Une tâche pas facile, avouons-le !

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Les temps où nous vivons ne sont pas de tout repos. Réfugié dans mon ermitage, j’essaie néanmoins de vibrer avec ceux et celles qui m’entourent. Je vous fais grâce de tous les soubresauts de notre société actuelle (que vous connaissez mieux que moi) mais j’attire votre attention, encore une fois, sur la tâche surhumaine du pape actuel qui s’efforce de mener à bon port la barque de Pierre. Quel est son rôle dans l’Église d’aujourd’hui ?

Le rôle du pape dans l’Église est double : tout d’abord, aimer le Christ de tout son cœur et dans une mesure qui surpasse celle des autres évêques : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? » demandait le Ressuscité à Pierre (Jean 21, 15) ; et puis ensuite aimer les fidèles à lui confiés en se dévouant chaque jour à leur bien-être, surtout spirituel. Le rôle global du pape, de tout pape, est donc de paître l’Église universelle dans l’amour total et dans l’oubli de soi.

Il fut un temps où l’on voyait le Souverain Pontife comme au sommet d’une pyramide, alors que les évêques étaient perçus comme ses lieutenants : vision fausse de l’Église qui fut définitivement écartée par le concile Vatican II. D’ailleurs, la simple lecture des évangiles et surtout des Actes nous montre clairement la vie collégiale des Apôtres. Le Synode sur la synodalité dans l’Église, toujours en cours, en est un très bel exemple. Et tant pis pour ces nostalgiques qui demeurent attachés à cette vieille notion d’Église autoritaire et pyramidale. Pour ceux qui fréquentent les médias sociaux, tel Facebook, il n’est pas rare de rencontrer des groupuscules de catholiques qui mettent en doute ou même critiquent ouvertement l’action du Pape François, certains se réclamant des Lefebvristes, d’autres opposant superficiellement les deux rites de la liturgie (l’ancien et le nouveau) pour en déduire l’invalidité de l’un par rapport à l’autre ; d’autres enfin ne prêtant attention qu’aux «secrets» des diverses apparitions de la Vierge (ou révélations de supposées visionnaires) pour en déduire injustement des reproches envers  l’Église actuelle.

Dans une société aux mille visages, nous sommes donc appelés à revoir les fondements de notre foi personnelle afin de pouvoir justifier publiquement l’espérance qui nous habite. Le rôle du Pape, dans ce domaine,  est primordial en nous confirmant dans la foi des Apôtres. Sa fonction pastorale s’exerce quotidiennement dans ses multiples interventions, discours ou gestes, qui nourrissent nos besoins de connaître la volonté de Dieu sur nous et en notre temps. Même si son charisme d’infaillibilité n’est pas toujours en cause, il ne nous est pas permis d’ignorer ses paroles qui n’ont pour but que d’aider les disciples que nous sommes à se nourrir de la saine doctrine … « pais mes brebis! » (Jean 21, 16 ).

Avouons-le, dans une société de plus en plus individualiste, l’obéissance à toute autorité ne sera jamais facile. L’Église, forcément composée d’hommes et femmes de notre temps, ne saurait être dispensée de soubresauts. Puissions-nous, néanmoins, nous souvenir en ces moments difficiles des paroles du Seigneur à ses Apôtres : « Qui vous écoute m’écoute » (Luc 10, 16). Oui, souvenons-nous de ceux qui nous dirigent, acceptons leurs directives et imitons leur générosité au service de la Foi.

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Le dimanche comme remède à l’oubli de Dieu

 

En 1928, dom Augustin Guillerand, jeune prêtre français entré depuis quelques années à la chartreuse de La Valsainte (Suisse), écrivit un opuscule Liturgie d’âme à l’intention de sa sœur, personne âgée et infirme qui ne pouvait plus se rendre à l’église. Son intention était de l’aider à s’unir aux Offices célébrées ce jour-là à la paroisse. Voici, pour aujourd’hui, un extrait de l’avant-propos qui traite de l’importance du dimanche, jour consacré au Seigneur:

« Le Dimanche est le jour du Seigneur. Le Maître, qui a fait les choses mobiles et le mouvement que le temps mesure, s’est réservé ce jour-là. Il aurait pu se les réserver tous: toute la durée des choses et toutes les choses qui durent lui appartiennent. Il a limité ses exigences à une journée par semaine. (…) À côté de quelques âmes pour qui Dieu est le compagnon aimé, qui peuple tous les lieux et anime toutes les choses, combien malheureusement pour qui il est le grand méconnu et le grand oublié. Le Dimanche est le remède à cette misère. (…) Le Père rappelle qu’il est le Maître; et le Dimanche est son bien réservé.

