Les chemins de la CONVERSION

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 » Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle  » (Marc 1, 15), c’est par ces paroles que Jésus débute son ministère publique. Et depuis 2000 ans, ces paroles ne cessent de se répercuter dans le monde pour inviter l’humanité à revenir à Dieu. Mais, concrètement, que veut dire le mot « conversion » dans la vie personnelle ? Voici les explications d’un illustre écrivain de l’Église orientale :

 » Voulez-vous que je vous indique les chemins de la conversion ? Ils sont nombreux, variés et différents, mais tous conduisent au ciel.

  1. Le premier chemin de la conversion, c’est la condamnation de nos fautes. Commence toi-même par dire tes fautes pour être justifié. Et c’est pourquoi le Prophète disait : J’ai dit : je veux confesser au Seigneur les iniquités que j’ai commises ; et toi, tu as pardonné le péché de mon coeur. Condamne donc toi-même les fautes que tu as commises, et cela suffira pour que le Maître t’exauce. Celui qui condamne ses fautes, en effet, craindra davantage d’y retomber. Éveille ta conscience pour avoir ton accusateur en toi-même et ne pas le rencontrer devant le tribunal du Seigneur. Voilà donc un excellent chemin de conversion.
  2. Il y en a un deuxième, qui n’est pas inférieur à celui-là. c’est de ne pas garder rancune à nos ennemis, de dominer notre colère pour pardonner les offenses de nos compagnons de service, car c’est ainsi que nous obtiendrons le pardon de celles que nous avons commises contre le Maître ; c’est la deuxième manière d’obtenir la purification de nos fautes. Si vous pardonnez à vos débiteurs, dit le Seigneur, mon Père qui est aux cieux vous pardonnera aussi.
  3. Tu veux connaître le troisième chemin de la conversion ? C’est la prière fervente et attentive que tu feras du fond du coeur. (…)
  4. Si tu désires connaître le quatrième chemin, je citerai l’aumône ; elle a une puissance considérable et indicible. (…)
  5. La modestie et l’humilité ne sont pas des moyens inférieurs à ceux que nous avons dits pour détruire les péchés à la racine. Nous en avons pour témoin le publicain qui ne pouvait pas proclamer ses bonnes actions, mais qui les a toutes remplacées par l’offrande de son humilité et a déposé ainsi le lourd fardeau de ses fautes.

Nous venons donc d’indiquer cinq chemins de la conversion : d’abord la condamnation de nos péchés, puis le pardon accordé aux offenses du prochain ; le troisième consiste dans la prière ; le quatrième dans l’aumône ; le cinquième dans l’humilité. Ne reste donc pas inactif, mais chaque jour emprunte tous ces chemins ; ce sont des chemins faciles et tu ne peux pas prétexter ta misère. Car, même si tu vis dans la plus grande pauvreté, tu peux abandonner ta colère, pratiquer l’humilité, prier assidûment et condamner tes péchés. Ta pauvreté ne s’y oppose nullement. « 

(Saint Jean Chrysostome, extrait du Sermon sur le diable tentateur)

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Explosion de couleurs

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Même si chaque saison comporte sa beauté particulière, il en est une qui, dans un pays comme le Canada, peut se glorifier d’être un peu plus à l’image de Dieu … l’automne! La Nature s’y embellit de façon exponentielle à la manière d’une supernova qui pressent sa mort prochaine. Un débordement de couleurs qui nous rappelle ce débordement d’amour que fut et demeure la création de l’Univers.

Mais, hélas, le plus beau demeure caché à ceux qui n’ont pas la foi. Qu’un Dieu, éternel et tout-puissant, partage l’existence avec des êtres intelligents, voilà déjà tout un événement. Mais qu’il y rajoute son incarnation pour se rapprocher d’eux et pour les sortir du pétrin, alors là, c’est du jamais vu (pour dire le moins !).  Y aurait-il encore une autre beauté à ajouter ? Oh, que oui ! Car le plan du Créateur ne se limite pas à cette vie seulement mais vise à faire communier pleinement les humains au bonheur éternel qui est le sien. D’où l’invitation incroyable à se laisser greffer à son Fils afin de pouvoir jouir, en lui, de la vision béatifique.

