Prières longues ou prières courtes ?

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Questions sempiternelles. Faut-il prier longtemps ou brièvement ? Comment se comporter lorsqu’il s’agit de prières d’obligation ou de dévotion personnelle ? Finalement, qu’en est-il lorsque ma motivation vient de la routine ou de l’Esprit qui vit en moi ? Autant de questions auxquelles s’efforce de répondre notre cher moine chartreux, dom Augustin Guillerand. Écoutons-le :

« La durée des prières ne fait pas leur valeur, mais leur ferveur, c’est-à-dire l’amour. Si, pour s’exprimer, l’amour a besoin de beaucoup de temps, qu’il persiste dans son élan et dans les mouvements qui le traduisent. Si un mot, une pensée font pénétrer une âme en Dieu, ou qu’elle y demeure sans parole et sans pensée, ou que, appelée par d’autres devoirs, elle imprègne son activité extérieure de cette atmosphère intérieure où l’Époux divin se donne avec ses caresses, tout cela est bon, tout cela est hors de question.

S’agit-il des prières prescrites ? Il faut s’en tenir au précepte. S’agit-il des prières de choix, des prières personnelles ? Il faut suivre le mouvement divin qui les inspire et les règle. Quand le divin moteur s’arrête, il faut s’arrêter. L’âme peut continuer un court instant pour se rendre compte que l’attrait intérieur a cessé et pour montrer qu’elle ne se refuse pas.

Les longues prières offrent un danger : elles produisent la fatigue ; elles ouvrent la porte aux distractions qui, même involontaires, doivent être exclues le plus possible; elles peuvent acheminer vers la routine. Un rapide élan qui porte l’âme très haut, se renouvelle souvent, relie les traits aux traits et assure la continuité ardente, est un moyen plus sûr. C’était la méthode des Pères du désert. On a dû l’abandonner pour se livrer à l’action extérieure. Avant de s’y jeter, au matin de leur journée, les religieux qui y sont voués, font une bonne provision d’union ; ils donnent à l’Époux divin ce temps spécial parce qu’ils ne peuvent lui revenir comme ils le voudraient. C’est une nécessité. Le moyen pare, autant que possible, à la mobilité de l’attention humaine qui, pendant cette heure, accumule des énergies pour tout le jour. Mais, l’ancienne méthode garde sa valeur pour les âmes contemplatives et toutes celles qui, en général, ne sont pas prises par quelque obligation extériorisante.

Ces considérations ne disent que les à-côtés de la question ; la durée des prières de dévotion personnelle dépend de Celui qui prie en nous. Elles doivent être ce qu’il veut qu’elles soient. Or, il veut élever l’âme et la garder en lui le plus possible. L’âme qui a écarté les obstacles et qui se tient libre pour qu’il puisse la ravir est une âme qui prie. Son état est une ascension, un mouvement en Dieu et un mouvement vers Dieu. Le prolonger est bon; le cesser est bon ; le reprendre et le continuer de nouveau est bon ; tout est bon qui est réglé par le divin Moteur.

Prières longues, prières courtes, si l’Esprit d’amour enflamme et transporte, toutes sont selon Dieu. Si on se laisse envahir par la distraction ou la torpeur, elles sont sans valeur. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 50 s)

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Une fausse paix intérieure

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Qu’il est difficile de s’évaluer soi-même: certains le font avec complaisance, d’autres avec humilité. Les premiers s’appuient souvent sur leurs propres critères alors que les seconds se réfèrent de préférence à des critères extérieurs. Les premiers sont aveuglés par une confiance exagérée en eux-mêmes, les seconds se laissent éclairer par une autorité en dehors d’eux-mêmes. Finalement, les premiers sortent de cet exercice avec une certaine paix intérieure bercée d’illusions … les seconds avec une certaine culpabilité baignée de réalisme. Voilà ce qui explique, à mon sens, non seulement la motivation des montées au Temple du pharisien et du publicain de la parabole, mais aussi le résultat de leur démarche réciproque: la suffisance de l’un bloqua toute éventuelle amélioration alors que l’humilité de l’autre l’ouvrit à la justification et à un nouveau départ. Et pourtant … les deux avaient la Foi!

