Catholiques face à la guerre

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En ces temps troubles que sont les nôtres, il importe de se demander quelles doivent être les réactions d’un catholique face à la guerre, à toute guerre (offensive et défensive) ? Le Catéchisme de l’Église catholique répond à ces diverses questions. Afin de ne pas fatiguer le lecteur par un texte plutôt prolixe, voici donc celui, plus concis, du Compendium officiel du catéchisme en question : texte présenté sous forme de questions et réponses.

481. Qu’est-ce que la paix dans le monde ?

La paix dans le monde, qui est requise pour le respect et le développement de la vie humaine, n’est pas simplement l’absence de la guerre ou l’équilibre de forces opposées ; elle est « tranquillité de l’ordre » (saint Augustin), « fruit de la justice » (Isaïe 32, 17) et effet de la charité. La paix terrestre est image et fruit de la paix du Christ.

482. Que réclame la paix dans le monde ?

La paix dans le monde réclame une distribution équitable et la protection des biens des personnes, la libre communication entre les êtres humains, le respect de la dignité des personnes et des peuples, la pratique assidue de la justice et de la fraternité.

483. Quand peut-on moralement consentir à l’usage de la force militaire ?

Le recours à la force militaire est moralement justifié par la présence simultanée des conditions suivantes: la certitude d’un dommage subi grave et durable; l’inefficacité de toute solution pacifique ; les conditions sérieuses d’un succès ; l’absence de maux plus grands, étant bien considérée la puissance actuelle des moyens de destruction.

484. En cas de menace de guerre, à qui appartient-il d’apprécier de manière rigoureuse de telles conditions ?

Cela appartient au jugement prudent des Gouvernants, auxquels revient aussi le droit d’imposer aux citoyens l’obligation de la défense nationale, étant sauf le droit personnel à l’objection de conscience, obligation qui peut être réalisée par d’autres formes de service de la communauté humaine.

485. En cas de guerre, que demande la loi morale ?

La loi morale demeure toujours valide, même en temps de guerre. Elle demande que soit traités avec humanité les non-combattants, les soldats blessés et les prisonniers. Les actes délibérément contraires au droit des gens et les ordres qui les commandent sont des crimes que l’obéissance aveugle ne suffit pas à excuser. Il faut condamner les destructions massives, ainsi que l’extermination d’un peuple ou d’une minorité ethnique. Ce sont des péchés très graves et on est moralement tenu de résister aux ordres de ceux qui les commandent.

486. Que faut-il faire pour éviter la guerre ?

On doit faire ce qui est raisonnablement possible pour éviter à tout prix la guerre, étant donné les maux et les injustices qu’elle provoque. En particulier, il faut éviter l’accumulation et le commerce des armes non dûment réglementées par les pouvoirs légitimes ; les injustices, surtout économiques et sociales ; les discriminations ethniques et religieuses ; l’envie, la défiance, l’orgueil et l’esprit de vengeance. Tout ce qui est fait pour vaincre ces désordres et d’autres encore contribue à édifier la paix et à éviter la guerre.

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique, Benoît XVI, 2005)

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La paix, « seule chose juste »

À petits pas, l’Église vaticane, avant même l’arrivée du pape François, avait esquissé la rupture avec la doctrine de la « guerre juste » émise par Augustin d’Hippone (saint Augustin) au Ve siècle, développée par Thomas d’Aquin (saint Thomas d’Aquin) au XIIIe siècle, et d’autres auteurs catholiques depuis, au point de faire partie du catéchisme de l’Église catholique.

Mais nul ne l’avait fait aussi brutalement que le pape François dans ce livre, « Politique et société » :« Aujourd’hui encore, nous devons bien penser le concept de ‘guerre juste’. Nous avons appris en philosophie politique que, pour se défendre, on peut faire la guerre et la considérer comme juste. Mais peut-on dire une ‘guerre juste’ ? Ou plutôt une ‘guerre de défense’ ? Car la seule chose juste, c’est la paix. »

Dominique Wolton l’interroge : « Vous voulez dire qu’on ne peut pas utiliser le terme de ‘guerre juste’, c’est cela ? »

Réponse du pape : « Je n’aime pas l’utiliser. On entend dire : ‘Moi, je fais la guerre parce que je n’ai pas d’autre possibilité pour me défendre.’ Mais aucune guerre n’est juste. La seule chose juste, c’est la paix. »

CONCLUSION: le Pape ne nie pas le droit pour un peuple envahi de se défendre mais il condamne simplement l’utilisation de l’expression « guerre juste ».

