La Passion du corps mystique du Christ

JesusatGethsemane

L’identification des baptisés au Seigneur Jésus est l’une des plus grandes consolations qui puisse nous être donnée … en plus de constituer le fondement de notre espérance d’être un jour auprès de Lui. La célébration prochaine de la Mort et Résurrection du Christ ne se limite donc pas à un événement arrivé il y a 2000 ans … mais elle s’étend également aux souffrances et joies de tous les membres de son corps mystique, c’est-à-dire de l’Église! En effet, « la passion du Christ est celle de tout son corps » aimait à dire saint Augustin. Pour nous en mieux convaincre, relisons brièvement ce que ce saint docteur affirme à ce sujet:

« Seigneur, j’ai crié vers toi, écoute-moi! (psaume 140/141) Nous pouvons tous dire cela. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le Christ qui le dit. Mais cela est dit davantage au nom de son corps; car, lorsqu’il était ici-bas, il a prié son Père en portant notre chair, et c’est au nom de son corps qu’il a prié son Père. Tandis qu’il priait, de grosses gouttes de sang sortaient de tout son corps. C’est ce qui est écrit dans l’Évangile: Jésus priait avec plus d’insistance et il eut une sueur de sang. Ce sang qui jaillit de tout le corps, n’est-ce pas la souffrance des martyrs, qui appartient à toute l’Église?

Seigneur je crie vers toi, écoute-moi! Entends la voix de ma prière quand je crierai vers toi. Tu croyais, Jésus, avoir fini de crier quand tu disais: Seigneur, j’ai crié vers toi. Tu as crié, mais ne t’apaise pas encore. Si la détresse est finie, c’en est fini de crier; mais si la détresse de l’Église et de ton corps se maintient jusqu’à la fin du monde, il ne faut pas dire seulement: J’ai crié vers toi, écoute-moi, mais aussi Entends la voix de ma prière quand je crierai vers toi.

Que ma prière, devant toi, s’élève comme un encens, et mes mains, comme le sacrifice du soir. Tout chrétien reconnaît que cela s’entend habituellement de son chef en personne. En effet, tandis que le jour déclinait, vers le soir, le Seigneur sur la croix donna sa vie pour la reprendre; il ne l’a pas perdue contre sa volonté. Cependant, nous sommes représentés là aussi. Qu’est-ce qui a été cloué au gibet, sinon ce que le Seigneur a reçu de nous? Et comment peut-il se faire que Dieu le Père délaisse et abandonne son Fils unique, qui n’est avec lui qu’un seul Dieu? Cependant, en fixant notre faible nature sur la croix, puisque, selon l’Apôtre, l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui, c’est par la voix de cet homme qui est en nous qu’il a crié: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? »

(Homélie de saint Augustin sur le psaume 140, CCL 2028-2029)

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