La prière selon un chartreux du 20e siècle

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En prière dans l’église de Miraflores (Burgos, Espagne)

Dom Guillerand (†1945) écrivait un jour: Ce qu’il faut reprocher aux écrivains spirituels, ce n’est pas de se répéter, c’est plutôt d’avoir peur de le faire. Et voici comment il s’exprime en parlant de la prière:

« La prière, sa nécessité, sa grandeur, les immenses bénéfices qu’elle procure, sa douceur féconde, la gloire qu’elle assure à Dieu, son rôle dans le monde … il ne faut pas seulement avoir lu et compris cela un jour, il faut y revenir sans fin, se le redire à chaque instant et en vivre. Ainsi font l’Esprit-Saint dans la Bible, l’Église dans ses Offices, les saints dans leurs oraisons quotidiennes et leurs incessantes méditations. Il nous faut remonter sans cesse de la beauté des choses à la Beauté essentielle d’où elles procèdent, de la faiblesse de notre nature tombée à la forte tendresse de Celui qui s’est fait notre Rédempteur et qui s’offre à nous reprendre en lui, de la continuelle  menace que le monde et le démon font peser sur nous au continuel secours dont nous enveloppe Celui qui veut nous arracher à leur tyrannie.

Le danger capital est le danger spirituel, celui de perdre sa vraie vie. Les autres dangers s’ordonnent à lui: ce sont les diverses formes que peut prendre l’épreuve pour chacun de nous. Il faut prier avant tout pour que Dieu vive en nous et nous en lui. Il faut prier pour que les épreuves servent cette vie divine qui est la seule vraie et le seul vrai bien. Persécutions, injustices, calomnies, atteintes variées à nos intérêts et à nos droits, maladies qui frappent le corps, douleurs qui martyrisent la sensibilité, nous pouvons demander que la bonté de Dieu nous en garde, mais conformément à son plan d’amour qui est la règle suprême de notre prière. Or ce plan d’amour a prévu que l’épreuve nous visiterait, que la patience à la porter en union avec Jésus nous serait une source exceptionnellement riche et pure de mérites et d’expiation, que notre taille naturelle et surnaturelle (celle-ci s’emparant de celle-là) s’y mesureraient, et que l’Image divine, la ressemblance du modèle de toute beauté resplendirait en nous sous ces coups. »

(Écrits spirituels, tome 1, page17)

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Un commentaire pour La prière selon un chartreux du 20e siècle

  1. Merci infiniment pour ce bel article. Oui beauté infinie de la prière quand le cœur se fait miel de Dieu, selon la belle expression du Saint Curé d’Ars ! Comment ne pas L’aimer, Lui, la beauté parfaite et le parfait Amour ! Lui seul peut nous combler au-delà de tout, Il est le but évident de notre vie. Ce serait folie que de Le négliger, ne pas vouloir en tout Sa sainte volonté !

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