Par delà l’ordre du Maître, les doux appels du Père retentissent et invitent les âmes à des relations plus nombreuses et plus étroites. Lectures privées, cérémonies publiques, récitations du chapelet, chant des Vêpres, salut et bénédictions du Saint-Sacrement, ce sont autant de moyens que l’Église offre ou recommande à ses fidèles pour que la journée du Dimanche soit vraiment une journée passée à l’église, foyer  de notre Père des cieux. 

Ce ne sont pas les seuls. Chaque âme peut en découvrir, en préférer, en employer d’autres qu’elle trouve plus efficaces et plus doux. Sur ce point nulle obligation. Après l’assistance à la Sainte Messe, tout ce qui fait penser à Dieu, tout ce qui dirige vers lui le mouvement de nos cœurs, tout ce qui l’honore, tout ce qui le fait aimer et régner en nous, tout cela est bon, tout cela est occupation dominicale. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 105 s)

 

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La sanctification du dimanche

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Les juifs ont leur sabbat, les chrétiens ont leur dimanche, les musulmans ont leur vendredi et les athées … leur week-end. Si tous ressentent le besoin d’un repos hebdomadaire, certains y ajoutent une note d’action de grâces envers le Créateur, grand responsable de la vie sur terre. En quoi le dimanche, pour nous chrétiens, revêt-il une si grande importance ? L’assistance à la messe dominicale suffit-elle à observer le troisième commandement de Dieu ? Comment sanctifier le dimanche ? Autant de questions qui exigent des réponses claires et concrètes. Pour ce faire, voici comment s’exprime un texte ecclésiastique qui fait autorité :

450. Pourquoi Dieu a-t-il « béni le jour du sabbat et déclaré saint » (Exode 20, 11) ?

Le jour du sabbat, on fait mémoire du repos de Dieu le septième jour de la création, comme aussi de la libération d’Israël de l’esclavage de l’Égypte et de l’Alliance établie par Dieu avec son peuple.

451. Comment se comporte Jésus par rapport au sabbat ?

Jésus reconnaît la sainteté du sabbat et, avec son autorité divine, il en donne l’interprétation authentique : « Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » (Marc 2, 27).

452. Pour quel motif, pour les chrétiens, le dimanche a-t-il été substitué au sabbat ?

Le dimanche est le jour de la résurrection du Christ. Comme « premier jour de la semaine »(Marc 6, 2), il rappelle la première création ; comme « huitième jour », jour qui suit le sabbat, il signifie la nouvelle création inaugurée par la résurrection du Christ. Ainsi, il est devenu pour les chrétiens le premier de tous les jours et de toutes les fêtes : le jour du Seigneur, qui, dans sa Pâque, porte à son achèvement le sabbat juif et annonce le repos éternel de l’homme en Dieu.

453. Comment sanctifie-t-on le dimanche ?

Les chrétiens sanctifient le dimanche et les autres fêtes de précepte en participant à l’Eucharistie du Seigneur et en s’abstenant aussi des activités qui empêchent de rendre le culte à Dieu, qui troublent la joie propre au jour du Seigneur et la nécessaire détente de l’esprit et du corps. Peuvent être accomplies ce jour-là les activités liées aux nécessités familiales ou aux services de grande utilité sociale, à condition qu’elles ne constituent pas des habitudes préjudiciables à la sanctification du dimanche, ni à la vie de famille ou à la santé.

