La terre où tombe le Feu !

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 » Voici la nuit,

la sainte nuit où l’on chemine,

et rien n’existe hormis ce lieu,

hormis ce lieu d’espoirs en ruines.

En s’arrêtant dans nos maisons,

Dieu préparait comme un buisson

la terre où tomberait le Feu !

(Hymne dominicale)

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Triomphe de l’Esprit en Jésus, par un Chartreux

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En cette veille de la fête de l’Ascension de Jésus, voici un texte très spécial de notre ami chartreux, dom Guillerand, qui nous livre sa vision d’un Jésus ressuscité complètement livré à l’emprise de l’Esprit Saint. En ses propres termes, lors de la Résurrection du Christ, « l’Esprit Saint a assimilé complètement Jésus, le fit corps spiritualisé et lui communiqua son agilité« . La fête de l’Ascension serait donc l’éclatante manifestation du mouvement de l’Esprit d’amour qui a animé toute sa vie et toute son activité ; une invitation nous y est également faite à nous livrer totalement à ce Souffle d’amour dans notre vie quotidienne et à accomplir ainsi notre propre ascension en suivant le chemin parcouru par le Maître. Écoutons attentivement dom Augustin à ce sujet :

« La Passion et la mort c’est le retour de Jésus dans le sein du Père. Ce qui tombe et meurt n’était qu’une écorce, une enveloppe, une protection pour le temps de formation et de croissance. La formation achevée, l’enveloppe doit disparaître, éclater, livrer passage à la vie ; c’est une pierre tombale ; l’Esprit la soulève. C’est ce Souffle, cet Esprit, ce mouvement intime qui se communique de nouveau au corps le matin de Pâques, et, cette fois, comme le Christ n’avait plus à nous ressembler dans la souffrance et la mort, l’Esprit se l’assimila complètement, le fit corps spiritualisé, lui communiqua son agilité ; et, un jour, à l’heure voulue, devant les apôtres et les disciples réunis, pour réaliser le dessein divin, pour faire connaître ce Souffle au monde, le mouvement le souleva lentement et l’emporta au sein du Père.

Voilà ce que nous célébrons aujourd’hui : c’est le terme définitif, le couronnement glorieux, l’éclatante manifestation du mouvement de l’Esprit d’amour qui a animé toute la vie et toute l’activité de Jésus … et qu’il est venu manifester. Mais pour le voir, cet Esprit, il faut l’avoir. Les apôtres ne l’ont pas encore ; voilà pourquoi, oublieux de la recommandation et de la promesse qui viennent de leur être faites, ils s’attardent à regarder ce corps et cette nuée qui le leur a ravi. Les anges doivent venir et leur rappeler : « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » Sous cette forme visible, sa mission est achevée, il nous a donné tout ce qu’il devait nous donner.

Ce qu’il nous faut maintenant, c’est nous livrer totalement à ce Souffle d’amour qui a animé sa vie, c’est de nous plonger, de nous immerger en cet Esprit comme dans un bain qui de nous fera des hommes nouveaux. Il faut que, mus par ce souffle sacré, nous refassions à sa suite cette lente ascension de sa vie, en suivant le chemin qu’il a suivi : car, nous dit saint Paul, nous sommes appelés à rentrer avec lui dans le sein du Père, à y régner éternellement avec lui, mais nous ne régnerons avec lui que si nous avons souffert avec lui: « Si nous tenons ferme, avec lui nous règnerons » (2 Timothée 2, 12). »

(Écrits spirituels, tome 2, page 39)

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Ce Dieu qui est au ciel

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Certains chrétiens hésitent à voir Dieu au ciel, au-dessus d’eux ; ils préfèrent de beaucoup un Dieu parmi eux, à stature humaine. L’homme ancien, plus sensible à ses propres limites, n’avait pas cette tendance égalitaire. L’humilité n’aura jamais été aussi difficile qu’aujourd’hui, alors que les images hiératiques de Dieu et des saints tendent à s’estomper … et pourtant, Jésus n’hésitait pas à affirmer: « Vous donc priez ainsi: Notre Père qui es dans les cieux » (Matthieu 6, 9). Malgré sa présence parmi nous, avouons que Dieu nous dépasse de beaucoup!

