La vie chrétienne comme « culte » rendu à Dieu

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L’épidémie du Coronavirus a entraîné, dans certains pays, la fermeture des églises et autres lieux publics. Aux nombreux croyants qui se sont sentis frustrés par ces directives, il est bon de rappeler que la conversion personnelle est beaucoup plus essentielle dans la vie d’un chrétien que les réunions liturgiques. Jésus lui-même ne l’a-t-il pas affirmé à la Samaritaine : « Femme, crois-moi: l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père … mais l’heure vient, et c’est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jean 4, 21-24). Les réunions liturgiques, toutes légitimes et profitables qu’elles soient, ne serviraient pas à grand-chose si les participants refusaient de s’ouvrir aux valeurs de l’évangile et à ses exigences morales: « Ce n’est pas en me disant ‘Seigneur, Seigneur’ qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux  » (Matthieu 7, 21).

Saint Paul, conscient du poids de la conversion radicale exigée aux nouveaux chrétiens (venant du paganisme), leur écrivait : « Je vous exhorte à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu ; c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre » (Romains 12, 1). La vie chrétienne nous est donc présenté comme un culte, un culte quotidien, mais également comme un culte qui ne va pas de soi : il exige en effet un renoncement quotidien (« ne vous modelez pas sur le monde présent « ). Ce qui étaient difficile pour les premiers chrétiens le demeure également pour nous qui vivons en 2024. Fort heureusement, ces efforts deviennent réalisables à l’aide d’une grâce spéciale, le don de l’Esprit, et plus particulièrement une grâce de discernement : « mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait ». L’Esprit Saint est cette eau spirituelle et vivifiante à laquelle Jésus faisait allusion dans son entretien avec la femme de Samarie : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui l’en aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive » (Jean 4, 10).

Or, s’il est vrai que cette eau vive nous vient gracieusement du Sauveur Jésus, il est non moins vrai qu’elle nous est transmise par le ministère de l’Église, plus particulièrement par les sacrements. On ne saurait donc se sauver individuellement, en snobant pour ainsi dire tout contact avec les autres fidèles. Les rencontres liturgiques demeurent nécessaires en temps normal !

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La prière des premiers chrétiens

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Par « premiers chrétiens » on entend ici ceux qui vivaient immédiatement après le temps des Apôtres, soit de l’an 95 à 197. On y saisit sur le vif la façon dont se comportaient les disciples du Christ dans une société païenne et souvent hostile. Les observations qui suivent sont tirées d’un livre du père A. Hamman, devenu classique : La vie quotidienne des premiers chrétiens (95-197).

« La Rome impériale s’éveillait à l’heure du village, dès l’aurore sinon à la première heure de l’aube. (…) À l’apparition de la lumière et de la nuit, le chrétien se recueille dans la prière. Ce sont les deux moments forts, où le chrétien fait silence, médite l’Écriture et chante un psaume. (Le caractère privé de ces deux prières explique pourquoi nous ne possédons pas de texte stéréotypé).

Le matin, Tertullien conseille de se mettre à genoux pour la première prière qui ouvre la nouvelle journée, en signe d’adoration et de prosternement devant Dieu. L’orant est tourné vers le levant, «d’où vient la véritable lumière».(…) Origène conseille aux chrétiens de réserver, si possible, dans leur maison un endroit pour la prière. (…)

Le chrétien prie de nouveau au coucher du soleil. Tertullien lui demande de se signer le front. Textes bibliques et prière spontanée se succèdent pour ranimer la vigilance. D’après la Didachè, les chrétiens ont maintenu l’usage juif de prier trois fois par jour … mais il n’est pas précisé à quels moments de la journée ces trois prières doivent avoir lieu, d’où l’on peut conclure qu’ils sont laissés au choix des fidèles.

(…) Les chrétiens avaient coutume de prier debout, les mains levées, les paumes ouvertes, dans l’attitude des orants des Catacombes (voir la photo ci-dessus), comme le Christ avait étendu ses bras sur la Croix. (…) À genoux, la prière exprime l’humilité et la supplication intense. Elle peut être accompagnée de la prostration, la tête contre la terre. (…) Nulle part on ne joint les mains ; c’est un geste d’origine germanique qui consacre l’hommage féodal. »

(La vie quotidienne des premiers chrétiens, (95-197), page 198ss)

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Héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ !

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Chrétiens et chrétiennes, nous constituons un peuple, un peuple en marche vers le Ciel, ce pays de lumière qu’on pourrait définir comme l’état d’union totale à Dieu. Déjà par le baptême, unis au Christ et plongés dans l’Esprit Saint, nous avons rencontré dans la foi cet Être mystérieux et unique, ce Dieu Très-Haut que nous appelons Père. Mus par l’espérance chrétienne, nous avons alors débuté notre marche vers ces hauteurs appelées « montagne de Sion, cité du Dieu vivant, Jérusalem céleste » et vers ceux et celles qui nous y ont précédés, à savoir, les « myriades d’anges » et les « esprits des justes rendus parfaits », foule céleste décrite dans la lettre aux Hébreux (12, 22-24) et jouissant déjà de la vision de Jésus « médiateur d’une alliance nouvelle » et de Dieu « Juge universel ». 

L’Évangile, tout en parlant de ce bonheur à venir, nous le présente comme un épanouissement de notre vie spirituelle :  » Bien-aimés, dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui seront semblables, parce que nous Le verrons tel qu’Il est.  » (1 Jean 3, 2).  Est-il possible d’avoir un avant-goût de cette rencontre ? Très certainement, nous dit Jésus: « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, mon Père l’aimera, nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure » (Jean 14, 23). Et voilà ! Depuis 2000 ans, des milliers de chrétiens fervents, moines et moniales, se sont consacrés à l’ascèse et à la prière contemplative dont ils ont retiré d’immenses profits.

La vie après la mort n’est donc pas un voyage astral ou une excitante rencontre de parents ou d’amis  (projections humaines très compréhensibles  mais trop souvent sans aucune référence à Dieu). Non ! La vie céleste et bienheureuse n’est pas un dû à tout un chacun mais un privilège gracieusement accordé par Dieu à ceux et celles qui auront été fidèles au Christ (« Nul ne va au Père que par moi « ). Tout comme saint Paul, n’ayons donc aucune honte d’attendre l’héritage promis :  » Héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui  » (Romains 8, 17). Amen !

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La sanctification progressive du monde

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« De son sein couleront des fleuves d’eau vive » (Jean 7, 38)

La venue de Jésus sur terre a certainement marqué l’histoire humaine de façon extraordinaire et indélébile : le Créateur s’est abaissé à notre niveau pour venir réparer le gâchis créé par l’homme. Heureuse faute, dira quand même saint Augustin, qui nous a mérité un si grand Rédempteur. Prévue de toute éternité, l’Incarnation du Fils s’est révélée le sommet de la création, une création n’ayant d’autre but que de dévoiler le mystère de Dieu : un Amour infiniment miséricordieux .

Dieu aurait pu décréter pour nous un salut définitif et sans recours possibles (comme pour les anges) ; il a plutôt voulu nous associer à ce salut en nous laissant libres de l’accepter ou non. D’où l’envoi des Apôtres dans le monde entier, non pour nous contraindre mais pour nous inviter au festin messianique. Et depuis deux mille ans, l’Église ne cesse de remplir cette mission, grâce à l’Esprit Saint qui l’habite : une mission accomplie progressivement, conforme à la prophétie d’Ezéchiel qui déjà, vers l’an 580 avant notre ère, avait entrevu ce salut dans la vision d’un mince filet d’eau coulant du côté droit du Temple de Jérusalem, puis devenant peu à peu un fleuve infranchissable : eau miraculeuse se déversant dans les steppes  désertiques et  y assainissant tout ce qu’elle touchait (Ézéchiel 47, 1 ss).

Jésus est ce nouveau Temple auquel nous sommes intégrés. De son côté blessé par la lance, il laissa s’écouler de l’eau et du sang … symbole de l’Esprit Saint obtenu par son offrande sur la croix. Cette eau vive coule depuis 2000 ans et ne cesse de féconder le cœur des humains ; deux mille ans de générosité, de dévouement, de créativité, de présence fraternelle dans un monde presque toujours rébarbatif. Un travail apostolique impossible à réaliser sans la présence bienfaisante de l’Esprit Saint. Quel honneur et quelle joie, chers amis, que d’être associés à ce processus de sanctification mondiale ! On comprend la fierté de saint Paul qui s’écriait : « Grâces soient à Dieu qui, dans le Christ, nous emmène dans son cortège triomphal et qui , par nous, répand en tous lieux le parfum de sa connaissance » (2 Corinthiens 2, 14).