454. Pourquoi la reconnaissance civile du dimanche comme jour festif est-elle importante ?

Pour que soit donnée à tous la possibilité effective de jouir d’un repos suffisant et d’un temps libre permettant de cultiver la vie religieuse, familiale, culturelle et sociale ; de disposer d’un temps propice à la méditation, à la réflexion, au silence et à l’étude ; de se consacrer aux bonnes oeuvres, en particulier au profit des malades et des personnes âgées.

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique)

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Près de la croix se tenait Marie

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Au lendemain de la Croix glorieuse (14 septembre), nous faisons mémoire des douleurs de Marie, douleurs qui trouvèrent leur point culminant au pied de la Croix. Le danger, pour nous, est peut-être d’en rester là, à une vision d’empathie maternelle qui ignore les profondeurs de son union spirituelle au Christ. Écoutons à ce sujet, et avec profit, le bref commentaire qu’en fait notre cher moine chartreux, dom Augustin Guillerand :

« Près de la croix de Jésus se tenait Marie, sa mère » (Jean 19, 25). Saint Jean use beaucoup de l’imparfait, le temps imprécis qui déborde du temps successif dans la durée éternelle et semble participer des deux. Les savants me donneront de ce fait des raisons savantes. J’aime mieux les raisons simples et contemplatives qui seules sont à la hauteur d’une âme comme saint Jean. « Stabat … elle se tenait », elle restait là, longtemps; elle prolongeait, elle soutenait ce regard, et ce regard la soutenait. Elle n’avait pas d’autres soutien, et il suffisait pendant les heures longues et cruelles. Étaient-elles vraiment longues et cruelles, ces heures ? Oui, indiciblement; et pourtant douces et brèves à la fois, car elle était unie.

Étrange mystère auquel je me heurte à chaque instant, quand je me place moi-même en face d’eux: des souffrances sans nom ! Une joie plus profonde encore ! Jamais leur union n’a été plus complète et profonde, et intimement douce. Elle est la résultante de tant de choses, de tant d’actes et de tant d’heures d’amour ! J’ose à peine y songer. Je vois se lever dans ma pensée ces années qui ont précédé l’Incarnation … puis celles qui ont suivi le temps de gestation où il est vraiment à elle seule. Saint Joseph même, oui, saint Joseph même, ne soupçonne pas la céleste présence. Puis les trente-trois années de l’existence terrestre. Tout a tendu là, à ce stabat pour elle et à cette croix pour Jésus. C’est le sommet de leur vie commune ici-bas. Ils l’ont gravi lentement ensemble … lentement, c’est-à-dire au pas de Dieu qui n’est ni lent ni rapide, mais juste.

Et maintenant encore, immobiles l’un et l’autre, lui fixé sur la croix, elle sur son Crucifié, ils sont dans le mouvement, ils redisent leur « fiat » commun qui a accordé leurs âmes au long de leurs jours. « Elle se tenait là » debout et unie, debout parce qu’unie, toute droite dans le vouloir divin qui est la rectitude infinie, forte de sa force. Je ne puis rien ajouter: je sens tellement que toute son âme est là, dans ce vouloir qui les lie ensemble et à leur Principe … et que tout est là ! »

(Écrits spirituels, tome 2, page 95 s)

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PRIÈRE DE MARIE : croire et approfondir !

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« Elle gardait toutes ces choses, les méditant dans son cœur » (Luc 2,19)

Dans un monde bruyant où les communications sont en progression exponentielle, il semble difficile sinon impossible de s’arrêter pour prendre le temps de réfléchir. Et pourtant … même au 21e siècle, l’homme demeure un « être pensant ».