Un Dieu qui planifie. Il fut un temps où rien n’existait sinon Dieu ; même la notion de temps, dans ce contexte, n’a aucun sens. Inutile de chercher l’élément déclencheur de la Création, le domaine divin nous échappe ! Nous savons quand même, par la Révélation, que Dieu est Amour et que l’amour authentique tend au partage. En réfléchissant sur les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, il est plausible d’y discerner une Pensée divine décrétant  de toute éternité  cette manifestation de l’Amour, manifestation réalisée par la Création et bonifiée par la Révélation. Cette planification, ce décret ou « dessein bienveillant » (Éphésiens 1, 9), s’exprime dans le temps par la Providence. C’est là l’œuvre attribuée au Père.

Un Dieu qui agit. Nous pouvons avoir de beaux projets mais la plupart d’entre eux demeurent souvent à l’état embryonnaire. Il n’en est pas ainsi en Dieu : pour lui, «vouloir» c’est «faire»! Notons que, dans la Bible, les grands moments de  l’agir  de Dieu sont souvent attribués à l’Esprit Saint. Ainsi, à la Création,  l’Esprit de Dieu planait sur les eaux originelles (Genèse 1, 2) ; au désert, la nuée lumineuse assurait la présence active de Dieu auprès du peuple (Exode 13, 21) ; dans l’Évangile, l’ange Gabriel annonce à Marie que cette même nuée, l’Esprit Saint, la couvrira de son ombre (Luc 1, 35) ; et c’est lors de son « baptême dans l’Esprit Saint » que Jésus débutera officiellement son ministère public (Jean 1, 32). Enfin, la Pentecôte témoignera du don communautaire de l’Esprit comme élément fondateur de l’Église. Donneur de vie, l’Esprit sanctificateur est surtout le Dieu qui agit.

Un Dieu qui réjouit. « Quand je rencontrais tes paroles, Seigneur, je les dévorais; elles faisaient ma joie, les délices de mon cœur » (Jérémie 15, 16). Cette affirmation du prophète exprime bien le rôle irremplaçable de la Parole de Dieu comme source de joie pour tout croyant. Parole créatrice, parole éclairante, encourageante ou réprimante, elle ne laisse personne indifférent car elle est d’origine divine … c’est le Verbe de Dieu ! Et ce Verbe s’est fait chair il y a deux mille ans : sa vie, son ministère, sa mort et sa résurrection sont devenus autant de motifs de réjouissance pour tous les humains. Voilà donc une Parole qui réjouit en manifestant le plan miséricordieux du Père. Et quelle destinée nous propose-t-elle ? « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jean 12, 26).  Doux et humble de cœur, Jésus est bien ce Dieu qui nous réjouit en nous dévoilant l’Amour du Père ainsi que l’avenir prometteur qui nous attend !

En terminant, n’ayons garde d’oublier que ces images des Personnes divines ne sont qu’un faible aperçu de ce qu’Elles sont réellement : l’allusion au mystère trinitaire y est, en effet, minime. Des auteurs spirituels, tel dom Augustin Guillerand, se sont efforcés de discerner vaille que vaille les rapports intimes de ces Personnes entre elles dans la simplicité d’une seule Nature ; force est d’admettre que les idées adéquates, en ce domaine, nous échappent. Ne pourrions-nous pas espérer quand même quelque chose de plus précis ? Il semble que oui, car Jésus nous affirme que le meilleur est à venir : «Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu» (Matthieu 5, 8).

