ROYAUTÉ de Marie : dignité ou service ?

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Au lendemain de la fête de la Royauté de Marie (anciennement jour octave de l’Assomption), il importe de souligner le véritable sens de son couronnement au ciel. Car, ce qui peut être vu par certains comme quelque chose d’assez banal (dignité attribuée à la mère du roi) dépasse  en réalité tout ce qu’on peut imaginer, même  la promesse faite aux  Apôtres de siéger « sur douze trônes, pour juger les douze tribus d’Israël » (Matthieu 19,28). L’Église l’a vite compris, elle qui a voulu transmettre par cette image symbolique du couronnement sa croyance en une association officielle de Marie à l’œuvre de son Fils, œuvre commencée il y a deux mille ans et qui perdure encore aujourd’hui. Restant sauve l’unique médiation du Christ entre Dieu et les hommes, la Vierge est ainsi honorée par l’Église comme la Mère des fidèles et la Reine du Ciel, elle dont la toute-puissance s’exerce par sa prière maternelle.

Voici ce qu’affirmait le pape Pie XII, en 1954, lors de l’institution de cette nouvelle fête mariale : « Il est certain qu’au sens plein, propre et absolu, Jésus-Christ seul, Dieu et Homme, est Roi ; toutefois, Marie aussi participe à sa dignité royale, bien que d’une manière limitée et analogique parce qu’elle est la Mère du Christ-Dieu et qu’elle est associée à l’œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre ses ennemis et le triomphe qu’il a obtenu sur eux tous. En effet, par cette union avec le Christ Roi elle atteint une gloire tellement sublime qu’elle dépasse l’excellence de toutes les choses créées : de cette même union avec le Christ, découle cette puissance royale qui l’autorise à distribuer les trésors du royaume du Divin Rédempteur ; enfin, cette même union avec le Christ est source de l’efficacité inépuisable de son intercession maternelle auprès du Fils et du Père » (Encyclique Ad Coeli Reginam)

Retenons que le royauté de Marie, loin d’être une dignité statique, comme semble le suggérer les nombreuses représentations artistiques, est avant tout un service qu’elle assume avec la tendresse maternelle qu’on peut imaginer. Déclarée «mère» au pied de la croix, elle ne cesse d’accompagner ses enfants par sa toute-puissante intercession. Quelle consolation pour nous ! Et quelle révélation du genre de vie qui nous attend au Ciel, car vivre avec Dieu c’est vivre avec Celui dont Jésus disait qu’il travaille toujours (Jean 5,17). Grâce à la fête d’aujourd’hui, la vie des bienheureux,  loin de nous paraître comme un éternel repos dans un immense dortoir, se présente donc à nous comme quelque chose de dynamique : un banquet certes, mais aussi un échange de services où la charité est primordiale. «J’entre dans la vie» s’écriait la petite Thérèse sur son lit de mort … et la pluie de roses ne se fit pas attendre !

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Ces idoles qui ne cessent d’attirer

Le mot « idole » peut être compris de diverses manières:

  1. Dans le domaine religieux (biblique), l’idole est synonyme de «faux dieux» (dieux des païens) à l’opposé du Dieu unique des Juifs, des Chrétiens ou des Musulmans. Dans l’Ancien Testament, le terme idole pouvait également désigner toute représentation sculptée du vrai Dieu.
  2. Dans le domaine séculier (contemporain), l’idole désigne souvent une personne qui sert de faux modèle à une partie de la population (ou même à une génération). Cette idole peut être incarnée par une vedette de cinéma, de la chanson ou encore du monde sportif.
  3. Dans le domaine de la vie spirituelle, (et c’est celui qui nous intéresse!) l’idole représente tout ce qui nous empêche de servir le Seigneur. « Petits enfants, gardez-vous des idoles » conseille saint Jean aux lecteurs/trices de sa première lettre (1 Jean 5, 21). L’apôtre avait sans doute en vue l’enseignement des antichrists de son temps, source d’erreurs et d’esclavages de toutes sortes. En effet, dès qu’on cesse de servir le Seigneur, on devient vite esclave de nombreux maîtres: l’argent, la cupidité, la sensualité, le culte du corps, l’exhibitionnisme, le narcissisme, et j’en passe! Derrière ces vices qui sont idolâtriques se cache une méconnaissance du Dieu unique qui seul mérite notre confiance.