Création, incarnation, rédemption, divinisation, autant d’étapes, autant de couleurs superposées, qui ornent un paysage spirituel à couper le souffle. Un plan extraordinaire où l’Amour a le premier et le dernier mot : un mystérieux projet qui valorise au plus haut point la créature en lui permettant de s’associer librement à cette initiative divine.

« O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu !

Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles !

Car tout est de lui et par lui et pour lui.

À lui soit la gloire éternellement. Amen »

(Romains 11, 23.26)

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Bruno, un moine qui me tient à cœur !

En ce 5 octobre, veille de la fête de saint Bruno (fondateur de l’Ordre des Chartreux, en 1084), je ne puis vous offrir rien de mieux que cet extrait de sa lettre envoyée de Calabre (Italie du sud) aux moines de la Grande Chartreuse (France) quelques mois avant sa mort en 1101 :

« Réjouissez-vous donc, mes frères très chers, pour votre bienheureux sort et pour les largesses de grâce que Dieu répand sur vous. Réjouissez-vous d’avoir échappé aux flots agités de ce monde, où se multiplient les périls et les naufrages. Réjouissez-vous d’avoir gagné le repos tranquille et la sécurité d’un port caché; beaucoup désirent s’y rendre, beaucoup font même un effort pour l’atteindre et n’y parviennent point.  (…) De vous, mes bien-aimés frères convers [religieux non-prêtres, consacrés aux travaux manuels], je dis : « mon âme glorifie le Seigneur », car je considère la magnificence de sa miséricorde sur vous, d’après l’exposé de votre prieur et père très aimant, qui est rempli de joie et de fierté à votre sujet. Je me réjouis  moi aussi, car bien que vous n’ayez pas la science des lettres, le Dieu tout-puissant grave de son doigt dans vos cœurs non seulement l’amour, mais la connaissance de sa loi sainte; vous montrez en effet par vos œuvres ce que vous aimez et ce que vous connaissez. » 

Lors de sa visite en Calabre, en 1984, le Pape Wojtyla témoigna de son estime pour la vie contemplative en visitant les moines chartreux de Serra San Bruno le 5 octobre (veille de la fête de Bruno, et 900e anniversaire de la fondation de l’Ordre). Cette abbaye, plusieurs fois détruite, abandonnée et reconstruite, rappelle le lieu de la 2e fondation de l’Ordre (après celle de la Grande Chartreuse) ; elle a même l’honneur de conserver les restes du vénéré fondateur, décédé à cet endroit en 1101. Voir plus haut quelques photos de cette visite papale.

La fondation de l’Ordre des Chartreux se situe au 11e siècle, dans la foulée de la réforme de l’Église entreprise par le Pape Grégoire VII. Maître Bruno, ancien chanoine de Reims, instaura dans le massif de Chartreuse (près de Grenoble) une nouvelle forme de vie monastique, assez semblable à celle qu’avait inaugurée, au début du siècle, saint Romuald (fondateur des Camaldules), qui unit la vie érémitique à un minimum de vie communautaire. Comme quoi la vie silencieuse et solitaire est souvent le remède à apporter à une pratique religieuse tombée dans la tiédeur … saint Bruno serait-il de notre temps ?

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La vie spirituelle, selon un chartreux

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La vie sur terre est une bataille … rien de plus évident pour qui l’a vécue quelque peu.  Mais qu’en est-il de la vie spirituelle et plus particulièrement de la vie de prière ? Laissons à notre ami chartreux, dom Augustin Guillerand, le soin d’y répondre adéquatement :

« Dieu veut faire circuler en nous son Esprit qui est amour ou don de soi, et il nous trouve entre les mains d’un autre esprit qui est égoïsme. Ce négatif doit disparaître. Il ne cède qu’à la lutte. La vie est une bataille : la bataille de Dieu contre le mal. Une âme où on ne se bat pas est une âme perdue sans espoir. Une âme qui ne prie pas est une âme battue sans combat. La paix règne en elle, mais c’est la paix des pays soumis par l’envahisseur et résignés à sa domination.