Au plan de la foi, le croyant ne peut se dispenser de réfléchir, de méditer sur les vérités révélées qui lui dévoilent sa destinée éternelle. Voici ce qu’en disait un prêtre anglican du 19e siècle, destiné lui-même (une fois converti au catholicisme) à jouer un rôle important au sein de l’Église catholique :

« La foi de Marie ne s’est pas contentée d’acquiescer aux desseins et aux révélations de Dieu: elle les méditait, comme dit le texte. Lors de leur arrivée, les bergers lui dirent avoir vu des anges au moment de la nativité; l’un d’eux leur avait annoncé que l’enfant blotti dans les bras de Marie « était le Sauveur, le Christ Seigneur » (Luc 2,11) . Alors que chacun s’étonnait, Marie, elle, « gardait toutes ces choses, les méditant dans son cœur ». Plus tard, lorsque son Fils, le Sauveur, eut douze ans et qu’il la quitta un moment pour le service de son Père, c’est avec surprise qu’elle le retrouva dans le Temple au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Marie s’étant tournée vers lui, il voulut bien justifier sa conduite. Alors, nous dit-on à nouveau, « sa mère gardait toutes ces choses  dans son cœur » (Luc 2,51). De même, aux noces de Cana, sa foi devança le premier miracle de Jésus, car elle dit aux serviteurs: « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jean 2,5).

Ainsi, la Vierge Marie est notre modèle dans la foi, tant pour accueillir que pour approfondir la divine Vérité. Il ne lui suffit pas de l’accepter, elle s’y arrête; non seulement elle la possède, mais elle en fait usage; consentir, pour elle, demeure insuffisant, elle développe sa foi. Soumettre sa raison ne suffit pas, mais elle raisonne sa foi; non pas à la manière de Zacharie, en raisonnant d’abord pour croire ensuite, mais en commençant par croire, pour ensuite, par amour et révérence, raisonner sur ce qu’elle a cru. Ainsi, symboliserait-elle pour nous, non seulement la foi des simples, mais aussi celle des docteurs de l’Église qui ont à approfondir, à bien considérer, à préciser tout autant qu’à proclamer l’Évangile. »

(Saint John Henry Newman, Fête de la Purification, 1843)

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LA VIE dans le Christ !

CUERPO DE CRISTO

La conversion demandée par Jésus, tout importante qu’elle puisse être, n’est finalement qu’une première étape vers la vie chrétienne authentique ( » Repentez-vous, disait-il, et croyez à l’Évangile « ). Croire à l’Évangile, c’est devenir un disciple modèle, c’est croire à tout ce que le Christ a fait et enseigné, c’est vivre de l’amour de Dieu et du prochain, c’est vivre dans l’Église par lui fondée et surtout vivre dans l’Esprit Saint qui nous a été donné. Saint Paul résume très bien cette nouvelle condition du chrétien qui l’unit intimement au Christ et aux autres fidèles :  » Notre corps forme un tout, il y a pourtant plusieurs membres, et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps.  » (1 Co 12, 12-13)

La conversion n’est donc pas uniquement un retour à Dieu mais également l’adoption d’un style de vie qui ne saurait faire abstraction des autres croyants. Je ne me converti pas pour simplement redevenir une personne équilibrée, moralement parlant, mais je me tourne aussi vers un Dieu dont le rêve est de tout récapituler dans le Christ. C’est unis au Ressuscité que nous devenons enfants adoptifs du Père et, comme tels, destinés à la vie éternelle. C’est à cette unité intime avec le Christ que font allusion les premières paroles du rite de l’offrande solennelle à la messe :  » Par lui, avec lui et en lui, à Toi, Dieu le Père Tout-puissant … « . En sommes-nous toujours conscients ?

Mais cette vision intime et unifiante des fidèles avec le Christ serait-elle pure élucubration de ma part ? Que dit l’Église de ces mêmes rapports ? Relisons ces quelques réponses du Compendium du Catéchisme de l’Église catholique :

156. De quelle manière l’Église est-elle Corps du Christ ?

Par l’Esprit Saint, le Christ, mort et ressuscité, unit intimement à lui-même ses fidèles. Ainsi, ceux qui croient au Christ, parce qu’ils sont étroitement unis à lui, surtout dans l’Eucharistie, sont unis entre eux par la charité, formant un seul corps, l’Église, dont l’unité se réalise dans la diversité des membres et des fonctions.

157. Qui est la tête de ce corps ?

Le Christ  » est la Tête du corps, c’est-à-dire de l’Église  » (Col 1, 18). L’Église vit de lui, en lui et par lui. Le Christ et l’Église forment le  » Christ total  » (saint Augustin).  » Tête et membres, une seule et même personne mystique pour ainsi dire  » (saint Thomas d’Aquin).

