Une étoile appelée Marie

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En cette fête du Saint Nom de Marie (12 sept.), il me paraît convenable de vous présenter un extrait d’un des plus beaux sermons de saint Bernard sur la Vierge Marie, plus précisément sur l’efficacité de son intercession dans nos moments de détresse :

« Le nom de la vierge était Marie. Parlons un peu de ce nom qui signifie: étoile de la mer, et qui convient admirablement à la Vierge Mère. (…) Elle est cette splendide étoile qui se lève sur l’immensité de la mer, brillant par ses mérites, éclairant par ses exemples.

O toi qui te sens, loin de la terre ferme, emporté sur les flots de ce monde au milieu des orages et des tempêtes, ne quitte pas des yeux la lumière de cet astre si tu ne veux pas sombrer. Si les vents de la tentation s’élèvent, si tu viens heurter les rochers des tribulations, regarde l’étoile, invoque Marie. Si tu es ballotté par les flots de l’orgueil, de l’ambition, de la trahison, de la jalousie, regarde l’étoile, invoque Marie. Si la colère ou l’avarice ou les désirs impurs secouent la petite barque de ton âme, regarde Marie. Si, troublé par l’énormité de tes crimes, confondu par la malpropreté de ta conscience, glacé d’effroi à la pensée du jugement, tu commences à être englouti par le gouffre de la tristesse, par l’abîme du désespoir, pense à Marie.

Dans les périls, dans les angoisses, dans le doute, pense à Marie, invoque Marie. Qu’elle ne s’éloigne pas de ta bouche, qu’elle ne s’éloigne pas de ton cœur et, pour obtenir le secours de sa prière, ne néglige pas l’exemple de sa vie. Si tu la suis, tu ne dévies pas. Si tu la pries, tu ne désespères pas. Si tu la consultes, tu ne te trompes pas. Si elle te protège, tu ne crains rien. Si elle te conduit, tu ne te fatigues pas. Si elle t’est favorable, tu parviens au but.

Et ainsi tu éprouves par toi-même à quel juste titre il a été dit: Et le nom de la vierge était Marie. »

 (Homélie de saint Bernard, moine cistercien et docteur marial par excellence)

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Le Pape, le diable et la pornographie

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Le diable existe-t-il ? Peut-on dialoguer avec lui ? La pornographie sur Internet est-elle de lui ? Autant de questions soulevées par le Pape François lors de sa catéchèse du mercredi (25 novembre 2024). En voici de larges extraits :

 » Jésus dans le désert s’est débarassé de Satan et peut maintenant nous délivrer de Satan. C’est ce que les évangélistes mettent en lumière avec les nombreux récits de libération de possédés. Jésus dit à ses adversaires : «  Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, c’est que le Royaume de Dieu est venu parmi vous.  » (Matthieu 12, 27). Aujourd’hui, nous assistons à un phénomène étrange concernant le démon. À un certain niveau culturel, on pense qu’il n’existe tout simplement pas. Il serait un symbole de l’inconscient collectif, de l’aliénation, bref, une métaphore. Mais «  la plus grande ruse du diable est de faire croire qu’il n’existe pas  » comme l’a écrit quelqu’un (Charles Beaudelaire). Il est malin : il nous fait croire qu’il n’existe pas et domine ainsi tout. Il est rusé. Et pourtant notre monde technologique et sécularisé regorge de magiciens, d’occultisme, de spiritisme, d’astrologues, de vendeurs de sorts et d’amulettes, et malheureusement de véritables sectes sataniques. Chassé par la porte, le diable est rentré par la fenêtre, pourrait-on dire. Chassé par la foi, il revient par la superstition. Et si tu es superstitieux, tu dialogues inconsciemment avec le diable.

La preuve la plus forte de l’existence de Satan n’est pas dans les pécheurs ou les possédés, mais dans les saints ! (…) C’est dans la vie des saints, précisément là, que le démon est contraint d’apparaître au grand jour, de se dresser à contre-jour. Plus ou moins, tous les saints, tous les grands croyants, témoignent de leur lutte contre cette réalité obscure, et l’on ne peut honnêtement supposer qu’ils étaient tous dans l’illusion ou simplement victimes des préjugés de leur temps.

