CARLO et MARIA

 

En la fête liturgique du bienheureux Carlo Acutis (12 octobre), je me permets de réfléchir sur deux jeunes adolescents italiens dont le rayonnement, de leur vivant mais surtout post-mortem, fut tout simplement extraordinaire !

Maria Goretti (1890-1902) est née dans une famille italienne pieuse mais très pauvre. Suite au décès prématuré de son père (victime de la malaria), elle dut se consacrer aux tâches du ménage ainsi qu’à la garde de ses frères et sœurs alors que sa mère travaillait aux champs. Ayant fait sa première communion à l’âge de neuf ans et fidèle à ses convictions religieuses, elle sut repousser fréquemment les avances lubriques d’un jeune voisin, Alessandro, jusqu’au jour où celui-ci, fou de rage, la frappa mortellement de quatorze coups de poinçons. « Alessandro, Dieu ne veut pas ces choses-là ! Si tu fais cela tu iras en enfer ! ». Elle mourut le lendemain, à l’hôpital de Nettuno (au sud de Rome), en lui pardonnant ; elle avait onze ans. Béatifiée en 1947 et canonisée en 1950 par le pape Pie XII, celle qui n’a pas craint de dire NON est devenue un modèle de pureté héroïque pour de nombreuses générations de fidèles.

Cent ans plus tard, un autre jeune italien, Carlo Acutis (1991-2006) se distinguait lui aussi par un rayonnement inattendu. Né dans une famille bourgeoise non pratiquante, sa vie ne semblait pas devoir le diriger vers un avenir religieux hors pair … mais c’était sans compter sur l’action imprévisible de la grâce ! Dès son plus jeune âge, Carlo manifesta son goût pour la piété : il aimait prier dans les églises et il avait une dévotion toute particulière pour l’eucharistie et la Vierge Marie. Devant son insistance pour recevoir la communion, ses parents demandèrent et reçurent l’autorisation de lui faire faire sa première communion dès l’âge de sept ans. Dès lors, Carlo participera chaque jour à la messe ; il aimait dire « Si l’on s’approche tous les jours de l’eucharistie, on va tout droit au paradis ». Il récitait également le chapelet chaque jour et allait se confesser une fois par semaine. Adolescent comme les autres, il aimait le football, les animaux et spécialement l’informatique dont il nous laissera de magnifiques travaux ! À l’école, Carlo se distinguait par ses bons résultats, sa bonne humeur et sa gentillesse envers tous. Il occupait ses temps libres à visiter les personnes âgées et partageait ses économies avec les plus nécessiteux. Il disait souvent : « Le bonheur c’est d’avoir le regard tourné vers Dieu. La tristesse c’est d’avoir le regard tourné vers soi-même ». En octobre 2006, contre toute attente, une leucémie foudroyante l’envoie à la clinique de Monza (près de Milan).  » J’offre toutes les souffrances que je dois subir au Seigneur, pour le Pape et pour l’Église, et aller directement au paradis ». Il étonne le personnel médical par sa bonne humeur alors qu’il est en phase terminale. Il meurt le 12 octobre à l’âge de 15 ans. C’est en 2013 que l’archidiocèse de Milan introduisit la cause pour sa béatification, laquelle sera ensuite transmise à Rome en 2016. Suite à un miracle attribué à Carlo, le pape François signera son décret de béatification en 2020. « Ce qui m’étonne, dit le pape, c’est la sainteté ordinaire … oui, parfois il suffit de frapper à la porte d’à côté pour tomber sur un saint! » (Exhortation apostolique, Christus vivit). Carlo sera canonisé au courant de l’année jubilaire, 2025.

De ces deux beaux exemples de sainteté précoce, je retiens la place irremplaçable de l’Eucharistie durant leur courte vie ; tant il est vrai que la sainteté authentique ne vient pas, en premier lieu, de nos efforts personnels mais avant tout de notre foi et de notre union vitale au Christ Sauveur. L’Église catholique est gardienne d’un trésor inestimable, la dévotion eucharistique, et il revient aux curés de nous le partager. Hélas, combien de Carlo Acutis, combien de personnes de tous âges frappent en vain à la porte d’églises fermées ou sans eucharistie ? Chers confrères prêtres, s’il est noble et bien vu aujourd’hui de sortir de votre sacristie pour aller aux périphéries, du moins ne réduisez pas l’accès aux sacrements pour les brebis du bercail … c’est là votre premier devoir sacerdotal, ne l’oubliez pas !

