Prier Dieu, le Père!

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Jésus est l’image du Dieu invisible (Colossiens 1, 15) et, comme tel, nous dévoile le Père de façon tout à fait unique. C’est pourquoi notre dévotion envers le Christ, toute légitime qu’elle puisse être, ne doit pas nous obnubiler au point d’en arriver à oublier ou, tout au moins, à mettre de côté le Père! Notons que Jésus se présente à nous dans l’Évangile comme Fils sans jamais prendre la place de Dieu: ses multiples exemples de prière personnelle ainsi que son enseignement sur la prière nous réfèrent essentiellement et exclusivement à Dieu. D’ailleurs, l’Église elle-même lui a emboîté le pas en adressant normalement ses prières liturgiques à Dieu le Père, prières qu’elle termine tout aussi normalement par un appel à l’intercession de Jésus, son Fils, notre Seigneur.

« Repentez -vous car le Royaume des Cieux est tout proche » (Matthieu 4, 17). La Royauté de Dieu est au centre de la prédication évangélique. Dieu Roi et Dieu Père sont deux thèmes chers au cœur du Christ mais qui méritent une certaine explication car, en 2020, force est de constater que la royauté et la paternité ont drôlement évolué depuis 2000 ans.

De nos jours, les têtes couronnées ne sont plus que des figures emblématiques d’un pouvoir exercé par d’autres instances du pays, et c’est bien ainsi … car, la mémoire aidant, personne ne désire retourner en arrière! Mais au temps de Jésus, il en était autrement: le roi cumulait tous les pouvoirs du pays tant militaire que législatif et administratif. Aussi, lorsque les Apôtres à la suite du Christ en appellent au futur Royaume des Cieux, ils ne font que reconnaître à Dieu un rôle de Providence toute-puissante et universelle. De son côté, et ce depuis 2000 ans, le Christ ressuscité ne cesse d’étendre sa conquête des âmes et y établir son propre règne spirituel pour en arriver, un jour, à « remettre sa royauté à Dieu le Père … et Dieu sera tout en tous » (1 Corinthiens 15, 24-28). « Tout en tous », voilà bien l’aboutissement normal du Royaume de Dieu.

Que le rôle du père dans la famille post-moderne ait évolué (ou dévolué), nul besoin de s’étendre sur le sujet, il suffit d’ouvrir les yeux. En effet, et les récents papes l’on souvent rappelé, la famille est de plus en plus la cible d’attaques féroces de la part de certains milieux soi-disant progressistes qui promeuvent un individualisme néfaste. Au temps de Jésus, la famille était tout autre alors que le père, chef incontesté, y exerçait un pouvoir quasi absolu. « Sa tendresse, disait dom Guillerand, valait la tendresse des pères d’aujourd’hui mais il savait qu’aimer c’est vouloir le bien et non pas seulement le plaisir de ceux qu’on aime. Pour procurer ce bien, qui était son seul but, il savait commander, imposer sa volonté, contrarier les caprices, diriger et discipliner les énergies, tailler les pousses folles, en un mot, façonner dans son enfant un homme. Si la fermeté était nécessaire, il était ferme, si la punition était utile, il punissait, il avertissait, grondait, ordonnait selon les besoins de l’être qui était comme le prolongement du sien et qu’il continuait à enfanter pendant longtemps. Il était vraiment le représentant du Créateur auprès de cet être et, comme le Créateur, il unissait la justice à l’amour, il aimait en corrigeant, il corrigeait par amour. » Autres temps autres mœurs, diront certains; oui, et les piètres résultats sont là qui crèvent les yeux. Il existe donc un écart notable entre la paternité au temps de Jésus et celle d’aujourd’hui. Pas facile donc pour nous de comprendre à sa juste valeur l’exercice par Dieu d’une paternité à l’ancienne! Disons que celle-ci, tout comme sa royauté, ne peut s’entendre que dans l’optique de la Providence universelle, mystère qui résume et unifie dans l’amour ces deux concepts.

De toute évidence, Dieu n’est pas un Être lointain et désintéressé mais bien Celui qui désire tisser des liens étroits avec ses créatures. Que Dieu soit notre Roi nous incite à une soumission toute confiante; qu’il soit notre Père nous pousse à un amour filial rempli de reconnaissance. Notre réponse globale ne saurait être qu’un filial et total abandon à sa Providence et finalement à son Amour miséricordieux qui en est la source: « Confie-toi au Seigneur et fais le bien; habite la terre et vis tranquille; mets en lui ta joie, il te donnera les désirs de ton cœur » (Psaume 37, 3).

A propos moinillon

jacques172.com
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