Dans un réquisitoire terrible, saint Paul dénonce le péché des hommes de son temps qui, au lieu de reconnaître le Créateur à travers sa création, ont échangé la gloire de Dieu pour une représentation matérielle : statues divinisées ou fresques mythologiques. L’Apôtre y voit également la source de leur déchéance: « C’est pourquoi, dit-il, Dieu les a livrés à des passions avilissantes: leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature; les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l’infamie d’homme à homme et recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement » (Romains 1, 26-27). A ce titre, le sida et la vérole du singe en sont les plus récents exemples. Quant aux conséquences spirituelles de ces passions avilissantes, elles ne sont pas moins terribles: « Ne vous y trompez pas! Ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les dépravés, ni les sodomites … n’hériteront du Royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6, 9). L’absence de religion dans nos sociétés modernes ne peut manifestement que conduire l’homme à sa déchéance !

Petits enfants, gardez-vous des idoles!  Un travail quotidien et de tout instant s’impose donc à nous, Chrétiens! Puisse notre société se réveiller de sa torpeur et de son matérialisme ambiant et se reprendre en mains. Puisse l’Église redevenir un phare dans un monde enténébré qui cherche la vérité comme à tâtons. Tâche impossible ? Rêve irréalisable ? Qu’en dit le Christ ? « Vous êtes le sel de la terre … la lumière du monde » (Matthieu 5, 13) et il ajoute « Dans le monde vous aurez à souffrir, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde! » (Jean 16, 33).

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La Vierge Marie est-elle morte ?

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En cette Solennité de l’Assomption de Marie au ciel, il peut s’avérer intéressant de se demander si cette assomption s’est effectuée du vivant de la Vierge ou après sa mort. Car, à proprement parler, ayant été conçue sans la tache du péché originel, Marie n’était pas soumise à la loi générale de la mort. Les opinions sont partagées (du moins dans l’Église catholique) et cette question n’a jamais été réglée. C’est le pape Pie XII qui définit l’Assomption de Marie comme dogme de foi par la constitution apostolique Munificentissimus Deus (1950): « Par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et par Notre propre autorité, Nous prononçons, déclarons, et définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste ». L’expression «après avoir achevé le cours de sa vie terrestre» utilisée par le Pape, laisse ouverte la question de savoir si la Vierge Marie est décédée ou non avant son Assomption. On sait que l’Église orthodoxe, tout en professant la même foi mariale, incline vers la mort de Marie et préfère donner à cette fête du 15 août le nom de «Dormition de la Vierge».

Quelque soit la réponse à cette question (peut-être un peu hasardeuse), il est encore plus important de se pencher sur le fait-même de l’enlèvement de Marie au Ciel qui est, pour nous chrétiens, comme un avant-goût du bonheur promis. Laissons la parole à notre ami chartreux, dom Augustin Guillerand, qui, tout en acceptant l’opinion de la mort de Marie, nous présente sa compréhension de l’Assomption :

« Le mystère de l’Assomption de la Vierge, comme d’ailleurs tous, ou à peu près tous, les mystères célébrés dans nos solennités chrétiennes, présente un double aspect: un aspect extérieur et un aspect intérieur.

L’aspect extérieur, c’est d’abord le trépas de la Vierge, cet instant qui put être très simple en soi mais ne peut pas ne pas être très grand pour nous: pour se conformer à son divin Fils et pour partager, autant que possible, le sort de ses enfants adoptifs, elle se soumit à la loi de mort, qui cependant n’était pas faite pour elle, et elle connut la séparation de son âme d’avec son corps. C’est ensuite, et plus proprement, la réunion de ce corps et de cette âme et le glorieux enlèvement par les anges qui la transportèrent vivante au ciel. C’est enfin l’accueil que lui fit la cour céleste, tout spécialement son divin Fils et le geste par lequel, avec une tendresse et une noblesse qu’on devine, il déposa sur son front de mère la couronne de gloire. (…)