En introduisant sa parabole, Jésus nous en donne le but, à savoir, stigmatiser deux états d’âme souvent rencontrés chez certains croyants: la suffisance vaniteuse et le mépris du prochain: « Il dit encore, à l’adresse de certains qui se flattaient d’être des justes et n’avaient que mépris pour les autres, la parabole que voici » (Luc 18, 9). Hélas, ce genre de pharisaïsme nous guette nous aussi à tout moment. Oh oui, nous, qui cherchons à plaire à Dieu (ce qui est très louable) en nous laissant aller à des comparaisons (ce qui est très humain) avec quelquefois une certaine inclination méprisante envers les autres (ce qui est fort peu charitable). Il ne s’agit pas de vivre en dehors du réel, car il existera toujours des personnes pires que nous, mais de vivre avec humilité et amour. Il ne s’agit pas tellement de se comparer aux autres que de se comparer à soi-même, à notre passé et aux multiples leçons qui en découlent. Refuser de nous voir avec nos faiblesses peut nous inciter à nous croire « arrivés » alors que nous sommes toujours « en chemin ». La suffisance du pharisien de la parabole l’empêchait de voir ses carences et d’en demander aide et pardon; d’où un retour à la maison moins heureux que celui du publicain « Je vous le dis, ce dernier descendit chez lui justifié, l’autre non ».

La solution? Une humilité sincère, semblable à celle de la Vierge Marie. Visitant sa vieille cousine qui la confirme dans sa nouvelle vocation, elle chante et exprime sa reconnaissance pour la grâce reçue sans pour autant s’y attarder: elle avoue son indignité et se plaît à considérer cette grâce bien au-delà d’elle-même « sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent » (Luc 1, 50). Une humilité, disons-le, qui ne saurait exister sans une charité authentique envers Dieu et le prochain. C’est pourquoi Jésus, fruit lui-même de l’Amour du Père, se fera un devoir de réhabiliter cette charité comme fondement de toute la vie spirituelle: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur … et ton prochain comme toi-même. À ces deux commandements se rattache toute la Loi ainsi que les Prophètes » (Matthieu 22, 37-40).

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Quoi demander à Dieu ?

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La prière, rencontre personnelle avec Dieu, peut être motivée par divers besoins: remerciement, louange, adoration ou encore une demande quelconque (pardon, aide, faveurs, etc.). Que faut-il demander à Dieu avant tout ? Dom Guillerand répond à cette question en s’inspirant de la prière du Notre Père :

« À Dieu on ne peut demander que Dieu ; il est tout ; en se donnant il donne tout ; en le demandant on demande tout ; quand on l’a on ne peut plus rien demander, ni désirer. Si nous comprenions cela, écrire, parler deviendrait impossible. On ne pourrait plus que prier, et on ne demanderait plus rien en priant. Toute la première partie du Notre Père nous tient sur ce sommet. Les demandes venues de lui restent en lui. « Que votre nom ait toute gloire; que votre règne ait son avènement; que tous vos vouloirs soient accomplis. » On ne peut rien demander de plus; on peut même supprimer les formules de ces demandes, s’en tenir au mouvement profond du cœur qu’elles gênent et qui les dit de son silence. On peut aussi les garder, les développer ; c’est ce que font tant de prières connues, bienfaisantes, communes ou individuelles, où se traduit la diversité des âmes. À condition qu’elles demeurent sur ce plan de la gloire de Dieu, de son règne, de sa volonté, elles sont bonnes. Peu importe les mots ou les pensées ! Quand on aime on ne voit que l’amour. Or Dieu nous est Père, c’est-à-dire tout Amour. « Il sait bien, nous redit sans cesse l’Écriture, ce qui nous convient ». Le mieux est de s’en rapporter à lui.

Sur cette base indispensable de la soumission à ses vouloirs d’amour, nous pouvons néanmoins exposer nos besoins et formuler nos désirs. C’est ce que nous enseigne le divin Maître dans la seconde moitié du Notre Père, et c’est ce que font les innombrables et si belles prières de la sainte Église, les oraisons de la messe, celles des Offices empruntées d’ailleurs à l’Esprit qui est la voix de toute prière.

