Noël ou le divin détachement

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Dans sa méditation sur le mystère de Noël, dom Guillerand en tire une merveilleuse leçon sur le détachement des biens de ce monde: « Le petit enfant de la crèche affirme la grandeur du Père en renonçant à toute satisfaction pour le glorifier ». Écoutons encore une fois ce chartreux à la parole éclairante:

« Notre grandeur est de participer à la vie de Dieu et posséder son héritage. Tout ce qui n’est pas lui est trop petit pour nous. Unis à lui, nous sommes comblés; en possession de tous les biens créés, nous restons vides. Soumis à lui, nous sommes libres; attachés à la créature, nous sommes esclaves. Le détachement, c’est la libération. L’âme détachée a brisé ses chaînes et, comme l’oiseau, elle monte dans l’air pur qui est sa patrie. C’était le chant de Jésus dans la crèche: « Gloire à Dieu sur les hauteurs et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ». Trop faible pour en faire retentir les airs, il confie à ses ministres le soin de le jeter aux échos de la colline bénie. Gloire à Dieu! Paix aux hommes! les deux formules et les deux réalités qu’elles expriment, Jésus vient de les réunir après de longs siècles de séparation. Depuis la faute originelle Dieu et l’homme étaient ennemis, ils s’opposaient au lieu de s’accorder. Dieu ne trouvait plus dans l’homme la gloire qu’il en attend; l’homme ne prenait plus en Dieu le bonheur et la paix que seul il peut lui procurer. Le ciel et la terre étaient deux royaumes en guerre, au lieu d’être un commun foyer.

Jésus vient; il est du ciel et il est de la terre; il est Dieu et il est homme. Il est le lien les unissant, il est l’amour les rapprochant, il est la vie naissant de ces rapports rétablis. (…) En lui, il y a Celui qui est adorable et tout ce qui lui doit l’adoration. S’il adore, toute la création s’incline avec lui devant Dieu, et il est le Dieu devant lequel elle s’incline. Ainsi Dieu a sa gloire et l’homme est pacifié. Il apparaît supérieur à tout, plus estimé et plus aimé que tout. Ce petit enfant qui, pour le glorifier renonce à toute satisfaction, affirme sa grandeur. Il renonce à tout parce qu’il le croit plus grand que tout. L’homme a la paix, est pleinement content; en revenant à Dieu, celui-ci le comble. Il n’a plus de désir l’agitant et l’attirant en sens divers. Une seule pensée, un seul désir l’occupent: Dieu. Détaché de tout, il possède le Tout.

Noël, c’est donc le divin détachement séparant de la créature et unissant au Créateur; et Jésus est l’Être unique dans lequel Créateur et créature se sont unis pour nous montrer la réalisation de cet idéal. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 68 ss)

A propos moinillon

jacques172.com
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