Le sanctuaire réservé

8c5

Nos églises sont des lieux de prière privilégiés: les plus belles nous inspirent par leur ornementation, les plus laides par l’obligation de fermer les yeux pour nous concentrer sur l’essentiel! Encore faut-il que l’église soit ouverte … ce qui n’est pas  évident. Y aurait-il un autre lieu plus accessible? Laissons le pieux chartreux qu’est dom Guillerand répondre à cette question:

« Il faut s’habituer à prier en tout lieu comme en tout temps. Le lieu de la prière, c’est l’âme et Dieu qui l’habite. Quand vous prierez, suivant le conseil de Jésus, entrez dans la chambre intime et retirée de votre âme, enfermez-vous là, et parlez à votre Père  dont le regard aimant cherche votre regard. Voilà le vrai temple, le sanctuaire réservé. On le porte avec soi; on peut sans cesse ou s’y tenir ou y rentrer bien vite après quelque sortie. Il faut en faire un lieu bien propre; il faut l’orner: le grand ornement, c’est Dieu même. Il doit y retrouver ses traits. Ses traits, ce sont ses perfections. Participées par notre âme elles prennent le nom de vertus. L’âme qui les porte est belle de la beauté divine. Les vertus nous refont à l’image de Dieu, à l’image du divin Fils qui est venu les pratiquer ici-bas pour nous montrer les traits divins.

Dans ce sanctuaire réservé, nouveau ciel et royaume de Dieu, la solitude et le silence doivent régner. (…) Le colloque qui s’engage alors est silence. Parole et silence ne s’opposent pas, ne s’excluent pas. Ce qui s’oppose au silence, ce sont les paroles, c’est la multiplicité. On confond le silence de l’Être avec le silence du néant. Le néant ne sait ni parler ni se taire; il ne sait que s’agiter et dissimuler, avec des mouvements superficiels, le vide qui est en lui. Paroles des lèvres auxquelles ne répond aucune pensée, attitudes du corps, jeux de physionomie qui ne traduisent aucune réalité ou qui mentent proprement; voilà le langage du néant. C’est pourquoi il le multiplie. Il faut beaucoup de mots pour ne rien dire ou pour dire ce qu’on ne pense pas. Il n’en faut qu’un à l’Être pour s’exprimer tout entier.

C’est vers cette unité que nous tendons quand nous nous sommes enfermés en Dieu. Il est devenu tout, nous le lui disons et nous ne savons plus dire autre chose. C’est le silence de l’âme entrée en elle-même et occupée de Celui qu’elle y trouve. C’était le silence des longues nuits de Jésus, passées sur quelque montagne dans sa prière de Dieu. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 45 s)

A propos moinillon

jacques172.com
Cet article, publié dans Adoration, Amour, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Contemplation, Désir de Dieu, Détachement, Dieu, Foi, Kartusija, Kloster, Prière, Recueillement, Silence, Solitude, Spiritualité, vie moderne, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.