La question qui se pose est celle de l’ordre à suivre dans les demandes. Elle est résolue en principe depuis longtemps. L’ordre à suivre est l’ordre de Dieu. Nous devons demander tout ce qui peut procurer sa gloire et son règne, et dans la mesure où cela les procure. C’est pourquoi le premier objet, l’objet essentiel, celui qu’il faudrait avoir toujours à l’esprit et au cœur, c’est notre salut éternel et notre union divine. Là est la fin de toute prière, de tout mouvement d’âme : Dieu possédé, l’âme unie à lui, transportée et transformée en lui, devenue à jamais son image, son enfant. La fin entraîne les moyens qui y conduisent: on ne peut demander le salut sans demander les vertus et la grâce. La grâce c’est la vie divine en nos cœurs; les vertus ce sont les organes par lesquels elle s’exerce. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 47 s)

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Le sanctuaire réservé

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Nos églises sont des lieux de prière privilégiés : les plus belles nous inspirent par leur ornementation, les plus laides par l’obligation de fermer les yeux pour nous concentrer sur l’essentiel ! Encore faut-il que l’église soit ouverte … ce qui n’est pas évident. Y aurait-il un autre lieu plus accessible ? Laissons le pieux chartreux qu’est dom Guillerand répondre à cette question :

« Il faut s’habituer à prier en tout lieu comme en tout temps. Le lieu de la prière, c’est l’âme et Dieu qui l’habite. Quand vous prierez, suivant le conseil de Jésus, entrez dans la chambre intime et retirée de votre âme, enfermez-vous là, et parlez à votre Père  dont le regard aimant cherche votre regard. Voilà le vrai temple, le sanctuaire réservé. On le porte avec soi ; on peut sans cesse ou s’y tenir ou y rentrer bien vite après quelque sortie. Il faut en faire un lieu bien propre ; il faut l’orner : le grand ornement, c’est Dieu même. Il doit y retrouver ses traits. Ses traits, ce sont ses perfections. Participées par notre âme elles prennent le nom de vertus. L’âme qui les porte est belle de la beauté divine. Les vertus nous refont à l’image de Dieu, à l’image du divin Fils qui est venu les pratiquer ici-bas pour nous montrer les traits divins.

Dans ce sanctuaire réservé, nouveau ciel et royaume de Dieu, la solitude et le silence doivent régner. (…) Le colloque qui s’engage alors est silence. Parole et silence ne s’opposent pas, ne s’excluent pas. Ce qui s’oppose au silence, ce sont les paroles, c’est la multiplicité. On confond le silence de l’Être avec le silence du néant. Le néant ne sait ni parler ni se taire ; il ne sait que s’agiter et dissimuler, avec des mouvements superficiels, le vide qui est en lui. Paroles des lèvres auxquelles ne répond aucune pensée, attitudes du corps, jeux de physionomie qui ne traduisent aucune réalité ou qui mentent proprement ; voilà le langage du néant. C’est pourquoi il le multiplie. Il faut beaucoup de mots pour ne rien dire ou pour dire ce qu’on ne pense pas. Il n’en faut qu’un à l’Être pour s’exprimer tout entier.

C’est vers cette unité que nous tendons quand nous nous sommes enfermés en Dieu. Il est devenu tout, nous le lui disons et nous ne savons plus dire autre chose. C’est le silence de l’âme entrée en elle-même et occupée de Celui qu’elle y trouve. C’était le silence des longues nuits de Jésus, passées sur quelque montagne dans sa prière de Dieu. » 

(Écrits spirituels, tome 1, page 45 s)

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Le meilleur temps pour prier ?

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(Église de la chartreuse de Pleterje, Slovénie)

Y aurait-il un « moment idéal » pour prier durant la journée? Il semble que oui selon notre ami chartreux, dom Guillerand. Mais laissons-le nous le dire en ses propres termes :

« La prière est de toutes les heures ; c’est la respiration de l’âme; il faut prier sans arrêt comme on respire sans cesse. C’est le mouvement profond de l’âme dont on a à peine conscience. (…) Mais sur ce mouvement, dont la continuité n’est malheureusement perçue que par le très petit nombre, des prières spéciales, plus conscientes et plus voulues, doivent se greffer. Ce sont celles-là que nous appelons proprement «prières» et qui nous demandent des heures déterminées. La détermination pour les prêtres et les religieux est si précise que ces prières s’appellent les «Heures», c’est-à-dire des prières liées à certaines heures du jour et de la nuit. (…) Le simple chrétien n’est pas tenu par ce lien précis. Mais ce qu’il n’est pas obligé de faire par devoir, il peut le faire par amour, par un amour que soutient un intérêt bien compris. Pour lui aussi il y a des heures où il convient de se retourner et de reprendre le divin contact.

