Préparation à la prière

La proximité du début du Carême (dans huit jours), m’incite à vous transmettre un magnifique texte de dom Guillerand sur la préparation à la prière … car qu’est-ce que le Carême sinon une période de l’année où l’on s’efforce de se rapprocher de Dieu. Et comment le faire avec profit sinon par d’humbles prières où l’on reconnaît son néant ? D’où, incidemment, la référence de notre éminent chartreux à « la paix des âmes tombées, quand, relevées par Dieu, elles se trouvent en sa présence ». Écoutons-le :

« La prière est comme un face à face avec Dieu. Une âme ne prie que si elle se tourne vers lui; elle prie tant qu’elle reste ainsi tournée; elle cesse de prier quand elle se détourne. La préparation à la prière est donc le mouvement qui nous détourne de tout ce qui n’est pas Dieu et nous tourne vers lui. De là, ce beau mot qui définit essentiellement la prière et qui en précise le mouvement: la prière est une ascension, une élévation. On se prépare à prier quand on se détache du créé et qu’on s’élève jusqu’au Créateur.

La pensée essentielle d’où naît ce détachement est celle de notre néant. De là, le mot profond du Sauveur: « Celui qui s’abaisse s’élève » (Matthieu 23,12; Luc 18, 14). De là, sa vie terrestre faite d’un abaissement continuel et de plus en plus profond. Saint Bernard n’hésite pas à dire: « Cela nous met face à face ». De là, la paix des âmes tombées, quand, relevées par Dieu, elles se trouvent en sa présence. L’abîme reconnu, confessé, c’est en ce fond qu’elles le trouvent. Elles le trouvent parce qu’il se montre. Le seul obstacle est le moi. L’aveu de notre misère l’abat; le moi abattu, le miroir est pur et Dieu y engendre son image. L’âme est toute pleine de ces traits qui se fondent dans la divine Harmonie et la Beauté parfaite. Tout cet ensemble de perfections qui feront notre ravissement sans fin, l’âme dégagée et élevée au-dessus d’elle-même en reproduit l’image, devient image à son tour, fait ce que l’Être fait, participe à ce qu’Il est.

C’est ce qu’explique Notre-Seigneur dans cette parole capitale du Sermon sur la montagne et que toutes les considérations humaines sur la prière répètent sans fin et sans en atteindre la riche plénitude: « Quand vous prierez, entrez dans la demeure intime de votre âme, et là, après avoir bien fermé la porte, parlez à votre Père qui vous voit en ces profondeurs secrètes, et dites-lui: Notre Père qui êtes aux cieux … ». La présence à soi-même, la foi en Celui qui en est le fond secret et s’y donne, le silence de tout ce qui n’est pas lui pour être tout à lui, voilà la préparation à la prière. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 39 s)

A propos moinillon

jacques172.com
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