La bataille contre l’esprit mauvais se gagne comme Jésus l’a gagnée dans le désert : par la Parole de Dieu. Vous voyez que Jésus ne dialogue pas avec le diable, il ne l’a jamais fait. Il le chasse, ou le condamne, mais ne dialogue jamais. Et dans le désert, il répond non pas par sa parole, mais par la Parole de Dieu. Frères et soeurs, ne dialoguez jamais avec le diable ; quand il vient avec des tentations ( » mais ce serait bien ceci, ce serait bien cela « ) Stop ! Élève ton coeur vers le Seigneur, prie la Vierge Marie et chasse-le, comme Jésus nous a appris à le faire. (…)

Après que le Christ, sur la Croix, a vaincu pour toujours le pouvoir du prince de ce monde, disait un Père de l’Église, le diable « est lié comme un chien à une chaîne ; il ne peut mordre personne, sauf celui qui, bravant le danger, s’approche de lui. Il peut aboyer, il peut pousser, mais il ne peut pas mordre, sauf celui qui le veut » (saint Césaire d’Arles). (…) Nous avons tous fait l’expérience de la façon dont le diable s’approche avec certaines tentations. La tentation des dix commandements : quand nous nous en apercevons, arrêtons-nous, prenons de la distance ! Il ne faut pas s’approcher du chien attaché à une chaîne.

La technologie moderne, par exemple, à côté de nombreuses ressources positives qu’il convient d’apprécier, offre également d’innombrables moyens de « donner l’occasion au diable » et beaucoup y succombent. Pensons à la pornographie en ligne sur Internet, derrière laquelle se cache un marché florissant : nous le savons tous. C’est le diable qui y travaille. C’est un phénomène assez diffus, dont les chrétiens doivent cependant se méfier et qu’ils doivent rejeter fermement. Parce que n’importe quel cellulaire a accès à cette brutalité, à ce langage du démon : la pornographie en ligne.

La conscience de l’action du diable dans l’histoire ne doit pas nous décourager. La considération finale doit être également celle de la confiance et de la sécurité : « Je suis avec le Seigneur, va-t-en ». Le Christ a vaincu le diable et nous a donné l’Esprit Saint pour que nous fassions nôtre sa victoire. L’action même de l’ennemi peut tourner à notre avantage si, avec l’aide de Dieu, nous la mettons au service de notre purification. Demandons donc à l’Esprit Saint, avec les paroles du Veni Creator :

 » Repousse l’ennemi loin de nous,

donne-nous ta paix sans retard,

pour que, sous ta conduite,

nous évitions tout mal. « 

Soyez prudents car le diable est plein de ruse, mais nous, les chrétiens, avec la grâce de Dieu, sommes plus rusés que lui. Merci.  » (Osservatore Romano, numéro 39, page 2)

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Catholiques face à la guerre

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En ces temps troubles que sont les nôtres, il importe de se demander quelles doivent être les réactions d’un catholique face à la guerre, à toute guerre (offensive et défensive) ? Le Catéchisme de l’Église catholique répond à ces diverses questions. Afin de ne pas fatiguer le lecteur par un texte plutôt prolixe, voici donc celui, plus concis, du Compendium officiel du catéchisme en question : texte présenté sous forme de questions et réponses.

481. Qu’est-ce que la paix dans le monde ?

La paix dans le monde, qui est requise pour le respect et le développement de la vie humaine, n’est pas simplement l’absence de la guerre ou l’équilibre de forces opposées ; elle est « tranquillité de l’ordre » (saint Augustin), « fruit de la justice » (Isaïe 32, 17) et effet de la charité. La paix terrestre est image et fruit de la paix du Christ.

482. Que réclame la paix dans le monde ?

La paix dans le monde réclame une distribution équitable et la protection des biens des personnes, la libre communication entre les êtres humains, le respect de la dignité des personnes et des peuples, la pratique assidue de la justice et de la fraternité.

483. Quand peut-on moralement consentir à l’usage de la force militaire ?

Le recours à la force militaire est moralement justifié par la présence simultanée des conditions suivantes: la certitude d’un dommage subi grave et durable; l’inefficacité de toute solution pacifique ; les conditions sérieuses d’un succès ; l’absence de maux plus grands, étant bien considérée la puissance actuelle des moyens de destruction.

