Un temps de réflexion

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Les chrétiens commencent aujourd’hui cette période de quarante jours, le Carême, qui va les préparer à la célébration de la fête chrétienne par excellence, celle de la Mort-Résurrection de Jésus, la fête de Pâques ! Ce temps liturgique est tellement important que son premier et son dernier jour sont jours de jeûne obligatoire: soit le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Je remarque que plusieurs catholiques d’aujourd’hui, fascinés par le Ramadan (jeûne annuel des musulmans qui dure un mois), peinent néanmoins à observer ces deux jours de jeûne imposés par l’Église … ainsi va la nature humaine !

Mais dans l’esprit de l’Église, le Carême n’est pas uniquement une période de discipline corporelle, il est avant tout un temps de prière et de réflexion. À l’exemple du divin Maître au désert, les croyants sont invités à s’arrêter pour réfléchir sur le sens de leurs engagements baptismaux. Qui sommes-nous et où allons-nous ? Sommes-nous vraiment des disciples du Christ, prêts à donner notre vie à sa suite ? Bien que ce temps liturgique soit riche en textes à lire et à méditer, ce qui frappe avant tout c’est l’exemple donné par Jésus lui-même : quarante jours de solitude et de privations sous l’inspiration de l’Esprit Saint ; quarante jours de silence, d’écoute, d’examen de soi mais aussi de mise à l’épreuve ; bref, quarante jours d’efforts dont les fruits se révéleront magnifiques tout au long de son court ministère publique.

Chers amis, si le Maître a senti le besoin de s’asseoir et de réfléchir avant d’entreprendre sa mission, combien plus devons-nous nous arrêter pour voir si nous pouvons, avec nos pauvres moyens, espérer témoigner de lui dans un monde de plus en plus déprimant et matérialiste. Le combat s’annonce ardu en 2024 et l’indifférence palpable de plusieurs des nôtres ne nous aide pas, évidemment. Nous avons donc un grand besoin de courage spirituel. N’hésitons pas à puiser dans la liturgie du Carême les matériaux nécessaires à notre lutte contre le mal. À tous et à chacun, un saint entraînement au combat spirituel et une magnifique montée vers Pâques !

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En cette JOURNÉE MONDIALE DES MALADES

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 » C’est Dieu qui blesse et qui panse, il meurtrit, mais ses mains guérissent  » (Job 5, 18). Avouons que la Providence de Dieu est un mystère qui ne cesse de nous surprendre : comment Dieu peut-il vouloir nous blesser pour ensuite nous guérir ?  La souffrance humaine étant à l’opposé du bonheur, personne ne peut raisonnablement la désirer. Jésus lui-même ne l’a supportée qu’en tant que moyen de salut mais non comme une fin en soi : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse mais la tienne » (Luc 22,42).

Le saint homme Job, dans sa vie de douleurs, a bien perçu que Dieu est l’auteur incontesté de tout ce qui nous arrive, soit en bien soit en mal : « Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur » (Job 2, 10).  Néanmoins, malgré sa sagesse qui le poussait à accepter ce qu’il ne comprenait pas, Job ne pouvait percevoir ce que Jésus nous apporterait comme solution : la révélation de l’amour paternel de Dieu qui, conscient de nos erreurs, nous aide miséricordieusement à nous en sortir. Cette collaboration implique nécessairement une certaine douleur car le péché nous colle à la peau comme la lèpre.

Mon dermato me brûle régulièrement le visage à l’azote liquide pour me débarrasser de certaines lésions cutanées. J’aime mon dermato même s’il me fait mal et me défigure provisoirement. Dans mes moments d’angoisse, j’aime également me souvenir de cette histoire d’une petite fille qui, un soir d’hiver glacial, avait à traverser une forêt avec sa grand-mère. « Lorsque je m’arrêtais pour me reposer, ma grand-mère me frappait souvent au visage … je ne l’ai jamais autant détestée, jusqu’au jour où, quelques années plus tard, je compris qu’elle avait fait cela pour m’empêcher de m’arrêter et de geler sur place ».  La Providence de Dieu est souvent mal comprise, mal interprétée, et nous croyons facilement que Dieu n’a pas de cœur … alors que c’est précisément PARCE QU’IL EN A qu’il agit ainsi.

« Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » dit saint Paul dans le chapitre 8 de la lettre aux Romains. «Tout», absolument tout, bonheur et malheur, joies et peines, santé et maladies, rien n’est inutile aux yeux de Dieu. Son amour pour nous est de tous les instants. Personnellement, je crois qu’il ne permet la souffrance qu’en autant qu’elle peut nous servir à aller plus loin. Bienheureux ceux et celles qui lui font confiance !

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L’Église face au 5e commandement de Dieu

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« Tu ne tueras pas » est le cinquième des 10 commandements de Dieu, commandements acceptés par l’Église comme base de sa doctrine révélée. Le Christ en effet n’est pas venu abolir mais accomplir la loi de Moïse dont les dix commandements sont le fondement (Matthieu 5, 17). Par ailleurs, tous les commandements peuvent se résumer dans la charité, selon les paroles mêmes du Maître : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13, 35). En tant que catholiques, que devons-nous penser des divers courants d’idées concernant la peine capitale, l’euthanasie, le suicide assisté et l’avortement ? Voici quelques éléments de réponse donnés dans le Compendium du Catéchisme de l’Église catholique :

470. Qu’interdit le cinquième commandement ?

Le cinquième commandement interdit comme gravement contraires à la loi morale:

  1. L’homicide direct et volontaire, ainsi que la coopération à celui-ci.
  2. L’avortement direct, recherché comme fin et comme moyen, ainsi que la coopération à cet acte, avec la peine d’excommunication, parce que l’être humain, dès sa conception, doit être défendu et protégé de manière absolue dans son intégrité.
  3. L’euthanasie directe, qui consiste à mettre fin, par un acte ou par l’omission d’une action requise, à la vie de personnes handicapées, malades ou proches de la mort.
  4. Le suicide et la coopération volontaire à celui-ci, parce qu’il est une offense grave au juste amour de Dieu, de soi-même et du prochain ; quant à la responsabilité, elle peut être aggravée en raison du scandale ou diminuée par des troubles psychique

471.  Quelles procédures médicales sont autorisées quand la mort est considérée comme imminente ?

Les soins habituellement dus à une personne malade ne peuvent être légitimement interrompus. Par contre, sont légitimes le recours à des analgésiques n’ayant pas comme finalités la mort, ainsi que le renoncement à « l’acharnement thérapeutique », c’est-à-dire, à l’usage de procédés médicaux disproportionnés et sans espoir raisonnable d’une issue favorable.

472. Pourquoi la société doit-elle protéger tout embryon ?

Le droit inaliénable à la vie de tout individu humain, dès sa conception, est un élément constitutif de la société civile et de sa législation. Quand l’État ne met pas sa force au service des droits de tous, et en particulier des plus faibles, parmi lesquels les enfants conçus non encore nés, ce sont les fondements mêmes de l’état de droit qui sont minés.

473. Comment éviter le scandale ?

Le scandale, qui consiste à porter autrui à faire le mal, est à éviter en respectant l’âme et le corps de la personne. Si l’on porte délibérément autrui au péché grave, on commet une faute grave.

474. Quels devoirs avons-nous envers le corps ?

Nous devons porter une attention raisonnable à la santé physique, la nôtre et celle d’autrui, en évitant le culte du corps et toutes sortes d’excès. Doivent aussi être évités l’usage de stupéfiants, qui causent de graves dommages à la santé et à la vie humaine, et aussi l’abus de nourriture, d’alcool, de tabac et de médicaments.

475. Quand les expérimentations scientifiques, médicales et psychologiques sont-elles moralement légitimes sur les individus ou sur des groupes humains?

Elles sont moralement légitimes si elles sont au service du bien intégral de la personne et de la société, sans risques disproportionnés pour la vie et l’intégrité physique et psychique des individus, qui doivent être, au préalable, informés et consentants.

476. Avant et après la mort, le prélèvement et le don d’organes sont-ils autorisés ?

Le prélèvement d’organes est moralement acceptable avec le consentement du donneur et sans risques excessifs pour lui. Pour que soit réalisé l’acte noble du don d’organes après la mort, on doit être pleinement certain de la mort réelle du donneur.

477. Quelles sont les pratiques contraires au respect de l’intégrité corporelle de la personne humaine ?

Ce sont : les enlèvements et les prises d’otages de personnes, le terrorisme, la torture, les violences, la stérilisation directe. Les amputations et les mutilations d’une personne ne sont moralement acceptables qu’à des fins thérapeutiques pour la personne elle-même.