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L’Eucharistie comme moyen d’union

Procession de la Fête-Dieu (Chartreuse Scala Coeli, Portugal)

En ces jours où l’Église célèbre la fête du Saint-Sacrement (appelée aussi Fête-Dieu), voici une méditation de dom Augustin Guillerand sur l’Eucharistie comme moyen d’union à Dieu (son point de départ est la fraction du pain, à la messe) :

« Mon Dieu, mourir n’est pas un terme. Vous êtes la Vie infinie ; c’est pour vivre et faire vivre que vous êtes mort et que vous renouvelez votre mort sur l’autel. Votre rêve, c’est l’union et c’est la communication de votre vie par l’union. Vous l’avez dit en termes inoubliables, immédiatement après votre première messe au Cénacle : Mon Père, je vous en prie, que tous ceux qui croient en moi soient un comme vous et moi nous sommes un : faites-les entrer dans l’unité parfaite de votre amour (Jean 17,20s).

Cette unité, ce terme suprême de votre vie et de votre mort, votre immolation la prépare et la permet ; elle ne la réalise pas. La Messe n’est un sacrifice que pour être une communion. La communion, c’est-à-dire l’union qui fait que tout est commun, voilà où vous me conviez et où vous voulez me conduire.

Voici l’Agneau de Dieu (Jean 1,29), disait saint Jean-Baptiste en vous montrant. L’agneau pascal dont vous venez prendre la place était une victime, une victime dont on se nourrissait ; victime et nourriture ! C’est ce que vous avez voulu, c’est ce que vous avez exprimé au Cénacle : Prenez et mangez, c’est ce que vous répétez sur l’autel. Quand il s’agit de manger, il faut que l’aliment soit à la portée de celui qui mange ; il doit être rompu, divisé, réduit en morceaux. O divine nourriture, vous ne reculez pas devant cette extrémité. Vous vous laissez briser comme vous vous êtes laissé tuer … afin de nous unir ! »

(Écrits spirituels, tome 2, page 129)

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Tantum ergo sacramentum !

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« Un si grand sacrement ! » La fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ (ou Fête-Dieu) ne laisse pas indifférents les catholiques de tous âges. Loin d’être une répétition de la fête du Jeudi Saint (institution de l’Eucharistie), elle est une affirmation solennelle de la Présence permanente du Seigneur dans son sacrement d’amour. Face aux hérétiques des 12e-13e siècles qui niaient ou limitaient cette présence à la durée de la messe, l’Église romaine a senti le besoin d’y répondre par l’institution, en 1264, d’une fête grandiose avec procession et adoration publiques.

Voici quelques strophes de la séquence Lauda Sion  composée pour la messe de cette nouvelle fête (à la demande du pape) par cet éminent théologien que fut saint Thomas d’Aquin :

« C’est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en son corps, que le vin devient son sang.

Ce qu’on ne peut comprendre et voir, notre foi ose l’affirmer, hors des lois de la nature.

L’une et l’autre de ces espèces, qui ne sont que de purs signes, voilent un réel divin.

Sa chair nourrit, son sang abreuve, mais le Christ tout entier demeure sous chacune des espèces.

On le reçoit sans le briser, le rompre ou le diviser ; il est reçu tout entier.

Qu’un seul ou mille communient, il se donne à l’un comme aux autres, il nourrit sans disparaître.

Bons et mauvais le consomment, mais pour un sort bien différent, pour la vie ou pour la mort. (…) 

Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu, qu’on ne peut jeter aux chiens.

D’avance il fut annoncé par Isaac en sacrifice, par l’agneau pascal immolé, par la manne de nos pères.

Ô bon Pasteur, notre vrai pain, ô Jésus, aie pitié de nous, nourris-nous et protège-nous, fais-nous voir les biens éternels dans la terre des vivants. 

Toi qui sais tout et qui peux tout, toi qui sur terre nous nourris, conduis-nous au banquet du ciel et donne-nous ton héritage, en compagnie des saints. Amen. »

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Un Dieu transcendant ?

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Certains chrétiens hésitent à voir Dieu au ciel, au-dessus d’eux; ils préfèrent de beaucoup un Dieu parmi eux, à stature humaine. L’homme primitif, plus sensible à ses propres limites, n’avait pas cette tendance égalitaire qu’est la nôtre. L’humilité face à la divinité n’aura jamais été aussi difficile qu’aujourd’hui, alors que les images hiératiques de Dieu et des saints tendent à s’estomper au profit de représentations à mesure humaine … et pourtant, Jésus n’hésitait pas à affirmer: « Vous donc priez ainsi: Notre Père qui es DANS LES CIEUX » (Matthieu 6, 9). Malgré sa présence parmi nous, Dieu conserve toute sa transcendance !