484. En cas de menace de guerre, à qui appartient-il d’apprécier de manière rigoureuse de telles conditions ?

Cela appartient au jugement prudent des Gouvernants, auxquels revient aussi le droit d’imposer aux citoyens l’obligation de la défense nationale, étant sauf le droit personnel à l’objection de conscience, obligation qui peut être réalisée par d’autres formes de service de la communauté humaine.

485. En cas de guerre, que demande la loi morale ?

La loi morale demeure toujours valide, même en temps de guerre. Elle demande que soit traités avec humanité les non-combattants, les soldats blessés et les prisonniers. Les actes délibérément contraires au droit des gens et les ordres qui les commandent sont des crimes que l’obéissance aveugle ne suffit pas à excuser. Il faut condamner les destructions massives, ainsi que l’extermination d’un peuple ou d’une minorité ethnique. Ce sont des péchés très graves et on est moralement tenu de résister aux ordres de ceux qui les commandent.

486. Que faut-il faire pour éviter la guerre ?

On doit faire ce qui est raisonnablement possible pour éviter à tout prix la guerre, étant donné les maux et les injustices qu’elle provoque. En particulier, il faut éviter l’accumulation et le commerce des armes non dûment réglementées par les pouvoirs légitimes ; les injustices, surtout économiques et sociales ; les discriminations ethniques et religieuses ; l’envie, la défiance, l’orgueil et l’esprit de vengeance. Tout ce qui est fait pour vaincre ces désordres et d’autres encore contribue à édifier la paix et à éviter la guerre.

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique, Benoît XVI, 2005)

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La paix, « seule chose juste »

À petits pas, l’Église vaticane, avant même l’arrivée du pape François, avait esquissé la rupture avec la doctrine de la « guerre juste » émise par Augustin d’Hippone (saint Augustin) au Ve siècle, développée par Thomas d’Aquin (saint Thomas d’Aquin) au XIIIe siècle, et d’autres auteurs catholiques depuis, au point de faire partie du catéchisme de l’Église catholique.

Mais nul ne l’avait fait aussi brutalement que le pape François dans ce livre, « Politique et société » :« Aujourd’hui encore, nous devons bien penser le concept de ‘guerre juste’. Nous avons appris en philosophie politique que, pour se défendre, on peut faire la guerre et la considérer comme juste. Mais peut-on dire une ‘guerre juste’ ? Ou plutôt une ‘guerre de défense’ ? Car la seule chose juste, c’est la paix. »

Dominique Wolton l’interroge : « Vous voulez dire qu’on ne peut pas utiliser le terme de ‘guerre juste’, c’est cela ? »

Réponse du pape : « Je n’aime pas l’utiliser. On entend dire : ‘Moi, je fais la guerre parce que je n’ai pas d’autre possibilité pour me défendre.’ Mais aucune guerre n’est juste. La seule chose juste, c’est la paix. »

CONCLUSION: le Pape ne nie pas le droit pour un peuple envahi de se défendre mais il condamne simplement l’utilisation de l’expression « guerre juste ».

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Pourquoi vénérer la Vierge Marie?

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Marie est-elle imitable? Les Catholiques sont-ils les seuls à vénérer la mère de Jésus? Plutôt que de vous transmettre l’opinion de tel ou tel théologien digne de foi en ce domaine, je vous cite brièvement deux extraits d’un document du Magistère infaillible de l’Église, document provenant d’un pape dont l’intégrité et la sainteté ont été reconnues récemment, Paul VI:

Marie est-elle imitable? « La Vierge Marie a toujours été proposée par l’Église à l’imitation des fidèles, non point pour le genre de vie qu’elle a expérimenté (…) mais parce que, dans les conditions concrètes de sa vie, elle a adhéré totalement à la volonté de Dieu, elle a accueilli la parole et l’a mise en pratique, elle a été inspirée dans son action par la charité et l’esprit de service; bref, elle fut la première et la plus parfaite disciple du Christ. Tout cela a une valeur exemplaire universelle et permanente. » (Marialis Cultus, no. 35)