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Pourquoi vénérer la Vierge Marie?

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Marie est-elle imitable? Les Catholiques sont-ils les seuls à vénérer la mère de Jésus? Plutôt que de vous transmettre l’opinion de tel ou tel théologien digne de foi en ce domaine, je vous cite brièvement deux extraits d’un document du Magistère infaillible de l’Église, document provenant d’un pape dont l’intégrité et la sainteté ont été reconnues récemment, Paul VI:

Marie est-elle imitable? « La Vierge Marie a toujours été proposée par l’Église à l’imitation des fidèles, non point pour le genre de vie qu’elle a expérimenté (…) mais parce que, dans les conditions concrètes de sa vie, elle a adhéré totalement à la volonté de Dieu, elle a accueilli la parole et l’a mise en pratique, elle a été inspirée dans son action par la charité et l’esprit de service; bref, elle fut la première et la plus parfaite disciple du Christ. Tout cela a une valeur exemplaire universelle et permanente. » (Marialis Cultus, no. 35)

Les Catholiques sont-ils les seuls parmi les chrétiens a avoir une telle dévotion?       « Les Catholiques rejoignent leurs frères des Églises Orthodoxes, où la dévotion à la Vierge revêt des formes hautement lyriques et profondément doctrinales dans la vénération très aimante de la glorieuse « Théotokos » et dans les acclamations à Celle qui est « l’Espérance des chrétiens ». Ils rejoignent aussi les Anglicans dont les théologiens classiques ont jadis mis en lumière la solide base scripturaire du culte rendu à la Mère de Notre-Seigneur, et dont les théologiens actuels soulignent davantage l’importance de la place que Marie occupe dans la vie chrétienne. Ils rejoignent aussi leurs frères des Églises Réformées, dans lesquelles fleurit avec vigueur l’amour des Saintes Écritures, quand ils proclament les louanges de Dieu avec les paroles mêmes de la Vierge. » (Marialis Cultus, no. 32).

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« Homme et femme, il les créa »

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En ces temps de cafouillage sexuel où chacun veut être reconnu par le grand public comme ayant des droits qui lui sont propres … (je vous fais grâce de la liste de ces mal-aimés qui ne cesse de s’allonger), voici un rappel de l’institution fondamentale qui a traversé les siècles et demeure un incontournable: l’amour conjugal. Le mariage n’est pas l’effet du hasard ou le produit de l’évolution de forces naturelles inconscientes: c’est une sage institution du Créateur pour réaliser dans l’humanité son dessein d’amour. Voici les paroles de ce grand pape que fut Paul VI, paroles prophétiques qui nous donnent l’heure juste à ce sujet:

« L’amour conjugal est avant tout un AMOUR PLEINEMENT HUMAIN, c’est-à-dire à la fois sensible et spirituel. Ce n’est donc pas un simple transport d’instinct et de sentiments, mais aussi et surtout un acte de la volonté libre, destiné à se maintenir et à grandir à travers les joies et les douleurs de la vie quotidienne, de sorte que les époux deviennent un seul cœur  et une seule âme et atteignent ensemble leur perfection humaine.

L’amour conjugal est ensuite un AMOUR TOTAL, c’est-à-dire une forme toute spéciale d’amitié personnelle, par laquelle les époux partagent généreusement toutes choses, sans réserves indues ni calculs égoïstes. Qui aime vraiment son conjoint ne l’aime pas seulement pour ce qu’il reçoit de lui, mais pour lui-même, heureux de pouvoir l’enrichir du don de soi.

L’amour conjugal est encore un AMOUR FIDÈLE ET EXCLUSIF jusqu’à la mort. C’est bien ainsi, en effet, que le conçoivent l’époux et l’épouse le jour où ils assument librement et en pleine conscience l’engagement du lien matrimonial. Fidélité qui peut parfois être difficile, mais qui est toujours possible et toujours noble et méritoire, nul ne peut le nier. L’exemple de tant d’époux à travers les siècles prouve non seulement qu’elle est conforme à la nature du mariage, mais encore qu’elle est source de bonheur profond et durable.

