Comme il est facile de dire que l’on veut vivre uni à Jésus et comme il est difficile d’en prendre les moyens! La distinction entre la velléité et le vouloir vrai, le voici: le vouloir vrai veut la fin et les moyens alors que la velléité ne veut que la fin. La velléité, c’est le conditionnel: « Je voudrais bien … mais il y a telle ou telle difficulté » et on reste dans les intentions sans passer à l’exécution. Cette dernière réflexion, tirée des écrits de dom Guillerand, nous invite à aller plus loin et à le questionner sur l’effort humain à faire dans ce domaine:
« Il est facile de vivre uni à Notre-Seigneur. Facile! J’emploie là un mot qui a besoin d’être expliqué. Facile! Cela ne veut pas dire qu’on arrive à cela en un instant et sans effort. Non! Il faut beaucoup de temps et beaucoup d’effort. Il faut tout le temps et tout l’effort dont on dispose. Facile! Cela veut dire que c’est à la portée de tous, que cela ne réclame pas des conditions réservées à des privilégiés, à des catégories spéciales d’êtres humains. Cela veut dire que toute âme qui le veut et qui a confiance en Dieu peut y arriver. (…)
L’effort consiste dans le recueillement des facultés; au lieu de les laisser courir à droite et à gauche, on les concentre sur l’objet à fixer. L’effort est aidé par le détachement qui est le calme de l’âme; il faut secouer toute préoccupation, tout souci de succès, tout souci de réussir ou d’en finir, d’être puni ou récompensé. Il faut se mettre tout entier et tranquillement en face de l’objet, lui consacrer toutes ses forces. De même, quand on se détend, il convient de le faire en plein, sans penser à autre chose. Se plonger à fond dans ce que l’on fait en le faisant de toutes ses forces est le secret des vrais développements et des vraies joies. (…)
La volonté est une maîtresse qui n’agit pas par elle-même. Elle a des serviteurs et des instruments. Elle doit les faire marcher. Elle doit leur communiquer le vouloir qui l’anime. Or les serviteurs ne sont pas toujours dociles. L’intelligence, la mémoire, l’imagination, les sens externes, l’œil, la main n’exécutent pas ses ordres quand et comme elle l’ordonne. Elle doit les soumettre, elle doit les former. C’est un long et dur travail. La décision prise un beau matin n’y suffit pas; elle n’y arrive que par des exercices répétés. Ceux-ci créent des habitudes et l’acte s’accomplit facilement, avec plaisir, seulement quand les habitudes sont créées. »
(Écrits spirituels, tome 2, pages 206 s)