La royauté comme service

Fra_Angelico_038

 Couronnement de la Vierge (Fra Angelico)

Le corollaire de l’Assomption de la Vierge est évidemment son Couronnement au ciel. Mais ce qui peut être vu par certains comme quelque chose d’assez banal («récompense pour services rendus» ou encore dignité attribuée normalement à la mère du Roi) dépasse  en réalité tout ce qu’on peut imaginer, même l’accomplissement de la promesse faite par Jésus à ses Apôtres qui avaient tout quitté pour le suivre (« Vous siégerez vous aussi sur douze trônes, pour juger les douze tribus d’Israël » Matthieu 19,28). L’Église l’a vite compris, elle qui a vu dans ce geste symbolique du couronnement une association officielle de Marie à l’œuvre de son Fils, œuvre qui perdure encore aujourd’hui. Restant sauve l’unique médiation du Christ entre Dieu et les hommes, Marie a toujours été honorée dans l’Église comme la Mère des fidèles et la Reine du Ciel, elle dont la toute-puissance réside non dans son être même mais dans son intercession maternelle.

Suite à une demande intempestive des jeunes apôtres  Jacques et  Jean à l’effet de se faire attribuer les  premières places (ni plus ni moins!) dans le Royaume à venir, Jésus répondit en disant que les premiers dans le Royaume doivent se faire les serviteurs de tous (« Celui qui voudra être le premier d’entre vous, se fera votre esclave » Matthieu 20,27). En Jésus, Dieu lui-même s’est fait notre serviteur … et cela illustre bien cette règle générale du Royaume; il suffit de penser également aux Esprits célestes, de beaucoup supérieurs à nous, qui nous sont attribués comme anges gardiens. Il est donc tout à fait convenable de contempler Marie dans ce rôle de service auquel la convie sa dignité royale;  quoi de plus normal d’ailleurs pour celle qui se disait sur terre «la servante du Seigneur».

Le couronnement de la Vierge au Ciel semble donc officialiser son rôle communautaire dans l’Église de son Fils. Loin d’être une dignité statique, sa royauté est un service qu’elle assume avec toute la tendresse maternelle qu’on peut imaginer. Déclarée «mère» au pied de la croix, elle ne cesse d’accompagner ses enfants par sa toute-puissante intercession. Quelle consolation pour nous … mais aussi quelle révélation du genre de vie qui nous attend au Ciel. Vivre avec Dieu, c’est vivre avec Celui dont Jésus disait qu’il travaille toujours (Jean 5,17) … une occupation dispensée de ce caractère pénible que nous lui connaissons ici-bas. Le Ciel,  loin de nous apparaître comme un immense dortoir où l’on se reposerait de ses peines, se présente donc à nous comme quelque chose de dynamique, un banquet,  un échange de services, où la charité est primordiale … «J’entre dans la vie» disait Thérèse sur son lit de mort … et la pluie de roses ne se fit pas attendre!

Cet article, publié dans Amitié, Amour, Arts, Bonheur, Détachement, Dévotion mariale, Dieu, Humilité, Jésus, Vie éternelle, Vierge Marie, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.