Un Dieu qui planifie. Il fut un temps où rien n’existait … sinon Dieu ! Même la notion de temps, dans ce contexte, n’avait aucun sens. Inutile de chercher l’élément déclencheur de la création, la Pensée de Dieu nous échappe ! Nous savons quand même, par la révélation, que Dieu est Amour et que l’amour authentique tend au partage. En réfléchissant sur les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, il est facile d’y discerner une Pensée divine décrétant  de toute éternité  cette manifestation de l’Amour, manifestation réalisée par la création et bonifiée par la révélation. Cette planification, ce décret ou « dessein bienveillant » (Éphésiens 1, 9), s’exprime dans le temps par la Providence. C’est là l’œuvre attribuée à DIEU LE PÈRE.

Un Dieu qui agit. Nous pouvons avoir de beaux projets mais la plupart d’entre eux demeurent souvent à l’état embryonnaire. Il n’en est pas ainsi en Dieu : pour lui, vouloir c’est faire ! Remarquons que, dans la Bible, les grands moments de  l’agir  divin sont attribués à l’Esprit Saint. Ainsi, à la création,  l’Esprit de Dieu planait sur les eaux originelles (Genèse 1, 2) ; au désert, la nuée lumineuse assurait la présence active de Dieu auprès du peuple (Exode 13, 21) ; dans l’évangile, l’ange Gabriel annonce à Marie que cette même nuée, l’Esprit Saint, la couvrira de son ombre (Luc 1, 35) ; et c’est lors de son  baptême dans l’Esprit Saint  que Jésus débutera officiellement son ministère public (Jean 1, 32). Enfin, la Pentecôte témoignera du don communautaire de l’Esprit comme élément fondateur de l’Église. Donneur de vie, l’ESPRIT SAINT est Dieu qui agit.

Un Dieu qui réjouit. « Quand je rencontrais tes paroles, Seigneur, je les dévorais; elles faisaient ma joie, les délices de mon cœur » (Jérémie 15, 16). Cette affirmation du prophète exprime bien le rôle irremplaçable de la Parole de Dieu comme source de joie pour tout croyant. Parole créatrice, parole éclairante, encourageante ou menaçante, elle ne laisse personne indifférent car elle est d’origine divine … cette parole est le Verbe de Dieu ! Et ce Verbe s’est fait chair il y a deux mille ans : sa vie, son ministère, sa mort et sa résurrection sont devenus autant de motifs de réjouissance pour tous les humains. Voilà donc une Parole qui réjouit en manifestant le plan miséricordieux du Père. Et quelle destinée nous propose-t-elle ? « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jean 12, 26).  Doux et humble de cœur, JÉSUS, VERBE DE DIEU, est bien ce Dieu qui nous réjouit en nous dévoilant l’Amour du Père et l’avenir prometteur qui nous attend !

En terminant, n’ayons garde d’oublier que ces images des Personnes divines, toutes inspirantes qu’elles soient, ne sont qu’un faible aperçu de ce qu’Elles sont en réalité. Des auteurs spirituels, tel dom Augustin Guillerand, se sont efforcés de discerner vaille que vaille les rapports intimes de ces Personnes entre elles dans la simplicité d’une seule Nature; cependant, force est d’avouer que les théories adéquates, en ce domaine, nous échappent. Pouvons-nous quand même espérer en connaître d’avantage, un jour ? Il semble que oui, car le Maître nous affirme que le meilleur est à venir : «Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu» (Matthieu 5, 8).

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Le Christianisme est-il une nouvelle religion ?

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La fête de la Très Sainte Trinité, si elle est mal abordée, peut devenir un cauchemar pour tout prédicateur bien intentionné. Si l’on s’arrête au casse-tête insurmontable de l’existence de trois personnes en un seul être … on ne peut que se perdre dans les dédales d’un raisonnement stérile. En nous présentant cette fête aujourd’hui, l’Église n’a aucunement l’intention de nous faire comprendre un mystère incompréhensible mais, bien plutôt, d’en vivre!