Ce qu’il faut reprocher aux écrivains spirituels, ce n’est pas de se répéter, c’est plutôt d’avoir peur de le faire. Nous vivons à une époque de savoir plus que d’intelligence. La raison et la mémoire sont à l’honneur; on écrit pour elles, pour les emplir de notions ; on ne songe plus à enrichir son âme et à approfondir sa vie. Nous sommes à l’ère des ouvrages de vulgarisation et des articles de revue ; il faut être au courant de tout et pouvoir dire son mot sur le dernier ouvrage ou la découverte la plus récente. Les esprits ressemblent à ces parterres artificiels des jours d’apparat où l’on dispose des fleurs dont on jouit sans les avoir cultivées, sans savoir leur nom … et qu’on aura oubliées demain.

La prière, sa nécessité, sa grandeur, les immenses bénéfices qu’elle procure, sa douceur féconde, la gloire qu’elle assure à Dieu, son rôle dans le monde … il ne faut pas seulement avoir lu et compris cela un jour, il faut y revenir sans fin, se le redire à chaque instant et en vivre. Ainsi font l’Esprit Saint dans la bible, l’Église dans ses offices, les saints dans leurs oraisons quotidiennes et leurs incessantes méditations. Il nous faut remonter sans cesse de la beauté des choses à la Beauté essentielle d’où elles procèdent, de la faiblesse de notre nature tombée à la forte tendresse de Celui qui s’est fait notre Rédempteur et qui s’offre à nous reprendre en lui, de la continuelle menace que le monde et le démon font peser sur nous au continuel secours dont nous enveloppe Celui qui veut nous arracher à leur tyrannie. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 16 s)

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Une étoile appelée Marie

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En cette fête du Saint Nom de Marie (12 sept.), il me paraît convenable de vous présenter un extrait d’un des plus beaux sermons de saint Bernard sur la Vierge Marie, plus précisément sur l’efficacité de son intercession dans nos moments de détresse :

« Le nom de la vierge était Marie. Parlons un peu de ce nom qui signifie: étoile de la mer, et qui convient admirablement à la Vierge Mère. (…) Elle est cette splendide étoile qui se lève sur l’immensité de la mer, brillant par ses mérites, éclairant par ses exemples.

O toi qui te sens, loin de la terre ferme, emporté sur les flots de ce monde au milieu des orages et des tempêtes, ne quitte pas des yeux la lumière de cet astre si tu ne veux pas sombrer. Si les vents de la tentation s’élèvent, si tu viens heurter les rochers des tribulations, regarde l’étoile, invoque Marie. Si tu es ballotté par les flots de l’orgueil, de l’ambition, de la trahison, de la jalousie, regarde l’étoile, invoque Marie. Si la colère ou l’avarice ou les désirs impurs secouent la petite barque de ton âme, regarde Marie. Si, troublé par l’énormité de tes crimes, confondu par la malpropreté de ta conscience, glacé d’effroi à la pensée du jugement, tu commences à être englouti par le gouffre de la tristesse, par l’abîme du désespoir, pense à Marie.

Dans les périls, dans les angoisses, dans le doute, pense à Marie, invoque Marie. Qu’elle ne s’éloigne pas de ta bouche, qu’elle ne s’éloigne pas de ton cœur et, pour obtenir le secours de sa prière, ne néglige pas l’exemple de sa vie. Si tu la suis, tu ne dévies pas. Si tu la pries, tu ne désespères pas. Si tu la consultes, tu ne te trompes pas. Si elle te protège, tu ne crains rien. Si elle te conduit, tu ne te fatigues pas. Si elle t’est favorable, tu parviens au but.