Enfin, l’amour conjugal est un AMOUR FÉCOND, qui ne s’épuise pas dans la communion entre époux, mais qui est destiné à se continuer en suscitant de nouvelles vies. »

(Paul VI, Encyclique Humanae Vitae, D.C. 1445-1446)

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La prière selon un curé du 19e siècle

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Qui n’a pas entendu parler de Jean-Marie Vianney (†1859), mieux connu sous le nom de Saint curé d’Ars. L’antithèse du prêtre intellectuel, Jean-Marie eut peine à se faire ordonner tant était grande son incapacité d’apprendre le latin. Nommé curé d’un petit village des Dombes (France), sa sainteté éclata au grand jour jusqu’à attirer, à la fin de sa vie, des foules nombreuses de pèlerins. Confesseur recherché, il s’adonna à une œuvre de catéchèse permanente par des exhortations qui touchaient le cœur des fidèles. Voici comment il s’exprime sur la prière:

« Voyez mes enfants, le trésor d’un chrétien n’est pas sur la terre, il est dans le ciel. Eh bien! Notre pensée doit aller où est notre trésor. (…) La prière n’est autre chose qu’une union avec Dieu. Quand on a le cœur pur et uni à Dieu, on sent en soi un baume, une douceur qui enivre, une lumière qui éblouit. Dans cette union intime, Dieu et l’âme sont comme deux morceaux de cire fondus ensemble; on ne peut plus les séparer. C’est une chose bien belle que cette union de Dieu avec sa petite créature. C’est un bonheur qu’on ne peut comprendre. (…) La prière est un avant-goût du ciel, un écoulement du paradis. Elle ne nous laisse jamais sans douceur. C’est un miel qui descend dans l’âme et adoucit tout. Les peines se fondent devant une prière bien faite, comme la neige devant le soleil. (…)

Que de fois nous venons à l’église sans savoir ce que nous venons faire et ce que nous voulons demander! Et pourtant quand on va chez quelqu’un, on sait bien pourquoi on y va. Il y en a qui ont l’air de dire au bon Dieu: «Je m’en vais vous dire deux mots pour me débarrasser de vous … » Je pense souvent que, lorsque nous venons adorer Notre Seigneur, nous obtiendrions tout ce que nous voudrions, si nous le lui demandions avec une foi bien vive et un cœur bien pur. »

(Catéchisme de saint Jean-Marie Vianney sur la prière)

 

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SOMMES-NOUS DES IDOLÂTRES ?

Le mot « idole » peut être compris de diverses manières:

  1. Dans le domaine religieux (biblique), l’idole est synonyme de «faux dieux» (dieux des païens) à l’opposé du Dieu unique des Juifs, des Chrétiens ou des Musulmans. Dans l’Ancien Testament, le terme idole pouvait également désigner toute représentation sculptée du vrai Dieu.
  2. Dans le domaine séculier (contemporain), l’idole désigne souvent une personne qui sert de faux modèle à une partie de la population (ou même à une génération). Cette idole peut être incarnée par une vedette de cinéma, de la chanson ou encore du monde sportif.
  3. Dans le domaine de la vie spirituelle, (et c’est celui qui nous intéresse!) l’idole représente tout ce qui nous empêche de servir le Seigneur. « Petits enfants, gardez-vous des idoles » conseille saint Jean aux lecteurs/trices de sa première lettre (1 Jean 5, 21). L’apôtre avait sans doute en vue l’enseignement des antichrists de son temps, source d’erreurs et d’esclavages de toutes sortes. En effet, dès qu’on cesse de servir le Seigneur, on devient vite esclave de nombreux maîtres: l’argent, la cupidité, la sensualité, le culte du corps, l’exhibitionnisme, le narcissisme, et j’en passe! Derrière ces vices qui sont idolâtriques se cache une méconnaissance du Dieu unique qui seul mérite notre confiance.

Dans un réquisitoire terrible, saint Paul dénonce le péché des hommes de son temps qui, au lieu de reconnaître le Créateur à travers sa création, ont échangé la gloire de Dieu pour une représentation matérielle : statues divinisées ou fresques mythologiques. L’Apôtre y voit également la source de leur déchéance: « C’est pourquoi, dit-il, Dieu les a livrés à des passions avilissantes: leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature; les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l’infamie d’homme à homme et recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement » (Romains 1, 26-27). A ce titre, le sida et la vérole du singe en sont les plus récents exemples. Quant aux conséquences spirituelles de ces passions avilissantes, elles ne sont pas moins terribles: « Ne vous y trompez pas! Ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les dépravés, ni les sodomites … n’hériteront du Royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6, 9). L’absence de religion dans nos sociétés modernes ne peut manifestement que conduire l’homme à sa déchéance !