Mais tout d’abord, rappelons-nous que Jésus n’est pas venu fonder une nouvelle religion mais uniquement accomplir les promesses de Dieu faites à Israël. Jésus est né Juif et de religion juive ; il a toujours été fier d’être membre du Peuple choisi et n’a jamais renié ses racines. S’il a critiqué les abus religieux de son temps, c’était par amour pour Dieu et pour ses congénères. Il est mort et ressuscité pour le salut de tous mais, avant tout, pour ses frères et sœurs juifs. L’apôtre Pierre s’adressant aux habitants de Jérusalem (le jour de la Pentecôte), ne pouvait être plus clair : « c’est pour vous (les Juifs) qu’est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin (les non-Juifs), en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Actes 2, 39). Il est vrai que, par la suite, beaucoup de Juifs vont refuser d’accepter Jésus comme Messie et ils iront même jusqu’à persécuter les premiers chrétiens pour ensuite les expulser officiellement de la Synagogue, vers les années 90, lors d’une assemblée générale à Jamnia. Au dire de saint Paul, les Juifs se sont eux-mêmes coupés inconsciemment de la racine sainte pour que les païens convertis puissent y être greffés mais leur retour est néanmoins prévu dans un avenir éventuel (Romains 11, 1-36). Notre religion chrétienne est donc en pleine continuité avec la religion vécue durant des siècles en Israël, religion nourrie par les prophètes, puis accomplie, purifiée et simplifiée par le Christ avant d’être prêchée par les Apôtres sous la mouvance de l’Esprit Saint.

Ceci étant dit, la révélation progressive de l’existence des trois Personnes divines (Père, Fils et Esprit Saint) ne saurait être vue comme une nouveauté radicale mais bien plutôt comme l’épanouissement d’un processus normal. La lecture des derniers livres de l’Ancien Testament (Proverbes, Ben Sira et Sagesse, entre autres) nous laisse en effet percevoir une évolution certaine de la pensée religieuse quant à la préexistence mystérieuse auprès de Dieu d’une Sagesse qui tantôt s’apparente au Verbe tantôt à l’Esprit. Le quatrième évangile (écrit vers la fin du 1er siècle) ne pourra que porter à terme cette révélation en parlant clairement de la divinité de Jésus et de l’Esprit. L’Église du 4e siècle, confrontée à certaines hésitations doctrinales, énoncera clairement le contenu de la Foi : « Un seul Dieu en trois Personnes » (Concile de Nicée, en 325, et celui de Constantinople, en 381).

Et maintenant, comment pouvons-nous vivre de ce mystère ineffable de la Très Sainte Trinité ? Tout simplement à la façon des justes de l’Ancien Testament (amour de Dieu et amour du prochain) mais à la lumière des conseils évangéliques et avec une connaissance plus précise de nos liens avec les trois Personnes divines (grâce à une intensité de vie spirituelle : la vie dans l’Esprit ). Même s’il opérait silencieusement depuis toujours dans les membres du Peuple élu, l’Esprit Saint ne le faisait qu’en lien avec des lois écrites et non comme Loi intérieure gravée dans le cœur des croyants. Grâce à cette Onction qui désormais les habite, les Chrétiens comprennent mieux les Écritures, la personne du Messie, sa relation avec le Père, et l’héritage qui les attend au Ciel. Si Jésus de Nazareth n’est pas venu fonder une nouvelle religion, il a su par ailleurs mener à son accomplissement le potentiel insoupçonné de la religion juive. Au niveau organisationnel, il est également vrai que, comme le vin nouveau requiert de nouvelles outres, ce nouvel Esprit, en regard des institutions mosaïques, ne pouvait qu’exiger un cadre totalement renouvelé, soit l’Église.

Vivons donc en paix, chers amis, car nous sommes dans la bonne voie et la bonne religion (celle de Jésus de Nazareth) : « Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel que vous avez reçu; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême; un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous. » (Éphésiens 4, 4-6)

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Dans le vent de l’Esprit

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Les changements climatiques nous habituent peu à peu à ces sautes d’humeur de mère Nature qui ne cessent de nous impressionner. Mais, à bien y penser,  les bourrasques de vent existent depuis toujours et leur apparition soudaine n’a jamais cessé de nous surprendre.

 Jésus a utilisé ce phénomène naturel pour nous parler de la vie dans l’Esprit qui caractérise si bien le modus vivendi (style de vie) du chrétien. « Le vent souffle où il veut, disait-t-il un jour à Nicodème, tu entends sa voix mais tu ne sais d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. » (Jean 3,8). Jésus parle en connaissance de cause puisque tout son ministère est redevable à cette mystérieuse influence de l’Esprit Saint.

