Image de l’Église à venir

gloria4w

« AUJOURD’HUI (15 août), la Vierge Marie, la Mère de Dieu, est élevée dans la gloire du ciel: parfaite image de l’Église à venir, aurore de l’Église triomphante, elle guide et soutient l’espérance de ton peuple encore en chemin. » (Préface de la messe de l’Assomption de la Vierge)

C’est le pape Pie XII qui définit l’Assomption de Marie comme dogme de foi par la constitution apostolique Munificentissimus Deus (1950): « Par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et par Notre propre autorité, Nous prononçons, déclarons, et définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste ».

L’expression « après avoir achevé le cours de sa vie terrestre » utilisée par le Pape, laisse ouverte la question de savoir si la Vierge Marie est décédée ou non avant son Assomption. On sait que l’Église orthodoxe, qui professe la même foi tout en inclinant vers la mort de Marie, préfère donner à cette fête du 15 août le nom de «Dormition de la Vierge».

Publié dans Amour fraternel, Ascension, Église, Cieux, Contemplation, Désir de Dieu, Dévotion mariale, Dieu, Esprit Saint, Jésus, Joie, Marie, Péché, Spiritualité, Tradition, Vie éternelle | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Le sacrement de la Tendresse de Dieu

d1ce8b394df3552765965241fe3b8575

L’Eucharistie est comme le coeur de l’Église, ce par quoi elle exprime le mieux sa foi et se bâtit elle-même (Ecclesia de eucharistia). L’Ennemi en est très conscient et, comme on l’a vue récemment (ouverture des jeux olympiques à Paris), il fait tout pour la ridiculiser ou minimiser son impact.

Mais tout d’abord qu’est-ce que l’eucharistie ? « L’eucharistie, est le sacrement de la tendresse de Dieu, écrit le père Rey-Mermet, car Dieu ne crée l’univers que pour s’unir tous les humains dans l’amour ». Et c’est pourquoi l’Incarnation ne se termine pas au Christ mais à tout individu, justement pour que tout individu devienne divin. Merveilleux ! Mais mange-t-on le Christ en privé et pour nous-même seulement ? Non, on le mange ensemble, communautairement : « Le pain que nous rompons, dit Paul aux Corinthiens, n’est-il pas communion au corps du Christ? Puisqu’il n’y a qu’un seul pain, nous ne formons qu’un seul corps, car tous nous avons part à ce pain unique ». La communion nous unis donc les uns aux autres tout en nous unissant à la Victime de la croix ; car, en nous invitant à manger son corps livré et à boire son sang versé, Jésus nous intègre à sa propre offrande pour ne faire qu’un avec lui. Dans l’eucharistie, Jésus ne pouvait que se faire ASSIMILABLE. Sans être exclusif, l’eucharistie demeure donc le moyen par excellence de notre assimilation au Christ.

La présence réelle et substantielle de Jésus dans ce sacrement a souvent été mise en doute et spécialement, depuis 500 ans, par les Protestants qui n’y voient qu’un pur symbole. Face à cette hérésie, les réactions du magistère de l’Église ne se firent pas attendre … et ce fut la tenue d’un Concile (celui de Trente au 16e siècle). Néanmoins, cette insistance sur la présence réelle repoussa dans l’ombre la dimension nutritionnelle du sacrement au profit de son adoration : on encouragea, avec succès, diverses démonstrations publiques (processions, saluts et bénédictions). Malheureusement, et le Jansénisme aidant, la communion eucharistique se fit de plus en plus rare, tant la vénération mal comprise du sacrement incitait les fidèles à s’en abstenir. Mal pour un bien? Toujours est-il que se développa peu à peu dans l’Église Catholique Romaine une dévotion eucharistique particulière, inconnue (sous cette forme) de l’Église Orientale. Dévotion appelée à devenir une caractéristique de notre Église, tout comme l’était d’ailleurs la dévotion des icônes pour notre Église sœur. Faudrait-il s’en offusquer ? À chaque Église sa grâce particulière ! En Occident, Jésus-eucharistie s’est ainsi avéré ADORABLE ! Malgré les réticences de certains liturgistes, le culte eucharistique en dehors de la messe est vite devenu source de grâces et de consolations pour de nombreux fidèles. Le Pape François lui-même n’a-t-il pas privilégié l’adoration silencieuse devant le Saint-Sacrement lors de sa prière publique, en 2020, à la basilique Saint-Pierre de Rome, au tout début de la pandémie de la Covid-19 ?