Petits enfants, gardez-vous des idoles!  Un travail quotidien et de tout instant s’impose donc à nous, Chrétiens! Puisse notre société se réveiller de sa torpeur et de son matérialisme ambiant et se reprendre en mains. Puisse l’Église redevenir un phare dans un monde enténébré qui cherche la vérité comme à tâtons. Tâche impossible ? Rêve irréalisable ? Qu’en dit le Christ ? « Vous êtes le sel de la terre … la lumière du monde » (Matthieu 5, 13) et il ajoute « Dans le monde vous aurez à souffrir, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde! » (Jean 16, 33).

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Narcisse et la tendance homosexuelle

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Pour nous qui vivons au début du troisième millénaire, il nous est difficile d’ignorer l’ampleur du mouvement gay qui ne cesse de faire les manchettes … et la question se pose: d’où vient cet engouement chez certains de nos contemporains pour un style de vie autrefois jugé  bizarre, pour ne pas dire anormal? Tous ces adeptes sont-ils « nés comme ça » ou ne seraient-ils pas en partie victimes d’une société hédoniste à outrance?

Dans son article « Sommes-nous les enfants du narcissisme? », Renaud Beauchard note que la notion de narcissisme peut s’appliquer à l’observation des tendances actuelles des sociétés modernes occidentales. Mais, au préalable, notons pour les non-initiés que ce terme « narcissisme» provient du mythe grec de Narcisse, beau jeune homme qui, venant un jour à une source d’eau pour apaiser sa soif, vit son reflet dans l’eau et s’extasia devant lui-même: sans s’en douter, il se désira lui-même … il devint ainsi l’amant et l’objet aimé. Déjà en 1887, le psychologue français Alfred Binet avait utilisé ce terme pour décrire une forme de fétichisme consistant à prendre sa personne comme objet sexuel. En 1909, Isidore Sadger parle de narcissisme à propos de l’amour de soi comme modalité de choix d’objet chez les homosexuels, et, à sa suite, Sigmund Freud définit le narcissisme comme « un stade de développement nécessaire dans le passage de l’auto-érotisme à l’amour d’objet ». 

Quoiqu’il en soit de toutes ces études savantes, je remarque personnellement que, depuis 50 ans, la société nord-américaine a subi une énorme poussée vers le culte du corps avec les conséquences que l’on sait. Après la deuxième guerre mondiale, une entreprise montréalaise fondée par les frères Weider s’est développée avec succès dans le domaine du culturisme (bodybuilding), domaine dont Arnold Schwarzenegger deviendra vite la star incontestée. Se maintenir en forme est devenu depuis un incontournable (et c’est très bien ainsi) mais que de dérapages non prévus comme l’addiction exagérée chez certains à la musculature pour elle-même. Le miroir a pris pour eux le relais qu’était la source d’eau pour Narcisse.  De nombreux magazines propagèrent cet engouement et on assista alors (et aujourd’hui encore) à un étonnant exhibitionnisme public qui persiste toujours dans les milieux gay.  Force est de constater, comme disait plus haut Renaud Beauchard, que le narcissisme est bien une tendance actuelle de nos sociétés modernes. Malheureusement, l’explosion simultanée de la pornographie sous toutes ses formes en fut également la triste conséquence.

Se pose alors la question: Dans quelle mesure la société actuelle est-elle, elle-même, responsable de cette recrudescence du style de vie homosexuel? Plutôt que de parler de transmission de « gènes familiaux » (toujours possible, évidemment), ne devrions-nous pas surtout parler de transmission de « gènes sociaux » ?

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Du jamais vu !

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Tombeau de saint Charbel

En ce 24 juillet, fête liturgique de saint Charbel Makhlouf (moine maronite du 19e siècle), plutôt que de vous livrer un résumé de sa vie (que plusieurs d’entre vous connaissent d’ailleurs fort bien), je préfère attirer votre attention sur le prodige posthume du suintement de son cadavre … prodige unique en son genre dans l’histoire de l’Église et dans celle de la médecine. Le texte qui suit est tiré de Wikipédia :