Et ainsi tu éprouves par toi-même à quel juste titre il a été dit: Et le nom de la vierge était Marie. »

 (Homélie de saint Bernard, moine cistercien et docteur marial par excellence)

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Marthe et Marie

(5 septembre 2016) Au lendemain de la canonisation de mère Teresa de Calcutta et en prévision de celle de sœur Élisabeth de la Trinité le 16 octobre prochain, il nous reste à discerner  les fruits que nous pouvons en recueillir: deux exemples de fidélité radicale à Dieu, tant  dans le service du prochain que dans celui de la prière. Action et contemplation! Les deux femmes ont vécu leur vocation chrétienne à l’intérieur d’une institution religieuse mais chacune avec la grâce spéciale qui lui avait été répartie: l’une a vécu 87 ans et devint rapidement par son action caritative une légende vivante et une figure planétaire, l’autre n’a vécu que 26 ans, à Dijon (France), dont les 5 dernières  années dans l’obscurité du Carmel de la ville. Mystères de prédestination!

Marthe et Marie. (Luc 10, 38 ss) Ces deux sœurs habitaient le village de Béthanie, en Judée, et recevaient quelques fois Jésus dans leur logis. Marthe, maîtresse de maison, s’activait aux tâches ordinaires mais sa jeune sœur, plutôt que de l’aider, préférait écouter ce que Jésus avait à dire. On connaît la suite de l’histoire: Marie, au dire de Jésus, avait effectivement choisi la meilleure part car c’était là l’essentiel. Par la suite, les deux femmes se sont avérées de fidèles disciples, chacune unissant l’action à la contemplation.

La canonisation de mère Teresa de Calcutta et celle à venir de sœur Élisabeth de la Trinité remettent en lumière l’importance d’une action missionnaire fondée sur la foi et la prière; sans ce fondement, l’action risque de déraper en devenant une belle entreprise altruiste sans lendemain. Dans une société trop souvent oublieuse des pauvres et de ses devoirs religieux, Teresa et Élisabeth auront été et demeurent des rappels de l’essentiel du message de Jésus: aimer Dieu de tout son cœur  et aimer son prochain comme soi-même!

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Le Pape, le diable et la pornographie

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Le diable existe-t-il ? Peut-on dialoguer avec lui ? La pornographie sur Internet est-elle de lui ? Autant de questions soulevées par le Pape François lors de sa catéchèse du mercredi (25 novembre 2024). En voici de larges extraits :

 » Jésus dans le désert s’est débarassé de Satan et peut maintenant nous délivrer de Satan. C’est ce que les évangélistes mettent en lumière avec les nombreux récits de libération de possédés. Jésus dit à ses adversaires : «  Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, c’est que le Royaume de Dieu est venu parmi vous.  » (Matthieu 12, 27). Aujourd’hui, nous assistons à un phénomène étrange concernant le démon. À un certain niveau culturel, on pense qu’il n’existe tout simplement pas. Il serait un symbole de l’inconscient collectif, de l’aliénation, bref, une métaphore. Mais «  la plus grande ruse du diable est de faire croire qu’il n’existe pas  » comme l’a écrit quelqu’un (Charles Beaudelaire). Il est malin : il nous fait croire qu’il n’existe pas et domine ainsi tout. Il est rusé. Et pourtant notre monde technologique et sécularisé regorge de magiciens, d’occultisme, de spiritisme, d’astrologues, de vendeurs de sorts et d’amulettes, et malheureusement de véritables sectes sataniques. Chassé par la porte, le diable est rentré par la fenêtre, pourrait-on dire. Chassé par la foi, il revient par la superstition. Et si tu es superstitieux, tu dialogues inconsciemment avec le diable.

La preuve la plus forte de l’existence de Satan n’est pas dans les pécheurs ou les possédés, mais dans les saints ! (…) C’est dans la vie des saints, précisément là, que le démon est contraint d’apparaître au grand jour, de se dresser à contre-jour. Plus ou moins, tous les saints, tous les grands croyants, témoignent de leur lutte contre cette réalité obscure, et l’on ne peut honnêtement supposer qu’ils étaient tous dans l’illusion ou simplement victimes des préjugés de leur temps.