196. En quel sens la Bienheureuse Vierge Marie est-elle Mère de l’Église ?

La bienheureuse Vierge Marie est Mère de l’Église dans l’ordre de la grâce parce qu’elle a donné naissance à Jésus, le Fils de Dieu, Tête de son Corps qui est l’Église. En mourant sur la croix, Jésus l’a donnée comme mère à son disciple, par ces mots :  » Voici ta mère  » (Jean 19, 27)

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La dignité de la prière « chrétienne »

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Ce que Jésus faisait durant sa vie terrestre, lui-même nous a ordonné de le faire : Priez ! Il nous a même donné une formule de prière : le Notre Père. Dans leurs épitres, les Apôtres ne cessent de nous inviter à la prière d’action de grâce, à la louange et à l’intercession pour tous.

Très bien mais pourquoi l’être humain doit-il prier ? Pourquoi consacrer à la prière des moments précieux de notre existence ?  Tout simplement : Dieu existe et la foi nous dit que l’homme tient tout de Lui. Il est donc normal pour l’être humain de reconnaître et de confesser cette souveraineté du Créateur ; et c’est bien là ce que les hommes religieux de tous les temps font en priant.

La prière chrétienne, néanmoins, a ceci de particulier que soulignant l’unique médiation de Jésus entre Dieu et les hommes, elle n’existe qu’en étant reliée à lui. C’est par le baptême que s’établit ce lien intime entre nous et le Christ. Un chrétien ne prie donc pas comme un juif ou comme un musulman ; il prie en tant que membre du Christ ressuscité, membre du Fils unique de Dieu. « C’est en ceci que réside la dignité de la prière chrétienne: elle participe de la piété du Fils unique » (Présentation générale de la Liturgie des heures, no 7). Et notons que cette prière de Jésus se perpétue sans interruption dans toute l’Église et en chacun de ses  membres.

Pour le chrétien, l‘obligation de prier n’est donc pas une obligation purement légale (imposée de l’extérieur) mais un besoin vital qui découle de l’essence même de sa vie en Église, une communauté unifiée par l’Esprit Saint. Aucune prière chrétienne ne peut exister sans l’action de l’Esprit ; c’est lui qui vient au secours de notre faiblesse, qui nous infuse l’esprit d’adoption filiale en lequel nous crions Abba, Père ! Nous pouvons prier seul ou avec d’autres : « Certes, la prière que l’on fait dans notre chambre, porte fermée, est toujours nécessaire et recommandée … mais la prière de la communauté possède une dignité spéciale. Le Christ lui-même n’a-t-il pas dit : « Là ou deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux »  (Présentation générale, no 9).

Privée ou communautaire, cette prière n’en demeure pas moins un immense privilège. Comme l’écrivait à juste titre le saint pape Paul VI, en 1970: « La vie du Christ dans son Corps mystique perfectionne et élève la vie propre et personnelle de chaque fidèle » (Constitution apostolique pour la promulgation de l’Office divin). En Jésus, dans l’Esprit Saint, la prière nous permet ainsi d’actualiser notre nouvelle vie d’enfant de Dieu ; elle nous fournit également l’occasion de nous unir étroitement à tous ceux qui prient : à Marie, aux saints du ciel et à tous nos frères et sœurs répartis dans le monde entier !

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Le SIXIÈME commandement de Dieu

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Bien que, dans le texte biblique du Décalogue, on lise « Tu ne commettras pas d’adultère » (Exode 20, 14), la tradition de l’Église, suivant intégralement les enseignements moraux de l’Ancien et du Nouveau Testament, considère le sixième commandement comme englobant tous les péchés contre la chasteté. Bien d’autres points sont touchés par ce commandement comme le respect de notre identité sexuelle, l’obligation de vivre une chasteté conforme à notre vocation personnelle (célibataire ou marié), le devoir des autorités civiles de protéger en ce domaine les mineurs et les personnes plus fragiles, etc. etc. Voici donc quelques éclaircissements offerts par l’Église dans son Compendium du Catéchisme de l’Église catholique publié en 2005 :

487. Quel est le devoir de la personne humaine en ce qui concerne son identité sexuelle ?

Dieu a créé l’homme, homme et femme, avec la même dignité personnelle. Il a inscrit en chacun la vocation à l’amour et à la communion. Il revient à chacun d’accepter sa propre identité sexuelle, en en reconnaissant l’importance pour toute la personne, la spécificité et la complémentarité.