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Une vie auréolée par l’Esprit

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La Pentecôte est l’aboutissement de la mission de Jésus: le « don de Dieu » nous est finalement octroyé! C’est l’accomplissement des prophéties portant sur la Loi intérieure devant être inscrite dans le cœur des croyants. Cadeau inestimable qui justifie le pécheur tout en l’unissant aux autres disciples: union personnelle à Dieu et à l’Église. Source également d’une multitude de charismes valorisant chaque fidèle et organisant ainsi le témoignage communautaire du groupe. On pourrait s’étendre longuement sur la liste des bienfaits de la Pentecôte dont le premier fruit visible fut de lancer les Apôtres sur les chemins de la mission (Actes 2, 1-11) et le premier fruit invisible celui de justifier le cœur des croyants (Jean 20, 22-23). Permettez-moi de m’étendre sur une conséquence de la Pentecôte, sur un aspect de la vie spirituelle qui m’apparaît primordial en la circonstance: la valorisation du moment présent.

Dieu vit dans un éternel présent … ce qui évidemment n’est pas notre cas! Nous sommes des êtres plutôt instables et nerveux. Dans une société qui fonctionne régulièrement à haute vitesse, notre attention ignore facilement le moment présent pour privilégier quelques actions à venir; et nous voilà en avance de deux semaines sur notre quotidien. Dans ce contexte, le moment actuel peut nous paraître assez banal, voire un obstacle à nos désirs insatiables ; à l’exception de quelques moments intéressants, tout le reste de la journée peut nous sembler du remplissage. Et pourtant, notre existence sur terre ne sautille pas d’un point à l’autre mais elle se déroule calmement, une minute à la fois. À nous de la savourer cette petite minute car elle ne reviendra pas !

S’il est normal de savoir s’arrêter et respirer un peu, il nous est par contre plus difficile d’apprécier les petites choses qui composent notre « terrible quotidien ». Si nous sommes croyants, de véritables croyants bien sûr, le cadre de notre vie se métamorphose et tout s’illumine de la présence de Dieu. Au dire du pape François: « L’aujourd’hui est le plus semblable à l’éternité, et même plus: l’aujourd’hui est une étincelle d’éternité, car dans l’aujourd’hui se joue la vie éternelle » ( JMJ de Rio, 2013). Le moment présent peut donc être porteur d’une valeur insoupçonnée. Cette vision de foi, si elle est cultivée, peut transformer notre vie actuelle en un exercice tout à fait exceptionnel et bénéfique. La valeur morale d’un acte ne réside pas tellement en lui-même mais dans l’intention avec lequel il est posé ; et c’est ce qui fait la grandeur de notre routine lorsqu’elle est vécue dans la foi et l’amour. Incidemment, cette vie monacale de prière et de silence qu’est la vie contemplative incline ses membres à discerner toute la valeur d’un geste très humble accompli avec foi, qu’il s’agisse de passer le balai ou de faire la vaisselle. Rien d’insignifiant en une vie qui se déroule en présence de Dieu ! N’est-ce pas d’ailleurs, au dire de saint Paul, ce que devrait être la vie de tout baptisé ? « Tout ce que vous dites, tout ce que faites, dit-il aux chrétiens de Colosse, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par lui à Dieu le Père. » (Colossiens 3, 17).

Vivre tout confinement dans la déprime, les yeux rivés sur des activités provisoirement inaccessibles, ou le vivre positivement comme un jardin spirituel qui attend nos semis, voilà bien le dilemme! Puisse cette fête de la Pentecôte nous aider à le résoudre en acceptant de vivre chaque moment comme une étincelle d’éternité, un moment de vie auréolé par l’Esprit, un magnifique don de Dieu !

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Il siège à la droite du Père …

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 » Jésus est monté au ciel, il siège à la droite du Père tout-puissant « . Ces mots du Je crois en Dieu peuvent nous sembler anodins, vu notre façon routinière (hélas) de réciter souvent notre profession de foi ! Qu’en est-il vraiment de cette période de temps, dans laquelle nous sommes, alors que (sans nous quitter) Jésus est glorifié et assis à la droite de son Père ? Seule l’Église peut de façon sûre et authentique nous éclairer en ce domaine :

132. Que représente l’Ascension ?

Après quarante jours pendant lesquels il s’est manifesté à ses Apôtres sous les traits d’une humanité ordinaire qui voilaient sa gloire de Ressuscité, le Christ est monté au ciel et s’est assis à la droite du Père. Il est le Seigneur qui règne désormais avec son humanité dans la gloire éternelle de Fils de Dieu et qui sans cesse intercède en notre faveur auprès du Père. Il envoie son Esprit et nous donne l’espérance de le rejoindre un jour, là où il nous a préparé une place.