478. Comment doit-on prendre soin des mourants ?

Les mourants ont le droit de vivre dans la dignité les derniers moments de leur vie terrestre, et surtout avec le soutien de la prière et des sacrements, qui les préparent à rencontrer le Dieu vivant.

479. Comment doivent être traités les corps des défunts ?

Les corps des défunts doivent être traités avec respect et charité. L’incinération est permise à condition qu’elle soit réalisée sans mettre en cause la foi en la résurrection des corps.

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La Vierge Marie et nos frères séparés !

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Theotokos (littéralement «celle qui engendre Dieu» ou Mère de Dieu)

La dévotion envers la Vierge Marie serait-elle réservée à la seule Église catholique ? En cette Semaine de prières pour l’unité des Chrétiens, relisons ce court extrait d’un document de saint Paul VI qui nous éclaire sur ce sujet :

« Les catholiques rejoignent leurs frères des Églises orthodoxes, où la dévotion à la Vierge revêt des formes hautement lyriques et profondément doctrinales dans la vénération très aimante de la glorieuse «Theotokos» et dans les acclamations à Celle qui est «l’Espérance des chrétiens». Ils rejoignent aussi les Anglicans dont les théologiens classiques ont jadis mis en lumière la solide base scripturaire du culte rendu à la Mère de Notre-Seigneur, et dont les théologiens actuels soulignent davantage l’importance de la place que Marie occupe dans la vie chrétienne. Ils rejoignent aussi leurs frères des Églises Réformées, dans lesquelles fleurit avec vigueur l’amour des Saintes Écritures, quand ils proclament les louanges de Dieu avec les paroles mêmes de la Vierge.»

(Exhortation apostolique Marialis Cultus , no 32, de saint Paul VI)

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FRATERNITÉ à toutes les sauces ?

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S’il existe une fraternité humaine qui tient de notre commune origine, il existe également une fraternité  chrétienne qui, elle, vient de notre baptême et de notre union au Christ. Malheureusement pour nous, qui vivons au 21e siècle, il existe également et ce, même dans certains milieux ecclésiaux, une mixité de ces deux notions qui aboutit à une dilution de notre identité chrétienne : chrétiens, juifs ou musulmans, nous serions tous frères !

« Va trouver mes frères » dit Jésus ressuscité à Marie-Madeleine (Jean 20,17) et elle alla directement au cénacle où se cachaient les apôtres. Ou encore, à Saul sur le chemin de Damas : « Pourquoi me persécutes-tu ? » (Actes 9,4) en se référant au but de sa visite en cette ville. Jésus s’identifie ici clairement et exclusivement à ses disciples persécutés. Au 4e siècle, saint Augustin nous parle de façon catégorique du devoir d’aimer tout le monde, croyants et incroyants, sans pour autant biffer les distinctions :

« Mes frères, nous vous exhortons très vivement à la charité: non seulement envers nous-mêmes, mais aussi envers ceux qui sont au dehors; qu’ils soient païens, ne croyant pas encore au Christ, ou bien qu’ils soient séparés de nous, reconnaissant le même chef tout en étant retranchés du corps 〈 il s’agit des chrétiens schismatiques de son temps 〉. Bon gré, mal gré, ces derniers sont nos frères. Ils cesseraient d’être nos frères s’ils cessaient de dire: Notre Père …  .  Le psalmiste nous invite à aimer nos frères (psaume 32/33) ; nous ne disons pas que les païens sont nos frères, selon les Écritures et selon le langage de l’Église ; le psalmiste parlait-il des Juifs, qui n’ont pas cru au Christ ? Lisez saint Paul, et vous verrez que le mot «frère», quand l’Apôtre l’emploie tout court, ne peut que s’entendre des chrétiens. » ( Sermon sur le psaume 32/33)

Il existe donc deux notions importantes de fraternité qui malheureusement ne sont pas toujours explicitées comme telles : frères en humanité et frères en Jésus Christ. Les deux ne sont pas interchangeables. Et rien ne légitime, à mon avis, cette tendance actuelle à rechercher coûte que coûte un commun dénominateur qui nous rapprocherait des autres religions tout en passant sous silence notre propre identité. Qu’il s’agisse de diplomatie ecclésiastique ou de timidité tout court, on ne peut bâtir des ponts en se reniant soi-même. Ces paroles de Jésus sont toujours d’actualité : « Que votre parole soit oui, oui ; non, non ; le surplus vient du Mauvais » (Matthieu 5,37) ou encore : « Celui qui rougira de moi devant les hommes, je  rougirai de lui devant mon Père qui est au Cieux. » (Luc 9,26)