Lors du Baptême de Jésus, nous avons assisté à cette descente de l’Esprit (sous la forme d’une colombe) alors qu’il était en prière, après avoir été baptisé par Jean dans le Jourdain. Ce fut pour lui le signal d’une nouvelle aventure qui le conduisit tout d’abord au désert puis dans les divers villages de Galilée. Voici la raison qu’il en donne à ses concitoyens de Nazareth, réunis à la synagogue du village et tout ébahis de l’entendre s’exprimer avec une telle grâce : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne nouvelle aux pauvres … » (Luc 4,18)

Se laisser conduire par l’Esprit suppose évidemment une grande attention à ses inspirations, lesquelles peuvent être soudaines et déconcertantes. Le silence intérieur et l’esprit de prière sont essentiels ici, non seulement pour discerner ces inspirations mais aussi pour bien décortiquer le vrai du faux. Serait-ce là une nouvelle spiritualité ? Pourtant l’apôtre Paul nous avertit que la vie dans l’Esprit est ce qu’il y a de plus essentiel et de plus normal chez un chrétien: « Tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. » (Romains 8,14)

Sommes-nous sous la mouvance de l’Esprit ? Bonne question ! L’apôtre Jean nous répond, dans sa première lettre (1Jean 3 et 4), qu’il y a deux conditions à remplir : foi en Jésus-Christ et charité fraternelle. Si telle est notre situation, il n’y a plus qu’à prendre notre planche à voile et à se laisser emporter par le vent de l’Esprit. Bonne randonnée !

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L’ESPRIT SAINT en tant qu’âme de l’Église

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Le temps pascal nous a sensibilisés à l’importance du Ressuscité dans notre vie personnelle ; y aurait-il quelque chose de valable à ajouter en traitant de l’Esprit Saint ? Oh que oui ! S’il est vrai que l’Esprit Saint est une eau qui lave, qui désaltère, qui engendre à la vie d’enfant de Dieu, il n’en demeure pas moins que son rôle s’étend également à la vie communautaire de l’Église. Mais laissons la parole au meilleur catéchète des Pères de l’Église (saint Cyrille de Jérusalem) pour qu’il nous éclaire davantage sur ce point :

« L’Esprit Saint a beau être un, simple et indivisible, il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté. De même que le bois sec, associé à l’eau, produit des bourgeons, de même l’âme qui vivait dans le péché, mais que la pénitence rend capable de recevoir le Saint-Esprit, porte des fruits de justice. Bien que l’Esprit soit simple, c’est lui, sur l’ordre de Dieu et au nom du Christ, qui anime de nombreuses vertus. Il emploie la langue de celui-ci au service de la sagesse ; il éclaire par la prophétie l’âme de celui-là ; il donne à un autre le pouvoir de chasser les démons ; à un autre encore celui d’interpréter les divines Écritures. Il fortifie la chasteté de l’un, il enseigne à un autre l’art de l’aumône, il enseigne à celui-ci le jeûne et l’ascèse, à un autre il enseigne à mépriser les intérêts du corps, il prépare un autre encore au martyre. Différents chez les différents hommes, il n’est pas différent de lui-même, ainsi qu’il est écrit : Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. Son entrée en nous se fait avec douceur, on l’accueille avec joie, son joug est facile à porter. Son arrivée est annoncée par des rayons de lumière et de science. Il vient avec la tendresse d’un défenseur véritable, car il vient pour sauver, guérir, enseigner, conseiller, fortifier, réconforter, éclairer l’esprit : chez celui qui le reçoit, tout d’abord ; et ensuite, par celui-ci, chez les autres. » (Catéchèse sur le Saint Esprit, PG 940-941)

N’ayons donc aucun scrupule à donner beaucoup d’importance à l’Esprit Saint. Il est l’Esprit commun du Père et du Fils, et il vient parfaire en nous l’action bienfaisante du Ressuscité. Cependant, son action ne se limite pas aux individus … elle est également sociale car, comme vient de le dire saint Cyrille :  » Il vient éclairer l’esprit de qui le reçoit, tout d’abord, et ensuite, par ce dernier, éclairer les autres « . Jésus ne s’est-il pas laissé guidé par lui, dans tous les domaines, durant sa vie publique ? Alors faisons de même, sachant que nos actions peuvent se répercuter sur les autres à notre insu !

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