133. Comment le Seigneur Jésus règne-t-il aujourd’hui ?

Seigneur du monde et de l’histoire, Chef de son Église, le Christ glorieux demeure mystérieusement sur la terre, où son Royaume est déjà présent en germe et en commencement dans l’Église. Un jour, il reviendra dans la gloire, mais nous n’en connaissons pas l’heure. C’est pourquoi nous vivons en veillant dans la prière :  » Viens, Seigneur  » (Apocalypse 22, 20).

134. Comment s’accomplira la venue du Seigneur dans la gloire ?

Après le dernier bouleversement cosmique de ce monde qui passe, la venue glorieuse du Christ arrivera avec le triomphe définitif de Dieu dans la Parousie du Christ et avec le jugement dernier. Ainsi s’accomplira le Royaume de Dieu.

135. Comment le Christ jugera-t-il les vivants et les morts ?

Le Christ jugera avec la puissance qu’il s’est acquise comme Rédempteur du monde, venu pour sauver les hommes. Les secrets des cœurs seront dévoilés, ainsi que la conduite de chacun envers Dieu et envers son prochain. Tout homme recevra la vie ou sera condamné pour l’éternité selon ses oeuvres. Ainsi s’accomplira  » la plénitude du Christ  » (Éphésiens 4, 13), dans laquelle  » Dieu sera tout en tous  » (1 Corinthiens 15, 28).

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique)

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Comportement des chrétiens dans la société (2)

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(SUITE)

« En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans tous les membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. L’âme habite le corps, et pourtant elle n’appartient pas au corps, comme les chrétiens habitent dans le monde, mais n’appartiennent pas au monde. L’âme invisible est retenue prisonnière dans le corps visible; ainsi les chrétiens: on les voit vivre dans le monde, mais le culte qu’ils rendent à Dieu demeure invisible. La chair déteste l’âme et lui fait la guerre, sans que celle-ci lui ait fait du tort, mais parce qu’elle l’empêche de jouir des plaisirs; de même le monde déteste les chrétiens, sans que ceux-ci aient fait de tort, mais parce qu’ils s’opposent à ses plaisirs.

L’âme aime cette chair qui la déteste, ainsi que ses membres, comme les chrétiens aiment ceux qui les détestent. L’âme est enfermée dans le corps, mais c’est elle qui maintient le corps; et les chrétiens sont comme détenus dans la prison du monde, mais c’est eux qui maintiennent le monde. L’âme immortelle campe dans une tente mortelle; ainsi les chrétiens campent-ils dans le monde corruptible, en attendant l’incorruptibilité du ciel. L’âme devient meilleure en se mortifiant par la faim et la soif; et les chrétiens, persécutés, se multiplient de jour en jour. Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de le déserter. »

( Lettre à Diognète, vers 190 de notre ère)

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LES CHRÉTIENS et leur comportement

La société d’aujourd’hui s’éloigne de plus en plus des valeurs chrétiennes et est même devenue frileuse face à certains comportements religieux. Comment se comportaient les chrétiens des premiers siècles dans un monde païen qui leur était souvent hostile ? Voici un beau texte, la Lettre à Diognète, écrite avant l’an 190 par un auteur anonyme, qui mérite d’être lue et méditée :

 » Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. Car ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n’emploient pas quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier. Leur doctrine n’a pas été découverte par l’imagination ou par les rêveries d’esprits inquiets ; ils ne se font pas, comme tant d’autres, les champions d’une doctrine d’origine humaine.

Les chrétiens habitent les cités grecques et les cités barbares suivant le destin de chacun; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveaux-nés. Ils prennent place à une table commune, mais qui n’est pas une table ordinaire. Ils sont dans la chair, mais ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel.

Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas, mais on les condamne; on les tue et c’est ainsi qu’ils trouvent la vie. Ils sont pauvres et font beaucoup de riches. Ils manquent de tout et ils ont tout en abondance. On les méprise et, dans ce mépris, ils trouvent leur gloire. On les calomnie, et ils y trouvent leur justification. On les insulte, et ils bénissent. On les outrage, et ils honorent. Alors qu’ils font le bien, on les punit comme des malfaiteurs. Tandis qu’on les châtie, ils se réjouissent comme s’ils naissaient à la vie. Les Juifs leur font la guerre comme à des étrangers, et les Grecs les persécutent ; ceux qui les détestent ne peuvent pas dire la cause de leur hostilité.