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Cette nuit que Dieu appelle lumière

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Le Temps pascal est comme un couloir qui laisse passer des rayons de lumière, mais … la vie ordinaire n’est pas toujours ainsi. Tant que nous serons sur terre la foi nous plongera dans les ténèbres, car c’est de cette façon que Dieu entend nous conduire à la grande Clarté. Dom Guillerand nous parle aujourd’hui du sacrifice que la foi exige de nous :

« Il faut croire avant de voir, il faut croire à Celui qui voit, pour voir un jour ce qu’il voit et comme il voit. Il l’a voulu ainsi. Il y trouve gloire et joie. Celui qui ne voit que la nuit et qui lui dit : « Mon Dieu, je ne vois rien ; mais puisque vous me dites que cette nuit c’est votre lumière, je le crois. Tout en moi dit le contraire ; j’immole ce moi, je vous écoute contre lui, je vous préfère à lui », celui-là met Dieu à sa vraie place, la première. Il est clair que c’est là le grand sacrifice (« qu’il se renonce lui-même ») car la raison qui dit « c’est la nuit » est la citadelle du moi ; quand on l’immole, on donne tout.  Cette nuit acceptée, cette nuit (que la raison nomme nuit mais que Dieu appelle lumière) s’éclaire soudain et devient le rayon délicieux, l’aube naissante de l’éternelle Clarté.

Croyons donc que dans le monde bouleversé, où nous devons vivre, dans ce monde si privé de paix et si loin de Dieu, et dans notre âme surtout, dans notre âme accablée, Dieu est là. Dieu aime, Dieu se donne, Dieu verse sa paix aux âmes de bonne volonté. Croyons celà, ne cherchons pas à comprendre, ne demandons pas à sentir ; car croire c’est précisément se livrer à une parole sans comprendre ni sentir. Croyons : et cette Parole même, le Verbe de Dieu, nous transformera en lui et nous fera participer à sa vie. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 217 s)

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Il s’est levé, notre Frère !

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Il s’est levé d’entre les morts,

Le Fils de Dieu, notre frère.

Il s’est levé libre et vainqueur ;

Il a saisi notre destin

Au cœur du sien

Pour le remplir de sa lumière.

(Hymne liturgique)

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En ce Samedi Saint

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Les Jours Saints nous font contempler Jésus dans sa Passion et nous nous mettons souvent à envier ceux et celles qui ont eut la grâce d’assister en personne à ce drame central de notre foi chrétienne. Qu’aurions-nous fait à leur place? Aurions-nous été de ceux qui se réjouissaient de la disparition d’un importun? de ceux qui en étaient scandalisés? ou de ceux et celles qui, sans trop comprendre, lui conservaient leur amour? Et nous nous mettons peut-être à envier les Apôtres ou autres intervenants comme Simon de Cyrène, Joseph d’Arimathie, les saintes femmes et aussi, pourquoi pas, le malfaiteur repenti qui était crucifié près de Lui. Écoutons brièvement un théologien du 4e siècle, docteur de l’Église, nous expliquer l’attitude à adopter face au Crucifié:

« Acceptons tout pour le Christ; par nos souffrances, imitons sa passion; par notre sang honorons son sang; montons vers la croix avec ferveur. Si tu es Simon de Cyrène, prends la croix et suis-le. Si tu es crucifié avec lui, comme le malfaiteur, reconnais, comme cet homme juste, qu’il est Dieu. Si lui-même a été compté parmi les pécheurs à cause de toi et de ton péché, toi, deviens un homme juste à cause de lui. En te crucifiant, adore celui qui a été crucifié à cause de toi, et tire quelque profit de ta méchanceté même; achète le salut au prix de la mort; entre au Paradis avec Jésus, pour comprendre de quels biens tu étais exclu. Contemple les merveilles qui sont là, et laisse mourir au-dehors, avec ses blasphèmes, celui qui l’injuriait.

