyant, c’est elles que désire l’âme du baptisé, lorsqu’elle dit: «Mon âme a soif de Dieu, la source vive». Elle ne s’est pas contentée d’une velléité de voir Dieu: elle l’a désiré de toute son ardeur, elle a eu soif de toute sa brûlure. »

(Homélie de saint Jérôme sur le psaume 41/42)

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De la vase à la lumière

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Jésus est venu sur terre pour accomplir les promesses de salut et redonner à l’être humain sa splendeur première. En Jésus, c’est le Créateur lui-même qui nous donne la possibilité de devenir ses enfants, promis au bonheur éternel. Ce passage des bas-fonds à la lumière se fait par une alliance entre le Créateur et sa créature, une alliance qui a pour nom  le baptême chrétien. Voici comment l’explique à des récents baptisés un érudit du 4e siècle,  exégète hors-pair et ascète romain vivant à Bethléem:

« Vous qui avez maintenant revêtu le Christ, vous qui suivez notre direction, comme les petits poissons suivent l’appât, laissez-vous soulever par la parole de Dieu hors des flots de ce monde et parlez donc ainsi: «En nous, les lois de la nature sont changées. Car lorsque les poissons sont tirés hors de la mer, ils meurent. Mais nous, les Apôtres nous ont tirés de la mer de ce monde pour que nous passions de la mort à la vie. Tant que nous étions dans le monde, nos regards se perdaient dans les bas-fonds, notre vie se passait dans la vase. Maintenant que nous avons échappé aux flots, nous avons commencé à voir le soleil, à regarder la vraie lumière et, bouleversés par une joie immense, nous disons à notre âme: Espère en Dieu, car je lui rendrai grâce, à lui, mon sauveur et mon Dieu . »

 (Homélie de saint Jérôme sur le psaume 41/42)

 

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Savoir garder contact avec Dieu

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Frère chartreux au travail  (Montalegre, Espagne)

 En ce monde super actif qui est le nôtre, il est normal de se poser des questions sur la possibilité de vivre uni à Dieu. À une demande en ce sens provenant d’un correspondant, dom Guillerand répond ceci :

« Dieu est plus présent à nous-mêmes que nous-mêmes, ou (si cette formule semble excessive) il est présent à tout ce qu’il y a de plus intime et profond en nous. Il est notre moi intérieur ; il fait corps avec lui ; il lui infuse incessamment l’être, qui sans cesse retomberait dans le néant s’il n’était pas constamment et très réellement renouvelé. Toute notre activité part de ce foyer secret qui est l’Être de Dieu en nous.

Notre vie devrait consister tout simplement à prendre et garder contact avec ce Dieu présent et qui se donne. Nous devrions sans cesse lui dire : «Mon Dieu, je crois que vous êtes là, que vous m’aimez, que vous vous donnez à moi, et je veux répondre à cet amour par l’amour». Nous ne devrions faire que cela ! Mais cela ne supprime pas la vie extérieure (manger, dormir, parler, écrire, etc.) en union avec Dieu par cet acte de foi aimante.

La vie du monde  peut être tout ce qu’elle veut ; quand elle entre en contact avec notre âme, elle doit être transformée, elle doit prendre la forme de notre âme. Dans un estomac malade, dans un organisme infecté, la meilleure nourriture  devient mauvaise et peut tuer. Dans une âme saine, le mal se change en bien, et ce qui pourrait donner la mort accroît la vie. En voici la raison qui est très belle et très encourageante: c’est que nous portons en nous un principe de vie qui est la Vie même : Dieu vivifie tout. Nous voyons dès lors la nécessité d’une union intime avec lui, et combien nous devons nous efforcer d’en resserrer chaque jour les liens.

Engageons-nous beaucoup, dans ce but, à garder précieusement la paix d’âme qu’il veut bien nous accorder en ce moment. Pour cela, ne nous préoccupons pas de la route ni de ses incidents, ne nous préoccupons même pas trop d’arriver. Préoccupons-nous d’être avec lui. Nous ne pensons pas assez qu’avant d’être notre récompense au terme, Dieu est notre compagnon dans le chemin, et qu’il sera notre récompense si nous nous sommes efforcés de nous tenir dans sa compagnie. »

(Écris spirituels, tome 2, page 170)

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Un chrétien face à l’Islam

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Jésus nous a promis l’Esprit Saint pour nous aider à bien discerner la vérité de l’erreur. Depuis 2000 ans, l’Église ne cesse d’être  confrontée à toutes sortes de défis qu’elle assume  dans un grand élan de foi et de charité. C’est dans un tel esprit que je voudrais vous faire part de ma vision de l’Islam, aidé dans une certaine mesure des écrits d’Alain Besançon notamment de son livre Problèmes religieux contemporains. J’ai évidemment une grande admiration pour ces peuples qui s’efforcent de vivre leur idéal religieux. Mon empathie se fait plus grande encore pour ceux et celles d’entre eux qui, victimes de la guerre, se voient obligés de tout quitter pour se réfugier ailleurs. Mon propos n’est donc pas de débattre de l’accueil de ces personnes mais bien de la religion qui est la leur.