(à suivre)

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L’Église face au Mystère pascal

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 » Je crois … a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux … ». Cet extrait du Symbole des Apôtres résume bien la foi de l’Église depuis 2000 ans mais, avec l’évolution inévitable des idées et des recherches scientifiques, n’y aurait-il pas lieu de revoir certaines de ces affirmations ? Que pense l’Église, aujourd’hui, face aux divers éléments de ce mystère fondamental qu’est la mort-résurrection du Christ ? Voici quelques extraits du Compendium du Catéchisme de l’Église catholique (2005) qui répondent à ces questions :

124. En quelles conditions était le corps de Jésus lorsqu’il se trouvait au tombeau ?

Le Christ a connu une vraie mort et une vraie sépulture. Mais la vertu divine a préservé son corps de la corruption.

125. Que sont « les enfers » où Jésus est descendu ?

Les « enfers » (qui sont différents de l’enfer de la damnation) constituaient la situation de tous ceux qui, justes ou méchants, étaient morts avant le Christ. Avec son âme unie à sa Personne divine, Jésus a rejoint dans les enfers les justes, qui attendaient leur Rédempteur pour pouvoir enfin accéder à la vision de Dieu. Après avoir vaincu, par sa mort, la mort et le diable qui a « le pouvoir de la mort » (Hébreux 2, 14), il a libéré les justes en attente du Rédempteur et il leur a ouvert les portes du Ciel.

126. Quelle est la place de la résurrection du Christ dans notre foi ?

La résurrection est la vérité la plus haute de notre foi dans le Christ. Avec la croix, elle représente une part essentielle du Mystère pascal.

127. Quels « signes » attestent la Résurrection de Jésus ?

Hormis le signe essentiel que constitue le tombeau vide, la Résurrection de Jésus est attestée par les femmes qui, les premières, l’ont rencontré et l’ont annoncé aux Apôtres. Jésus est « apparu ensuite à Céphas (Pierre), puis aux Douze. Ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois » (1 Corinthiens 15, 5-6) et à d’autres encore. Les Apôtres n’ont pu inventer la résurrection, car elle leur apparaissait impossible. En effet, Jésus leur a aussi reproché leur incrédulité.

128. Pourquoi la Résurrection est-elle en même temps un événement transcendant ?

Tout en étant un événement historique, que l’on peut constater et qui est attesté par des signes et des témoignages, la Résurrection, parce qu’elle est l’entrée de l’humanité du Christ dans la gloire de Dieu, transcende et dépasse l’histoire, comme mystère de la foi. C’est pour cette raison que le Christ ressuscité ne se manifeste pas au monde, mais à ses disciples, faisant d’eux ses témoins devant le peuple.

129. Quel est l’état du corps ressuscité de Jésus ?

La Résurrection du Christ n’est pas un retour à la vie terrestre. Son corps ressuscité est celui qui a été crucifié et qui porte les signes de sa Passion, mais il participe désormais de la vie divine avec les propriétés d’un corps glorieux. C’est la raison pour laquelle Jésus ressuscité est souverainement libre d’apparaître à ses disciples comme il veut, où il veut et sous des aspects variés.

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Une souffrance incontournable !

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Aux deux pèlerins d’Emmaüs qui retournaient chez eux l’après-midi de Pâques, Jésus ressuscité n’hésita pas à expliquer à même les Écritures la nécessité pour le Messie de souffrir sa passion pour entrer dans sa gloire. La Tradition n’a pas retenu les éléments de cette catéchèse mais voici un texte sans doute bien connu de Jésus (et longuement médité par lui tout au long de sa vie à Nazareth) qui résume fort bien le Plan providentiel du Salut:

« Devant Dieu, le serviteur a poussé comme une plante chétive, enracinée dans une terre aride. Il n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n’avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. Pourtant, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé, c’est par nos péchés qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.

Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche: comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est soucié de son destin? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à cause des péchés de son peuple. On l’a enterré avec les mécréants, son tombeau est avec ceux des enrichis; et pourtant, il n’a jamais commis l’injustice ni proféré le mensonge. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. Mais s’il fait de sa vie un sacrifice d’expiation, il verra sa descendance, il prolongera ses jours: par lui s’accomplira la volonté du Seigneur. » (Isaïe 53, 2-10)

Jésus s’est effectivement chargé de nos péchés au Jourdain, avant de recevoir le baptême pénitentiel de Jean. Assumant sa mission de bouc émissaire, il ne pouvait qu’en prévoir, tôt ou tard, son dénouement tragique (ainsi que sa résurrection) : « Mais s’il fait de sa vie un sacrifice d’expiation, il verra sa descendance, il prolongera ses jours ». Un tel cheminement avec souffrances et résurrection était-il vraiment nécessaire ? Difficile pour nous qui vivons au 21e siècle de comprendre tout le rationnel de l’Ancien Testament face à la valeur d’un sacrifice expiatoire. Il nous est, par contre, plus facile de comprendre l’amour incomparable d’un homme-Dieu qui donne sa vie pour ses amis. Et on ne saurait passer sous silence la valeur exemplaire d’un tel geste, combien encourageant pour ses disciples appelés au renoncement d’eux-mêmes et à l’obéissance envers Dieu.

Pourquoi le Messie devait-il souffrir? La réponse définitive ne peut que se trouver dans le Plan divin dont la profondeur nous échappe … « par lui s’accomplira la volonté du Seigneur ». Devant une telle volonté du Seigneur on ne peut que s’incliner !

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HÉLAS, l’homme propose mais Dieu dispose !

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Ma santé physique m’oblige à prolonger mon absence jusqu’au Carême (début mars). Union de prières quand même et bonne année jubilaire 2025.

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ABSENT POUR UN MOIS

Désolé, mais un épuisement physique généralisé m’oblige à prendre congé de WordPress pour un mois, minimum. Demeurons unis dans l’obéissance à la Sainte Volonté de Dieu.18 octobre 2024

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Royauté et jugement

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En cette fête du Christ, Roi de l’univers, il convient de clarifier brièvement ces deux éléments si souvent mal compris: Royauté du Christ et Jugement dernier.

Il importe de bien comprendre cette royauté qui n’a rien à voir avec celle des roitelets d’aujourd’hui. Jésus n’a rien d’un roi inactif, emblématique, vide de tout pouvoir politique, mais il se rapproche plutôt des anciens rois qui réunissaient en eux-mêmes les pouvoirs militaires, législatifs et économiques. Jésus est, plus précisément, une sorte de roi-général qui nous entraîne à sa suite dans la conquête du monde pour y établir le Royaume de Dieu son Père: « royaume de justice, d’amour et de paix ». Mais d’après saint Paul, ce genre de royauté en devenir  ne serait que provisoire car une fois la conquête achevée, Jésus n’hésitera pas à tout remettre à Dieu le Père :  « Puis ce sera la fin, quand il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute Principauté, Domination et Puissance. Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort (…) Et quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous. » (1 Corinthiens 15, 24-28).

La foi chrétienne distingue deux jugements. Le jugement particulier, lorsque l’homme, à sa mort, paraît devant Dieu: ce jugement met en lumière la vie unique de cet homme, sa liberté et sa responsabilité personnelles, et décide de sa destinée éternelle (voir le no 1022 du Catéchisme de l’Église catholique). Le jugement dernier, lui, coïncide avec le retour du Christ et l’accomplissement du monde à la fin des temps. Ce dernier n’est pas un procès mais un jugement au sens où il met en lumière et fait paraître le bien comme bien et le mal comme mal; il est aussi et avant tout l’accomplissement de la promesse de salut (pour l’âme et pour le corps) en partageant à tous les fidèles le triomphe du Ressuscité. En effet, l’être humain ne saurait être complet sans son corps. Selon saint Matthieu (25, 31-46), les critères de ce jugement se résument à notre relation à l’autre; il nous renvoie donc à ce que nous faisons maintenant!

Pour les premiers chrétiens, le retour du Christ était objet d’attente joyeuse et impatiente et non de crainte (tel qu’il l’est pour certains, influencés que nous sommes en Occident par une iconographie médiévale qui se plaît à multiplier les châtiments). Après avoir rappelé aux chrétiens de Thessalonique l’Avènement à venir du Christ, l’apôtre Paul conclut tout naturellement: « Réconfortez-vous donc les uns les autres de ces pensées. » (1 Thess 4, 18). À leur exemple, demeurons nous-aussi dans cette joyeuse expectative!

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