La paix de l’âme

Dom Antao Lopez (Scala Coeli)

Dom Antao Lopez  (Chartreuse Scala Coeli, Portugal)

Nous confondons souvent la sensibilité avec l’âme; ce sont deux réalités connexes mais différentes. Les troubles ne sont pas dans notre vouloir; nous ne les cherchons pas, nous ne les désirons pas. Voilà pourquoi il nous est souvent difficile d’acquérir et de conserver la paix de l’âme. Laissons le chartreux dom Guillerand nous instruire sur ce point:

« C’est la grande erreur de notre vie … et d’ailleurs de presque toutes les vies à notre époque. Nous confondons la sensibilité avec l’âme. La sensibilité c’est la partie inférieure de l’âme, c’est l’âme ensevelie dans la matière et liée à toutes ses conditions si changeantes. Mais ce n’est pas la partie vraiment et proprement humaine; la partie humaine c’est la raison spirituelle, qui est supérieure à toute la partie inférieure, qui est éclairée d’en haut et qui doit diriger tout notre être selon sa lumière plus pure.

Les troubles, les craintes, les amertumes c’est le monde d’en bas. Il dépend peu de notre volonté; nous ne pouvons pas le gouverner à notre gré; nous n’avons qu’un pouvoir politique, qui par une influence lente peut communiquer ses vues plus hautes.

Pratiquement, notre pouvoir se ramène à deux choses. et ne peut s’exercer  que de deux façons:

             1) L’acceptation. « Mon Dieu, j’accepte et je vous offre cet état pénible et l’impuissance à le faire cesser. » Cela nous le pouvons toujours. C’est une force énorme; malheureusement nous n’en comprenons pas la grandeur et nous n’en n’usons pas et nous perdons ainsi des trésors sans  prix. (…)

                   2) La transformation. Elle résulte de l’acceptation. À force de prendre ces peines de la main de Dieu et de les lui donner, à force de les envisager dans cette lumière plus haute, on finit par en voir plus aisément le beau côté et par les trouver beaucoup moins pénibles. Les peines prennent pour nous une forme nouvelle. Mais pour cela, il faut se tenir en contact avec Dieu, et voilà pourquoi la prière et les sacrements sont indispensables. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 247 s)

Cet article, publié dans Angoisse, calme, Carthusian, Cartuja, Certosa, Certosini, Charterhouse, Chartreuse, Contemplation, Désir de Dieu, Dieu, Moine, Perplexité, Prière, Providence, Psychologie, Sérénité, Souffrance, vie moderne, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour La paix de l’âme

  1. Merci infiniment pour ce beau message. Toutes sortes de situations nous affectent dans notre sensibilité et les douleurs morales sont extrêmement vives et cuisantes. Pourtant il ne s’agit point d’en rejeter la faute sur nos frères, dont l’âme nous demeure cachée avec leurs difficultés qu’il leur faut affronter. Dieu seul est le remède universel qui nous permet d’aimer en dépit de tout, d’un Amour surnaturel et purifié. Si nous sommes parfois tristes, c’est que nous ne mettons pas assez Dieu dans nos vies, car Il est la joie parfaite.

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