Prières longues ou prières courtes?

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Questions sempiternelles. Faut-il prier longtemps ou brièvement? Comment se comporter lorsqu’il s’agit de prières d’obligation ou de dévotion personnelle? Finalement, qu’en est-il lorsque ma motivation vient de la routine ou de l’Esprit qui vit en moi? Autant de questions auxquelles s’efforce de répondre notre cher moine chartreux, dom Augustin Guillerand. Écoutons-le:

« La durée des prières ne fait pas leur valeur, mais leur ferveur, c’est-à-dire l’amour. Si, pour s’exprimer, l’amour a besoin de beaucoup de temps, qu’il persiste dans son élan et dans les mouvements qui le traduisent. Si un mot, une pensée font pénétrer une âme en Dieu, ou qu’elle y demeure sans parole et sans pensée, ou que, appelée par d’autres devoirs, elle imprègne son activité extérieure de cette atmosphère intérieure où l’Époux divin se donne avec ses caresses, tout cela est bon, tout cela est hors de question.

S’agit-il des prières prescrites? Il faut s’en tenir au précepte. S’agit-il des prières de choix, des prières personnelles? Il faut suivre le mouvement divin qui les inspire et les règle. Quand le divin moteur s’arrête, il faut s’arrêter. L’âme peut continuer un court instant pour se rendre compte que l’attrait intérieur a cessé et pour montrer qu’elle ne se refuse pas.

Les longues prières offrent un danger: elles produisent la fatigue; elles ouvrent la porte aux distractions qui, même involontaires, doivent être exclues le plus possible; elles peuvent acheminer vers la routine. Un rapide élan qui porte l’âme très haut, se renouvelle souvent, relie les traits aux traits et assure la continuité ardente, est un moyen plus sûr. C’était la méthode des Pères du désert. On a dû l’abandonner pour se livrer à l’action extérieure. Avant de s’y jeter, au matin de leur journée, les religieux qui y sont voués, font une bonne provision d’union; ils donnent à l’Époux divin ce temps spécial parce qu’ils ne peuvent lui revenir comme ils le voudraient. C’est une nécessité. Le moyen pare, autant que possible, à la mobilité de l’attention humaine qui, pendant cette heure, accumule des énergies pour tout le jour. Mais, l’ancienne méthode garde sa valeur pour les âmes contemplatives et toutes celles qui, en général, ne sont pas prises par quelque obligation extériorisante.

Ces considérations ne disent que les à-côtés de la question; la durée des prières de dévotion personnelle dépend de Celui qui prie en nous. Elles doivent être ce qu’il veut qu’elles soient. Or, il veut élever l’âme et la garder en lui le plus possible. L’âme qui a écarté les obstacles et qui se tient libre pour qu’il puisse la ravir est une âme qui prie. Son état est une ascension, un mouvement en Dieu et un mouvement vers Dieu. Le prolonger est bon; le cesser est bon; le reprendre et le continuer de nouveau est bon; tout est bon qui est réglé par le divin Moteur.

Prières longues, prières courtes, si l’Esprit d’amour enflamme et transporte, toutes sont selon Dieu. Si on se laisse envahir par la distraction ou la torpeur, elles sont sans valeur. »

(Écrits spirituels, tome 1, page 50 s)

A propos moinillon

jacques172.com
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