En considérant  l’Islam, nous, chrétiens, risquons de projeter inconsciemment sur elle des notions bibliques et évangéliques qui lui sont totalement étrangères. Voyons concrètement (et très brièvement) ce qu’il en est:

  1. DIEU: il est incontestable que l’Islam adore le Dieu d’Israël, donc le même Dieu que les chrétiens. Mais comme le remarque Besançon, « il est non moins incontestable que l’Islam ignore la notion d’alliance  (tant l’alliance du Sinaï que la nouvelle alliance  dans le sang de Jésus). Pour l’Islam, l’alliance n’est pas nécessaire car il estime que tous les hommes sont nés musulmans et que le message du Coran leur a été transmis dès la naissance et que ce sont des circonstances extérieures, principalement la falsification du Coran céleste par les Juifs (en lui substituant la Torah) et par les Chrétiens (l’Évangile) qui ont fait que les hommes ont besoin  d’être redressés par le message authentique, transmis par Mahomet. » Pour l’Islam, la notion de Dieu est évidente; l’un des reproches adressés au christianisme est d’abriter dans son sein des mystères inaccessibles à la raison. La foi proprement dite n’existe donc pas dans l’univers musulman. Remarquons également que pour cette religion, Dieu est Dieu mais il n’est pas «Père» car cette appellation ne lui convient pas; Dieu ne requiert pas l’amour et ne le dispense pas.
  2. FOI: la foi musulmane est donc plus une «croyance» naturelle qu’une foi surnaturelle. Sa religiosité se rattache à la vertu naturelle de religion et non, comme les chrétiens, à la vertu de foi théologale. Ce qui explique sa vision humaine du surnaturel et l’intensité de son adoration. Comme l’écrit  Besançon: « Les attitudes physiques de l’adoration ayant presque disparu dans le christianisme occidental, on comprend que les catholiques soient frappés de la puissance de l’adoration musulmane … ils s’émerveillent de leur zèle à observer le jeûne, eux qui ne jeûnent presque plus… »
  3. MAHOMET : cet homme  a rencontré au cours de sa vie des juifs et des chrétiens (vers l’an 600) et c’est de leur Dieu qu’il estime avoir reçu la dictée du Coran. Mais comme le remarque très justement l’auteur précité, « les chrétiens ne reconnaissent pas dans le Coran la Révélation qu’ils ont reçue … les musulmans adorent avec leurs facultés naturelles le Dieu surnaturel d’Israël qu’ils croient connaître, mais qu’aux yeux des chrétiens ils ne connaissent pas vraiment. »
  4. ABRAHAM:  les musulmans professent avoir la foi d’Abraham mais qu’en est-il vraiment? La vie d’Abraham, dans le Coran, s’écarte de celle qu’on lit dans la Genèse. On n’y parle pas de son émigration commandée par Dieu, il ressuscite des oiseaux coupés en morceaux, il renverse des idoles et s’oppose à son propre père. Il construit même la Kabba et fonde le pèlerinage de La Mecque!! Il veut sacrifier son fils à Dieu mais il ne s’agirait pas d’Isaac mais bien d’Ismaël, l’ancêtre des Arabes, etc., etc.
  5. MARIE: elle est bien la mère virginale de Jésus, mais elle est musulmane et , bousculant toute chronologie vraisemblable, elle serait la sœur d’Aaron, frère de Moïse! C’est la seule femme dont le nom soit prononcé dans le Coran.
  6. JÉSUS: à peine né de Marie (au pied d’un palmier!), il prend la parole pour dire: «Je suis serviteur de Dieu. Il m’a donné l’Écriture (le Coran céleste) et m’a fait prophète». (Sourate 19,31). Il ajoutera plus tard: « Les chrétiens ont dit: le Messie est fils de Dieu … que Dieu les tue! » (Sourate 9,30) Jésus est un musulman et il condamne ceux qui professent la Trinité en Dieu même si cette Trinité n’est pas celle à laquelle on pense;  pour le Coran, les chrétiens croient en la Trinité formée de Dieu, de Marie et de Jésus !! Finalement, Jésus ne serait pas mort sur la croix mais un sosie lui aurait été substitué (Sourate 4,156).
  7. PARADIS: un lieu agréable certes mais où il n’est nullement question de l’intime connaissance de Dieu ou de toute communication de vie divine promise aux justes dans la Bible. Dieu est aussi lointain dans l’au-delà qu’il l’est sur la terre!