Les Catholiques sont-ils les seuls parmi les chrétiens a avoir une telle dévotion?       « Les Catholiques rejoignent leurs frères des Églises Orthodoxes, où la dévotion à la Vierge revêt des formes hautement lyriques et profondément doctrinales dans la vénération très aimante de la glorieuse « Théotokos » et dans les acclamations à Celle qui est « l’Espérance des chrétiens ». Ils rejoignent aussi les Anglicans dont les théologiens classiques ont jadis mis en lumière la solide base scripturaire du culte rendu à la Mère de Notre-Seigneur, et dont les théologiens actuels soulignent davantage l’importance de la place que Marie occupe dans la vie chrétienne. Ils rejoignent aussi leurs frères des Églises Réformées, dans lesquelles fleurit avec vigueur l’amour des Saintes Écritures, quand ils proclament les louanges de Dieu avec les paroles mêmes de la Vierge. » (Marialis Cultus, no. 32).

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« Homme et femme, il les créa »

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En ces temps de cafouillage sexuel où chacun veut être reconnu par le grand public comme ayant des droits qui lui sont propres … (je vous fais grâce de la liste de ces mal-aimés qui ne cesse de s’allonger), voici un rappel de l’institution fondamentale qui a traversé les siècles et demeure un incontournable: l’amour conjugal. Le mariage n’est pas l’effet du hasard ou le produit de l’évolution de forces naturelles inconscientes: c’est une sage institution du Créateur pour réaliser dans l’humanité son dessein d’amour. Voici les paroles de ce grand pape que fut Paul VI, paroles prophétiques qui nous donnent l’heure juste à ce sujet:

« L’amour conjugal est avant tout un AMOUR PLEINEMENT HUMAIN, c’est-à-dire à la fois sensible et spirituel. Ce n’est donc pas un simple transport d’instinct et de sentiments, mais aussi et surtout un acte de la volonté libre, destiné à se maintenir et à grandir à travers les joies et les douleurs de la vie quotidienne, de sorte que les époux deviennent un seul cœur  et une seule âme et atteignent ensemble leur perfection humaine.

L’amour conjugal est ensuite un AMOUR TOTAL, c’est-à-dire une forme toute spéciale d’amitié personnelle, par laquelle les époux partagent généreusement toutes choses, sans réserves indues ni calculs égoïstes. Qui aime vraiment son conjoint ne l’aime pas seulement pour ce qu’il reçoit de lui, mais pour lui-même, heureux de pouvoir l’enrichir du don de soi.

L’amour conjugal est encore un AMOUR FIDÈLE ET EXCLUSIF jusqu’à la mort. C’est bien ainsi, en effet, que le conçoivent l’époux et l’épouse le jour où ils assument librement et en pleine conscience l’engagement du lien matrimonial. Fidélité qui peut parfois être difficile, mais qui est toujours possible et toujours noble et méritoire, nul ne peut le nier. L’exemple de tant d’époux à travers les siècles prouve non seulement qu’elle est conforme à la nature du mariage, mais encore qu’elle est source de bonheur profond et durable.

Enfin, l’amour conjugal est un AMOUR FÉCOND, qui ne s’épuise pas dans la communion entre époux, mais qui est destiné à se continuer en suscitant de nouvelles vies. »

(Paul VI, Encyclique Humanae Vitae, D.C. 1445-1446)

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La prière selon un curé du 19e siècle

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Qui n’a pas entendu parler de Jean-Marie Vianney (†1859), mieux connu sous le nom de Saint curé d’Ars. L’antithèse du prêtre intellectuel, Jean-Marie eut peine à se faire ordonner tant était grande son incapacité d’apprendre le latin. Nommé curé d’un petit village des Dombes (France), sa sainteté éclata au grand jour jusqu’à attirer, à la fin de sa vie, des foules nombreuses de pèlerins. Confesseur recherché, il s’adonna à une œuvre de catéchèse permanente par des exhortations qui touchaient le cœur des fidèles. Voici comment il s’exprime sur la prière:

« Voyez mes enfants, le trésor d’un chrétien n’est pas sur la terre, il est dans le ciel. Eh bien! Notre pensée doit aller où est notre trésor. (…) La prière n’est autre chose qu’une union avec Dieu. Quand on a le cœur pur et uni à Dieu, on sent en soi un baume, une douceur qui enivre, une lumière qui éblouit. Dans cette union intime, Dieu et l’âme sont comme deux morceaux de cire fondus ensemble; on ne peut plus les séparer. C’est une chose bien belle que cette union de Dieu avec sa petite créature. C’est un bonheur qu’on ne peut comprendre. (…) La prière est un avant-goût du ciel, un écoulement du paradis. Elle ne nous laisse jamais sans douceur. C’est un miel qui descend dans l’âme et adoucit tout. Les peines se fondent devant une prière bien faite, comme la neige devant le soleil. (…)

Que de fois nous venons à l’église sans savoir ce que nous venons faire et ce que nous voulons demander! Et pourtant quand on va chez quelqu’un, on sait bien pourquoi on y va. Il y en a qui ont l’air de dire au bon Dieu: «Je m’en vais vous dire deux mots pour me débarrasser de vous … » Je pense souvent que, lorsque nous venons adorer Notre Seigneur, nous obtiendrions tout ce que nous voudrions, si nous le lui demandions avec une foi bien vive et un cœur bien pur. »

(Catéchisme de saint Jean-Marie Vianney sur la prière)

 

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Le saint ermite du Liban

Saint Charbel Makhlouf   (1828 – 1898)

Jeune étudiant à Rome en décembre 1965, il me fut donné d’assister à la béatification d’un  moine libanais, le père Charbel Makhlouf. Ce moine-ermite, qui sera canonisé en 1977, m’a toujours suivi dans mon parcours de prêtre jusqu’à devenir le patron de mon ermitage urbain, en 2009.

Ordonné prêtre en 1859, le père Charbel a vécu pendant 16 ans au monastère de Saint-Maron, à Annaya (Liban). En 1875, il intégrait un ermitage rattaché au dit-monastère et devait y vivre durant 23 ans dans la prière, la pénitence et l’adoration.

Adorer Dieu, c’est se présenter devant Lui avec une âme humble, et j’oserais dire « toute abandonnée ». L’adoration, c’est reconnaître que Dieu est tout et que nous ne sommes que sa petite créature. Il nous faut donc faire table rase de tous nos désirs, amours et ambitions. C’est être à l’écoute, ouvert à l’admiration. Cet esprit d’adoration doit nous accompagner dans toutes nos démarches quotidiennes, nous poussant à discerner la présence de Dieu dans ses créatures et dans ses œuvres. C’est pourquoi les ermites se sont toujours réfugiés dans des lieux solitaires où la nature environnante pousse à la contemplation.

C’est ce que faisait Charbel dans son ermitage perché au sommet d’une haute montagne. Il passait également de longues heures à la chapelle, devant le Saint-Sacrement. Tantôt agenouillé sur la pierre froide, tantôt prosterné de tout son long, il s’humiliait lui pécheur devant la grandeur de l’Amour miséricordieux du Père. Il est important, dans la prière, que le corps exprime les sentiments de l’âme, les prostrations ne sont donc pas à négliger !

Sa fête liturgique est célébrée le jour de sa mort, le 24 décembre, au Liban, et le 24 juillet ailleurs. Pour de plus amples renseignements sur la vie et l’après-vie de ce thaumaturge libanais, veuillez cliquer sur le lien suivant : http://www.st-charbel.fr/portrait1.php   

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Posséder … sans être possédé!