Jésus assimilable donc, mais aussi Jésus adorable ! Mystère de foi qui ne cesse de dévoiler, encore aujourd’hui, ses nombreuses et imprévisibles richesses spirituelles. Sacrement de la tendresse de Dieu, son but avoué est de nous unir au Christ dans une étreinte éternelle. Puissions-nous tous en profiter !

Publié dans Adoration, Amour, Amour fraternel, Désir de Dieu, Dieu Père, Esprit Saint, Eucharistie, Foi, Incarnation, Liturgie, Mystère, Pédagogie divine, Rédemption, Spiritualité, Vie éternelle | Tagué , , , , , , , | 2 commentaires

COIN DE PRIÈRE chez soi !

coinpriere

De plus en plus nombreux sont les croyants qui se créent un coin de prière dans un endroit propice de leur logis : ce coin peut être une pièce ou tout simplement un coin de chambre consacré à la prière silencieuse et au recueillement. Normalement, on y expose un objet ou une image qui nous dit quelque chose … porteur d’un message qui nous va droit au cœur. Pour certains, ce sera un crucifix ou une image pieuse, pour d’autres une icône (mot grec signifiant image). Une icône n’est pas une photo ou une image pieuse mais plutôt une représentation artistique d’une vérité religieuse, représentation néanmoins soumise à des règles très précises qui remontent à l’empire Byzantin. L’icône se veut surtout présence du divin et invite à un dialogue intérieur. Dans l’Église orientale (orthodoxe ou catholique), l’icône est vénérée soit à l’église soit au domicile d’un particulier; elle n’est pas « adorée » mais « vénérée » car elle n’est qu’un chemin vers Dieu.

Les icônes peuvent représenter des personnages (le Christ, Marie, les saints, les anges), des fêtes religieuses (Noël Pâques, Assomption, Exaltation de la Croix, etc.), et diverses représentations (miracles de Jésus, vie des saints, etc.). En voici quelques exemples :

Il s’agit de l’icône de la Trinité de Andreï Roublev (moine russe du 15e siècle) qui relate l’hospitalité d’Abraham envers trois hommes en route vers Sodome (Genèse 18, 1-15). En traitant de ce thème, déjà populaire de son temps, Roublev innove en mettant de côté Abraham et Sarah pour se concentrer sur les trois anges représentant la Trinité des Personnes divines. Très belle catéchèse sur l’union ou communion entre le Père, le Fils et le Saint Esprit.

Le Christ pantocrator (« tout-puissant ») est une présentation privilégiée de l’art byzantin qui montre le Christ en buste, tenant le livre des Saintes Écritures dans la main gauche et levant la main droite dans un geste de bénédiction, ses deux doigts tendus symbolisant sa double nature (humaine et divine) et les trois autres joints figurant la Trinité. Il s’agit d’une représentation du Christ eschatologique lors de la parousie à la fin des temps. Cette icône-ci se retrouve dans la basilique de Sainte-Sophie (Constantinople).

On ne peut évidemment pas parler d’icônes religieuses sans faire allusion aux innombrables icônes mariales qui existent de par le monde. Veuillez noter que Marie y est normalement désignée comme la Theotokos (génératrice ou mère de Dieu) et toujours représentée avec l’Enfant Jésus. On peut distinguer quatre catégories d’icônes mariales :

Vierge de tendresse (Eléousa) : la Vierge de Vladimir en est un bel exemple. On y remarque le contact des deux visages ainsi que les regards affectueux de part et d’autre. Cette icône byzantine du 12e siècle fut donnée en cadeau par le patriarche de Constantinople au grand-duc de Kiev; elle fut ensuite transférée à la ville de Vladimir (dont elle prit le nom) et finalement à Moscou.