Le mystère de l’Assomption a un autre aspect, un aspect plus voilé parce que plus intérieur, et non moins réel cependant: c’est le mouvement d’amour qui, l’heure venue, tira l’âme (de la Vierge) hors de son corps, puis l’y ramena pour pouvoir emporter ce corps avec elle dans la jouissance de Celui pour lequel ils avaient été faits et unis. Ce mouvement, par un privilège unique, commença avec la vie même de Marie, avec sa Conception Immaculée. (…) Elle vit [par la foi, au cours de sa vie] ce Dieu dont l’être est amour. Elle le vit qui l’aimait et se donnait, et elle se prit à faire cela, comme lui, à l’aimer et à se donner. Et ce fut toute sa vie en son fond radical et vrai. Les personnes, les choses avec lesquelles elle entrait en contact, les événements qui se produisaient, c’était la surface changeante qui passe; sous cette surface, sous la pauvreté de la crèche, l’exil forcé en Égypte, les longues années d’humble travail à Nazareth, le supplice même de la croix, elle voit la même réalité profonde et unique qui se donne et l’appelle à se donner. L’aspect intérieur de l’Assomption, c’est ce don arrivé à son terme, c’est la somme de ces dons répétés, sans cesse renouvelés … de ces lumières par lesquelles Dieu se fait connaître et que Marie accueille, de ces mouvements par lesquels Dieu se communique et auxquels répond l’élan de sa charité qui s’accroît. (…) Et nous arrivons ainsi à ce sommet, à cet élan suprême de l’Assomption, où l’amour indéfiniment accru fit éclater, Dieu le permettant enfin, les liens qui unissaient son âme à son corps et ensuite rétablit ces liens pour l’élever, triomphante, en corps et en âme. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 44 ss)

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Culte et adoration communautaire

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Nous assistons aujourd’hui, surtout en Amérique du Nord, à une campagne inédite de salissage en ce qui concerne les catholiques pratiquants : tous ces croyants, dit-on, ne viendraient à la messe dominicale que pour se donner bonne conscience et n’auraient aucun souci du prochain, des marginaux, des pauvres et des exclus. Une telle critique malveillante snobe la vie ecclésiale traditionnelle et priante (avec sacrements et catéchèse) pour promouvoir une vision protestante et individualiste de nos rapports avec Dieu, un Dieu plutôt bonasse (!), enclin à oublier ses propres lois morales. Hélas, on semble avoir oublié le rôle primordial de l’Esprit Saint animant les communautés chrétiennes depuis 2000 ans. Qu’en est-il vraiment de la vie de l’Église telle que voulue par son Fondateur ? Voici quelques réponses autorisées à ces questions :

548. Comment priait la première communauté chrétienne de Jérusalem ?

Au début des Actes des Apôtres, il est écrit que dans la première communauté de Jérusalem, formée par l’Esprit Saint à la vie de prière, les croyants « étaient assidus à l’enseignement des Apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Actes 2, 42).

549. Comment l’Esprit Saint intervient-il dans la prière de l’Église ?

Le Saint Esprit, Maître intérieur de la prière chrétienne, forme l’Église à la vie de prière et il la fait entrer toujours plus profondément dans la contemplation et dans l’union avec l’insondable mystère du Christ. Les formes de prière, telles que les révèlent les Écrits apostoliques et canoniques, resteront normatives pour la prière chrétienne.

550. Quelles sont les formes essentielles de la prière chrétienne ?

Ce sont la bénédiction et l’adoration, la prière de demande et d’intercession, l’action de grâce et la louange. L’Eucharistie contient et exprime toutes les formes de prière.

551. Qu’est-ce que la bénédiction ?

La bénédiction est la réponse de l’homme aux dons de Dieu. Nous bénissons le Tout-Puissant qui nous a bénis le premier et qui nous comble de ses dons.

552. Comment définir l’adoration ?

L’adoration est le prosternement de l’homme, qui se reconnaît créature devant son Créateur trois fois saint.

553. Quelles sont les diverses formes de la prière de demande ?

Il peut s’agir d’une demande de pardon ou encore d’une demande humble et confiante pour tous nos besoins, tant spirituels que matériels. Mais la première réalité à désirer, c’est la venue du Royaume.