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En tant que chrétiens, nous sommes appelés à user des biens terrestres mais aussi, et surtout, à désirer les biens éternels: deux devoirs qui ne font pas toujours bon ménage car l’utilisation des biens terrestres risque souvent de nous préoccuper au point de nous faire oublier l’essentiel. Évidemment, le dilemme serait facilement résolu par l’entrée dans la vie religieuse mais … tous n’y sont pas appelés. Le problème n’est pas d’hier; voici donc quelques conseils judicieux provenant d’un ancien moine devenu évêque de Rome en 590:

« Si vous ne pouvez pas abandonner entièrement le monde, retenez les biens de ce monde, mais de telle façon qu’ils ne vous retiennent pas dans le monde. Possédez, mais ne vous laissez pas posséder. Il  faut que votre esprit domine ce que vous avez; autrement, si votre esprit est vaincu par l’amour des biens terrestres, c’est plutôt lui, votre esprit, qui sera possédé par les biens qui lui appartiennent. (…)

Il faut extirper radicalement les vices, non seulement en éliminant leur pratique, mais encore en les arrachant de votre esprit. Ni les jouissances de la chair, ni la démangeaison de la curiosité, ni la fièvre de l’ambition ne doivent nous écarter de la Cène du Seigneur; mais  les activités honnêtes elles-mêmes que nous menons dans le monde ne doivent toucher notre esprit qu’à la dérobée, afin que les activités terrestres qui nous plaisent rendent service  à notre corps sans créer aucun obstacle à notre cœur.

Donc, je n’ose pas vous dire de tout abandonner; mais si vous le voulez, vous abandonnerez toutes choses même en les gardant, si vous vous conduisez dans le temps en aspirant de tout votre esprit à l’éternité. On use du monde, mais comme n’en usant pas, si l’on réduit tous les biens extérieurs à servir notre vie sans leur permettre de dominer l’esprit; dans cette subordination, ils sont utiles au-dehors sans jamais briser l’élan de l’âme qui se porte vers les hauteurs. Ceux qui agissent ainsi ont tous les biens du monde à leur disposition pour en user, non pour les désirer. (…) Pour nous comporter ainsi, nous avons un médiateur entre Dieu et l’homme, un protecteur, par qui nous obtiendrons bientôt toute chose, si nous l’aimons d’un amour sincère. lui  qui vit et règne, avec le Père et le Saint Esprit, car il est Dieu, pour les siècles des siècles. Amen. »    ( Homélie de saint Grégoire le Grand sur l’évangile, PL 1272- 1274 )

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« Quand on souffre, on souffre », dit un chartreux !

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Nous sommes trop exigeants. Nous voudrions, quand nous souffrons, ne pas souffrir de souffrir … c’est là un rêve irréalisable. Quand on souffre, on souffre ! Écoutons encore une fois ce maître de la vie intérieure, dom Augustin Guillerand, nous le redire en ses propres termes :

« Quand on souffre, on souffre ; il n’y a rien à faire à cela ; c’est la loi universelle à laquelle Dieu lui-même s’est soumis. Il a souffert, il a reconnu sa souffrance, il s’en est même plaint avec patience et soumission, et il nous demande de porter la croix en souffrant et en le lui disant, s’il le faut. Nous ne savons pas assez cela. Nous voudrions souffrir sans sentir la souffrance, et nous souffrons de souffrir. Nous ajoutons ainsi une souffrance inutile à la première.

Du courage ! Encore du courage ! Et toujours du courage ! Nous n’avons pas le droit de dire ni même de penser que la vie est triste. La vie est une chose magnifique ; seulement il faut l’envisager sous son vrai jour. Si vous la regardez dans la réalité présente, avec sa succession d’ennuis, de séparation, de deuils, etc. etc., il est évident que c’est le plus atroce tissu de misères qu’on puisse imaginer. Mais si vous la regardez comme une marche vers la maison du Père qui est aux cieux, vers le foyer de famille, vers le lieu de réunion définitive et de tendresse sans nuage et sans fin, et si vous songez que chaque minute et chaque épreuve sont les moyens fixés par Celui qui sait tout, qui peut tout et qui nous aime, pour nous acheminer au terme, alors vous ne songerez plus à vous plaindre … Cela ne supprime pas la souffrance, cela n’empêche pas de la sentir, parfois bien rudement, mais cela lui donne un aspect qui la fait accepter avec bien plus de courage, et parfois qui la fait aimer. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 197 s)

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CARLO et MARIA

 

En la fête liturgique du bienheureux Carlo Acutis (12 octobre), je me permets de réfléchir sur deux jeunes adolescents italiens dont le rayonnement, de leur vivant mais surtout post-mortem, fut tout simplement extraordinaire !

