Au commencement était le Verbe …

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Chartreuse de La Valsainte (Suisse)

L’année 2016 marquait le centième anniversaire de l’entrée en religion du jeune abbé français Maxime Guillerand au monastère suisse de La Valsainte. Contemplatif au fond de l’âme, dom Augustin aura toujours un penchant prononcé pour la méditation de l’Évangile de Jean, évangile qui souligne à souhait la divinité du Christ. Décédé en 1945, une vingtaine d’années donc avant le renouveau conciliaire, il n’a pu qu’être marqué par la célébration quotidienne de la messe selon l’ancien rite, célébration où le Prologue de Jean tenait une place importante (lu par le célébrant à la toute fin de la messe). Voici un court extrait de son commentaire  sur ce texte:

« Au commencement était le Verbe » (Jean 1,1).  «Il était», il ne commençait pas. Notre temps ne le mesure pas; sa durée n’est pas notre durée; son mouvement n’est pas notre mouvement. Je suis dans un monde tout nouveau, où rien ne commence, ni ne continue, ni ne finit. Réalité étrange dont je ne puis même pas avoir une idée précise! Autour de moi, en moi, tout est régi par la durée successive parce que tout se succède, tout est présent, passé ou avenir; tout se meut le long de cette ligne ou de ce que je me représente comme une ligne; tout est compris dans un avant et un après qui le limitent.

Le Verbe est en dehors; il ne se meut pas; il demeure: «Il était». Pour lui, ni passé ni avenir; il est tout entier au présent, mais à un présent qui n’est pas le nôtre, si ténu et insaisissable. De là cet imparfait: «Il était». Il ne désigne pas une imperfection en lui, mais en moi, dans ma pensée impuissante, dans mes mots trop courts. Il est plus grand que je ne puis dire ou concevoir … Je me lasse vraiment à poursuivre une telle grandeur; je ne puis que croire, abîmer mon esprit devant elle … écouter, dans cet abîme et ce silence, la Parole qui ne commence pas et par laquelle tout a commencé, entrer avec elle dans l’immensité où elle retentit, qui est sa demeure, où elle veut que je demeure avec elle et que je dise ce qu’elle dit! »

(Écrits spirituels, tome 1, page 91 s)

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