Vierge du chemin (Odigitria) : c’est la catégorie la plus usitée par l’Église Orthodoxe. La Vierge y est représentée avec une certaine solennité et de sa main droite désigne son Fils comme le Chemin. Jésus également y apparaît plus mature soit en bénissant ou en tenant un rouleau de la Loi. Attribuée par la tradition à l’évangéliste saint Luc, cette catégorie d’icône se retrouve en Occident, notamment à la basilique romaine de Ste-Marie-Majeure sous le nom de Salus Populi Romani ou Salut du peuple romain (bien que la position des mains soit un peu différente). L’icône Notre-Dame de la Porte, mieux connue en Occident, appartient également à cette catégorie.

Vierge du doux baiser (Glycophiloussa) : très apparentée à la Vierge de tendresse, cette catégorie ajoute une note de douceur par le geste affectueux de Jésus qui caresse le visage maternel.

Vierge de la passion (tou pathous): dans cette catégorie, les visages sont solennels, la Vierge tient la main de son enfant alors que celui-ci tourne la tête vers l’ange qui tient le symbole de la croix. Un autre ange se tient dans le coin supérieur opposé tenant la lance et l’éponge. Icône très répandue en Occident sous le nom de Notre-Dame du Perpétuel Secours, dont l’original est vénérée au sanctuaire romain des Pères Rédemptoristes.

Enfin, les icônes des saints et saintes sont innombrables dans les Église orientales (sans oublier celles qui sont de plus en plus populaires dans l’Église catholique :

Publié dans Adoration, Amour fraternel, Arts, Église, Contemplation, Désir de Dieu, Dévotion mariale, Dieu, Icônes, Liturgie, Moine, Monachisme, Orthodoxie, Pédagogie divine, Prière, Recueillement, Silence, Solitude, Tradition, Vierge Marie | Tagué , , , , , , | Un commentaire

Le désert au cœur des villes

IMG_7033_a

Il n’est pas rare de rencontrer des Maisons de prière avec possibilité de vivre en ermitage pour quelques jours. La récente pandémie du Covid-19 nous permit même d’expérimenter, bon gré mal gré, ce genre de réclusion à l’échelle planétaire. Fallait-il s’en offusquer ? Le monde avait peut-être besoin d’entrer en poustinia (mot russe signifiant désert) pour redécouvrir nos valeurs fondamentales.

En 1975, Catherine Doherty écrivait un livre, traduit en français sous le nom de « Poustinia ou le désert au cœur des villes », appelé à devenir un classique. Émigrée au Canada en 1921, cette Russe orthodoxe devenue catholique s’avéra une militante sociale hors-pair et une grande promotrice du laïcat chrétien. Elle devait s’éteindre en 1985 à Combermere (Ontario) et son procès de béatification fut ouvert en l’an 2000. Le mérite de Catherine fut de « semer dans le Nouveau Monde les germes de la vieille mystique slave en lui donnant la physionomie particulière de la poustinia du cœur, vécue aussi bien dans le silence d’une cabane en rondins qu’au cœur des grandes villes ». Au delà d’une solution concrète proposée à l’homme moderne pour se reposer de temps en temps dans le silence d’un lieu tranquille, Catherine nous invite à aller plus loin en développant en nous l’essence de la poustinia, à savoir, « ce lieu intérieur à soi-même, un résultat du baptême, où chacun de nous contemple la Trinité ».

Prophète pour notre temps, Catherine Doherty a senti le besoin de souligner le rôle essentiel d’un certain confinement volontaire pour découvrir notre vocation de baptisé ; confinement, non comme état permanent bien sûr (elle ne veut pas faire de nous des poustiniki) mais comme remède intermittent à une certaine asphyxie qui guette sans cesse les chercheurs de Dieu. Voici comment elle décrit brièvement ce lieu de recueillement qu’est la poustinia : « Ce désert doit être à tout prix un lieu d’une extrême simplicité. Pas de livres, pas de rideaux, pas d’images sauf une icône. La poustinia n’est pas nécessairement une cabane en rondins à la campagne … non, ce serait là une fausse conception du désert, car celui-ci peut se situer n’importe où car il est foncièrement intériorisé. Si vous disposez d’une chambre ou d’un bureau chez vous, cela fera l’affaire. »