488. Qu’est-ce que la chasteté ?

La chasteté est l’intégration réussie de la sexualité dans la personne. La sexualité devient vraiment humaine quand elle est intégrée de manière juste dans la relation de personne à personne. La chasteté est une vertu morale, un don de Dieu, une grâce, un fruit de l’Esprit.

489. Que comporte la vertu de chasteté ?

Elle comporte l’apprentissage de la maîtrise de soi, en tant qu’expression de la liberté humaine orientée au don de soi. Dans ce but, une éducation intégrale et permanente est nécessaire ; elle se réalise par étapes graduelles de croissance.

490. De quels moyens dispose-t-on pour aider à vivre la chasteté ?

Les moyens à disposition sont nombreux : la grâce de Dieu, le secours des sacrements, la prière, la connaissance de soi, la pratique d’une ascèse adaptée aux diverses situations, l’exercice des vertus morales, en particulier de la vertu de tempérance, qui vise à faire en sorte que les passions soient guidées par la raison.

491. De quelle manière tous les baptisés sont-ils appelés à vivre la chasteté ?

Tous les baptisés, suivant le Christ modèle de chasteté, sont appelés à mener une vie chaste, selon leur état de vie : les uns, en vivant dans la virginité ou dans le célibat consacré, manière éminente de se consacrer plus facilement à Dieu d’un cœur sans partage; les autres, s’ils sont mariés, en pratiquant la chasteté conjugale ; s’ils ne sont pas mariés, en vivant la chasteté dans la continence.

492. Quels sont les principaux péchés contre la chasteté ?

Sont des péchés gravement contraires à la chasteté, chacun selon la nature de son objet : l’adultère, la masturbation, la fornication, la pornographie, la prostitution, le viol, les actes homosexuels. Ces péchés sont l’expression du vice de la luxure. Commis sur des mineurs, de tels actes sont un attentat encore plus grave contre leur intégrité physique et morale.

493. Pourquoi le sixième commandement, bien qu’il dise « Tu ne commettras pas d’adultère » interdit-il tous les péchés contre la chasteté ?

Bien que dans le texte biblique du Décalogue on lise « Tu ne commettras pas d’adultère » (Exode 20, 14), la Tradition de l’Église suit intégralement les enseignements moraux de l’Ancien et du Nouveau Testament, et considère le sixième commandement comme englobant tous les péchés contre la chasteté.

494. Quel est le devoir des autorités civiles en ce qui concerne la chasteté ?

Parce qu’elles sont tenues de promouvoir le respect de la dignité de la personne, les autorités civiles doivent contribuer à créer un climat favorable à la chasteté, même en empêchant, par des lois appropriées, la diffusion de certaines graves offenses à la chasteté précédemment évoquées, surtout en vue de protéger les mineurs et les personnes les plus fragiles.

495. Quels sont les biens de l’amour conjugal auquel est ordonnée la sexualité?

Les biens de l’amour conjugal qui, pour les baptisés, est sanctifiée par le sacrement du mariage sont : l’unité, la fidélité, l’indissolubilité et l’ouverture à la fécondité.

496. Quelle signification a l’acte conjugal ?

L’acte conjugal a une double signification : unitive (la donation réciproque des époux) et procréatrice (l’ouverture à la transmission de la vie). Nul ne doit briser le lien indissociable que Dieu a voulu entre les deux significations de l’acte conjugal, en excluant l’une ou l’autre d’entre elles.

