Louange à la divine Miséricorde

33b

 Moine en prière dans sa cellule (Grande-Chartreuse, France)

Voici un extrait d’une prière de louange rédigée par le chartreux bien connu Dom Augustin Guillerand (†1945) et qui me semble de mise en cette fin d’année jubilaire:

« Mon Dieu, vous êtes cet Amour, vous êtes ce sommet suprême, et c’est là que ma vie de louange doit se fixer. La création n’en est pas absente: je reste le chantre de tout ce que vous avez fait, mais c’est au pied de la croix que je dois jeter ma note, et toute note avec la mienne, unie à celle du Fils qui remet son âme entre vos mains. Là s’achèvent toutes choses, là tout est consommé.

La Miséricorde, vue du Calvaire, demanderait, pour être qualifiée, un qualificatif qui n’existe pas: il faudrait exprimer ce Dieu qui meurt (il est essentiellement inexprimable), il faudrait sonder l’abîme qui sépare ces deux mots: Dieu et mourir. (…) Du Calvaire, la Miséricorde a répandu ses eaux sur tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, où elle les répand encore et continuera de les répandre jusqu’à la fin du monde. Mais là encore, là toujours, le mystère se dresse devant moi, se joue de moi, me défie, m’écrase. Comment pénétrer les merveilles opérées par la grâce dans une seule âme?  Je dois me résigner encore à confesser une impuissance dont chaque méditation accroît l’évidence et aviverait la douleur si elle n’était pas une louange à Dieu.

Heureusement l’Écriture est là, avec ses mots plein de tendre lumière et de consolation, ses mots qui disent presque tout sans le chercher, au moins tout ce que j’ai besoin de savoir. Je les méditerai peut-être un jour avec plus de détails; de cette source qui me semble si profonde, je pourrai entrevoir quelques-uns des ruisseaux qui arrosent la sainte Cité. Je n’en retiens en ce moment qu’un seul, mais si intensément tendre, et dont les syllabes mêmes ont été toujours pour mon âme comme une caresse de mère: « Je t’ai aimé d’un amour éternel, c’est pourquoi je t’ai attiré vers moi par miséricorde » (Jérémie 31,3).

(Écrits spirituels, tome 1, page 81 s)

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Un commentaire pour Louange à la divine Miséricorde

  1. Merci beaucoup pour la beauté de ces mots ! Douceur infinie du Christ qui s’est fait obéissant jusqu’à la mort, dans un Amour qui nous sauve et nous inonde de si douce grâce maternelle ! Merveille de Dieu, de son infinie miséricorde, qui nous apporte la joie au milieu de nos misères !

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