Une vie de prière nécessite une certaine solitude tout autant qu’une certaine simplicité de vie. Ermite urbain, j’aime me considérer comme petit-cousin d’un poustinik et ne puis donc qu’encourager mes frères et sœurs à répondre aux appels de l’Esprit selon les possibilités d’un chacun. « Ce que la solitude et le silence du désert apportent d’utilité et de joie divine à qui les aime, ceux-là seuls le savent qui en ont fait l’expérience » (Statuts des Chartreux, chapitre 6). La poustinia est un endroit pour se reposer dans le Seigneur et le résultat final en est la paix intérieure. On peut ainsi devenir non seulement des êtres pacifiés mais également, et surtout, des faiseurs de paix !

Publié dans Adoration, Amour, Érémitisme, Baptême, calme, Contemplation, Conversion, Désir de Dieu, Dieu, Esprit Saint, Islam, Monde, Paix, Prière, Recueillement, Silence, Simplicité, Solitude, Temps présent, Vie cachée | Tagué , , , , , , , , , | Un commentaire

Des semi-ermites !

33

La solitude mal comprise peut faire des victimes car l’être humain est un être social. Tous n’ont pas la vocation d’ermite, loin de là ! Néanmoins, même en temps normal, plusieurs personnes n’hésitent pas à se retirer dans la solitude pour reprendre souffle. Il y a donc dans le confinement un aspect important à retenir, et qui fait toute la différence, à savoir, la liberté de le choisir ou non. Certains, comme les moines chartreux, le font dans une perspective de vie spirituelle et s’en portent très bien. Voici donc, pour les intéressés, une présentation imagée et forcément schématique de ce confinement monastique assez spécial:

Les Chartreux ne sont pas des ermites à proprement parler car ils vivent en communauté. Ils se rencontrent chaque jour à l’église pour le chant de l’Office divin (jour et nuit) et pour la messe de communauté. Mais la plus grande partie de leur journée se passe en cellule. C’est là qu’ils reçoivent leur frugal repas et qu’ils s’adonnent à la lecture, prière et petits travaux manuels. Les cellules sont reliées entre elles par un corridor appelé cloître et qui leur donne accès aux divers lieux communs comme l’église, la bibliothèque, la salle communautaire et le réfectoire (dimanche et grandes fêtes). Une fois la semaine, les moines vont en promenade pour quelques heures en prenant soin de changer de compagnon régulièrement aux quarts d’heure. Le dimanche est également moment de rencontre fraternelle. En voici quelques photos:

« Ô bienheureuse solitude, ô seule béatitude ». Ces paroles attribuées à saint Bruno, fondateur de l’Ordre, résument bien l’état d’esprit de ses disciples face à leur vie de silence et d’austérité. Réformateur de la vie monastique au 11e siècle, Bruno se retira avec six compagnons dans le massif de Chartreuse (non loin de Grenoble, en France) pour y vivre l’idéal des Pères du désert. Ce premier monastère, fondé en 1084 et appelé conséquemment la Grande Chartreuse, devint le modèle d’une nouvelle forme de vie monastique qui perdure encore aujourd’hui avec 16 maisons de moines et 5 de moniales. Nos contemporains ont pu en refaire la découverte avec le documentaire à succès de Philip Gröning Le Grand Silence (2006), film qui donne l’impression de « transcender le temps en nous aidant à y reconnaître la meilleure part de nous-même, notre intériorité ».

Publié dans Adoration, Amour fraternel, Érémitisme, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Chartreux, Contemplation, Désir de Dieu, Détachement, Dieu, Foi, Kartusija, Kloster, Liturgie, Monastery, Paysage, Recueillement, Silence, Solitude, Vie cachée | Tagué , , , , , , , , , , , , | 2 commentaires

L’importance de l’ascèse chrétienne

82aae00580dc93d44a14c1a38e29bdd0

« Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il porte sa croix chaque jour, et qu’il me suive » (Luc 9, 23). Ces paroles de Jésus font l’effet d’une douche froide à plusieurs chrétiens du 21e siècle qui essaient trop souvent d’unir confort et devoirs religieux. Or, le renoncement évangélique ne concerne pas uniquement les moines mais tous les baptisés (même si dans une moindre mesure).