554. En quoi consiste l’intercession ?

L’intercession consiste à demander en faveur d’un autre. Elle nous conforme et nous unit à la prière de Jésus, qui intercède auprès du Père pour tous les hommes, en particulier pour les pécheurs. L’intercession doit s’étendre même à nos ennemis.

555. Quand rend-on à Dieu l’action de grâce ?

L’Église rend sans cesse grâce à Dieu, surtout en célébrant l’Eucharistie dans laquelle le Christ la fait participer à son action de grâce au Père. Pour le chrétien, tout événement devient matière à action de grâce.

556. Qu’est-ce que la prière de louange ?

La louange est la forme de prière qui reconnaît le plus immédiatement que Dieu est Dieu. Elle est totalement désintéressée : elle chante Dieu pour lui-même et lui rend gloire parce qu’il est.

(Compendium du Catéchisme de l’Église catholique)

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Adoration locale ou en esprit?

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Dans l’Israël d’aujourd’hui, certains citoyens aimeraient pouvoir rétablir, un jour, le culte au Temple de Jérusalem comme autrefois. Serait-ce conforme au Plan de Dieu? La réponse de Jésus à cette question est clairement négative, telle qu’elle ressort de son entretien avec la Samaritaine. En voici le commentaire par notre ami chartreux, dom Guillerand:

« Je vois que vous êtes prophète » (Jean 4, 19). La Samaritaine est soulevée au-dessus d’elle-même. Les pensées de religion, que son existence pécheresse recouvrait et lui faisait perdre de vue habituellement, reviennent en surface; ou, pour mieux dire: la lumière qui vient de pénétrer en elle les lui révèle au fond trop oublié de son âme; et cette fois elle se rapproche de celui qui parle, elle le rejoint sur le terrain spirituel où il l’attire: « Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là; et vous, Juifs, vous dites que Jérusalem est le lieu où il faut l’adorer ». La montagne qu’elle montrait est le Garizim. C’était le lieu sacré des Samaritains; ils y avaient leur temple et leur culte; ils l’opposaient au temple de Jérusalem et ils y vivaient leur vie religieuse nationale sans communiquer avec les Juifs. La Samaritaine se sent divisée d’avec celui qui lui parle par cette divergence qui en effet, pour l’âme de ces peuples, était capitale. Elle se posait sans cesse à tous, et elle créait non seulement des difficultés dans les rapports, mais dans la croyance même qui exige l’unité. Un seul Dieu demande une seule foi, un seul culte. La division existante s’y oppose et soulève une question troublante.

Jésus l’attendait sur les lèvres de cette femme, pour se l’unir elle-même et pour lui attirer les âmes de ses compatriotes auprès desquels il voulait en faire son apôtre: « Femme, crois-moi, crois que l’heure est venue où ce ne sera ni sur cette montagne, ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous, Samaritains, vous adorez sans savoir; nous, Juifs, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut est des Juifs; mais le temps vient, et il est déjà venu, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car c’est de tels adorateurs que le Père veut avoir ». Rejoint sur le terrain religieux qui est le sien, Jésus y fait avancer aussitôt cette âme. Une difficulté encombre sa marche, il la résout d’abord. Les divisions entre Juifs et Samaritains l’arrêtent; il les supprime. Il la conduit à l’unité qu’elle devine nécessaire. Il écarte la question litigieuse, il la dépasse. Ce n’est qu’une question superficielle et une situation transitoire. Il vient précisément pour transporter les âmes par delà ce transitoire. Nil le temple de Jérusalem ni celui que porte le sommet voisin du Garizim ne limitent la rencontre des âmes avec Dieu. Dieu est partout; il est surtout au fond de ces âmes qui veulent entrer en rapport avec lui; il est au foyer essentiel de l’être humain, et c’est là qu’il l’attend pour recevoir ses adorations. La religion qu’il apporte va rétablir ces relations qui sont la vraie religion, et qui sont offertes aux Samaritains comme aux Juifs.