La bataille contre l’esprit mauvais se gagne comme Jésus l’a gagnée dans le désert : par la Parole de Dieu. Vous voyez que Jésus ne dialogue pas avec le diable, il ne l’a jamais fait. Il le chasse, ou le condamne, mais ne dialogue jamais. Et dans le désert, il répond non pas par sa parole, mais par la Parole de Dieu. Frères et soeurs, ne dialoguez jamais avec le diable ; quand il vient avec des tentations ( » mais ce serait bien ceci, ce serait bien cela « ) Stop ! Élève ton coeur vers le Seigneur, prie la Vierge Marie et chasse-le, comme Jésus nous a appris à le faire. (…)

Après que le Christ, sur la Croix, a vaincu pour toujours le pouvoir du prince de ce monde, disait un Père de l’Église, le diable « est lié comme un chien à une chaîne ; il ne peut mordre personne, sauf celui qui, bravant le danger, s’approche de lui. Il peut aboyer, il peut pousser, mais il ne peut pas mordre, sauf celui qui le veut » (saint Césaire d’Arles). (…) Nous avons tous fait l’expérience de la façon dont le diable s’approche avec certaines tentations. La tentation des dix commandements : quand nous nous en apercevons, arrêtons-nous, prenons de la distance ! Il ne faut pas s’approcher du chien attaché à une chaîne.

La technologie moderne, par exemple, à côté de nombreuses ressources positives qu’il convient d’apprécier, offre également d’innombrables moyens de « donner l’occasion au diable » et beaucoup y succombent. Pensons à la pornographie en ligne sur Internet, derrière laquelle se cache un marché florissant : nous le savons tous. C’est le diable qui y travaille. C’est un phénomène assez diffus, dont les chrétiens doivent cependant se méfier et qu’ils doivent rejeter fermement. Parce que n’importe quel cellulaire a accès à cette brutalité, à ce langage du démon : la pornographie en ligne.

La conscience de l’action du diable dans l’histoire ne doit pas nous décourager. La considération finale doit être également celle de la confiance et de la sécurité : « Je suis avec le Seigneur, va-t-en ». Le Christ a vaincu le diable et nous a donné l’Esprit Saint pour que nous fassions nôtre sa victoire. L’action même de l’ennemi peut tourner à notre avantage si, avec l’aide de Dieu, nous la mettons au service de notre purification. Demandons donc à l’Esprit Saint, avec les paroles du Veni Creator :

 » Repousse l’ennemi loin de nous,

donne-nous ta paix sans retard,

pour que, sous ta conduite,

nous évitions tout mal. « 

Soyez prudents car le diable est plein de ruse, mais nous, les chrétiens, avec la grâce de Dieu, sommes plus rusés que lui. Merci.  » (Osservatore Romano, numéro 39, page 2)

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Catholiques face à la guerre

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En ces temps troubles que sont les nôtres, il importe de se demander quelles doivent être les réactions d’un catholique face à la guerre, à toute guerre (offensive et défensive) ? Le Catéchisme de l’Église catholique répond à ces diverses questions. Afin de ne pas fatiguer le lecteur par un texte plutôt prolixe, voici donc celui, plus concis, du Compendium officiel du catéchisme en question : texte présenté sous forme de questions et réponses.

481. Qu’est-ce que la paix dans le monde ?

La paix dans le monde, qui est requise pour le respect et le développement de la vie humaine, n’est pas simplement l’absence de la guerre ou l’équilibre de forces opposées ; elle est « tranquillité de l’ordre » (saint Augustin), « fruit de la justice » (Isaïe 32, 17) et effet de la charité. La paix terrestre est image et fruit de la paix du Christ.