CONCLUSION: la doctrine musulmane, lorsqu’on la regarde de près, n’a pas cette continuité avec la doctrine révélée de l’Ancien Testament qui est caractéristique de la doctrine de Jésus. À la source d’eau vive qu’est la Révélation biblique, Mahomet oppose sa propre révélation qui ressemble plus à un puit creusé dans le désert. Cette doctrine ne possède pas non plus cette vision grandiose et intimiste de la vie d’union à Dieu telle qu’on la trouve dans les psaumes et dans l’Évangile. Son espérance ne dépasse pas les horizons d’un bonheur humain après la mort, auprès d’un Dieu qui cautionne la sensualité, la violence et l’étroitesse d’esprit. Bref, pour le chrétien qui a fait l’expérience de la vie dans l’Esprit, cette «foi musulmane» ne fait tout simplement pas le poids et elle ne s’avère  pas du tout attirante … même si elle peut, quelque fois, réveiller en lui des élans de ferveur religieuse, notamment  en ce qui concerne l’ascèse et l’adoration.

REMARQUE IMPORTANTE    ++++++++++++++++++++++++++++++++++

                 Comme dans toute religion, le texte de base est toujours accompagné d’une longue tradition d’interprétations et de mises en pratique … le Coran ne fait pas exception. À ces quelques notes, le lecteur devra donc consulter une immense littérature tant sur le Coran lui-même que sur la tradition islamique pour pouvoir mieux saisir ce phénomène religieux. Pour ceux et celles que cette tâche énorme rebuterait, il leur reste toujours  un moyen très simple que Jésus lui-même nous indique dans l’évangile de Matthieu, alors qu’il compare les faux prophètes à des arbres fruitiers: « Un arbre bon donne de bons fruits, un arbre mauvais donne de mauvais fruits …  C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Matthieu 7,17-20).

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Avoir la Foi n’est pas donné à tous

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              On demandait un jour à Jésus si les sauvés seraient nombreux, ce à quoi il répondit: « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et n’y parviendront pas. » (Luc 13,24)

Si la foi chrétienne est offerte à tous sans distinction, elle n’est pas pour autant acceptée par tous … et cela, bien que triste, n’est pas désordonné car Dieu respecte la liberté de l’homme. L’Église, à la suite des Apôtres, se  doit de parcourir le monde pour offrir cette grâce qu’est la Foi : elle la propose  mais ne l’impose pas.  On remarque cependant que l’élan missionnaire catholique a baissé de beaucoup depuis le Concile Vatican II (1962-1965). Ce Concile ayant souligné, à bon droit, que des semences de vérité se trouvaient dans toutes les religions, il s’ensuivit selon certains qu’il fallait peut-être laisser celles-ci à elles-mêmes … et le respect frileux de l’autre prit ainsi le pas sur la diffusion de la Vérité telle que voulue par Jésus. Nous nous retrouvons donc dans une société post-moderne où, semble-t-il, toutes les religions se valent et où tout effort de prosélytisme apparaît comme d’extrême droite, ou tout au moins comme « non politiquement correct ». Une grande naïveté pour nous occidentaux … car non seulement ouvrons-nous la porte à toutes les influences de l’heure mais nous favorisons également  l’érosion de  l’héritage chrétien accumulé depuis  des siècles. Les lois changent pour le pire et  plusieurs commencent à s’en inquiéter!

À tout cela, ajoutons que l’immigration en masse de peuples musulmans et les attentats terroristes (même si ces deux phénomènes ne sont pas directement reliés)  ne peuvent qu’ajouter à notre nervosité. Et nous nous posons à bon droit des questions sur cette religion qui se fait de plus en plus présente dans notre société occidentale. Qui est-elle et quelles sont ses intentions? Des questions qui méritent  évidemment qu’on s’y arrête plus longuement.

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Le silence comme prière

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« En Chartreuse les paroles que nous ne disons pas deviennent des prières. C’est là notre force et nous ne pouvons faire quelque bien que par ce grand moyen du silence. Nous parlons à Dieu de ceux auxquels nous ne parlons pas.