‘ Le matin ‘, disait déjà le psalmiste il y a trois mille ans, ‘ je me mettrai en votre présence et vous me donnerez de vous voir ‘ (Psaume 5, 4). (…) Au matin, quand le corps s’éveille, quand l’âme reprend conscience de cette vie humaine complète qu’elle exerce en lui, quand elle redevient par lui l’intermédiaire et l’interprète du monde créé, elle a besoin de renouveler le contact avec son Créateur. La prière prélude au mouvement du jour; elle le prépare. L’humanité se meurt de ne pas le comprendre! Ainsi replongé dans ce grand Tout, fait de Celui qui est et de tous les êtres auxquels il s’est communiqué, l’homme peut reprendre son labeur. Il n’est pas seul pour l’accomplir; il s’appuie sur Celui qui est; il puise en lui lumière et force; par delà ce qu’il fait, il voit Celui pour qui et par qui il le fait; il s’y unit. Tout acte prend une valeur immense, dépasse l’heure brève où il s’accomplit, s’en va s’inscrire dans la durée éternelle. Un jour n’est plus un jour, mais une préparation et déjà comme une participation à l’éternité. Sur ces hauteurs, l’homme peut affronter les difficultés de la vie passagère; il n’est pas abattu par l’épreuve; il n’est pas effrayé par la tentation. Quand elles se présentent, il renouvelle d’un vol d’âme, d’un coup d’aile rapide, la montée en Dieu, le contact avec la Source de vie, il fait front!

Mais pour de tels effets la prière doit vraiment être prière, élévation, ascension vers Dieu, dégagement du créé, de l’humain. La simple récitation mécanique ne suffit pas; la distraction entretenue volontairement paralyse; les occupations poursuivies sont un obstacle. On ne fait pas sa part à Dieu. On ne lui donne rien si on ne lui donne pas toute l’attention dont on dispose. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 42 s)

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Préparation immédiate à l’oraison (méditation)

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Prier ou méditer (« faire oraison ») ? Dans notre vocabulaire moderne, on prie lorsqu’on se met en état de demander, de remercier ou de louer le Seigneur ; et l’on médite (« fait oraison ») lorsqu’on veut instaurer un colloque plus ou moins long avec lui. «Prier» n’exige, somme toute, qu’un motif raisonnable pour le faire, par contre «faire oraison» demande une certaine préparation plus poussée. C’est de ce second genre de prière que veut nous entretenir, aujourd’hui, dom Augustin Guillerand :

« La prière est comme un face à face avec Dieu. Une âme ne prie que si elle se tourne vers lui ; elle prie tant qu’elle reste ainsi tournée ; elle cesse de prier quand elle se détourne. La préparation à la prière est donc le mouvement qui nous détourne de tout ce qui n’est pas Dieu et nous tourne vers lui. (…) ‘ Quand vous priez, retirez-vous dans votre chambre, fermez sur vous la porte et priez votre Père qui est là dans le secret ‘ (Matthieu 6, 6). En nous, comme en Dieu, il y a diverses demeures. Dieu occupe la demeure du fond, la plus reculée. Elle est en nous, mais par le péché nous en sommes sortis. Quand Ève a regardé le fruit défendu et a tendu la main pour le cueillir, les lèvres pour le manger, elle a quitté cette chambre intime, ce vrai paradis terrestre où Dieu venait visiter nos premiers parents et leur parler. Depuis lors, Dieu est en nous, mais nous n’y sommes plus.