Voici un bel exemple d’une vie de renoncement évangélique, celui d’Antoine, un jeune égyptien du 4e siècle :

« À la mort de ses parents, Antoine resta seul avec une jeune sœur. Ayant alors entre dix-huit et vingt ans, il prit soin de la maison et de sa sœur. Moins de six mois après le décès de ses parents, il se rendait comme d’habitude à l’église en méditant; il considérait comment les Apôtres avaient tout quitté pour suivre le Sauveur ; quels étaient les hommes qui, dans les Actes des Apôtres, vendaient leurs biens et en déposaient le produit aux pieds des Apôtres pour que ceux-ci les distribuent aux nécessiteux; et aussi quelle grande espérance leur était réservée dans le ciel. En pensant à tout cela, il entre dans l’église au moment de la lecture de l’Évangile, et il entend le Seigneur qui disait à un riche: Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres ; puis viens, suis-moi, et tu auras un trésor dans les cieux. Antoine eut l’impression que Dieu lui adressait cet évangile et que cette lecture avait été faite pour lui. Il sortit aussitôt de l’église et donna aux gens du village ses propriétés familiales, quinze arpents d’une terre fertile et excellente, pour que lui-même et sa sœur n’en aient plus l’embarras. Après avoir vendu tous ses biens mobiliers, il distribua aux pauvres la grosse somme d’argent qu’il en avait retirée, en ne mettant de côté qu’une petite part pour sa sœur.

Une autre fois qu’il était entré à l’église, il entendit le Seigneur dire dans l’Évangile : Ne vous faites pas de souci pour demain. Ne supportant plus d’avoir gardé quelque chose, il distribua cela aussi aux plus pauvres. Il confia sa sœur à des vierges dont il connaissait la fidélité et la mit dans leur monastère pour qu’elles y fassent son éducation. Quant à lui, il se consacra désormais, près de sa maison, au labeur de la vie ascétique. Vigilant sur soi-même, il persévérait dans une vie austère (…) Aussi travaillait-il de ses mains, car il avait entendu cette parole : Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus (…) Il priait sans cesse parce qu’il avait appris qu’il faut prier sans relâche en privé. Il était si attentif à la lecture qu’il ne laissait rien perdre des Écritures mais en retenait tout et que, dans la suite, sa mémoire pouvait remplacer les livres. » (Vocation d’Antoine, extrait de la Vie de saint Antoine par saint Athanase, évêque d’Alexandrie)

Détachement, humble travail, lectures bibliques, prières fréquentes, autant de moyens concrets pour faciliter le dialogue entre nous et Dieu. Tous n’ont peut-être pas reçu la même vocation que celle d’Antoine mais la ferveur des chrétiens des premiers siècles devrait nous inspirer un mode de vie plus modeste, une attention à Dieu plus soutenue et des comportements à contre-courant de ceux de nos contemporains. L’Évangile de Jésus Christ ne s’adresse-t-elle pas également aux chrétiens du 21e siècle ?

En ce qui concerne le jeune Antoine, on sait qu’il se retira dans un désert d’Égypte et y vécu très longtemps jusqu’à y mourir centenaire (vers 356). De nombreux disciples le suivirent dans ce genre de vie austère, ce qui lui valut le titre posthume d’Antoine le Grand et Père de tous les moines.

Publié dans Adoration, Amour, Église, Érémitisme, Évangile, Baptême, Contemplation, Conversion, Désir de Dieu, Détachement, Dieu, Dieu Père, Espérance, Esprit Saint, Foi, Humilité, Jésus, Joie, Liturgie, Messe, Moine, Monachisme, Moniales, Nature, Péché, Prière, Providence, Recueillement, Silence, Simplicité, Solitude, Spiritualité, Travail, Vie cachée, vie moderne | Tagué , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La Sainte montagne de l’Athos

Différents ermitages accrochés à la falaise.