« Premières exhumations du corps. Dans les heures qui suivent sa mort (24 décembre 1898), les moines qui le veillent remarquent qu’une exsudation sanguine suinte à la surface de son corps. Après les obsèques qui ont lieu le jour de Noël, il est enterré sans cercueil, à même la terre, selon la tradition de l’ordre monastique auquel il appartient. La rumeur de la sainteté de Charbel se répand ; bientôt une foule, qui ne cessera de grossir dans les jours suivants, viendra prier et se recueillir devant son humble sépulture à laquelle les moines acceptent de donner accès ; on y vient de toutes les localités des environs. Au bout de 45 jours d’expectative et d’hésitations, les autorités ecclésiastiques finissent par ordonner une première exhumation, le 8 février 1899. Une fois nettoyé de la terre, on trouve son corps absolument intact et souple, sans la moindre décomposition. Il est alors relavé, revêtu de vêtements monastiques neufs et placé cette fois dans un cercueil de bois, qu’on transfère à la chapelle du monastère où il est emmuré. C’est ce nouveau tombeau qui, à travers le mur, suinte bientôt comme un constant exsudat sanguin. Après quelques semaines, une nouvelle exhumation est autorisée ; l’ouverture du tombeau a lieu en présence de plusieurs médecins qui constatent qu’un liquide « huileux », ayant une odeur de sang frais, est en train de sourdre des pores du saint moine sur toute la surface de son corps. Cet épanchement au cours des semaines écoulées avait été si abondant que les vêtements monastiques durent être à nouveau changés. On emmure à nouveau le cercueil derrière une paroi maçonnée sans interstices.

Exhumations officielles ordonnées par Rome. Vingt-huit ans plus tard, en 1927, le pape Pie XI ordonne une première exhumation officielle, pour une nouvelle expertise médicale. Le même phénomène d’épanchement est de nouveau constaté. Le corps fut cette fois placé dans un cercueil de bois de cèdre doublé d’un cercueil de zinc. Le rapport d’examen médical, établi par le professeur Armand Jouffroy, de la Faculté française de médecine de Beyrouth, secondé par le docteur Balthazar Malkonian, est scellé dans un tube métallique et déposé aux pieds du saint. Le cercueil est cette fois surélevé et penché de manière oblique afin que l’exsudat coule vers les pieds. Puis il est de nouveau emmuré dans la chapelle du monastère avec des pierres épaisses, non poreuses, jointoyées au ciment, et le maître maçon se porte garant de l’étanchéité de cette nouvelle cloison. À la suite de cette première exhumation, et en conclusion d’une première cause introduite près le Saint-Siège, le pape Pie XI déclare Charbel vénérable serviteur de Dieu et autorise l’ouverture de son procès de béatification.

Vingt-trois ans plus tard encore, le 25 février 1950, le suintement rosâtre se reproduit de nouveau hors du tombeau, cette fois au pied du mur de cloison. Après un délai, le pape Pie XII autorise une nouvelle exhumation. Elle a lieu en présence du supérieur de l’Ordre libanais maronite, des moines du couvent, d’autres autorités ecclésiastiques, du docteur Chekri Bellan, directeur du Service de Santé et d’Assistance près le gouvernement libanais, du docteur Théophile Maroun, professeur d’Anatomie pathologique à la Faculté française de médecine de Beyrouth, de Joseph Hitti, député du Mont-Liban, et de diverses autorités civiles et militaires. Le suintement rosâtre est attesté de nature physiologique ; il emplit le fond du cercueil de cèdre sur une épaisseur de 8 centimètres. Le corps de saint Charbel était toujours identiquement intact, sa chair toujours parfaitement souple, aucunement dégradée, et le rapport d’expertise précise : « Tous les vêtements étaient littéralement imbibés de liquide séreux, et, çà et là, tachés de sang, spécialement l’aube. Le liquide, répandu sur tout le corps, s’était coagulé, comme solidifié par endroits. Cependant, le corps conservait toute sa souplesse, et on pouvait plier bras et jambes ». A la surprise générale, tous les témoins présents constatent avec émotion que le voile dont on avait recouvert le visage et les mains du Vénérable Charbel, lors de la première exhumation officielle, portait l’empreinte de ceux-ci, à la manière du Linceul de Turin. Par contre, le tube métallique renfermant l’expertise de 1927 était très corrodé. Le 4 août 1950, par autorisation du pape Pie XII, on expose solennellement le corps de Charbel, dans un cercueil de verre, au cours d’une cérémonie religieuse qui attire des foules énormes, tant chrétiennes que musulmanes du Liban et des pays arabes voisins. Le patriarche maronite la préside ainsi que les différents patriarches catholiques orientaux, chefs d’Église. Puis le corps est de nouveau remis au tombeau et emmuré. C’est à partir de cette date que des registres officiels commencent à tenir le compte des miracles, tant corporels que spirituels, qui se produisent devant le corps ou la tombe de Charbel. Leur liste est innombrable, mais seul un certain nombre parmi eux ont été attestés (les autorités médicales déclarant officiellement ne pouvant les expliquer en l’état actuel des connaissances scientifiques) et sont donc reconnus par l’Église catholique. Ils permettront par la suite l’aboutissement des deux procès romains de béatification puis de canonisation, en 1965 et en 1977.