Ces relations intimes prenaient jusque-là une forme extérieure à laquelle on donnait trop d’importance. La forme était voulue de Dieu comme un moyen, mais ce n’est pas là qu’est la religion vraie. Juifs et Samaritains ne sont divisés que sur ce terrain des moyens: ils peuvent et doivent s’unir dans la foi qui est vérité et rapports intimes. Le divin Maître n’exclut pas les rapports officiels; il ne condamne pas le passé; il en précise au contraire la valeur en distinguant le culte authentique de Jérusalem qui seul était de Dieu de celui du Garizim qui était une idolâtrie. Il n’a pas peur de faire la lumière et de prendre parti pour la vérité; même si elle heurte ceux auxquels il s’adresse. Les Juifs ont raison contre les Samaritains; ils sont les gardiens des traditions divines; le salut est chez eux. Mais il est offert à tous, et il consiste dans une religion intérieure qui a pour temple l’âme de chacun. C’est là que Dieu est Père et attend ses enfants; c’est là que désormais Juifs et Samaritains peuvent également l’adorer, recevoir sa vie unique, et redevenir frères en cette vie. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 229 s)

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L’émerveillement eucharistique selon François

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On s’émerveille lorsqu’on éprouve un étonnement agréable devant quelque chose d’inattendu qu’on juge merveilleux, tel notre émerveillement face à un paysage automnal haut en couleurs. Pour le pape François, notre émerveillement devant le mystère pascal célébré dans l’eucharistie est un élément essentiel de la liturgie : « si un tel émerveillement venait à manquer, écrit-il, nous risquerions d’être imperméables à l’océan de grâce qui inonde chaque célébration » (Desiderio desideravi, Lettre apostolique sur la formation liturgique du peuple de Dieu, no.24).

On peut évidemment s’émerveiller face à divers éléments liturgiques (chants, vêtements, processions, encens, décorum à l’ancienne ou rite tridentin) mais nous sommes encore loin du véritable émerveillement spirituel auquel le pape fait allusion : « L’émerveillement dont je parle n’est pas une sorte de désarroi devant une réalité obscure ou un rite énigmatique, mais c’est, au contraire, l’émerveillement devant le fait que le dessein salvifique de Dieu nous a été révélé dans la Pâque de Jésus » (no. 25). Quelle simplicité d’expression et pourtant quelle hauteur de vue : Jésus lui-même doit retenir toute notre attention à la messe, mémorial de sa mort et de sa résurrection ! Et cette offrande de Jésus nous dévoile l’amour salvifique du Père pour tous les humains ! On accuse parfois la réforme liturgique d’avoir évacué de la célébration « le sens du mystère » … mais on oublie, comme dit François, « que la rencontre avec Dieu n’est pas le fruit d’une recherche intérieure individuelle, mais un événement donné, soit le fait nouveau de l’Incarnation » (no 24). Incarnation historique du Verbe de Dieu, à nous rappelée et transmise par les divers sacrements de l’Église. C’est ainsi que la grandeur du Plan salvifique de Dieu doit susciter, encore aujourd’hui, notre admiration et nous conduire à l’adoration.

Le 16 juillet 2021, le pape François publiait une lettre apostolique Traditionis custodes (Gardiens de la Tradition) qui abrogeait le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. Ce dernier document, écrit en 2007, avait élargi les conditions de célébration de la messe tridentine : on y affirmait que la messe dans l’ancien rite n’avait jamais été abolie et que des fidèles, assemblés en groupe stable, pouvaient légitimement demander qu’elle soit célébrée dans leur diocèse. De plus, cette messe y était qualifiée de « forme extraordinaire » du Rite romain. Des affirmations plutôt discutables qui semblaient inviter à un retour en arrière en minimisant la réforme liturgique promulguée par le Concile Vatican II. Or, suite à une malheureuse dérive de cet élargissement de 2007, dérive qui aboutissait pour certains à un refus pur et simple de la réforme conciliaire, le pape actuel n’avait d’autres choix que de sonner l’alarme et prendre des mesures draconiennes pour sauvegarder l’unité de l’Église catholique : « Il serait banal de lire les tensions liturgiques comme une simple divergence entre différentes sensibilités envers une forme rituelle. La problématique est avant tout ecclésiologique. Je ne vois pas comment on peut dire que l’on reconnaît la validité du Concile et ne pas accepter la réforme liturgique (…). Pour cette raison, j’ai estimé qu’il était de mon devoir d’affirmer que les livres liturgiques promulgués par les saints pontifes Paul VI et Jean-Paul II (conformément aux décrets du Concile Vatican II) sont l’unique expression de la lex orandi (la loi de prière) du Rite romain «  (Desiderio desideravi, no 31). Et voilà la vérité rétablie !

