La vie dévote, selon François de Sales

240311013_1437546783287036_1768262226782173894_n

J’ai eu la chance de grandir dans une paroisse québécoise dédiée à saint François de Sales, cet évêque savoyard du 16e-17e siècle canonisé et déclaré docteur de l’Église pour avoir su proposer aux chrétiens ordinaires une voie de sainteté « sûre, facile et douce» (Pie IX, en 1877).  Voici un extrait de son best-seller Introduction à la vie dévote où il explique que la vie spirituelle n’est pas réservée aux religieux et religieuses, ni aux moines contemplatifs:

[ À noter que l’expression « vie dévote » n’avait pas, au 16e siècle, le sens restreint que nous lui donnons aujourd’hui, mais celui plus large de « vie spirituelle »]

« Dieu commanda en la création aux plantes de porter leurs fruits, chacune selon son genre; ainsi commande-t-il aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Église, qu’ils produisent des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité et vocation. La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l’artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée; et non seulement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier. Serait-il à propos que l’Évêque voulût être solitaire comme les Chartreux? Et si les mariés ne voulaient rien amasser non plus que les Capucins, si l’artisan était tout le jour à l’église comme le religieux, et le religieux toujours exposé à toutes sortes de rencontres pour le service du prochain comme l’Évêque, cette dévotion ne serait-elle pas ridicule, déréglée et insupportable? Cette faute néanmoins arrive bien souvent. (…)

C’est une erreur et même une hérésie de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés. Il est vrai que la dévotion purement contemplative, monastique et religieuse ne peut être exercée en ces vocations-là mais aussi, outre ces trois sortes de dévotion, il y en a plusieurs autres, propres à perfectionner ceux qui vivent dans les états séculiers. Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite. » (Édition Ravier & Devos, 1,36-37)

Bien avant Vatican II, ce saint évêque a donc su adapter la vie spirituelle au laïcat tout en respectant les diverses branches de leur activité séculière. Un aggiornamento plus que bienvenu en ces siècles de jansénisme étouffant. J’en profite, ici, pour adresser une certaine mise en garde à mes lecteurs et lectrices: En citant régulièrement dans mes écrits la spiritualité des Chartreux, mon intention n’est pas d’inciter à l’imitation matérielle de ce genre de vie monastique mais bien de vous encourager à y puiser une certaine émulation. La recherche de Dieu est ouverte indistinctement à tous les croyants; elle se doit néanmoins de demeurer adaptée aux forces et situations concrètes d’un chacun !

A propos moinillon

jacques172.com
Cet article, publié dans Adoration, Amour, Église, Évangile, Contemplation, Conversion, Désir de Dieu, Dieu, Dieu Père, Esprit Saint, Formation permanente, Jésus, Moine, Pédagogie divine, Prière, Simplicité, Société, Spiritualité, Temps présent, vie moderne, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour La vie dévote, selon François de Sales

  1. AnaStpaul dit :

    It is very strange to me that yu say ‘long before VII’ – I have no idea what that means?
    I ; »heard' »this book when I was very young, a tiny child – read by my father in a ‘series style’ everyday of Lent as family spiritual reading – and then older as, a young adult and then older again. Now I am reading it again as a proper adult.
    All of this after VII – which by the way, my father would have nothing to do with – nor our local Parish Priest.

    The Life Signs of the Church decreased by a massive percentage after VII and still decline today. I do not know many true Catholics now. All in this new church are not Catholics as my Father and Mother and all I knew were.
    Praying the Rosary everyday, reading spiritual books together, attending Confession once a week together, as a family, daily Mass as often as possible, Eucharistic Adoration at least once a week,, doing charitable works etc etc etc. Living and breathing the Faith – I know none after VII who do this? Divorce and quickie annulment, then re-marriage – when did you ever hear of such a thing? Using a ‘bible’ instead of reading Sacred Scriptures, common law wives and husbands, children out of wedlock – all these and more are common parlance amongst so-called Catholics today.

    But I know some who do live as my parents did, who will have nothing to do with the new church, where women in skintight jeans or low-cut garments and men in shorts, prance around on the Altar reading or handing out hosts like sweets and so much more. Where is the devout life after VII?

    Aimé par 1 personne

    • moinillon dit :

      My comment focused on the opening up of mentalities as regards to personal devotion in the 16th and 17th centuries (not reserved to cloistered nuns, etc) , a movement encouraged by the French School’s spirituality (of which St Francis de Sales was a prominent member). Vatican II, among other things, was particularly prone to go the same way. Alas, its message was not clearly understood by many Catholics who rather focused on inapropriate liturgical changes, etc. etc. Whose fault was it remains to be seen!

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.