Il faut demander à Dieu la grâce de nous trouver au lieu de nous fuir. Se trouver, se fuir ce ne sont que des formules. Voilà ce qu’elles signifient et dans quelle vérité plus profonde qu’elles-mêmes elles s’accordent. Il y a en nous l’objet de nos aspirations. Il y est vraiment; il y est de façon personnelle et vivante ; il y est comme un frère, un ami, un père. Il s’y donne intimement et continuellement. Il est notre être vrai, la part de nous-mêmes qui n’est pas emportée à chaque instant par le flux des choses, ce qu’il y a d’immuable et d’éternel. Se trouver, c’est le trouver en soi. Cette découverte est l’œuvre de la foi aimante. Les âmes qui aiment ont une certaine façon de croire qui les fait comme sortir d’elles-mêmes et entrer dans l’objet de leur croyance. Elles comprennent cette parole de l’Évangile : « Si quelqu’un m’aime, il observe mes commandements: et alors nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre demeure. »  Voilà où il faut nous enfuir, et où il faut nous trouver: dans la demeure de notre âme où réside Dieu. Et quand nous aurons trouvé ce Dieu en nous, quand nous en aurons fait le compagnon aimé de nos jours et de nos heures, nous ne trouverons plus la vie si lourde et la société de nos semblables si ennuyeuse. En eux, comme en nous, nous verrons et nous aimerons Celui qui est leur vrai fond de beauté. »

(Dom Augustin Guillerand dans Écrits spirituels, tome 2, page 171)

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Le don de soi comme prière

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Les Apôtres Pierre et Paul

En ce 29 juin, nous célébrons les Colonnes de l’Église que sont les apôtres Pierre et Paul. Leurs vies nous inspirent encore aujourd’hui: deux croyants qui se sont donnés totalement à l’expansion du Royaume fondé par Jésus. Leur vie apostolique fut une prière agréable à Dieu … leur mort également: Paul (citoyen romain) eut la tête tranchée sur la via Ostia près de Rome et Pierre fut crucifié avec d’autres chrétiens dans les jardins de Néron, là où est situé le Vatican.

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive » (Luc 9,23) On ne peut suivre le Christ sans mourir à soi-même et sans l’imiter dans son amour pour tous les humains. Forte de l’Esprit Saint qui l’habite, notre vie chrétienne devient alors un acte de culte, une adoration dont nous parle saint Paul dans la lettre aux Romains: « Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu; c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre. Ne vous modelez pas sur le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser … » (Romains 12,1)

Le don de soi comme prièren’est-ce pas là tout ce qu’il y a de plus beau à faire pour remercier Dieu de tout ce que lui-même a daigné faire pour nous?

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La poésie comme prière

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Le poète s’efforce de refléter les beautés de l’univers en utilisant des couleurs, des sons ou des rythmes. Le poète est souvent un mystique qui s’ignore; il est donc tout à fait normal de trouver dans la littérature religieuse des textes poétiques, comme les psaumes, qui éveillent en nous des sentiments profonds et même des intuitions sur la Beauté et la Bonté du Créateur.

Plusieurs écrivains chrétiens ont emprunté le sentier tracé par leurs prédécesseurs juifs en célébrant la Gloire de Dieu par des hymnes inspirées par l’Esprit. On pense évidemment au Syrien Ephrem de Nisibe, au Grec Grégoire de Nazianze, au Latin Ambroise de Milan, ainsi qu’à des centaines d’autres qui au cours des âges se sont faits les chantres de l’Invisible.

Dans l’Église catholique, avec  Vatican II, s’est ouverte une période de créativité d’hymnes liturgiques pour répondre au besoin de francisation de la liturgie romaine. C’est ainsi que furent mis à contribution, dans les années 70,  les talents de plusieurs poètes français tel le jésuite lyonnais Didier Rimaud, responsable à lui seul de 45 des 267 hymnes du nouveau bréviaire (Liturgie des Heures). On peut affirmer des hymnes liturgiques ce que saint Ambroise disait des psaumes: « On les chante pour se réjouir et en même temps on les apprend pour s’instruire ».Voici, à titre d’exemple, une  hymne du père Rimaud qui, avec ses  quatre strophes, exprime bellement les quatre étapes de l’Histoire du salut:  Prédestination (Pour que l’homme …)– Faute originelle (Nous tenions de Dieu …)– Incarnation (Quand ce fut le jour …)– Temps présent (Qui prendra la route …):

Pour que l’homme soit un fils à son image,

Dieu l’a travaillé au souffle de l’Esprit:

Lorsque nous n’avions ni forme ni visage,

Son amour nous voyait libres comme lui.

Nous tenions de Dieu la grâce de la vie,

Nous l’avons tenue captive du péché:

Haine et mort se sont liguées pour l’injustice

Et la loi de tout amour fut délaissée.

Quand ce fut le jour, et l’heure favorable,

Dieu nous a donné Jésus, le Bien-Aimé:

L’arbre de la croix indique le passage

Vers un monde où toute chose est consacrée.

Qui prendra la route vers ces grands espaces?

Qui prendra Jésus pour Maître et pour ami?

L’humble serviteur a la plus belle place!

Servir Dieu rend l’homme libre comme lui.

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