482. Que réclame la paix dans le monde ?

La paix dans le monde réclame une distribution équitable et la protection des biens des personnes, la libre communication entre les êtres humains, le respect de la dignité des personnes et des peuples, la pratique assidue de la justice et de la fraternité.

483. Quand peut-on moralement consentir à l’usage de la force militaire ?

Le recours à la force militaire est moralement justifié par la présence simultanée des conditions suivantes: la certitude d’un dommage subi grave et durable; l’inefficacité de toute solution pacifique ; les conditions sérieuses d’un succès ; l’absence de maux plus grands, étant bien considérée la puissance actuelle des moyens de destruction.

484. En cas de menace de guerre, à qui appartient-il d’apprécier de manière rigoureuse de telles conditions ?

Cela appartient au jugement prudent des Gouvernants, auxquels revient aussi le droit d’imposer aux citoyens l’obligation de la défense nationale, étant sauf le droit personnel à l’objection de conscience, obligation qui peut être réalisée par d’autres formes de service de la communauté humaine.

485. En cas de guerre, que demande la loi morale ?

La loi morale demeure toujours valide, même en temps de guerre. Elle demande que soit traités avec humanité les non-combattants, les soldats blessés et les prisonniers. Les actes délibérément contraires au droit des gens et les ordres qui les commandent sont des crimes que l’obéissance aveugle ne suffit pas à excuser. Il faut condamner les destructions massives, ainsi que l’extermination d’un peuple ou d’une minorité ethnique. Ce sont des péchés très graves et on est moralement tenu de résister aux ordres de ceux qui les commandent.

486. Que faut-il faire pour éviter la guerre ?

On doit faire ce qui est raisonnablement possible pour éviter à tout prix la guerre, étant donné les maux et les injustices qu’elle provoque. En particulier, il faut éviter l’accumulation et le commerce des armes non dûment réglementées par les pouvoirs légitimes ; les injustices, surtout économiques et sociales ; les discriminations ethniques et religieuses ; l’envie, la défiance, l’orgueil et l’esprit de vengeance. Tout ce qui est fait pour vaincre ces désordres et d’autres encore contribue à édifier la paix et à éviter la guerre.

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique, Benoît XVI, 2005)

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La paix, « seule chose juste »

À petits pas, l’Église vaticane, avant même l’arrivée du pape François, avait esquissé la rupture avec la doctrine de la « guerre juste » émise par Augustin d’Hippone (saint Augustin) au Ve siècle, développée par Thomas d’Aquin (saint Thomas d’Aquin) au XIIIe siècle, et d’autres auteurs catholiques depuis, au point de faire partie du catéchisme de l’Église catholique.

Mais nul ne l’avait fait aussi brutalement que le pape François dans ce livre, « Politique et société » :« Aujourd’hui encore, nous devons bien penser le concept de ‘guerre juste’. Nous avons appris en philosophie politique que, pour se défendre, on peut faire la guerre et la considérer comme juste. Mais peut-on dire une ‘guerre juste’ ? Ou plutôt une ‘guerre de défense’ ? Car la seule chose juste, c’est la paix. »

Dominique Wolton l’interroge : « Vous voulez dire qu’on ne peut pas utiliser le terme de ‘guerre juste’, c’est cela ? »

Réponse du pape : « Je n’aime pas l’utiliser. On entend dire : ‘Moi, je fais la guerre parce que je n’ai pas d’autre possibilité pour me défendre.’ Mais aucune guerre n’est juste. La seule chose juste, c’est la paix. »

CONCLUSION: le Pape ne nie pas le droit pour un peuple envahi de se défendre mais il condamne simplement l’utilisation de l’expression « guerre juste ».

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Pourquoi vénérer la Vierge Marie?

