Avons-nous peur des prières arides?

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«Je ne comprends rien, je ne sens rien, je ne pense à rien …», voilà une plainte familière à qui s’adonne à la prière. Et pourtant, ces moments-là sont précieux pour toute personne qui recherche le Seigneur … des crises d’âme qui ne doivent pas nous effrayer mais plutôt nous rassurer. Comme tout chartreux, dom Augustin Guillerand est passé par ces nuits obscures et voici ce qu’il nous en dit:

« Ce qui nous trompe, c’est notre habitude de vivre par la sensibilité et de ne croire qu’à ce que nous voyons et sentons. Il faut nous dégager de cette confusion (qui fait beaucoup souffrir) entre la vie vraie, qui est la vie de foi et d’amour, et les mouvements inférieurs de la sensibilité, qui ne sont que l’écorce de la vie. N’ayons pas peur des prières arides. Notre désir de parler à Dieu et de nous unir à lui se cache au fond de ces sécheresses qui nous crucifient, et ravit le cœur de Dieu. Il aime beaucoup ce langage de l’âme qui dit: «Je ne comprends rien, je ne sens rien, je ne pense à rien, il me semble être comme un morceau de bois devant vous; cependant  vous voyez le fond de mon cœur; je ne veux que vous.» Nous ne saurons que dans l’éternité le prix de ces demi-heures d’oraison distraite et desséchée, dans lesquelles on se donne sans compensation; c’est le vrai don de soi; Dieu nous exerce, et il ne peut nous faire une plus grande grâce.

Nous ne devons jamais nous laisser effrayer par les crises d’âme. Les heures difficiles sont les heures de Dieu. Il nous laisse nous débattre dans les ténèbres et l’impuissance pour nous montrer ce que nous sommes; puis il les remplace d’un seul coup par la clarté et la vigueur, pour nous rappeler qu’il est là et qu’il nous aime. »

(Écrits spirituels, tome 2, page 246)

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3 commentaires pour Avons-nous peur des prières arides?

  1. Bernard Goffe dit :

    Merci pour ces lignes… J’en avais bien besopin.

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  2. Bernard Goffe dit :

    Je voulais dire: bien besoin!

    Aimé par 1 personne

  3. Merci infiniment pour ce magnifique message ! Oui Dieu ne se rend pas toujours sensible à nous, mais il est si doux de Lui redire tout notre Amour en dépit de toutes nos sécheresses. C’est ce qu’Il veut, notre fidélité, au-delà de toute consolation, une fidélité qui ne se dément jamais. Et si notre oraison nous laisse vraiment dans la nuit, on peut l’agrémenter d’une lecture pieuse bien choisie, qui aussitôt revigorer notre âme ! Car comment ne pas les Aimer d’amour fou, le Christ et Sa Sainte Mère, dont les actions et le Coeur ont une telle perfection, dans leur sollicitude pour nous !

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