S’il y a un temps pour se rapprocher des croyants des autres religions, il y a également un temps pour le faire entre chrétiens et c’est précisément le but de la Semaine de prière pour l’unité des Chrétiens (18 au 25 janvier). Quelle est notre attitude personnelle envers nos frères séparés ? Connaissons-nous vraiment les Orthodoxes et les Protestants de notre région ? N’avons-nous pas souvent la conviction inavouée que la sainteté ne saurait se trouver en dehors de l’Église catholique ? Sommes-nous capables de distinguer entre les premiers hérétiques ou schismatiques d’une part et leurs descendants d’autre part ? Le temps ne serait-il pas venu de nous rencontrer (avec ceux qui le veulent bien) et de prier ensemble le Notre Père ?

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Face au 6e commandement (suite et fin)

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Voici les huit dernières questions concernant le sixième commandement de Dieu, telles que présentées dans le Compendium du Catéchisme de l’Église catholique. Ces dernières questions traitent de l’amour conjugal dans les familles catholiques :

495. Quels sont les biens de l’amour conjugal auquel est ordonnée la sexualité?

Les biens de l’amour conjugal qui, pour les baptisés, est sanctifiée par le sacrement du mariage sont : l’unité, la fidélité, l’indissolubilité et l’ouverture à la fécondité.

496. Quelle signification a l’acte conjugal ?

L’acte conjugal a une double signification : unitive (la donation réciproque des époux) et procréatrice (l’ouverture à la transmission de la vie). Nul ne doit briser le lien indissociable que Dieu a voulu entre les deux significations de l’acte conjugal, en excluant l’une ou l’autre d’entre elles.

497. Quand la régulation des naissances est-elle morale ?

La régulation des naissances, qui représente un des aspects de la paternité et de la maternité responsables, est objectivement conforme à la morale quand elle se vit entre les époux sans contrainte extérieure, ni par égoïsme, mais pour des motifs sérieux et par des méthodes conformes aux critères objectifs de moralité, à savoir par la continence périodique et le recours aux périodes infécondes.

498. Quels sont les moyens de régulation des naissances qui sont immoraux ?

Est intrinsèquement immorale toute action, comme par exemple, la stérilisation directe ou la contraception, qui, en prévision de l’acte conjugal ou dans sa réalisation ou encore dans ses conséquences naturelles, se propose, comme but et comme moyen, d’empêcher la procréation.

499. Pourquoi l’insémination et la fécondation artificielles sont-elles immorales ?

Elles sont immorales parce qu’elles dissocient la procréation de l’acte par lequel les époux se donnent l’un à l’autre, instaurant de ce fait une domination de la technique sur l’origine et la destinée de la personne humaine. En outre, l’insémination et la fécondation hétérologues, par le recours à des techniques qui font intervenir une personne étrangère au couple, lèsent le droit de l’enfant à naître d’un père et d’une mère connus de lui et liés entre eux par le mariage et ayant le droit exclusif de ne devenir parent que l’un par l’autre.

500. Comment doit-on considérer un enfant ?

L’enfant est un don de Dieu, le don le plus excellent du mariage. Il n’existe pas un droit d’avoir des enfants (l’enfant dû à tout prix). Il existe au contraire le droit pour l’enfant d’être le fruit de l’acte conjugal de ses parents ainsi que le droit d’être respecté comme personne dès le moment de sa conception.

501. Que peuvent faire les époux, lorsqu’ils n’ont pas d’enfants ?

Si le don de l’enfant ne leur a pas été fait, les époux , après avoir épuisé les recours légitimes de la médecine, peuvent marquer leur générosité par l’accueil ou par l’adoption, ou encore par l’accomplissement de services exigeants à l’égard d’autrui. Ils réalisent ainsi une précieuse fécondité spirituelle.

502. Quelles sont les offenses à la dignité du mariage ?

Ce sont : l’adultère, le divorce, la polygamie, l’inceste, l’union libre (cohabitation, concubinage), l’acte sexuel avant le mariage ou en dehors du mariage.

