La souffrance de la Foi, selon un Chartreux

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 Moine dans son jardin (Chartreuse de la Valsainte, Suisse)

La foi apaise nos souffrances mais elle peut aussi devenir, malgré elle, cause de souffrance; car, nous voulons trop souvent goûter et sentir cette foi … hélas! Dom Guillerand nous entretient de cette souffrance spéciale  dans une lettre à un correspondant:

« Notre souffrance n’a rien qui puisse nous inquiéter; elle est un état presque nécessaire pour les âmes à qui la terre est trop petite. Elles manquent d’air et étouffent. C’est l’aspiration de toutes les âmes insatisfaites d’elles-mêmes qui se traduit ainsi. Souffrons beaucoup de cette souffrance: Dieu ne nous en voudra jamais. Cependant gardons-la calme et bien réglée. Car ce Dieu, vers lequel se tend notre cœur, nous aime depuis toujours et pour toujours. Il ne désire rien tant que de se donner à nous … et nous ne pouvons pas lui faire plus de plaisir qu’en croyant cela.

Au fond, nous le croyons. Mais nous voulons trop sentir et goûter cette foi. Là est le danger, et là est l’erreur. Croire à Dieu est une chose, le goûter en est une autre. La première est toujours accordée à notre bonne volonté; la deuxième dépend uniquement de Dieu et de son bon plaisir. La première est un don que nous faisons à Dieu de notre esprit; la seconde est une communication qu’il nous fait de sa propre joie. Or nous devons et nous pouvons donner notre esprit à son esprit; mais nous ne pouvons, dès cette vie, participer à sa joie comme nous voulons. Nous ne pouvons que recevoir les prémices passagères et les avant-goûts qu’il veut bien nous en donner de temps en temps quand il le veut. Il faut accepter ce plan divin qui réserve à une autre vie la possession définitive de l’objet aimé. La terre est et sera toujours une terre d’exil, lieu de passage, désert à traverser, où l’on dresse la tente un instant, pour la replier bientôt. Nos âmes oublient trop cela; elles ne marchent pas assez les yeux fixés sur la patrie « où sont les vraies joies ».

(Écrits spirituels, tome 2, page 220)

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Un commentaire pour La souffrance de la Foi, selon un Chartreux

  1. Merci infiniment pour ce bel article ! Oui nous sommes tellement sûrs de l’Amour infini de Dieu pour chacun d’entre nous et c’est si bon de s’unir à Lui dès cette vie ! Mais nous savons bien aussi qu’Il ne nous en donne une perception sensible que selon Son bon plaisir, quand Il le juge opportun, et cela nous semble si surprenant parfois. Tout notre bonheur est dans cette confiance infinie dans Sa présence qui se manifeste de la façon la plus inattendue, et tellement merveilleuse que l’on en reçoit une joie pour la vie entière ! C’est là un avant-goût de la merveille qui nous attend, si nous savons Lui rester fidèles dans cette vie, parfois douloureuse, mais qui est un temps d’attente active, où nous n’avons pas encore la plénitude de l’Amour, mais il ne tient qu’à nous de toujours plus Le rechercher, de Le manifester dès cette vie, malgré tous les soucis du monde qui nous accaparent parfois !

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