Maria Goretti (1890-1902) est née dans une famille italienne pieuse mais très pauvre. Suite au décès prématuré de son père (victime de la malaria), elle dut se consacrer aux tâches du ménage ainsi qu’à la garde de ses frères et sœurs alors que sa mère travaillait aux champs. Ayant fait sa première communion à l’âge de neuf ans et fidèle à ses convictions religieuses, elle sut repousser fréquemment les avances lubriques d’un jeune voisin, Alessandro, jusqu’au jour où celui-ci, fou de rage, la frappa mortellement de quatorze coups de poinçons. « Alessandro, Dieu ne veut pas ces choses-là ! Si tu fais cela tu iras en enfer ! ». Elle mourut le lendemain, à l’hôpital de Nettuno (au sud de Rome), en lui pardonnant ; elle avait onze ans. Béatifiée en 1947 et canonisée en 1950 par le pape Pie XII, celle qui n’a pas craint de dire NON est devenue un modèle de pureté héroïque pour de nombreuses générations de fidèles.

Cent ans plus tard, un autre jeune italien, Carlo Acutis (1991-2006) se distinguait lui aussi par un rayonnement inattendu. Né dans une famille bourgeoise non pratiquante, sa vie ne semblait pas devoir le diriger vers un avenir religieux hors pair … mais c’était sans compter sur l’action imprévisible de la grâce ! Dès son plus jeune âge, Carlo manifesta son goût pour la piété : il aimait prier dans les églises et il avait une dévotion toute particulière pour l’eucharistie et la Vierge Marie. Devant son insistance pour recevoir la communion, ses parents demandèrent et reçurent l’autorisation de lui faire faire sa première communion dès l’âge de sept ans. Dès lors, Carlo participera chaque jour à la messe ; il aimait dire « Si l’on s’approche tous les jours de l’eucharistie, on va tout droit au paradis ». Il récitait également le chapelet chaque jour et allait se confesser une fois par semaine. Adolescent comme les autres, il aimait le football, les animaux et spécialement l’informatique dont il nous laissera de magnifiques travaux ! À l’école, Carlo se distinguait par ses bons résultats, sa bonne humeur et sa gentillesse envers tous. Il occupait ses temps libres à visiter les personnes âgées et partageait ses économies avec les plus nécessiteux. Il disait souvent : « Le bonheur c’est d’avoir le regard tourné vers Dieu. La tristesse c’est d’avoir le regard tourné vers soi-même ». En octobre 2006, contre toute attente, une leucémie foudroyante l’envoie à la clinique de Monza (près de Milan).  » J’offre toutes les souffrances que je dois subir au Seigneur, pour le Pape et pour l’Église, et aller directement au paradis ». Il étonne le personnel médical par sa bonne humeur alors qu’il est en phase terminale. Il meurt le 12 octobre à l’âge de 15 ans. C’est en 2013 que l’archidiocèse de Milan introduisit la cause pour sa béatification, laquelle sera ensuite transmise à Rome en 2016. Suite à un miracle attribué à Carlo, le pape François signera son décret de béatification en 2020. « Ce qui m’étonne, dit le pape, c’est la sainteté ordinaire … oui, parfois il suffit de frapper à la porte d’à côté pour tomber sur un saint! » (Exhortation apostolique, Christus vivit). Carlo sera canonisé au courant de l’année jubilaire, 2025.

De ces deux beaux exemples de sainteté précoce, je retiens la place irremplaçable de l’Eucharistie durant leur courte vie ; tant il est vrai que la sainteté authentique ne vient pas, en premier lieu, de nos efforts personnels mais avant tout de notre foi et de notre union vitale au Christ Sauveur. L’Église catholique est gardienne d’un trésor inestimable, la dévotion eucharistique, et il revient aux curés de nous le partager. Hélas, combien de Carlo Acutis, combien de personnes de tous âges frappent en vain à la porte d’églises fermées ou sans eucharistie ? Chers confrères prêtres, s’il est noble et bien vu aujourd’hui de sortir de votre sacristie pour aller aux périphéries, du moins ne réduisez pas l’accès aux sacrements pour les brebis du bercail … c’est là votre premier devoir sacerdotal, ne l’oubliez pas !

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