La péninsule macédonienne de l’Athos est reconnue comme un haut lieu de la vie monastique orthodoxe. Une république monastique quasi autonome s’y est installée depuis le 9e siècle, tout en étant aujourd’hui rattachée à la Grèce moderne. S’y trouvent vingt monastères de l’Église orthodoxe en plus de multiples ermitages dont certains sont dangereusement accrochés aux falaises en quête d’une plus grande solitude.

La spiritualité orthodoxe diffère sensiblement de la spiritualité catholique entre autres en ce qu’elle met davantage l’accent sur certaines valeurs monastiques comme la prière du cœur, l’ascèse, le jeûne et la vénération des icônes. L’adoration eucharistique en dehors de la messe, la prière du Rosaire et l’attachement au Pape leur sont totalement étrangers.

En ce qui me concerne, je trouve grand plaisir aux icônes et à la liturgie byzantine ; la lecture de la vie de saints moines comme Silouane de l’Athos ou Séraphim de Sarov me nourrit beaucoup mais je suis moins friand de certaines dévotions comme de faire des centaines de métanies (prostations) par jour, etc. Une fois passé l’emballement pour l’exotisme orientale, je me suis rendu compte que le contenu spirituel est beaucoup plus important que le contenant matériel … et ce contenu je le rencontre facilement dans ma spiritualité occidentale. Cependant il nous faut admettre qu’on ne peut vraiment saisir la profondeur de telle ou telle pratique ascétique orientale si l’on ne fait pas partie du milieu religieux qui lui a donné naissance.

Voici donc quelques liens pour ceux et celles qui aimeraient en savoir davantage:  https://fr.wikipedia.org/wiki/Mont_Athos  ,  https://fr.wikipedia.org/wiki/Silouane_de_l%27Athos

Publié dans Dieu, Monachisme, Orthodoxie | Tagué , , | Laisser un commentaire

Car il y a ermite et ermite !

Ermites-2013_0_730_486

Au début de sa Règle monastique, saint Benoît parle des ermites en ces termes : «Animés d’une ferveur qui n’est plus celle de la première conversion, car une longue période de probation au monastère leur a appris, avec l’aide et les leçons de plusieurs, comment l’on tient tête au démon, ces moines, aguerris, sortent des rangs serrés de leurs frères pour affronter le combat singulier du désert, et, assurés de pouvoir se passer désormais de l’encouragement d’autrui, ils ne comptent plus que sur le secours de Dieu et sur eux-mêmes dans la lutte  qu’ils soutiendront à la seule force de leur bras et de leur poing, contre les vices de la chair et des pensées » (Chap. 1). Le vingtième siècle a connu une certaine recrudescence de vocations d’ermite (hommes et femmes), surtout en France ; plusieurs se rappelleront dom André Louf, auteur spirituel de renom et abbé de l’abbaye trappiste du Mont-des-Cats (Nord),  qui se retira (après 35 ans d’abbatiat) dans un petit ermitage adossé à l’abbaye bénédictine de Sainte-Lioba (en Provence) où il vécut solitaire durant 13 ans. 

Dans son nouveau Code de droit canonique (1983), l’Église catholique a reconnu officiellement deux anciennes formes de vie consacrée (tombées en désuétude au log des âges): la vie d’ermite et celle des vierges consacrées ! Au sujet des ermites, voici ce que dit le canon 603 : « §1. Outre les instituts de vie consacrée, l’Église reconnaît la vie érémitique ou anachorétique, par laquelle des fidèles vouent leur vie à la louange de Dieu et au salut du monde dans un retrait plus strict du monde, dans le silence de la solitude, dans la prière assidue et la pénitence. §2. L’ermite est reconnu par le droit comme dédié à Dieu dans la vie consacrée s’il fait profession publique des trois conseils évangéliques scellés par un vœu ou par un autre lien sacré entre les mains de l’Évêque diocésain, et s’il garde, sous la conduite de ce dernier, son propre programme de vie. » De ce texte officiel, l’on retiendra que la vie d’ermite «catholique» n’est pas laissée aux caprices d’un chacun mais exige un minimum de maturité spirituelle ainsi qu’un lien étroit avec l’évêque du diocèse.