497. Quand la régulation des naissances est-elle morale ?

La régulation des naissances, qui représente un des aspects de la paternité et de la maternité responsables, est objectivement conforme à la morale quand elle se vit entre les époux sans contrainte extérieure, ni par égoïsme, mais pour des motifs sérieux et par des méthodes conformes aux critères objectifs de moralité, à savoir par la continence périodique et le recours aux périodes infécondes.

498. Quels sont les moyens de régulation des naissances qui sont immoraux ?

Est intrinsèquement immorale toute action, comme par exemple, la stérilisation directe ou la contraception, qui, en prévision de l’acte conjugal ou dans sa réalisation ou encore dans ses conséquences naturelles, se propose, comme but et comme moyen, d’empêcher la procréation.

499. Pourquoi l’insémination et la fécondation artificielles sont-elles immorales ?

Elles sont immorales parce qu’elles dissocient la procréation de l’acte par lequel les époux se donnent l’un à l’autre, instaurant de ce fait une domination de la technique sur l’origine et la destinée de la personne humaine. En outre, l’insémination et la fécondation hétérologues, par le recours à des techniques qui font intervenir une personne étrangère au couple, lèsent le droit de l’enfant à naître d’un père et d’une mère connus de lui et liés entre eux par le mariage et ayant le droit exclusif de ne devenir parent que l’un par l’autre.

500. Comment doit-on considérer un enfant ?

L’enfant est un don de Dieu, le don le plus excellent du mariage. Il n’existe pas un droit d’avoir des enfants (l’enfant dû à tout prix). Il existe au contraire le droit pour l’enfant d’être le fruit de l’acte conjugal de ses parents ainsi que le droit d’être respecté comme personne dès le moment de sa conception.

501. Que peuvent faire les époux, lorsqu’ils n’ont pas d’enfants ?

Si le don de l’enfant ne leur a pas été fait, les époux, après avoir épuisé les recours légitimes de la médecine, peuvent marquer leur générosité par l’accueil ou par l’adoption, ou encore par l’accomplissement de services exigeants à l’égard d’autrui. Ils réalisent ainsi une précieuse fécondité spirituelle.

502. Quelles sont les offenses à la dignité du mariage ?

Ce sont : l’adultère, le divorce, la polygamie, l’inceste, l’union libre (cohabitation, concubinage), l’acte sexuel avant le mariage ou en dehors du mariage.

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Désemparé(e) face à vos fautes ?

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L’homme moderne est souvent fasciné par les biens qui l’entourent mais il lui arrive des moments où tout semble s’éteindre … quitte à se retrouver seul, face à lui-même ;  le choc  peut être brutal ! Désemparé, où peut-il trouver  repos et sécurité ? La grâce du chrétien est précisément d’avoir trouvé cette sécurité, même si la conscience de la posséder est souvent obscurcie  par sa propre négligence. Voici comment s’exprime à ce sujet saint Bernard, docteur de l’Église et expert de notre union au Christ :

« Où donc notre fragilité peut-elle trouver repos et sécurité, sinon dans les plaies du Sauveur ? Je m’y sens d’autant plus protégé que son salut est plus puissant. L’univers chancelle, le corps pèse de tout son poids, le diable tend ses pièges ; je ne tombe pas, car je suis campé sur un roc solide. J’ai commis quelque grave péché; ma conscience se trouble, mais elle ne perd pas courage, puisque je me souviens des plaies du Seigneur, qui a été transpercé à cause de mes fautes. Rien n’est à ce point voué à la mort que la mort du Christ ne puisse le libérer. Dès que je pense à cette médecine si forte et efficace, la pire des maladies ne m’effraie plus. (…)

Tout mon mérite, c’est donc la pitié du Seigneur, et je ne manquerai pas de mérite tant que la pitié ne lui fera pas défaut. Si les miséricordes de Dieu se multiplient, mes mérites seront nombreux. Mais qu’arrivera-t-il si j’ai à me reprocher quantité de fautes ? Là où le péché s’était multiplié, la grâce a surabondé. Et si la bonté du Seigneur s’étend de toujours à toujours, de mon côté je chanterai sans fin les miséricordes du Seigneur.» (Homélie sur le Cantique des Cantiques, 61, 3-5)

Laissons donc la société se perdre en mille conjonctures face aux événements d’aujourd’hui; nous avons, quant à nous chrétiens, trouvé la perle rare qu’est la foi en un Père infiniment miséricordieux. L’offrande de Jésus sur la croix demeurera toujours l’unique solution pour obtenir miséricorde. Y croyons-nous ?Tenons ferme nos convictions religieuses, chantons notre reconnaissance et demeurons dans la paix !