Le procès de béatification progressant, le Vatican ordonne une troisième exhumation officielle. Elle a lieu le 7 avril 1952. Le prêtre maronite Joseph Mahfouz témoigne : « Moi-même j’ai touché, personnellement, son corps (…) ; on aurait dit qu’il était mort, mais vivant. Qu’un cadavre se conserve, ce n’est pas un phénomène unique. Mais qu’une dépouille mortelle reste souple, tendre, pliante, et qu’elle transpire incessamment, c’est un cas unique… Un Signe ». Les rapports médicaux et les procès-verbaux établis, on emmure de nouveau le corps dans son tombeau. Du monde entier affluent désormais à Ananya des lettres de fidèles de toutes langues. Le monastère en recevra 41 530 entre 1950 et 1957. Toutes témoignent de détresses, morales ou physiques, et d’espérance. Beaucoup réclament des reliques du Serviteur de Dieu, et certains correspondants envoient des linges, à leur renvoyer après les avoir mis en contact avec l’exsudat qui ne cesse de suinter du corps du Vénérable. » (Wikipédia)

Conclusion : ce prodige se continue-t-il encore aujourd’hui, je ne puis l’assurer mais, en tout état de cause, il aura servi son rôle de signe mystérieux pour attirer l’attention du monde entier. La sainteté de Charbel Makhlouf, relevant avant tout de sa vie héroïque de moine-ermite, n’en est pas tributaire bien sûr, mais on ne peut nier tout l’intérêt que ce prodige aura soulevé pour la faire mieux connaître.

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Le saint ermite du Liban

Saint Charbel Makhlouf   (1828 – 1898)

Jeune étudiant à Rome en décembre 1965, il me fut donné d’assister à la béatification d’un  moine libanais, le père Charbel Makhlouf. Ce moine-ermite, qui sera canonisé en 1977, m’a toujours suivi dans mon parcours de prêtre jusqu’à devenir le patron de mon ermitage urbain, en 2009.

Ordonné prêtre en 1859, le père Charbel a vécu pendant 16 ans au monastère de Saint-Maron, à Annaya (Liban). En 1875, il intégrait un ermitage rattaché au dit-monastère et devait y vivre durant 23 ans dans la prière, la pénitence et l’adoration.

Adorer Dieu, c’est se présenter devant Lui avec une âme humble, et j’oserais dire « toute abandonnée ». L’adoration, c’est reconnaître que Dieu est tout et que nous ne sommes que sa petite créature. Il nous faut donc faire table rase de tous nos désirs, amours et ambitions. C’est être à l’écoute, ouvert à l’admiration. Cet esprit d’adoration doit nous accompagner dans toutes nos démarches quotidiennes, nous poussant à discerner la présence de Dieu dans ses créatures et dans ses œuvres. C’est pourquoi les ermites se sont toujours réfugiés dans des lieux solitaires où la nature environnante pousse à la contemplation.

C’est ce que faisait Charbel dans son ermitage perché au sommet d’une haute montagne. Il passait également de longues heures à la chapelle, devant le Saint-Sacrement. Tantôt agenouillé sur la pierre froide, tantôt prosterné de tout son long, il s’humiliait lui pécheur devant la grandeur de l’Amour miséricordieux du Père. Il est important, dans la prière, que le corps exprime les sentiments de l’âme, les prostrations ne sont donc pas à négliger !

Sa fête liturgique est célébrée le jour de sa mort, le 24 décembre, au Liban, et le 24 juillet ailleurs. Pour de plus amples renseignements sur la vie et l’après-vie de ce thaumaturge libanais, veuillez cliquer sur le lien suivant : http://www.st-charbel.fr/portrait1.php   

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Posséder … sans être possédé!