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Marie est-elle imitable? Les Catholiques sont-ils les seuls à vénérer la mère de Jésus? Plutôt que de vous transmettre l’opinion de tel ou tel théologien digne de foi en ce domaine, je vous cite brièvement deux extraits d’un document du Magistère infaillible de l’Église, document provenant d’un pape dont l’intégrité et la sainteté ont été reconnues récemment, Paul VI:

Marie est-elle imitable? « La Vierge Marie a toujours été proposée par l’Église à l’imitation des fidèles, non point pour le genre de vie qu’elle a expérimenté (…) mais parce que, dans les conditions concrètes de sa vie, elle a adhéré totalement à la volonté de Dieu, elle a accueilli la parole et l’a mise en pratique, elle a été inspirée dans son action par la charité et l’esprit de service; bref, elle fut la première et la plus parfaite disciple du Christ. Tout cela a une valeur exemplaire universelle et permanente. » (Marialis Cultus, no. 35)

Les Catholiques sont-ils les seuls parmi les chrétiens a avoir une telle dévotion?       « Les Catholiques rejoignent leurs frères des Églises Orthodoxes, où la dévotion à la Vierge revêt des formes hautement lyriques et profondément doctrinales dans la vénération très aimante de la glorieuse « Théotokos » et dans les acclamations à Celle qui est « l’Espérance des chrétiens ». Ils rejoignent aussi les Anglicans dont les théologiens classiques ont jadis mis en lumière la solide base scripturaire du culte rendu à la Mère de Notre-Seigneur, et dont les théologiens actuels soulignent davantage l’importance de la place que Marie occupe dans la vie chrétienne. Ils rejoignent aussi leurs frères des Églises Réformées, dans lesquelles fleurit avec vigueur l’amour des Saintes Écritures, quand ils proclament les louanges de Dieu avec les paroles mêmes de la Vierge. » (Marialis Cultus, no. 32).

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« Homme et femme, il les créa »

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En ces temps de cafouillage sexuel où chacun veut être reconnu par le grand public comme ayant des droits qui lui sont propres … (je vous fais grâce de la liste de ces mal-aimés qui ne cesse de s’allonger), voici un rappel de l’institution fondamentale qui a traversé les siècles et demeure un incontournable: l’amour conjugal. Le mariage n’est pas l’effet du hasard ou le produit de l’évolution de forces naturelles inconscientes: c’est une sage institution du Créateur pour réaliser dans l’humanité son dessein d’amour. Voici les paroles de ce grand pape que fut Paul VI, paroles prophétiques qui nous donnent l’heure juste à ce sujet:

« L’amour conjugal est avant tout un AMOUR PLEINEMENT HUMAIN, c’est-à-dire à la fois sensible et spirituel. Ce n’est donc pas un simple transport d’instinct et de sentiments, mais aussi et surtout un acte de la volonté libre, destiné à se maintenir et à grandir à travers les joies et les douleurs de la vie quotidienne, de sorte que les époux deviennent un seul cœur  et une seule âme et atteignent ensemble leur perfection humaine.

L’amour conjugal est ensuite un AMOUR TOTAL, c’est-à-dire une forme toute spéciale d’amitié personnelle, par laquelle les époux partagent généreusement toutes choses, sans réserves indues ni calculs égoïstes. Qui aime vraiment son conjoint ne l’aime pas seulement pour ce qu’il reçoit de lui, mais pour lui-même, heureux de pouvoir l’enrichir du don de soi.

L’amour conjugal est encore un AMOUR FIDÈLE ET EXCLUSIF jusqu’à la mort. C’est bien ainsi, en effet, que le conçoivent l’époux et l’épouse le jour où ils assument librement et en pleine conscience l’engagement du lien matrimonial. Fidélité qui peut parfois être difficile, mais qui est toujours possible et toujours noble et méritoire, nul ne peut le nier. L’exemple de tant d’époux à travers les siècles prouve non seulement qu’elle est conforme à la nature du mariage, mais encore qu’elle est source de bonheur profond et durable.

Enfin, l’amour conjugal est un AMOUR FÉCOND, qui ne s’épuise pas dans la communion entre époux, mais qui est destiné à se continuer en suscitant de nouvelles vies. »

(Paul VI, Encyclique Humanae Vitae, D.C. 1445-1446)

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