La toute-puissance de l’humilité

C11(G. Chart.)

Moine au travail  (Grande Chartreuse)

Pour monter au Ciel, il faut descendre … car seuls les humbles peuvent légitimement aspirer à la vision de Dieu. C’est le chemin suivi par tous, y compris le Christ , la Vierge et tous les saints. Mais cette humilité, si faible en apparence, est également une force! Laissons un chartreux français du 20e siècle, dom Augustin Guillerand (†1945), nous le redire à sa manière:

« Les exemples de cette toute-puissance de l’humilité sont incontestablement très impressionnants. Jésus, comme il convient, tient la tête, avec son pauvre corps brisé, sa face couverte de crachats, tout son être ignominieusement traité, n’ayant plus la forme humaine, fait mépris après s’être fait homme, à l’extrême fond de l’anéantissement … et à cause de cela, dit saint Paul, exalté au-dessus de tous et de tout.

Après lui, l’humble Vierge: « Il a bien voulu, dit-elle du Dieu qui en fait sa mère, abaisser son regard sur l’humilité de sa servante » (Luc 1,48). L’humilité, voilà ce qu’il a vu et aimé et écouté en elle, car voilà ce qu’il aime, ce qu’il cherche, ce qui l’attire et le retient, ce qui le lie et l’oblige à notre égard,

Ce regard de Dieu sur l’âme qui se fait toute petite devant lui, ce regard qui est communication de Lumière éternelle et d’Amour infini, quelle douceur  et quelle force dans la prière! C’est ce qui soutenait la Cananéenne aux pieds du Sauveur et le centurion en quête d’un miracle. Jésus se rendait à leur supplication qui lui arrachait comme de vive force le prodige demandé et son admiration ravie.

L’humble qui prie se présente avec la force attractive du vide pour l’être qui veut l’occuper. Nulle résistance à briser, nulle présence à éliminer, nulle transformation à opérer. Il n’y a qu’à entrer, prendre la place, répondre à une attente et combler. L’humble est le pauvre dont parle sans cesse le psalmiste, et en général les Livres Saints. La richesse de Dieu est à lui, non pas en vertu d’une justice étroite et sans amour, mais en vertu même de la plus profonde nature du Dieu qui est Amour. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 32)

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