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Catholiques face au 6e commandement de Dieu

Statue of St. Peter, St. Peter's Square, Vatican, Rome

 » Tu ne commettras pas d’adultère ». Tel que formulé, ce commandement semble plutôt restrictif en ne mentionnant que l’adultère. Détrompons-nous ! La Tradition de l’Église, fidèle aux enseignements moraux de l’Ancien et du Nouveau Testament, considère le sixième commandement comme englobant tous les péchés contre la chasteté. Laissons la parole au Compendium du Catéchisme de l’Église catholique pour y voir plus clair:

487. Quel est le devoir de la personne humaine en ce qui concerne son identité sexuelle ?

Dieu a créé l’homme, homme et femme, avec la même dignité personnelle. Il a inscrit en chacun le vocation à l’amour et à la communion. Il revient à chacun d’accepter sa propre identité sexuelle, en en reconnaissant l’importance pour toute la personne, la spécificité et la complémentarité.

488. Qu’est-ce que la chasteté ?

La chasteté est l’intégration réussie de la sexualité dans la personne. La sexualité devient vraiment humaine quand elle est intégrée de manière juste dans la relation de personne à personne. La chasteté est une vertu morale, un don de Dieu, une grâce, un fruit de l’Esprit.

489. Que comporte la vertu de chasteté ?

Elle comporte l’apprentissage de la maîtrise de soi, en tant qu’expression de la liberté humaine orientée au don de soi. Dans ce but, une éducation intégrale et permanente est nécessaire ; elle se réalise par étapes graduelles de croissance.

490. De quels moyens dispose-t-on pour aider à vivre la chasteté ?

Les moyens à disposition sont nombreux : la grâce de Dieu, le secours des sacrements, la prière, la connaissance de soi, la pratique d’une ascèse adaptée aux diverses situations, l’exercice des vertus morales, en particulier de la vertu de tempérance, qui vise à faire en sorte que les passions soient guidées par la raison.

491. De quelle manière tous les baptisés sont-ils appelés à vivre la chasteté ?

Tous les baptisés, suivant le Christ modèle de chasteté, sont appelés à mener une vie chaste, selon leur état de vie : les uns, en vivant dans la virginité ou dans le célibat consacré, manière éminente de se consacrer plus facilement à Dieu d’un cœur sans partage; les autres, s’ils sont mariés, en pratiquant la chasteté conjugale ; s’ils ne sont pas mariés, en vivant la chasteté dans la continence.

492. Quels sont les principaux péchés contre la chasteté ?

Sont des péchés gravement contraires à la chasteté, chacun selon la nature de son objet : l’adultère, la masturbation, la fornication, la pornographie, la prostitution, le viol, les actes homosexuels. Ces péchés sont l’expression du vice de la luxure. Commis sur des mineurs, de tels actes sont un attentat encore plus grave contre leur intégrité physique et morale.

493. Pourquoi le sixième commandement, bien qu’il dise « Tu ne commettras pas d’adultère » interdit-il tous les péchés contre la chasteté ?

Bien que dans le texte biblique du Décalogue on lise « Tu ne commettras pas d’adultère » (Exode 20, 14), la Tradition de l’Église suit intégralement les enseignements moraux de l’Ancien et du Nouveau Testament, et considère le sixième commandement comme englobant tous les péchés contre la chasteté.

494. Quel est le devoir des autorités civiles en ce qui concerne la chasteté ?

Parce qu’elles sont tenues de promouvoir le respect de la dignité de la personne, les autorités civiles doivent contribuer à créer un climat favorable à la chasteté, même en empêchant, par des lois appropriées, la diffusion de certaines graves offenses à la chasteté précédemment évoquées, surtout en vue de protéger les mineurs et les personnes les plus fragiles.

(À SUIVRE)

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Démarche sacrificielle du charpentier de Nazareth

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En cette fête du Baptême du Seigneur, fête qui commémore une démarche apparemment énigmatique de la part de Jésus et qui signale le début de sa mission, il convient de lever le voile, autant que faire se peut, sur le sens de cet événement.

