Un Chartreux nous parle de l’amitié

Chartreuse abandonnée, sur l’île de Capri  (Naples, Italie)

Même si dom Guillerand, en tant que Chartreux et par goût personnel, était plus du genre solitaire que du genre  communautaire, il n’en demeure pas moins qu’il fut toujours très  ouvert à l’amour sous toutes ses formes, spécialement en rapport avec Dieu. Dans cet extrait de lettre, il donne à son correspondant de très précieux conseils sur la véritable amitié, écoutons-le:

AMITIÉ

« Pour franchir le seuil de l’amitié n’oublie pas que la condition première et essentielle est le renoncement: la poursuite désintéressées du bien de ton ami, de ses avantages, de ses intérêts, de ses joies.

Rappelle-toi également que l’amitié idéale n’existe pas et n’est pas nécessaire. La vie ne nous apporte jamais tout ce que nous rêvons. Il faut envisager la vie réelle. Or le réel est que nous avons tous des défauts, beaucoup plus que nous ne pensons. Et nous nous faisons souffrir les uns les autres avec ces défauts. Nous devons nous aimer malgré ces défauts; et si nous nous aimons vraiment, nous devons tendre à les corriger dans nos amis. C’est à cette condition-là que l’amitié mérite son nom et joue son rôle. Tant qu’elle ne le fait pas, elle demeure camaraderie.

La vraie amitié a certainement existé et existera toujours. Mais je crois qu’elle est assez rare; et de nos jours plus encore peut-être. Car elle est le contraire de l’égoïsme qui est très fréquent. L’égoïste ne s’occupe que de soi, et, à l’opposé, l’ami laisse couler toute son âme dans l’âme de l’autre pour que les deux n’en fassent qu’une. Ce seuil, si les circonstances le permettent, il faut le franchir sans crainte. Les avantages sont incomparablement supérieurs aux inconvénients. Laisse tomber sans les voir les faiblesses, les défauts, tout ce qui est inhérent à la vie réelle, et tu en retireras un grand bénéfice.

(…) Voilà aussi comment, lorsque nous aimons Dieu et que nous avons avec lui ces rapports d’amitié, notre vie prend une envergure sans bornes et devient la vie éternelle. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 276s)

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