La préparation à la prière (oraison) consiste à y rentrer. Renoncement, détachement, recueillement, quels que soient les mots dont on use, la réalité est la même et c’est tout le secret de la prière : ‘ Fermez et entrez ‘. Il faut deux mots pour traduire cette préparation, mais elle est unique. C’est un mouvement, car tout ce qui nous unit à Dieu est mouvement. Les deux mots se rapportent aux deux termes : ce qui est abandonné et ce qui est rejoint. Il faut se fermer à ce qui n’est pas, il faut entrer en Celui qui est. Tout le secret de la prière est là. (…)

Oui, la prière est comme un face à face . L’âme et Dieu sont sur le même plan. Ils occupent la même chambre intime ; ils y sont comme père et enfant, comme époux et épouse, comme ami et ami. La conversation doit avoir ce caractère essentiel : l’intimité née des liens de famille les plus étroits. L’enfant voit et aime avec la lumière et l’amour du Père, et il voit ce qu’il voit. Il ne voit pas tout ce que voit le Père, mais il voit tout ce que celui-ci lui donne de voir … et il est heureux de cette union que le Père lui accorde, par laquelle il l’engendre et qui est, en toute vérité, communication de la propre vie divine. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 39 ss)

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Parle, Seigneur, ton serviteur écoute!

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De retour de vacances, j’ai l’impression d’avoir accumulé quelques brins de sagesse (grâce à Dieu) et je m’empresse de vous les soumettre. À vous d’en juger:

1) Tout d’abord, mon désir bien arrêté de profiter de ce temps pour parler à Dieu (plutôt que de Dieu) est quasiment mort-né … en ce sens que j’ai vite compris que mon premier souci ne devait pas être de prendre la parole mais bien d’écouter ce que Dieu avait à me dire: « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » (1 Samuel 3, 10). Qu’il est difficile de se taire et d’attendre patiemment que l’autre veuille bien amorcer la conversation; et que de sujets à mettre de côté pour faire place à l’imprévisible! Après quelques jours de silence, vides mais reposants, voici que quelques prises de conscience intéressantes ont  peu à peu fait surface au plus grand plaisir de l’intéressé.  Merci Seigneur.

2) Autrefois, les auteurs spirituels invitaient à vivre la journée d’aujourd’hui comme étant la dernière. Excellent moyen pour valoriser le moment présent. Le même message nous est sensiblement transmis par le pape François mais en d’autres termes : « Vivez le moment présent comme une parcelle d’éternité ». Et c’est bien ce que je me suis efforcé de faire durant les dernières semaines, en des circonstances les plus diverses: promenades, travaux manuels, appels téléphoniques, écoute des nouvelles, lectures, sans oublier les moments de prière. Des instants apparemment anodins de ma vie quotidienne mais qui, une fois accomplis, ne reviendront jamais. Quelle découverte! Et surtout, quelle utilité pour combattre la routine, l’inattention à ce que l’on fait et cet empressement compulsif à passer à autre chose.

3) Êtes-vous quelque peu anxieux de votre éventuelle place dans l’Éternité de Dieu? Pourtant rien de plus normal pour les croyants que de réfléchir au Jugement dernier … Jésus lui-même nous y invite dans l’évangile selon saint Matthieu (25, 31-46). Mais pour certains d’entre nous, à la sensibilité plus délicate, la crainte de décevoir les attentes de Dieu et de diminuer ainsi la gloire qui lui revient peut devenir empoisonnant! Un excellent moyen d’apaiser ces scrupules est de se rappeler que, bon gré mal gré, nous allons tous glorifier Dieu dans l’Au-delà quelque soit la place attribuée: soit à l’avant-scène soit à l’arrière-scène … car même les damnés feront partie de cette grandiose fresque humaine tout à l’honneur du Créateur. Aucun gaspillage dans le Plan divin; tout a un sens! Demeurons donc en paix et travaillons calmement à notre sanctification.

4) À la pandémie actuelle s’ajoute présentement, dans certaines régions tel le Québec, une épidémie de dénonciations de personnalités qui ne cesse de faire des vagues sur Facebook et autres médias sociaux. Dénonciations non seulement de personnes vivantes mais aussi de défunts, et de défunts non-récents (ce qui laisse perplexe, pour ne pas dire méfiant). Aucune réputation, bonne ou mauvaise, ne semble être à l’abri! Si le phénomène s’avère justifiable dans plusieurs cas (dans l’intérêt des victimes), par contre ce déferlement risque de s’autodétruire en banalisant ce qui auparavant faisait les manchettes. Quoiqu’il en soit, rappelons-nous que même si la réputation est un bien noble et honnête sa perte ne signale pas pour autant la « damnation éternelle » … car Dieu seul connaît le fond des cœurs. Que de méfaits dans la vie passée des saints et des martyrs (et même du bon larron) capables de scandaliser les bien-pensants mais devenus par la suite sources de conversion. Malheur à nous, si nous oublions l’existence d’un Dieu bon et miséricordieux! Le jugement de la société et celui de Dieu sont deux réalités bien différentes et tant pis pour ceux qui, assoiffés de scandales, se refusent à le comprendre ou à l’accepter.