Dans la liturgie juive, le Jour de l’Expiation («Yom Kippour») était l’occasion pour le peuple de confesser ses péchés commis durant l’année et de les faire imputer, par le Grand Prêtre, à un bouc choisi à cet effet et envoyé par la suite au désert (repaire traditionnel des démons) : le rite du Bouc émissaire ! Ce rite juif a préparé les futurs chrétiens à mieux comprendre la démarche de Jésus, qui à l’âge de trente ans quitta son village de Nazareth pour aller recevoir un baptême de pénitence des mains d’un prophète appelé Jean. La première réaction de ce dernier, qui le connaissait bien, fut de le lui refuser ; puis, après insistance de Jésus (« Laisse faire pour l’instant, c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice » Matthieu 3, 15) Jean finit par accepter.  Le lendemain, ce même prophète désignait Jésus publiquement comme étant « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jean 1,29). Comment Jean est-il arrivé à affirmer si rapidement une telle vérité sinon par une explication fournie par Jésus, lui dévoilant que sa mission était de prendre sur lui les péchés du monde entier. Bouc émissaire, Jésus était destiné à expier par sa mort rédemptrice tous les péchés possibles. Ce baptême de pénitence, reçu en notre nom, était donc de toute nécessité.

Dans cette démarche historique, Jésus se présente également comme le nouveau Jacob, ce fils d’Isaac qui, on le sait, réussit à soutirer de son père (rendu aveugle par l’âge) la bénédiction destinée à son frère aîné Ésaü, et ce en endossant subrepticement les vêtements de ce dernier. Belle prophétie de cette démarche vicariale du Verbe éternel qui devait endosser notre humanité pour accomplir sa mission de salut : mission tout à fait spéciale, pleinement accomplie tant par la « malédiction » de sa Passion (Galates 3, 13) que par la bénédiction de sa Résurrection. Et cette démarche, remarquons-le, fut pleinement bénie et agréée par le Père lors du baptême : « Tu es mon Fils bien-aimé ; tu as toute ma faveur » (Luc 3, 22).

Finalement, il importe de noter que ce baptême dans l’eau du Jourdain fut suivi d’un deuxième, tout aussi important, celui dans l’Esprit Saint : « Au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, le ciel s’ouvrit et l’Esprit Saint descendit sur lui…» (Luc 3, 21). S’emparant de lui à la façon des anciens prophètes (« la main du Seigneur Dieu s’abattit sur moi » écrivait Ezéchiel 8, 1), cet Esprit l’envoya tout d’abord au désert pour y être tenté par le diable ; lutte initiale laissant prévoir un ministère de combat tout azimut contre le mal. De retour en Galilée, et toujours sous la mouvance de l’Esprit, le charpentier y commença sa carrière de prophète et, de passage à la synagogue de Nazareth, justifia sa nouvelle identité en se référant justement à son baptême « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres » (prophétie d’Isaïe, citée par Luc 4, 18).

Bouc émissaire, nouveau Jacob, Messie oint par l’Esprit de Dieu, autant de pistes offertes pour nous aider à mieux approfondir la démarche de Jésus en ce jour fatidique de son baptême au Jourdain. Il aurait été intéressant, et même primordial, d’y ajouter un aperçu de sa profonde compréhension de sa mission salvatrice à la lumière de la prophétie d’Isaïe (ch. 53, Serviteur de Yahvé) mais les limites du présent article m’obligent à vous renvoyer à un autre article paru lors du Vendredi Saint (2 avril 2021). La fête d’aujourd’hui n’a donc rien d’une quelconque anecdote de la vie du Christ ou d’une simple préfiguration du baptême chrétien, mais elle souligne d’abord et avant tout le point tournant et décisif de sa vie personnelle : une offrande sacrificielle de tout lui-même (en notre nom) et une onction officielle en tant que Messie envoyé par Dieu !

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Une lumière qui se manifeste et qui se répand

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Scène hivernale de la Grande Chartreuse (France)

La Fête de l’Épiphanie du Seigneur ne pouvait que susciter dans l’âme de dom Augustin Guillerand des sentiments d’admiration face à cette lumière du Verbe incarné qui se manifeste et qui se répand. Voici un court extrait d’une méditation sur la fête en question :

« Si humble que soit un berceau, Jésus, dès le début de sa vie mortelle, remue le monde. Il attire les âmes ou il les effraie ; il soulève des tendresses et des adorations, et aussi des haines mortelles. On vient de partout, et toutes les classes se font représenter à ses pieds. Les simples et les travailleurs des mains sont  les premiers ; les savants et les travailleurs de l’esprit ne sont pas exclus. Il aime toutes les âmes et, pour toutes, ses mains et son cœur débordent de bénédictions.