Si tu es Joseph d’Arimathie, réclame le corps à celui qui l’a fait mettre en croix; que ton souci soit le rachat du monde. Si tu es Nicodème, cet adorateur nocturne de Dieu, mets-le au tombeau avec les parfums. Si tu es une des saintes femmes, l’une ou l’autre Marie, si tu es Salomé ou Jeanne, va le pleurer de grand matin. Sois la première à voir la pierre enlevée, à voir peut-être les anges, et Jésus lui-même. »

(Homélie de saint Grégoire de Nazianze pour la Pâque, PG 36, 653-656)

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Un repas devenu mémorial

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Le tableau de la Dernière cène par Salvador Dali a ceci de remarquable qu’il fait le lien entre le repas du soir et l’évènement du lendemain. Ce qui aurait pu n’être qu’un dernier repas entre amis est ainsi représenté comme une annonce du mystère qui va se dérouler dans les prochaines vingt-quatre heures. À bien y penser, c’est là tout l’essentiel de l’Eucharistie, ce sacrement que Jésus a institué pour être le mémorial de sa mort.

« Ceci est mon corps qui va être donné pour vous; faites-ceci en mémoire de moi » (Luc 22,19). Jésus donne à ses apôtres et à leurs successeurs le commandement de refaire ce repas périodiquement afin de garder en mémoire qu’il est mort pour chacun et chacune d’entre nous. Mais il y a plus. En distribuant la coupe de vin à la fin du repas, il ajoute une précision importante: « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, qui va être versé pour vous » (Luc 22,20). Une «nouvelle» alliance, par rapport à celle contractée au Sinaï entre Dieu et le peuple juif. Moïse avait alors prit la moitié du sang de la victime pour en asperger les deux contractants, soit Dieu (représenté par l’autel) et le peuple, en ajoutant : « Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a conclue avec vous …» (Exode 24,8). « Nouvelle » alliance, donc, car la mort de Jésus nous introduit dans une nouvelle relation avec Dieu, relation visant à nous introduire non plus dans un quelconque petit pays méditerranéen mais bien dans un état d’union ineffable et éternelle avec Celui qui se déclare être notre Père !

Le sacrement de l’Eucharistie, tout sublime qu’il puisse être, n’enlève rien cependant à la beauté du geste que Jésus va posé sur la Croix : le Fils de Dieu s’y offre totalement à son Père dans un acte d’amour qui fait écho à sa relation éternelle avec lui (le Verbe se donne au Père, le Père se donne au Verbe et de ce mouvement d’amour naît l’Esprit Saint). Cette offrande éternelle actualisée au Calvaire (et réactualisée à chaque messe) devient donc pour nous source et modèle de notre propre vie chrétienne :  » Je vous exhorte donc frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre.  » (Romains 12, 1). Il y a là un grand mystère d’amour qui dépasse les mots, mais qui se dévoile mystérieusement à ceux et celles qui y communient régulièrement.

Ne rougissons pas de l’Eucharistie, c’est une faveur inouïe de la part de Dieu qui s’y fait assimilable et dont nous ne saisirons toutes les retombées que dans l’Éternité !

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Une invincible espérance … le triomphe du Ressuscité !

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L’entrée en Carême nous a présenté le séjour de Jésus au désert et ses démêlés avec le Prince de ce monde. Même après l’avoir vaincu quelques années plus tard, au Calvaire, le Christ ne cesse de l’affronter sur terre pour consolider son Église. Derrière nos combats personnels, il ne faut donc jamais perdre de vue ce Tentateur qui, dans un dernier effort désespéré, essaie par tous les moyens de nous affaiblir. « Votre adversaire, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer » écrivait saint Pierre (1 P 5,8). Et saint Paul de préciser : « Ce n’est pas contre des adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, … les Esprits du Mal qui habitent les espaces célestes » (Éphésiens 6,12). À son fidèle disciple, Timothée, l’Apôtre déclare sans ambages: « L’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, certains renieront la foi pour s’attacher à des esprits trompeurs et à des doctrines diaboliques » (1 Tm 4,1).

Serions-nous rendus dans ces «derniers temps» ? Toujours est-il qu’on ne peut ignorer la dégradation actuelle de notre société qui va s’accélérant : attaques répétées contre la famille (union libre, limitation des naissances, avortement, divorce, mariage pour tous), contre la personne (homosexualité, transgenre, suicide assisté, exaltation des droits en oubliant les devoirs). Et que dire des efforts finement dissimulés pour restreindre la liberté religieuse, liberté d’opinion, etc.. Quant à la situation politique, il suffit de prendre un peu de recul pour discerner, selon l’affirmation du Pape François, une mise en place d’éléments propices à une troisième guerre mondiale. Rien de bien rassurant !