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Parfaite image de l’Église à venir!

b5d590bcd5503c506cb087e16c23f9e6« AUJOURD’HUI (15 août), la Vierge Marie, la Mère de Dieu, est élevée dans la gloire du ciel: parfaite image de l’Église à venir, aurore de l’Église triomphante, elle guide et soutient l’espérance de ton peuple encore en chemin. » (Préface de la messe de l’Assomption de la Vierge)

C’est le pape Pie XII qui définit l’Assomption de Marie comme dogme de foi par la constitution apostolique Munificentissimus Deus (1950): « Par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et par Notre propre autorité, Nous prononçons, déclarons, et définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste ».

L’expression « après avoir achevé le cours de sa vie terrestre » utilisée par le Pape, laisse ouverte la question de savoir si la Vierge Marie est décédée ou non avant son Assomption. On sait que l’Église orthodoxe, qui professe la même foi tout en inclinant vers la mort de Marie, préfère donner à cette fête du 15 août le nom de «Dormition de la Vierge».

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Un temps pour travailler … un temps pour se reposer!

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Nous faisons RELÂCHE,

du  15 juillet  au  15 août,

parlons à Dieu plutôt que de Dieu.

BONNES VACANCES à tous et profitez du déconfinement!

 

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Danger des prières répétitives

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Lors de la prière, le cœur peut être rempli de bonnes intentions mais la faiblesse de l’esprit empêche souvent l’attention aux paroles prononcées. Ce danger est plus réel lorsqu’il s’agit de prières répétitives, comme le chapelet par exemple. Nul n’y échappe, pas même les chartreux ! Voici ce qu’en dit dom Guillerand :

« La répétition quotidienne, et souvent plus que quotidienne, des mêmes actes et des mêmes formules est un danger. L’habitude devient aisément routine. La prière n’est plus que mouvement de machine que nulle intervention de l’esprit ou du cœur n’anime. Les lèvres seules sont en face de Dieu qui est esprit et qui veut nous communiquer sa vie spirituelle. Pendant qu’elles se remuent sans pensée, l’imagination nous emporte sur mille chemins, et c’est avec toutes sortes de personnes, de choses (surtout avec nous-mêmes) que nous conversons. L’attention fléchit parce que l’amour manque, et la prière qui devrait nous embraser ne fait qu’ajouter au fossé que la négligence creuse peu à peu entre Dieu et nous. Inattention née de froideur, froideur engendrée par l’ignorance, nous glissons ainsi, plus vite hélas qu’on le pense, sur les pentes de la tiédeur au bout desquelles peut se trouver la mort.

Ce qui importe toutefois, c’est l’attention du vouloir plus que celle de l’esprit. Celle-ci nous est souvent impossible. Il est des prières distraites qui ravissent le cœur de Dieu. Quand nous faisons effort pour nous mettre et tenir en face de Dieu et que des dispositions du corps ou de l’âme nous arrachent sans cesse malgré nous au regard et au souvenir de cette présence aimée, quand cette impuissance torture notre désir de lui et que nous acceptons humblement cette torture, la distraction devient un moyen d’union exceptionnellement précieux et fort. Car tout se mesure à l’amour dans nos rapports avec Dieu ; et toute répulsion de l’âme à l’égard du créé pour s’unir à l’Incréé est amour.

L’attention aux mots que l’on prononce, aux gestes que l’on fait est bonne, à peu près toujours à conseiller. L’attention à Dieu suffit toujours, est souvent préférable, parfois seule possible. L’essentiel est que la définition de la prière soit réalisée, que l’âme dégagée de ce qui passe, se tourne et se tende vers le Père céleste, par quelque moyen et quelque chemin que ce soit. Dès qu’il y a contact, on prie ; si le contact est ardent, on prie excellemment. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 24 s)

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