Ceci étant dit, qu’en est-il de l’ermite urbain ? Les appels à la vie consacrée sont divers et difficiles à classifier. Force est d’admettre avec saint Paul, que « chacun reçoit de Dieu son don particulier, celui-ci d’une manière, celui-là de l’autre » (1 Corinthiens 7, 7). Pour plusieurs croyant(e)s, la vie urbaine s’est avérée une occasion providentielle de vivre leur attachement au Christ dans l’anonymat et dans la prière contemplative, seul avec le Seul, à l’exemple des recluses du Moyen-Âge, tout en profitant des secours non minimes de la société moderne et conservant un lien étroit avec la vie sacramentelle des paroisses environnantes. À ces personnes, isolées pour diverses raisons (âge, retraite, handicap ou goût personnel) et souvent ignorées de l’évêque diocésain, pourrait-on refuser l’appellation générique d’ermite urbain ? Pour ma part, prêtre à la retraite, je n’hésite pas à me désigner ainsi, y trouvant un véritable réconfort dans le monde complexe et merveilleux du Corps mystique du Christ. Puisse l’exemple de Jeanne Le Ber, recluse à Montréal durant 35 ans et morte en odeur de sainteté († 1714), m’inciter à une plus grande fidélité à mon style de vie actuel pour être (Dieu le voulant) une petite lampe ou tout au moins une humble sentinelle dans la nuit de la cité. Amen !

Publié dans Adoration, Amour, Église, Érémitisme, Contemplation, Désir de Dieu, Détachement, Dieu, Esprit Saint, Eucharistie, Formation permanente, Monde, Prière, Silence, Solitude, Spiritualité, Vie cachée | Tagué , , , , , , , , , | Un commentaire

La prière communautaire par excellence !

clb_120106

La plus belle des prières communautaires chrétiennes est sans contredit la célébration de l’eucharistie ! Connue au début de l’Église comme « la fraction du pain », cette prière communautaire s’est perpétuée jusqu’à nous avec les adaptations nécessaires. Comment se déroulait la Fraction du pain chez les premiers chrétiens ? Voici ce qu’en dit le bibliste Yves Guillemette : « Tout ce que nous savons, c’est que les premiers chrétiens se réunissaient, le jour du Seigneur ou le premier jour de la semaine, pour le rite de la fraction du pain. La rencontre avait lieu dans la maison de l’un des leurs. En plus de la fraction du pain, on prenait un repas en commun. On peut sans doute penser que les premiers chrétiens ont puisé dans le trésor de la prière rituelle juive les actions de grâces et les bénédictions dont ils avaient besoin pour leur célébration ». 

Le premier témoin de l’Eucharistie telle que célébrée à Rome est le philosophe saint Justin (†165) qui nous en décrit le déroulement dans sa première Apologie:

« Personne ne doit prendre part à l’Eucharistie, sinon celui qui croit à la vérité de notre doctrine, qui a été baptisé pour obtenir le pardon des péchés et la nouvelle naissance, et qui vit selon l’enseignement que le Christ nous a transmis. (…) En effet, les Apôtres, dans leurs mémoires qu’on appelle évangiles, nous ont ainsi transmis l’ordre de Jésus : Il prit du pain, il rendit grâce et il dit: Faites cela en mémoire de moi. Ceci est mon corps. Il prit la coupe de la même façon, il rendit grâce et il dit: Ceci est mon sang. Et c’est à eux seuls qu’il le distribua. Depuis ce temps, nous n’avons jamais cessé d’en renouveler la mémoire entre nous. (…)

Le jour appelé jour du soleil, tous, qu’ils habitent la ville ou la campagne, ont leur réunion dans un même lieu, et on lit les mémoires des Apôtres et les écrits des prophètes aussi longtemps qu’il est possible.

Quand le lecteur a fini, celui qui préside fait un discours pour nous avertir et pour nous exhorter à mettre en pratique ces beaux enseignements.