Néanmoins, malgré cette lutte à mort engagée à la suite de Jésus, l’Église conserve une invincible espérance : Satan, déjà vaincu, n’a plus qu’un pouvoir limité. La fin des temps verra sa défaite définitive et celle de tous ses auxiliaires. Sursum corda (en haut les cœurs) !

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Chantez à Dieu, toute la terre.

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Chant des Laudes, à la Grande Chartreuse (France)

L’être humain est le représentant de toute la création face à Dieu. C’est à lui que revient la tâche de faire remonter au Créateur l’action de grâce de tout ce qui existe. Voici comment s’exprimait à ce sujet dom Augustin Guillerand, dans un schéma de conférence destinée à ses confrères mais que la mort l’a empêché de prononcer :

« Dieu est la source de tout ce qui existe. Le monde est comme son être répandu hors de lui-même, comme un trop-plein : le monde est son oeuvre, le ciel et la terre, la lumière et les grands astres qui la répandent, la terre et tout ce qui la constitue. (…) Un grand savant, malheureusement incrédule, était un jour reçu à l’Académie française. Celui qui le recevait énumérait toutes les découvertes qu’il avait faites ; l’énumération était très longue … Cependant, après avoir terminé de les rapporter, le Directeur ajoutait justement et malicieusement : «Il est vrai, Monsieur, vous n’avez pas encore fait un brin d’herbe!»

Dieu a fait, lui, tous les brins d’herbe et toutes les fleurs, et tous les astres qui emplissent l’univers. Il est le seul principe, il en est l’auteur, il en est le conservateur … je pourrais continuer longuement sur ce terrain, des jours et des jours, des semaines, sans épuiser la question. C’est ce que nous chantons sans cesse dans nos Offices, la nuit, principalement aux Laudes. Nous répétons sans fin : « Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur … Chantez à Dieu, toute la terre … Poussez des cris de joie vers le Seigneur, habitants de la terre … ».

(Écrits spirituels, tome 2, page 35s)

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Savoir écouter le silence

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Grand cloître (Grande Chartreuse, France)

 Le séjour de Jésus au désert a toujours inspiré certains croyants à rechercher dans la solitude une certaine communion avec soi-même et avec Dieu. Encore faut-il être de vrais chercheurs … et non des misogynes ou des fuyards de responsabilités. Dom Augustin Guillerand traite de ce «silence cartusien» alors qu’il écrit à un confrère vivant dans un autre monastère :

« La vie en chartreuse repose sur un fond de silence, que vous connaissez et que vous aimez. C’est en ce fond que naît pour chacun de nous Celui qui est la Parole éternelle. Toute notre vocation est là : écouter Celui qui engendre cette Parole, et en vivre. La Parole procède du silence, et nous nous efforçons de l’atteindre en son Principe. C’est que le silence dont il s’agit n’est pas un vide et un néant, c’est au contraire l’Être en sa plénitude féconde. Voilà pourquoi il engendre et voilà pourquoi nous nous taisons.

Je ne sais où j’ai lu que les livres valent plus par ce qu’ils ne disent pas, que par ce qu’ils disent. Le lecteur est comme celui qui regarde un horizon ; il cherche, par delà les lignes qu’il voit, des perspectives qu’il devine à peine, et qui l’attirent précisément par leur mystère qui n’est que pressenti. Les ouvrages qu’on aime, sont les ouvrages qui font penser. On y cherche le silence d’où ces paroles sont nées. Ce silence, ce sont les profondeurs d’âme, que les mots ne peuvent traduire, parce qu’elles sont plus grandes qu’eux ; c’est ce qu’il y a d’immense, d’éternel et de divin en nous. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 255)

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