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À la racine de l’homosexualité

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Pour nous qui vivons au début du troisième millénaire, il nous est difficile d’ignorer l’ampleur du mouvement gay qui ne cesse de faire les manchettes et la question se pose : d’où vient cet engouement chez certains de nos contemporains pour un style de vie autrefois jugé anormal pour ne pas dire scabreux ? Toutes ces personnes sont-elles « nées comme ça » ou ne seraient-elles pas les tristes victimes d’une société hédoniste à outrance?

Dans son article « Sommes-nous les enfants du narcissisme ? », Renaud Beauchard note que la notion de narcissisme peut s’appliquer à l’observation des tendances actuelles des sociétés modernes occidentales. Mais, au préalable, notons pour les non-initiés que ce terme «narcissisme» provient du mythe grec de Narcisse, beau jeune homme qui, venant un jour à une source d’eau pour apaiser sa soif, vit son reflet dans l’eau et s’extasia devant sa beauté : sans s’en douter, Narcisse se désira lui-même, devenant ainsi l’amant et l’objet aimé. Déjà en 1887, le psychologue français Alfred Binet avait utilisé ce terme pour décrire une forme de fétichisme consistant à prendre sa personne comme objet sexuel. En 1909, Isidore Sadger parla de narcissisme à propos de l’amour de soi comme modalité de choix d’objet chez les homosexuels, et, à sa suite, Sigmund Freud définit le narcissisme comme « un stade de développement nécessaire dans le passage de l’auto-érotisme à l’amour d’objet ». Ainsi, d’après ce dernier, nous passons tous par un stage d’incertitude quant à notre sexualité (et il serait alors fautif pour les parents d’en déduire hâtivement l’orientation sexuelle de leur enfant).

Quoiqu’il en soit de toutes ces études savantes, je remarque personnellement que, depuis 50 ans, la société nord-américaine a subi une énorme poussée vers le culte du corps avec les conséquences que l’on sait. Après la deuxième guerre mondiale, une entreprise montréalaise fondée par les frères Weider s’est développée avec succès dans le domaine du culturisme (bodybuilding), domaine dont Arnold Schwarzenegger deviendra vite la star incontestée. Une chose, évidemment, est de se maintenir en bonne forme physique et une autre d’en faire un culte permanent ! L’addiction exagérée à la musculature pour elle-même peut s’avérer nocive ; c’est ainsi que le miroir a pris, chez certains adeptes, le relais de la source d’eau pour Narcisse.  De nombreux magazines propagèrent cet engouement et on assista alors (et encore de nos jours) à un étonnant mouvement d’exhibitionnisme publique, toujours populaire lors des défilés de la Fierté gay.  Force est de constater, comme disait plus haut Renaud Beauchard, que le narcissisme est bien une tendance actuelle de nos sociétés modernes. Malheureusement, l’explosion simultanée de la pornographie sous toutes ses formes en fut également une triste conséquence.

Se pose alors la question : dans quelle mesure la société actuelle est-elle, elle-même, responsable de cette recrudescence du style de vie homosexuel ? La permissivité de notre monde moderne, l’accent exagéré sur les droits de la personne, la sainte horreur de tout ce qui semble traditionnel (sans oublier la baisse de la pratique religieuse) semblent avoir favorisé, dans notre société, une certaine acceptabilité de ce qui auparavant était considéré comme anormal et dégoutant. Quoiqu’il en soit, plutôt que de parler en ce domaine de transmission de gènes familiaux, devrions-nous peut-être faire un examen de conscience collectif sur l’apport de notre société permissive face à l’émergence d’un tel comportement.

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