Dans le but de raviver notre émerveillement face à la beauté et à la vérité de la messe, le pape nous invite donc à nous concentrer sur l’essentiel : le rappel du célébrant, lors de la consécration eucharistique, de l’offrande extraordinaire de Jésus à son Père à la dernière Cène. Offrande ouverte à notre participation, grâce à notre union au Christ « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Voilà le sommet de ce sacrement qui se finalisera dans la communion eucharistique subséquente. Notre réception fréquente des divers sacrements de l’Église peut ainsi devenir le meilleur moyen de nous laisser former à la vie d’enfants de Dieu. Voilà ce qui doit nous émerveiller ! On comprend, dès lors, l’à-propos de cette dernière remarque du Saint-Père : « Toute cette richesse [vérité de la célébration, formation liturgique, art de célébrer] n’est pas loin de nous. Elle est dans nos églises, dans nos fêtes chrétiennes, dans la centralité du dimanche, dans la force des sacrements que nous célébrons. La vie chrétienne est un parcours continuel de croissance. Nous sommes appelés à nous laisser former dans la joie et dans la communion » (no 62).

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Une liturgie pour élite ?

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Lorsque j’étais jeune, aller à l’église était toute une expérience car j’y retrouvais toujours cette atmosphère de mystère qui me laissait prévoir une belle rencontre avec Dieu. Le respect des lieux avec aspersion d’eau bénite, génuflexion, prière silencieuse,  sans oublier ces statues de saints et de saintes qui de leur pénombre semblaient veiller sur moi ; tout contribuait à faire de cet endroit un lieu sacré. Beaucoup de monde allait à la messe et participait respectueusement aux célébrations avec chant grégorien, encens, etc … même si tous ne communiaient pas. J’ai retrouvé cette même atmosphère il y a quelques années lors d’une  messe dans une église orthodoxe : belle assistance, empressement à vénérer les icônes, chants magnifiques … mais tous ne communient pas !

Or, voici qu’une tendance est apparue dans notre Église catholique (après le Concile mais non à cause de lui)  voulant que la messe soit vue exclusivement comme un repas … avec comme conséquence naturelle : «Lorsque tu es invité à un repas, tu dois être capable de manger » sinon tu n’a pas ta place là. Beaucoup, en situation irrégulière, se sont donc sentis exclus de la messe ainsi comprise ! Mais il y a plus : l’implantation d’une nouvelle architecture « moderne » invitait à évacuer de nos églises toute atmosphère de piété et de religiosité. Finalement, les fidèles se sont retrouvés dans une grande salle bien éclairée, belle sans doute mais plutôt impersonnelle. De verticale, la liturgie était devenue horizontale : l’adoration faisant place au dialogue fraternel. Nos lieux de culte traditionnel devinrent peu à peu des salles de réunion dominicale, souvent mises sous clé durant la semaine. Le fossé entre les lieux de culte orthodoxes et les lieux de culte catholiques s’est élargi au point d’apparenter ces dernières aux lieux de culte protestant. « Nous avons cérébralisé la liturgie », avouait péniblement le cardinal Paul Grégoire, archevêque de Montréal.

Or la messe n’est pas uniquement un repas,  elle est aussi un sacrifice, le mémorial de la mort de Jésus, un acte de culte qui nous enrichit par une triple présence du Seigneur : rassemblement en son nom, écoute de sa Parole et prière eucharistique. Certains liturgistes nous ont donc joué un très mauvais tour en appauvrissant la messe pour la réduire à la seule communion, en vidant le bâtiment de tout ce qui faisait son attirance religieuse  et en excluant de facto tous ces fidèles (surtout ceux en situation irrégulière) qui aimaient s’y rendre au besoin. « Nous avons cérébralisé la liturgie » …  et j’oserais ajouter que nous avons également éloigné de l’église la catégorie la plus fragile de nos fidèles en la réservant à une élite.