Le jour de l’Épiphanie, c’est le tour des Rois Mages ; ils viennent de très loin. Ils viennent des contrées reculées. Ils viennent surtout d’un état d’âme très distant ; ce sont des païens ; leurs fausses croyances ne font pas peur à l’Enfant-Dieu. Il est la vérité dissipant l’erreur, et il est venu pour la répandre.

L’Épiphanie est la fête de la Lumière qui se manifeste et se répand. Celle-ci est partie des collines de Bethléem où les anges l’on fait briller aux yeux éblouis des bergers, et plus encore à leurs cœurs. Elle a traversé les plaines et les vallées, les collines et les montagnes, les ruisseaux et les fleuves, elle est devenue l’étoile des Mages et elle a brillé pour eux dans le ciel limpide de l’Orient.

C’est la même ; il n’y a qu’une clarté ; tout rayon d’astre ou d’âme vient et doit s’y rapporter. C’est Jésus, Verbe éternel, Dieu de Dieu, lumière de Lumière. Il éclaire les yeux et il éclaire les cœurs par les yeux ; aux uns et aux autres il se donne ; c’est leur joie et c’est sa joie. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 71)

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Le côté humain des évêques de Rome

Né en 1934, j’ai eu la chance de vivre dans l’Église catholique avant et après le Concile Vatican II. Deux visages assez différents d’une même église, mais une église quand même vivante et non pétrifiée dans le temps. Le pape Pie XII fut celui de mon adolescence : personnage mythique qui inspirait la plus grande vénération. Il faut avouer qu’en ce temps-là, les documents venant de Rome étaient presque toujours des documents officiels et donc enveloppés (pour nous) d’une certaine infaillibilité pontificale. Jeune moine, je me souviens que le père Abbé nous invitait à nous lever debout avant de nous donner lecture d’un écrit venant du Pape. Cette vision pyramidale d’une Église triomphante fut remplacée graduellement par une Église plus humble et plus co-responsable. S’il est vrai que l’évêque de Rome est le successeur de Pierre, il n’est quand même pas le successeur du Christ, et encore moins l’incarnation de la divinité sur terre (sinon, tous ses gestes et paroles seraient revêtus d’infaillibilité).

À partir du Concile, les papes se sont de plus en plus ouverts au monde, tant par les voyages à l’étranger que par l’instauration des audiences générales du mercredi et les grandes cérémonies sur le parvis de la Basilique Saint-Pierre (et non à l’intérieur, comme auparavant). Les médias de communication se sont infiltrés (pour ainsi dire) dans la vie privée des papes et ce fut pour nous la découverte du côté humain des évêques de Rome : leur vie quotidienne, leurs proches collaborateurs, leurs vacances d’été, leurs entrevues avec telle ou telle personnalité, etc. Et nous nous sommes extasiés devant la vigueur athlétique d’un Jean-Paul II, la profondeur de pensée d’un Benoît XVI, l’humilité de François. Mais, ce faisant, nous avons également perçu les singularités de chaque pontife : ainsi, le penchant de Benoît XVI pour l’ancien cérémonial pontifical (les mules rouges, le camauro ou bonnet d’hiver, etc,) et celui de François pour une certaine contestation du statut quo par la pose de gestes symboliques éloquents (séjour à la résidence Ste-Marthe, refus de porter certains insignes pontificaux, prostrations publiques, etc.).

Mais, ce qui me semble encore plus important, c’est notre prise de conscience de l’importance limitée de certains documents pontificaux : ainsi, l’abrogation par le pape François du motu proprio de son prédécesseur « Summorum Pontificum » concernant la réintroduction du rite tridentin à la messe nous a fait saisir la limite dans le temps de ces documents pontificaux qui ne sont pas ex cathedra (revêtues de l’infaillibilité). Comprenez-moi bien … il ne s’agit pas de mettre de côté la soumission respectueuse au ministère ordinaire du Saint-Père mais, par contre, il ne convient pas de crier au schisme ou à l’hérésie lorsque de semblables documents sont contestés ! Et c’est dans cette optique, propre aux documents romains que j’appellerais « secondaires », qu’il nous faut, à mon sens, considérer la polémique entourant la récente déclaration romaine Fiducia supplicans qui ne cesse de faire couler beaucoup d’encre. Une histoire à suivre, sûrement !

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