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En tant que chrétiens, nous sommes appelés à user des biens terrestres mais aussi, et surtout, à désirer les biens éternels: deux devoirs qui ne font pas toujours bon ménage car l’utilisation des biens terrestres risque souvent de nous préoccuper au point de nous faire oublier l’essentiel. Évidemment, le dilemme serait facilement résolu par l’entrée dans la vie religieuse mais … tous n’y sont pas appelés. Le problème n’est pas d’hier; voici donc quelques conseils judicieux provenant d’un ancien moine devenu évêque de Rome en 590:

« Si vous ne pouvez pas abandonner entièrement le monde, retenez les biens de ce monde, mais de telle façon qu’ils ne vous retiennent pas dans le monde. Possédez, mais ne vous laissez pas posséder. Il  faut que votre esprit domine ce que vous avez; autrement, si votre esprit est vaincu par l’amour des biens terrestres, c’est plutôt lui, votre esprit, qui sera possédé par les biens qui lui appartiennent. (…)

Il faut extirper radicalement les vices, non seulement en éliminant leur pratique, mais encore en les arrachant de votre esprit. Ni les jouissances de la chair, ni la démangeaison de la curiosité, ni la fièvre de l’ambition ne doivent nous écarter de la Cène du Seigneur; mais  les activités honnêtes elles-mêmes que nous menons dans le monde ne doivent toucher notre esprit qu’à la dérobée, afin que les activités terrestres qui nous plaisent rendent service  à notre corps sans créer aucun obstacle à notre cœur.

Donc, je n’ose pas vous dire de tout abandonner; mais si vous le voulez, vous abandonnerez toutes choses même en les gardant, si vous vous conduisez dans le temps en aspirant de tout votre esprit à l’éternité. On use du monde, mais comme n’en usant pas, si l’on réduit tous les biens extérieurs à servir notre vie sans leur permettre de dominer l’esprit; dans cette subordination, ils sont utiles au-dehors sans jamais briser l’élan de l’âme qui se porte vers les hauteurs. Ceux qui agissent ainsi ont tous les biens du monde à leur disposition pour en user, non pour les désirer. (…) Pour nous comporter ainsi, nous avons un médiateur entre Dieu et l’homme, un protecteur, par qui nous obtiendrons bientôt toute chose, si nous l’aimons d’un amour sincère. lui  qui vit et règne, avec le Père et le Saint Esprit, car il est Dieu, pour les siècles des siècles. Amen. »    ( Homélie de saint Grégoire le Grand sur l’évangile, PL 1272- 1274 )

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« Quand on souffre, on souffre », dit un chartreux !

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Nous sommes trop exigeants. Nous voudrions, quand nous souffrons, ne pas souffrir de souffrir … c’est là un rêve irréalisable. Quand on souffre, on souffre ! Écoutons encore une fois ce maître de la vie intérieure, dom Augustin Guillerand, nous le redire en ses propres termes :

« Quand on souffre, on souffre ; il n’y a rien à faire à cela ; c’est la loi universelle à laquelle Dieu lui-même s’est soumis. Il a souffert, il a reconnu sa souffrance, il s’en est même plaint avec patience et soumission, et il nous demande de porter la croix en souffrant et en le lui disant, s’il le faut. Nous ne savons pas assez cela. Nous voudrions souffrir sans sentir la souffrance, et nous souffrons de souffrir. Nous ajoutons ainsi une souffrance inutile à la première.

Du courage ! Encore du courage ! Et toujours du courage ! Nous n’avons pas le droit de dire ni même de penser que la vie est triste. La vie est une chose magnifique ; seulement il faut l’envisager sous son vrai jour. Si vous la regardez dans la réalité présente, avec sa succession d’ennuis, de séparation, de deuils, etc. etc., il est évident que c’est le plus atroce tissu de misères qu’on puisse imaginer. Mais si vous la regardez comme une marche vers la maison du Père qui est aux cieux, vers le foyer de famille, vers le lieu de réunion définitive et de tendresse sans nuage et sans fin, et si vous songez que chaque minute et chaque épreuve sont les moyens fixés par Celui qui sait tout, qui peut tout et qui nous aime, pour nous acheminer au terme, alors vous ne songerez plus à vous plaindre … Cela ne supprime pas la souffrance, cela n’empêche pas de la sentir, parfois bien rudement, mais cela lui donne un aspect qui la fait accepter avec bien plus de courage, et parfois qui la fait aimer. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 197 s)

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