Dieu merci, les récents Papes sont très conscients de cette situation injuste. Benoît XVI  et François se sont efforcés de redonner à la religiosité et à la prière personnelle la place qui leur revient : efforts pas toujours très heureux quant à l’éphémère réintroduction de l’ancienne liturgie, avons-le, mais plus réussis quant à la revalorisation de  la dévotion populaire (surtout mariale). Nos églises ne sont donc pas destinées à être uniquement des « salles à manger » mais aussi des lieux de culte ! En ces temps de réflexions sur la synodalité de l’Église catholique,  puissent les portes de nos églises laisser entrer  à nouveau ces chrétiens et chrétiennes qui cheminent tant bien que mal sur les sentiers de l’Évangile ; puissent-ils y retrouver un lieu sacré, propice à la prière personnelle, ainsi qu’une liturgie qui les console, les comprend et leur permet de marcher à leur rythme !

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La vie dévote, selon François de Sales

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(Église de mon enfance, à Gatineau)

J’ai eu la chance de grandir dans une paroisse québécoise dédiée à saint François de Sales, cet évêque savoyard du 16e-17e siècle canonisé et déclaré docteur de l’Église pour avoir su proposer aux chrétiens ordinaires une voie de sainteté « sûre, facile et douce» (Pie IX, en 1877).  Voici un extrait de son best-seller Introduction à la vie dévote où il explique que la vie spirituelle n’est pas réservée aux religieux et religieuses, ni aux moines contemplatifs:

[ À noter que l’expression « vie dévote » n’avait pas, au 16e siècle, le sens restreint que nous lui donnons aujourd’hui, mais celui plus large de « vie spirituelle »]

« Dieu commanda en la création aux plantes de porter leurs fruits, chacune selon son genre; ainsi commande-t-il aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Église, qu’ils produisent des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité et vocation. La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l’artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée; et non seulement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier. Serait-il à propos que l’Évêque voulût être solitaire comme les Chartreux? Et si les mariés ne voulaient rien amasser non plus que les Capucins, si l’artisan était tout le jour à l’église comme le religieux, et le religieux toujours exposé à toutes sortes de rencontres pour le service du prochain comme l’Évêque, cette dévotion ne serait-elle pas ridicule, déréglée et insupportable? Cette faute néanmoins arrive bien souvent. (…)

C’est une erreur et même une hérésie de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés. Il est vrai que la dévotion purement contemplative, monastique et religieuse ne peut être exercée en ces vocations-là mais aussi, outre ces trois sortes de dévotion, il y en a plusieurs autres, propres à perfectionner ceux qui vivent dans les états séculiers. Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite. » (Édition Ravier & Devos, 1,36-37)

Bien avant Vatican II, ce saint évêque a donc su adapter la vie spirituelle au laïcat tout en respectant les diverses branches de leur activité séculière. Un aggiornamento plus que bienvenu en ces siècles de jansénisme étouffant. J’en profite, ici, pour adresser une certaine mise en garde à mes lecteurs et lectrices: En citant régulièrement dans mes écrits la spiritualité des Chartreux, mon intention n’est pas d’inciter à l’imitation matérielle de ce genre de vie monastique mais bien de vous encourager à y puiser une certaine émulation. La recherche de Dieu est ouverte indistinctement à tous les croyants; elle se doit néanmoins de demeurer adaptée aux forces et situations concrètes d’un chacun !

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La prière face aux difficultés quotidiennes

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Que l’objet principal de la prière soit la vie divine en nous et les vertus par lesquelles cette vie s’exerce, tout cela est clair ! Mais, comme ajoute dom Guillerand, « il y a des biens dont nous ne savons pas s’ils nous unissent à Dieu ou nous en éloignent ». Comment nous comporter face à ces difficultés quotidiennes ? Écoutons-le :

« Il y a des biens dont nous ne savons pas s’ils nous unissent à Dieu ou nous en éloignent. Il en est de même de ce que nous nommons le mal naturel : d’une maladie je puis faire un moyen de sanctification en la supportant avec patience et par amour du Père céleste qui la permet ; je puis aussi l’accepter avec révolte et maudire Celui qui me l’impose.