Ensuite, nous nous levons tous et nous faisons ensemble des prières. Puis, lorsque nous avons fini de prier, ainsi que je l’ai déjà dit, on apporte le pain avec le vin et l’eau. Celui qui préside fait monter au ciel des prières et des actions de grâce, autant qu’il en est capable, et le peuple acclame en disant : Amen. Puis on distribue et on partage à chacun les dons sur lesquels a été prononcée l’action de grâce ; ces dons sont envoyés aux absents par le ministère des diacres.

Les fidèles qui sont dans l’aisance et qui veulent donner donnent librement, chacun ce qu’il veut ; ce qu’on recueille est remis à celui qui préside et c’est lui qui vient en aide aux orphelins et aux veuves, à ceux qui sont dans le besoin par suite de maladie ou pour tout autre cause, aux prisonniers, aux voyageurs étrangers ; bref, il vient en aide à tous les malheureux. »

(Apologie pour les chrétiens, 1, 66-67)

Publié dans Adoration, Amitié, Amour fraternel, Église, Dieu, Dieu Père, Eucharistie, Foi, Liturgie, Messe, Prêtrise, Prière, Solidarité, Tradition | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Prière et Tradition vivante

NOVATEK CAMERA

EXIF_HDL_ID_1

C’est à travers la Tradition vivante que l’Esprit Saint nous apprend à prier. Le milieu, la famille, les lectures, les amis sont autant de facteurs impliqués dans notre compréhension des réalités spirituelles. Et puisqu’amour et prière se complètent mutuellement, le témoignage des personnes consacrées peut nous devenir très précieux :  » Tu m’a montré le chemin d’Ars, disait le nouveau curé á un garçon, je te montrerai le chemin du Ciel « (Saint Jean-Marie Vianney). Quelles sont les sources de la prière chrétienne ? Qui peut éduquer à la prière ? Quels sont les lieux et les moments plus indiqués pour prier ? Autant de questions à élucider. Encore une fois, demandons à notre mère la Sainte Église de nous éclairer sur ce thème :

558. Quelles sont les sources de la prière chrétienne ?

Ce sont : la Parole de Dieu, qui nous donne la « sublime science » du Christ (Philippiens 3,8) ; la Liturgie de l’Église, qui annonce, actualise et communique le mystère du salut ; les vertus théologales ; les situations quotidiennes, parce qu’elles nous permettent de rencontrer Dieu.

564. Comment les saints sont-ils des guides pour la prière ?

Les saints sont nos modèles de prière et nous leur demandons aussi d’intercéder pour nous et pour le monde entier auprès de la Sainte Trinité. Leur intercession est leur plus haut service du dessein de Dieu. Tout au long de l’histoire de l’Église, se sont développés, dans la communion des saints, différents types de spiritualité, qui apprennent à vivre et à pratiquer la prière.

565. Qui peut éduquer à la prière ?

La famille chrétienne est le premier foyer de l’éducation à la prière. La prière quotidienne en famille est particulièrement recommandée, parce qu’elle est le premier témoignage de la vie de prière de l’Église. La catéchèse, les groupes de prières, la « direction spirituelle », constituent une école et une aide à la prière.

566. Quels sont les lieux favorables à la prière ?

On peut prier n’importe où, mais le choix d’un lieu approprié n’est pas indifférent pour la prière. L’église est le lieu propre de la prière liturgique et de l’adoration eucharistique. D’autres lieux peuvent aussi aider à prier, comme un « coin de prière » à la maison, un monastère, un sanctuaire.

567. Quels sont les moments les plus indiqués pour la prière ?

Tous les moments sont favorables à la prière. Mais l’Église propose aux fidèles des rythmes destinés à nourrir la prière continuelle : prières du matin et du soir, avant et après les repas, liturgie des Heures, Eucharistie dominicale, chapelet, fêtes de l’année liturgique.

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique)

Publié dans Adoration, Amour, Écriture, Église, Évangile, calme, Contemplation, Création, Désir de Dieu, Dévotion mariale, Dieu, Dieu Père, Esprit Saint, Eucharistie, Foi, Formation permanente, Humilité, Jésus, Liturgie, Marie, Pardon, Prière, Recueillement, Silence, Spiritualité, Tradition, Vie cachée | Tagué , , , , | 2 commentaires