Quelle attitude prendre en face de tout cela quand je prie ? L’attente calme et l’abandon confiant qui ne perdent pas leur temps à envisager des hypothèses et qui se reposent dans la réalité indubitable. Cette réalité est la suivante : Dieu est bon, Dieu est amour ; il ne veut que mon bien, je m’en remets à lui du soin de le procurer. En face même des biens surnaturels cette attitude est admissible : c’est l’attitude d’enfant, du tout petit enfant. Il se blottit sur le cœur du Père, dans son amour ; il y demeure, il attend. Ce calme repos de l’attente n’est pas indifférence inerte, c’est confiance assurée qui est une forme de désir. Il faut que le désir persiste et anime ce repos dont il ne faudrait pas abuser et qui pourrait devenir paresse. En général, l’Esprit Saint, qui est l’âme de nos prières, nous excite à préciser nos demandes. Il y a des avantages : la vue des biens surnaturels, la considération de leur valeur enflamme le désir qui n’est jamais trop vif et dont la vivacité n’exclut pas le calme. Tous les saints ont été des âmes d’ardents désirs.  »

(Écrits spirituels, tome 1, page 48 )

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Patienter ou se décourager ?

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La vie chrétienne est essentiellement faite d’attentes de toutes sortes car le processus de conversion commencé au baptême demande du temps … beaucoup de temps! On n’y peut rien car c’est ainsi que la Providence en a décidé: l’image de Dieu dans l’homme ne peut être rétablie qu’au prix d’une longue collaboration à l’action salvifique du Christ. « Si le Christ t’a racheté au Calvaire sans ton aide, disait saint Augustin, par contre il ne te sauvera pas sans ta collaboration ». Cette longue collaboration s’impose pour pouvoir séparer le vrai du faux, le disciple authentique du disciple superficiel, l’ami sincère de l’ami intéressé.

Nous voilà donc obligés de patienter, même dans l’amour du bien et le désir du Royaume ! Ce problème n’est pas nouveau, car dès l’Ancien Testament les justes aspiraient à être immédiatement récompensés de leurs peines. Les premiers chrétiens n’étaient pas tellement différents: la vue des persécutions les horrifiaient car ils y voyaient le diable triompher dans ses desseins maléfiques. Et nous? Comment voyons-nous les scandales à répétition sur la scène ecclésiale ? Cette révélation douloureuse nous jette-t-elle dans le dégoût de l’Église ou dans un désir exacerbé du retour du Christ qui mettrait fin à cette honte collective ? Devons-nous nous décourager ? Serions-nous ennuyés de devoir revoir à la baisse notre vision quelque peu idyllique de notre sainte Église ou de faire face à la dure réalité et passer aux actes ? Allons-nous perdre la paix intérieure durant tout ce processus? À vous, simples fidèles, qui souffrez pour elle sans pouvoir espérer modifier grand chose, je redis ces sages paroles du prophète: « Va, mon peuple, entre dans tes chambres et ferme sur toi tes portes. Cache-toi un instant, le temps que passe la colère » (Isaïe 26, 20). Il ne s’agit pas de faire distraction et de « passer à autres choses » mais de souffrir en silence (en union avec les victimes) tout en sachant que de bons prêtres sont toujours là pour nous accompagner.

Ce processus peut prendre du temps, beaucoup de temps. Voici comment un ecclésiastique s’exprimait à ce sujet dans une homélie du 2e siècle: « Ayons la foi, mes frères et mes sœurs: le combat que nous menons est l’épreuve que nous impose le Dieu vivant, et nous luttons dans la vie présente pour être couronnés dans celle qui vient. Parmi les justes, aucun n’a recueilli un fruit précoce; il faut savoir attendre. Si Dieu donnait immédiatement aux hommes justes leur récompense, ce serait bientôt un marché que nous pratiquerions, et non le culte de Dieu.  »  (Homélie d’un  anonyme du 2e siècle, PA 1, 206-210)

Patience ne veut pas dire inertie ! Un gros changement s’annonce dans l’Église catholique avec le Synode actuel qui porte justement sur la synodalité, c’est-à-dire sur l’implication concrète de tous les membres de l’Église (tant universelle que diocésaine). Soyons patients, et laissons mûrir cette espérance de nouveauté appelée à transformer le cléricalisme actuel en une véritable collaboration de tous. D’ici là, prions et gardons la foi !

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